GARDES NATIONAUX
€ Je ne saurais vous faire autrement mes adieux qu'en c vous donnant connaissance des motifs de ma retraite. Ces c motifs ayant été exposés à l'autorité municipale, je mets c à Tordre du jour la lettre que je viens d'écrire à H. le c Maire. >
Le lendemain, 7 du même mois de décembre, le Maire d'Aix accuse réception de la démission du colonel et s'oppose a l'impression de cet ordre du jour.
DIftcoars pponoiicé le 94 septembre 1856, par M. Borély, ancien procnrenr général son» le gonTernement de JlnUlet^ anr la tembe de M. Eaprit-JTosepli-Baltliazar de LA BOULIE, ancien precnrenr général aona la Reatanratien.
Messieurs,
Les hommes à principes fermes et à convictions profondes se portent estime et affection jusqu'au tombeau. Ces sentimfints ont été inaltérables entre les deux chefs qui ont dirigé le même parquet et représenté, pendant près de quarante années, dans ce ressort, l'autorité des deux monarchies constitutionnelles.
Lorsque des changements survinrent dans la politique du pays et dans la forme de son gouvernement , les hommes ne changèrent pas ; ils restèrent fidèles à leur culte. Le procureur général de La Boulie résigna noblement la charge qu'il exerçait avec autant de distinction que de dévoûment, avec autant d'application que d'intégrité. Ce ne fut pas sans une satisfaction sincère qu'il vit passer le mandat qu'il ne devait plus remplir entre les mains de celui qu'il aurait désigné lui-môme pour son successeur.
En donnant cet exemple de fidélité à sa cause et de loyauté dans ses actes, le procureur général de la Restauration eut même la consolation d'être suivi de tout son parquet. Il inspirait ainsi, par son ascendant respecté, les sentiments qu'il pratiquait si honorablement lui-même.
Lorsqu'après avoir si bien rempli les devoirs publics , on remplit encore» pendant yingt-six ans, les devoirs de la vie privée, on peut recevoir ici un dernier et doux adieu, sans redoater le jtig^Daient de Dietr et des hommes;
OBI, môii aîfi, viJris avez géré avec întéïlîgëftce le inandat qui voifS fut lïîft'gtèmps confié. Vous avez déifié aVexëcution des lois avec fermeté, au maintien des bonnes mœurs avec sollicitude, à l'observation de la discipline avec énergie, et vous avez abdiqué le pouvoir sans hésitation et sans regret.
Mais il restait]encore à M. de LaBoiilie beaucoup de bien à faire sur là terre* Dans la retraite, son activité parut redoubler devant les oeuvres de bonté et de charité qu'il aimait tant à accomplir, et devant toutes les consolations qu'il avait tant à cœur de répandre auprès des oppressés de tout rang, de tout âge.
Si je n'avais à respecter la pudeur d'un ami, la modestie des siens et une des plus déUcates gratitudes, j'aurais à retracer des faits du plus touchant intérêt.
Quand ton ^t ie» attadieiheifts et les douleurs qili accompafnetttaiu lodibeati cet homme si exoèUent; si aimaât et si aîné; quand ona pu apprécier ht téputatton d'équité, d6 ^ytÂT et dei sens , ^'tl laisse à tm fils di^ tingué lui-même , par 4amt de tateot et par t&nt tie svccès ; quand entent IHSéctiob si respectueuse du t)etit-fils et de taule cette 'botatfe famWe , on peut assurer qtte le chef transmet ^à tous ie ttèilleur et le plus précieux des héritage^ : il transiMt oette considérati(m qui ne s'acquiert que par 4a Yéutri6n du lAérHe^t du Respect de soi-
même, par le pouvoir connu d'obliger et par l'usage éclairé qu'on en fait.
Adieo doDCy homme digne de nos respects et de nos regrets; adieu, anû digne de l'estifne publique et de l'estime privée; adieu, cher et bonLaBoulie : nous conserverons de vous ce souvenir qui ne s'efiace pas des cœurs qui sont restés purs et fidèles dans la magistrature et dans le pays.