A CANNES
9t mmr le procès «w^wel II d#Mie lien.
Quelque ^tran^eU qu'on vottille trouver en tout ceci , rien oepen> dant n'est plus simple ni plus ré-
Siilier que de mettre à la charge 'un inconsidéré ses inconsidérations , k la cûtm d'un autoiitaira ses abus d'autorité.— (Page 468).
Nous n'aurioDS pas voulu clore ce volume de pièces justificatives sans retracer avec quelques détails ce qui doit faire le mieux comprendre l'étrange et fatale époque que nous venons de traverser. C'est en arrivant à cette étrangeté que Montaigne, Morellet et autres n'ont fait qu'entrevoir et pour en adopter définitivement le mot, qu'il faut en venir résolumeut a introduire U chose» afin de nationaliser l'expression elle-même.
C'est principalement lorsqu^on est en présence de la justice et devant le public qu'il ne faut pas craindre de proposer, de mettre en di^cassÂon et de Êôre adopter des étrangements qui ne sont pas encore chez nous dans l'ordre et le langage communs.
Alors pour éviter toute surprise et n'obtenir que le redressement de torts qui sont dans le domaine de la justice elle-même , il va être permis de répéter ici ce qui ne se dit pas toujours gravement ailleurs , ce qu'on appelle vulgairement : mettre carte sur table.
Comme chacun pourra s'instmire sinû et fort à Taise, et que, comme de ja^te, il sera répoodo a on exposé préparé longtemps à Tavance, nous aborderons les tins et les antres la sentence des jnges, le bon sens du public et la hiérarchie de tous les rangs sociaux.
Bonne justice ne s'obtient qu'a ce prix et dans ces conditions. Chacun s'est défendu en droit soi : pièces en mains, défenses libres , devant des juges intègres et un public instruit ; sentence sera rendue et tous dommages seront réparés en l'honneur d'un grand justicier et le plus grand bienfâitetrr an pays.
Les dates vont suffisamment indiquer le point de départ de cette asilaire, son temps d'attente, le but qui est proposé et un juste reflet des temps et des caractères de l'époque.
Après l'acte qui fut d'abord signifié pour interrompre la prescription , il allait en être référé à nos jurisconsultes les plus éminents par un mémoire à consulter.
Toutes fins et conclusions qui allaient avoir lieu ont été nécessairement arrêtées par les grands événements qui se sont si malheureusement succédé dans le pays.
Mais dès que nos désordres publics seront apaisés et que les tribunaux auront paisiblement repris leurs travaux ordinaires , nous donnerons cours également k l'instance et aux poursuites auxquelles il ne sauraft être renoncé.
C'est dans ces dispositions ef avec des pensées bien arrêtées, qu'il a été signifié par acfejtnficîaire qu'aucune prescription ne pouvait être opposée à la suite du silence et d'un temps d'arrêt en quelque sorte obligés par Ibs convenances publiques.
Toutefois, il a dû être retracé à l'auteur de tant d^mcon-
yenances et de tant de méprises commises à ce sujet 9 tout ce qui allait donner lieu à une sérieuse contestation soit dans un intérêt public fort important, soit dans un intérêt priyé devant conserver aussi toute son importance.
C'était donc en ces termes qu'on commençait à redresser ainsi Tex-maire autoritaire de la ville de Cannes :
c L'ancien chef de la justice répressive de ce ressort a été assez heureux , pendant la vie d'un ancien chancelier de la Grande-Bretagne et dans les longs séjours qu'il a faits en Provence , d'être trouvé digne de l'affection particulière d'un si grand justicier. Toujours plus pénétré d'une telle distinction , le magistrat français a dû chercher après la mort du chancelier anglais à donner un témoignage public des sentiments internationaux et privés qui auraient quelque valeur pour la justice elle-même, ce vrai rapprochement des peuples.
» D'un autre côté , et bien avant toute inspiration ma-
gistrale, une souscription avait été ouverte à Cannes pour ériger une statue en l'honneur de lord Brougham , qui y rendait le dernier soupir le 7 mai 1868 ; cette souscription , bien loin de conserver ce premier élan d'une éminente et bonne pensée de gratitude publique , s'en fut, peu de temps après, s'allanguissant à tel point qu'il y avait lieu à désespérer d'atteindre le noble but si généreusement et si spontanément inspiré à l'heure suprême.
> C'est sur ces entrefaites, dans des circonstances si malencontreuses que dut surgir la pensée de mettre un terme à de si humiliants embarras.
> L'ancien de la magistrature française , ancien ami du > magistrat anglais , osa croire qu'il pouvait survenir de sa
part rinitiative la plus propice pour activer le projet provençal et seconder au mieux la gratitude cannoise.
> Un modeste buste fut offert et accepté. Ce simple monument s'élevait le 23 février 1870, à Cannes, sous l'inspection de l'autorité locale et d'après les offres généreuses qui devaient s'ensuivre sous tous les rapports.
» Comme de raison, l'inscription que ce monument allait recevoir avait été préalablement sculptée par l'artiste bien avant la pose du buste et les petits travaux nécessaires à son élévation.
» M. Méro, maire de Cannes, n'a rien> compris dans ces circonstances : ni le but de la souscription première pour la statue, ni la destination des souscriptions déjà reçues, ni l'érection du buste, ni les dépenses que ces différents objets ont pu occasionner, et moins encore aucun des procédés de convenance et de politesse qui sont d'usage dans les actes les plus ordinaires de la vie. Le maire de Cannes n'a pas écrit un mot de politesse, un seul mot de prévenance.
> A cette simple et modeste inscription lapidaire,
LORD BROUGHAA