XXXI
Ceux de Gorinthe , ville célèbre de temps immémorial pour la beauté et les talents de ses courtisanes; où la eontinenoe, dit nsdvement dom Calmet, était d'une pratique plus difficile que nulle part ailleurs, lui avaient écrit sur le sujet qui intéressait si vivement les néophytes, à savoir la fornication, ou, pour mieux dire, l'amour libre. Les choses allaient loin parmi les frères de Gorinlhe, puisque, dans le pèle*mèle, le fils prenait la miitresse du père (I Cor.^ v).
Que répond le terrible prêcheur, l'apôtre humoriste^ smnt dans les traditicms j^arisiennes, qui de plus avait éUidié les poêles et les philosophes grecs?
Ceux de mes lecteurs qui n'ont jamais lu TApôtre ne ^*I «tteadial eerttinement pas : la pensée de Paul «wt \^
— remariage est eiaclemeni la même que celle des pakoi qu'il a la prétentioa de cmivertir; cesi la pensée ds Métellus Numidicus» déclarant la femme un mal néeeh saire; la pensée de Ménandre, qui dans ces deux ^fcrs dit la même chose :
r«fury^ éàv tiç iùcnBtion mantff
C'est le vœu exprimé dans ce vers d*Homàre, que tout le monde prenait pour devise :
Yiyre sans femme et mourir sans enfants !
Voilà le thème que Paul délaie dans sa premi^ ans Corinthiens» chap. vu.
(t En principe, dit-il, il est bien à lliomme de ne pas toucher femme. »
C*est à merveille, très-excellent Paul! Mais le oommiiD des fidèles ne s'accommode pas de cette haute verto, qu'il consent à admirer chez les prêtres de Cybèle et les évangélistes de votre trempe; puis, ce n'est pas avec des boutades qu'on moralise les hommes. Â ces -conditions, le christianisme est impossible, il ne passe pas. Paul le sent bien : il propose donc, sans autre transition, la mo» nogamie, soit mariage solennel , soit concubinat l^alisé de par la loi Julia Poppœa; il n'y tient pas, il n'en fait aucune distinction.
d Mais à cause des fornications, que chaque homme ait sa femme, et chaque femme son mari. »
La Yulgate i\i propter fomUationem; le grec porte tk xoLç Troptteç, au pluriel. Par ces fomicationSf rApAtre entend, d'abord, la fréquentation des courtisanes païennes, conformément au décret apostolique; puis, la comnmnauté d'amours entre chrétiens et chrétiennes, introduite par les premiers raessianistes, et contre laqudle réagis-
aprtt CQ qve rapports Ptiil hii4ntaii^ (lhNii« 1^
I, seloo loi, b rmison éYtngéliqiNi t(ti m«riA|^> :
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neni ici, entre les conjoints, la personnalité, la dignité! L'épouse, assujettie au devoir^ est moins que la ooncabine, qui, conservant sa liberté, peut du moins exiger de son amant quUl soit aimable, réservé, même respectueux. Le mari, à son tour, est moins que l'amant libr^, à qui son hétaira^ si elle est digne de son nom, ne reprochera jamais sa lassitude et son impuissance.
Après un si beau précepte, il ne manquait plus que de régler les heures et le nombre. Sous la loi du Koran, les crieurs publics, du haut des minarets, rappellent à leur devoir les maris paresseux. Paul se borne à recommander la bonne foi dans l'échange ; il laisse le chiffre ad libitum.
« Ne vous sevrez pas l'un l'autre, )m>IU9 fraudare inoi^m, ou, suivant dom Galmet : Ne vous faites pas banqueroute, comme des débiteurs de mauvaise foi, si ce n'est d'un commun accord, et pour vaquer au jeûne et à la prière. »
La Yulgate supprime le mot au jeûne^ qui se trouve dans le grec, et qu'exige le sens. Par mesure d'hygiène, l'Apôtre dispense les époux de se rendre le devoir lorsqu'ils jeûnent, d'après l'aphorisme hippocratique : Sine Baccho et Cerere friget Venus,
« Et quand vous avez iini de prier et de jeûner, revene^y encore, iierùm revertimini in idipsum, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. »
Il veut dire, de peur que l'ardeur de la chair, vous poussant à la fornication, ne vous fasse retomber dans ridolâtrie.
L'apôtre Pierre, dans sa première épitre, ch. m, v. 7, recommande la même chose, et pour le même motif, aux maris, mais en donnant à entendre que c'est surtout par charrié pour les femmes, dont la nature est plus faible, et qui n'en sont pas moins, avec les hommes, cohéritières de la grâce : Quasi infirmiori vaseulo muliebri impertient9i Aonorem, tanquàm et cohœredibus gratiœ vestrœ. I^ mot
r>feiii, ftff rr far ) r<i 4n <^ 4^ fn^ \ «tcaWéM ■■iid(fFirfiBwi , y mtm Im» jfm*^ «M^ Im «
OUI (fl parie 4e nroatNrttcr!^, Je r^f^M^iNMl et an tcaffi q«e, t 'ib ne ^ pruvtnl hmH t^ l^n^ MM je Cû, eli bieo ! qu*ils te mirteul t mfteiii HM M ne brûler.»
lites-vouft* Monseigneur, qui VMnlM it tort li (Hh iDgilique, de ce roatériâliMiteT Cwki |ittiiHiiHl U Ire vertu: vertu bnitâle, dignn ilu MM# i|Ht U ttre. Comnient la (iélicalei«e Knw*4|Mi«, iuNtitMi^Ml U
'omaine, comment la iMiilnir if#*riiiMtM«|M»». ♦♦»»♦ » II»*» » protestation, n'ri'\(Hf r<'li« «IoHmim »i»ih«'«»iM*» ,
par la la&ch<.'liMl<'s î.j/ <•». pli/iM'* uf.^l»»r «i *|.«*«.
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lière de ne point admettre. Pour ce qui est du remtfiigs après décès, elle permet les secondes et même les qa»> trièmes noces, et déclare hérétiques ceux qui les blâment: Il vaut mieux se marier que brûler! 0 saintes Gomfliei Porcie, Agrippine! trop heureuses d'Mrenées idolâtres, i Tabri des accommodements de la chasteté chrétienne!
Qu'après cela Paul dise : Ceci est un grand sacrement ou un grand mystère^ car le mot saeramenium se prend au sens de mysierium chez les anciens Pères, il n*y a vraiment pas là de quoi établir la religion de l'Église à l'endroit du mariage, d'autant moins que l'Apôtre prend soin d'expliquer lui-même ce qu'il veut dire quand il qualifie le mariage de mystère :
« Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur: car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de TËglise^ dont il a sauvé le corps; et comme l^Use est sonmise au Christ^ ainsi les femmes doivent en toutes choses être soumises à leurs maris.
« Maris, à votre tour, aimez vos épouses : comme le Christ a aimé son Église et s'est livré pour elle^ afin de la sanctifler, laver et purifier par la parole de vie, et de se faire une Église glorieuse, sans tache, sans ride, pure et immaculée ; ainsi les maris doivent aimer leurs épouses comme leurs propres corps.
ft Ceci est un grand mystère : je vous le dis en Christ et eo l'Ëglise. » — (ÀusD Éphésiens, v.)
Tout le monde ne devine pas comment ces banalités sur la soumission des femmes et l'affection des maris couvrent un mystère en Jésus-Christ et en TË^lise. Il faut pour cela se reporter aux Écritures dont Paul est remplii se rappeler que sous l'ancienne loi le pacte de Jâiovab avec la Synagogue était représenté sous l'allégorie d'uo mariage; voir encore, aux chap. xvi et xxiil d'Éiéchiel
histoire des aniours malheureuses de ce Jéhovah, qui se rend de passion pour deux jeunes filles, Jérusalem et amarie, les tire de la boue et de l'ignominie, en fait ses pouses, puis est payé de son dévouement par la plus bominable infidélité. Ainsi a fait Jésus-Christ : il a aimé Église, pauvre et esclave; il s'est livré pour elle; il l'a turifiée par son sang*; il la glorifie, la nourrit, la réchauffe nutrit et fovet), et il attend de notre fidélité sa récom- )ense : tel est le mystère.
Rien de plus clair, à l'aide du rapprochement des deux Mliances, que toute cette allégorie du mariage. La femme, selon l'Apôtre, est un être dégradé, impur, que l'homme qui s'en approche doit, par charité, relever en s'unissant à elle, nettoyer et embellir, comme Jéhovah et le Christ son fils ont fait l'un et l'autre, le premier pour la Synagogue, le second pour l'Église.
A la suite de cette tirade Paul cite aux Éphésiens le passage de la Genèse : L'homme quittera son père et sa otéfé et s'attachera à sa femme, et ils seront deux dans une seule chair.
Pour comprendre ce texte et n'en pas exagérer la portée, il est indispensable de rappeler l'histoire de la création.
A l'occasion des animaux, la Genèse avait dit que Dieu les créa chacun suivant un type particulier, marquant îinsi l'originalité et l'inconvertibilité des espèces. Quand ce vient à l'homme, elle parle d'une tout autre manière : Dieu ne le crée pas comme il eût fait un nouveau terme ie la série animale, suivant un type particulier, conçu selon le bon plaisir de l'entendement divin ; il le fait à son Image , de lui créateur, La Vulgate n'a pas rendu cette )pposition, que MM. Glaire et Frank, dans leur traduction littérale de la Genèse, ont encore moins entendue, et qu'aucun interprète, que je connaisse, n'a saisie. Maintenant il s'agit de la femme : à l'image de qui sera-t-ellç
faite?-* < M n^ui pa$ Aon, se dit PËlênnl, fM rkmm- Suit ÈÊUt X faisons-lui mn aide sembltMe k un. h
Telle est donc la marche de Yiàie génésiaqne : on pnnier lieu les animaux, créés tous d*ai»te des eaneeptioni particulières de Teâpril ditin, quadrapèdes, otoeaoXi poissons, reptiles, insectes; rhomme Msuite, fait, par exception, à l'image de Dieu ei tiré de la terre; la femme, enfin, Taite à Timage de Thomme, et prise dSone de ses côtes. Dans tout cela qu*a voulu la Genèse? Uarquerh dépendance et Tinfériorité de la femme : die doit Mrs pour l'homme un auxiliaire ; c'est pour cela qaVlle est faite à son image et prise de sa sulMtance. L^ApAtre le rappelle ailleurs en termes singuliers :
Que l'homme se tienne à l'église nu-tête, parce qu'il est riroage et la gloire de Dieu ; mais que la (femme soit Toilée, parce qu'elle est la gloire de son mari : sinon qu'on la rase.
Car l'homme n'est pas de la femme, mais la femme de l'homme ; et l'homme n'a point été créé pour la femme, mù la femme pour l'homme. ( Première aux CarirUkêênsy ch. içu)
Entre ces deux êtres semblables, mais inégaux, quel sera le rçipport? Telle est la question à laquelle va maintenant répondre hi Genèse, et saint Paul à sa suite» la femme créée, Dieu ne procède point» à l'égard de cette création dernière, comme il avait fait au 8i;yet des animaux, des plantes et des astres, s'approuvant lui4iiémeet prononçant que c^était bien! 11 présente à Adam tous les animaux pour qu'il les nomme, et la femme en dernier lieu. La revue se passe d'abord avec tranquillité ; puis tout à coup, à la vue de la femme, Adam s'écrie hors de lui : La voilà ! Chair de ma chair ^ os de mos os, wmiié de ma vie!,.. Uhomme quittera son père ei sa Mens, etc.
La Bible, en faisant ainsi parler le premier amant, rappelle l'androgyne de Platon,dont les deux moitiés séparées tendent avec ardeur k se rejoindre. La dérivaUoa t'i
amoureuse; pas plus que saint Paul il n*a eu ia vraie notion du mariage.
C'est ainsi que Ta entendu l'Apôtre dans sa demiènie aux Corinthiens, chapitre vi, quand, pour détourner ses néophytes de la fréquentation des prostituées, il leur dit :
« Ignorez-vous que celui qui s'accouple à une prostituée ftit un avec elle? Cor il est écrit : « Us seront deux dans une seuls chair. »
Lors donc que TApôtre se prévaut du même passage de la Genèse» tantôt avec les Éphésiens, pour leur raïqpeler ce que le mari doit de charité à sa femme ; tantôt avec les Corinthiens, pour les détourner de leurs habitudes de mauvais lieux, il est clair que pour lui l'amour permis ne diffère pas intrinsèquement de l'amour illicite, le mariage ou concubinat de la fornication : à ses yeux ces différents états ne se distinguent que par des cboonstances extérieures, comme la continuité des rapports, la communauté d'habitation, et, autant que possible, lapa^ ticipation à la même foi. Dans ces conditions, l'amour conjugal étant accordé seulement comme remède à la fornication, l'œuvre de chair assimilée à un service commutatif, nolite fraudare invicenij l'unité de conscience, d'esprit, de cœur, se trouve de fait exclue ; le mariage se réduit à une tolérance. Le nK)t est ignominieux, mais il est pris de saint Paul, et il n'y en a pas d'autre pour exprimer la pensée chrétienne.
Tous les Pères se sont inspirés, à l'égard du mariage, des sentiments de l'Apôtre. Us ont dénoncé ce dualisme, si redoutable à la paix de l'âme et au salut, dévoilé cette souillure ineffaçable du lit nuptial, pour laquelle le mari doit demander sans cesse grâce au Christ, la femme grice ù son mari. De là leurs anathèmes, si peu compris, contra
fli lie UbI àe crii
U frmmm ! t >me niM
ly «I Im « fÊii ferére U Pmrmdis,
de nalédîdkMii celle miiklile all^^'orie du fnnl u a alliréet sar le sexe!
■Mnty dil «art Anguilio, M pMl m* mMi^nar, mtèmoi*
Jean de Dtoiat : LMfrmmm êU um» fÊUekamit èourrtfm,
mx fiiiia, 9M « Mm jéi^* tfaiu (# cœur iê thûmmêf
WÊemiûmge, iêtUimeiU awmeée d$ tEnftr^ pu m tkésêi
iu Pmmiiê ; imdcmpiabU BtUom^ enmemuê jmréê de le
Jean Cbrysologue : EH$ e$i la caun du mal, Cauteuir i, la pierre du tombeau, la porte de ViCnfer, la falaliti fUsères .
Antonin : Tête du crime ^ arme du diable. (Juand vaut ne femme, croyez qur rous avez dei ant vous, mm /mm humain^ non pas tn^inr tiue héte féroce, mais le diabU nne. Sa voix est le sifJWt 'lu ser^}ent. Cyprien aimerait mi^ux cnU^ricJn* h» si/flemefU du bai le chant d'une femme.
Bonaventure la coïnpare au Mcorjnon, toujours pr/t .1 il rappelle lance du dcmou. (/rst aunsi r.i>iH<rKuh«'lH' rée, ^jue la femme est la fliche du dmlde. Grégoire le Graixl : /.a femtn^ n'a jtan le xetts du bun. Jérôme : La femme, livrée a elU-iri^me, tu' tatdt ji<i\ /i dans l'imftureté. Kl «rirore f ne fmmr ntiru ir]tto>/ii' rare que If jdiénij . (. ''^/ la j>orir ilu df/tinn, Ir ( Itrinm luitéj le dard du s' i.ti.kiu . nu I ifnl^ un»- diini/rt ru't
•erivaiiis ciaiii^i * U ;♦!!' • i< ni uiuj /i -ih«i<- (ol< M; a l.i
lecture de cm imprécations; il ferait {dûs aimpled^ytmr un hommage détespéré rendu au pouniir de la Eamiiie.
Au reste, la méditation du dogmd'évangéliqneel ht las* ture de la Bible étaient peu faites pour inspirer à des âmes ascétiques le respect de la femme et du mariage. Le paganisme, venu au début de la civilisation, plein de jeis et d*espérance, avait idéalisé la femme dans ses nymphes, ses muses, ses déesses ; il avait sanctifié le mariage, él0vé la famille à la hauteur d'une royauté et d*un sacerdoœ.
Le christianisme, provoqué p^ une corruption sans exemple, vit dans hà génération le principe, dans h femme l'instrument de toutes nos souillures. Sans douta, après comme avant la prédication de FÉvangile, Teapèee continua de se reproduire par la voie ordinaire : comme autrefois on fit l'amour et l'on s*épousa ; la femme ne ceasi pas d'être la bienvenue auprès de Thorome ; sa condition, son caractère, gagnèrent même quelque chose. Théologiquement le mariage fut sans honneur, la femme sans estime. Le baptême, administré aussitôt après la naissance, n'eut plus d*autre objet que de laver Timpurelé génitale. L'influence de la Bible, inspirée, en ce qui touche la femme, des moeurs et traditions du harem, fut désastreuse.
Quels types de femmes que les femmes de la Bible! Eve, la Pandore hébraïque, dont la curiosité ouvre le monde au péché et à la mort ; les antédiluviennes, qui sé^ duisent les anges et accouchent de géants ; Sara, femme d'Abraham, maussade, incrédule, jalouse et vindicative; Âgar, la favorite insolente; la femme de Loth, changée en statue de sel; ses filles, amoureuses de leur père ; R(^ becca, qui apprend à son Ûls Jacob, dont le nom signifia le Filou, *à tromper son père et son frère; Lia, glorieuse cl sotie ; Rachel, qui vole les marmousets de son pftre; Dina, Teifrontée; la Putiphar, dont le nom eet passé en
MTov^be; Marie, sœur de Moïse, qui conspire contre lui ; a femme de Job, qui Tinsulte sur son fumier. Que dire rAbigail, de Michel, de Bethsabée, de la reine de Saba, l'une Jahel» d'une Rabab, d'une Dalila, d'une Esther, l'une Judith 1
A l'imitation des Pères, les casuistes ont traité la matière conjugale en vrais Turcs ; ils ont si bien fait que leurs noms sont demeurés infâmes parmi les honnêtes gens. Les honnêtes gens ont tort : accuse-lron le médecin qui se voue à la guérison des maladies honteuses, alors même que ses remèdes ont pour effet de les aggraver ?
Après tout, les dissertations d'un Sanchez et d'un saint
Liguori ne font honte qu'à leur religion et à leur siècle;
le traité De Matrimonio est contemporain de VAlofêia.
De pareils livres sont autant de témoignages que, du fitit
de TÉglise et jusqu'au seizième siècle, rhonnèteté n'exista
nulle part dans le mariage des chrétiens.
Il est vrai pourtant que l'Église, après une longue et inutile attente, ayant pris le parti d'abandonner l'opinion millénaire, force lui fut de modifier sa théorie du mariage. Le monde ne finissant pas, là où Paul n'avait vu qu'un sédatif aux titillations de la chair, elle finit par découvrir la loi de conservation du genre humain, et, ce qui lui importait davantage, l'instrument de sa propre propagation. Elle condamna donc les hérétiques, qui, sur la foi des premières traditions, comptant toujours sur la venue du Fils de rhommcj et jugeant inutile de faire des enfanta, réprouvaient à la fois la génération et le mariage, el elle i^lablii l'union conjugale dans son antique et païenne dignité de eacrement.
Mais cette restauration n'eut lieu, au moins de la part des prêtres, que pour la forme. La religion du mariage,
abrogée par la foi priaûtive, se reforma peu à peu dm la conscience des peuples; le clergé, voué au cfilibtl, à qui l'amour était d'autant plus suspect que sa omitinaiee mal entendue lui était plus pénible, continua de regarder le mariage comme un état de pollution habituelle; el tandis que le calendrier regorge de prétoidues vi^rgeB, canonisées, comme une Thérèse d'ÂYila et une Marie Âlacoque, pour avoir, pendant une vie de langueur, enduré les soufflets d'Asmodée, c'est à peine si Ton y r^ contre une mère de famille.
Au seizième siècle paraît la Réforme. Vous croja qu'elle va réhabiliter le mariage! Dieu l'en présenrel Sur ce point comme sur tous les autres, elle accuse TËglise romaine de superstition, et, revenant à la foi primitive, elle commence par ôter au mariage le titre, que { -Rome avait fini par lui accorder, de sacrement.
Eh bien! direz- vous, allez-vous faire un crime aux orthodoxes du sacrilège des protestants?
Telle n'est pas ma pensée. La réforme accusait l'Église d'avoir, en ce qui touche le mariage, varié dans la foi, ajouté à la tradition apostolique et à l'Évangile : je prétends que l'Église n'a point varié du tout, si ce n'est peut-être dans les mots. Après comme avant le concile de Trente, l'Église de Rome, d'accord avec les cbrétiens primitifs comme avec les réformés, nie le mariage, qu'dk confond toujours avec le concubinat.
La société conjugale^ disent nos modernes théologiens, peut exister sous trois formes, donner heu à trois sortes de contrats: le contrat naturel, le contrat civil, le contrat religieuo).
Le contrat naturel est l'union spontanément formée par im homme et une femme, antérieurement à Texistence de l'ordR civil, ou en dehors de cet ordre. Cest à proprement parla k concubinat.
Le contrat civil est le même que le précédent, mais aeconi-
fifÊé pour k* rpoot de rcrUinr* oMiptkNN et p iiàpraque». f ipnm^ ou Mu»-«i>in>iitM, et fmmm ptr la maè\l^, kaqupUeft iiUiiiAliiHu el i>i> rogitiTC* fonl du oowalîMl aw tôd^lé ntrilc dr Urn» r( 'le pin , cbow que par tai-iBtmr Ir ooocubiiuil ne rvnt]Hirii- pu Dtoauîrf ment.
it canlnl nli^ imi rhuMc daii> U bëaMiclioa dotu^ pw Ie prflreà4«itppnoDn»co«ji)iiii> • toit (eulenwnl de par la latan, toit en uulr* dviani la *(NVt> : l'EgliM ne *e frécteafe |M« |i)aii di> l'uii i{ue dt- l*ault<'.
L*Egliae, die le proclame ello-méme, ne connaît pat elK toacie eocora moiiu du contrat civil. Elle prétôid posTOv maiier nonobslant ce contrat ; rendre époui, par la Tertn de n béntfiction, dca concubinairei qui repoBnent le mariage civil et l'inlenention de la lociélé. Le mariage romain, par eoemptto ou VMveapio, valait da ■oins, par *a publicité, pour le for extérieur; maille mariage cooKré par l'Église, en dehors de la garantie aorâle el sans autre motif qiie de donner abbolutioo du péché, ne vaut en réalité ni |iour lo dcilnns ni |>nur le dehors : c'est la négation mémo ilu m;irini.'c if
En (leirt mois : selon rcs[iril ilc If-^liM^, le niari.i);c, quel qu'il soil, n'cfl l'oitit cli'i?* sjjrnc; r'fsl iiii ;icl(r Nsenlielicment enl.iclié d'imiiurflé, iinu la briiédictinn liu prêtre a pour objet de l;ivcr, loiiiti»; iino sorte d<* baptême donné h l'amour.
Jusqu'au concile de Tnnl'', rKi:lis<- lui li^ins riialiitmlc de donner à tons cciiii ipii l;i lin ilcmninliiiiiit la liéné<lirllon nuptiale, snns trmuitis, sitis iiiirioiii'e ]<ri'ah]ili', çnii^ njl souci des fuiiiilles et ili's tiiT-^, il i'i>.l l'tii'Ui' iiiii^i qu'elle en use ilaiis les |i:i>s ilu fr.in.' ralhulirlMi;.'. Iii <)imes amis, établi à Valiiaraiso, -^e niarn'. Il t;ut ^eriir >j fiancée de l'aris d I'ciwium; :iii (iilianpir, .l.ins luu- ?ncristie. sans [Hibliriilinn ni liiiioin-. l.r rai i> ti,i nt, ''n i-ffcl, étant iindun deTHni, ne reipiiiLt |ia> ias.-i^lanrr'de.hoiiinies. I.cs iinilairi.-> ilAiiiéiiiine m n-cnl île iv.<:in< , li-
dèlcs sur ce point à la tradition de Rome. De là ce flé^a des mariages clandestins, auquel le concile de Trente fat obligé, sur la réi{uisition formelle des souverains, de porter remède,-en décrétant qu*à l'avenir tout mariage devait,! peine de nullité, être célébré par le curé des parties ou par son délégué, accompagné de deux ou trois témoins.
Ainsi la distinction, telle qu'on la fait aujourd'hui, entre le mariage et le concubinage, cette distinction, tout imparfaite qu'elle soit encore, ne vient pas de l'Eglise; elle appartient à l'autorité civile, qui au seizième siècle imposa à TÉglise la publication des bans, l'assistance des témoins, et le ministère ou la délégation de l'ordinaire.
La Révolution a fait plus : ne jugeant pas la sécurité des familles et l'ordre public suffisamment protégés par l'Église, elle a séparé radicalement, pour le fond et pour la forme, le mariage civil et la cérémonie ecclésiastique. Mais TËglisc, qui ne renonce pas à ses idées, proteste contre cette séparation outrageuse ; elle revendique pour elle seule le i)ouvoir de marier, elle devrait dire, pour rester dans l'esprit et la lettre de ses auteurs, le privilège de bénir les concubinaires. A l'heure où j'écris, il est des prêtres qui, malgré le concile et le concordat, poussés par un zèle factieux, s'ingèrent de marier en secret les concubinaires; d'autres qui administrent le prétendu sacrement sans attendre l'acte civil, et ne s'aperçoivent pas que ce sacrement, donné hors la société, est une consécration du concubinage, un sacrilège.
A ce propos, je ne puis m' empêcher de dire ici quelques mots d'une affaire qui a vivement occupé dans ces derniers temps Taltention publique, je veux parler du procès entre M"^*î Wéber .et les héritiers Pescatore.
Voici le problème :
«mléNI
oivil : W
fa éÉ ■méqucvH'iii M. iHi^uiv^ an «#un niârùif* mh^uI ri MiMmiml î b piMctIé. A c«l nWi, Il uMmiiiI U nHHini* d'aï cvéi)iie fniiK«ii «iiiir^ il'uu eurt) iii|Mi« d*cinblé« À U i^^I^ImaIioii, mm» MMlrn lilé CB Frmoe ni publicAlHiii. Ou (ltfiii«iiittf «i kt ^e idigîettx ainsi fait à Tèlraiigar «ni|MHl« |HHir Bce ■Mriige civil , cripr^t Tari. 170 (IiHIinId; itt coDcobine, lavéo, fiunllé^, é|ii»nKé<i |Nir TRijIiMi, e dirp épouM et rofnmiiii«i i*ti iHi^nnF IconsulUnlB, MM. O. Marrot » liHliMiofil , MiiiJ0, ?l , hernoloiiilx' , »r;i«r<»i.| ,i\<( 1. > ivri|(j«.> ili.* , de Bordeaux, dr |».»i i-, <li S m »(i • • n ( «xkI» ni - Le trdiiifial, d .t< < <<( <1 i »< ■ !• n.n ■ i» i < j uLli. i i liseur d«'H lu 1 1' n-i ^. M Imf 'if .5 1 ><yn
est dans la \<'fil«-, 0 n^- .- '.«- ii ' j .i/' i« <>(ji. Oi
Eiarrot, B- lhfiM>f;t . Mm» I; i^n«i \)» iti>>ï'ii\>t ,
tribunal, <i l^ uni u.v r^u-i |..-j.()i d« lu B< >«>»hj-
,' > , it < I t I < ■ ' .t Ml ' < li
l'JUUL Uli pr».'U» ♦-'! i3»'I LAuI'-tilli* lliiiK «jUi 11 ci"
porte point par elle-ii^me d'effets ciytts ; en un flM» ■ contrat de concubinage.
Le mot déplaît, mais ce n*est pas ma faute. Je widrais , comme Tempereur Auguste , comme ÏBf Apôlnijc! comme toute l'Église, qu'il pût être rendu honnête; ifli titre, j'accepterais avec reconnaissance la bénédictioii nligieuse. Mais que vous vous mariiei devant le Qirâl> comme M. Pescatore, ou devant le Soleil, comme Minf^' qu'importe cette symbolique? Dès lors que vous éeirlei votre pays , ne demandez rien à votre pays : vous n pouvez pas réunir à la fois les franehise$ du contrat ni' turel, même sanctifié par le culte, avec les droitt do contrat civil que votre intention a été d*e^uiver. Peut^ être en croirait-on votre protestation , si TEspagne, encore sous le joug des prêtres, eût été le seul pays où if vous fût possible de vous marier; mais vous étiez en; France, où la régularisation de votre communauté n'sAI' certes pas élé de mauvais exemple : qu'alliez-vous faire en Espagne?
J'ai prononcé le mot de divorce. -
L*Église, et je parle de toutes les églises, grecque, latine, réformée, sans exception, l'Église,, par la manièrs dont elle a traité le divorce, l'admettant tour à touret^ le rejetant, a montré une fois de plus sa pensée secrète* sur l'identité du mariage et du concubinage.
D'après la tradition suivie par les rédacteurs des trois premiers Évangiles, le rabbi Jésus s'était exprimé sur le divorce en termes précis, qu'aucune interprétation ne saurait obscurcira
« Vous savez qu'il a été dit aui andens : Quiconque voudra renvoyer sa femme lui signifiera l'acte dé répudiation. « Et moi je vous dis que celui qui divorce d'avec sa femme.
hors le cas d'adultère, la fait prostituée, et que celui qui épouse uûe femme divorcée est lui-même adultère. »
Faut-il tant de pénétration pour comprendre la pensée du fondateur? Il prend en main la défense des femmes, livrées, par le privilège illimité de répudiation que la loi accordait à Thomme, à la brutalité des maris, et il pose une limite à un abus qui faisait dégénérer Tinstitu^ tion en promiscuité. Il restreignait, en un mot, le divorce au cas d'adultère : c*est ainsi que le comprirent les disciples immédiats, qui avaient vu et entendu Jésus , et l'Église grecque est là tout entière pour affirmer la vérité de celte tradition.
Mais Paul a aussi son évangile^ plein de chosesi qui ne se trouvent pas ds^ns Tévangile de Pierre, comme par exemple de rompre toute relation avec la société civile et de s'abstenir de ses tribunaux, malgré le mot si connu du Maître : Mon royaume n'est pas de ce monde. Jésus avait fait profession d*obéissance à l'autorité établie; Paul prêche la sécession, la sédition. Jésus s'était montré indulgent pour les pécheurs; Paul tranche du rigoriste. Sur tous les points il aspire à surpasser Jésus dans la morale et dans la gnose, il ne lui laisse que la niessianité. A ceux qui lui font des objections sur son enseignement , dont certaines parties ne se trouvaient pas dans celui du Galiléen, il répond avec aigreur :
« Dieu a suscité le Maître, j'en conviens ; mais moi aussi il me suscitera par sa vertu »; Deus verô et Dominum suscitavit; etnos suscitabU per virtutemsuam. — Tout m'est permis, mais tout ne me convient pas, et je ne relève d'aucune autorité.
« Oui, vous avez été faits membres (enfants) du Christ; mais quoi ! est-ce qu'en vous reprenant au point où vous a laissés le Christ, je ferai de vous des bâtards?» Tollens ergo membra Christi faciam membra meretricis ?
Passage qui prouve encore que Paul, à Coriathe a\xs.<&\
bien qu'à Rome, avait été devancé par les autres apMres. Après cette verte apostrophe aux Corinthiens réfraclaires, il poursuit son exposition ; et c'est alors que, enchérissant sur Jésus comme celui-ci avait enchéri sur Moïse, et singeant jusqu'à sa manière, il prononce cet oracle:
« Vous savez que le Maître a défendu le divorce^ hors le cas d'adultère.
« Mais moi je vous dis ceci : Si un frère fîdèle a une époase infidèle^ et que celle-ci consente à cohabiter avec lui, il doit la garder; et réciproquement, si une femme fidèle a un mari infidèle, elle ne le quittera pas. »
Deux mois d'explication sur ce text«. D'après l'ancienne loi, à laquelle Jésus avait fait allusion, le mari seul avait la faculté de signifier le divorce; la femme maltraitée ne pouvait que s'enfuir et se retirer chez ses parents.
D'autre part, par le mol infidélité il faut entendre tout à la fois : 1° l'idolâtrie, le plus grand des crimes d'après le Pentateuque, et qui constituait entre les Juifs et les races proscrites un empêchement absolu au mariage; 2° la fornication, et conséquemment l'infidélité conjugale, ainsi que je l'ai expliqué plus haut.
Paul, embrassant dans sa défiiiiiion la retraite de la femme chez ses parents et la répudiation du mîiri, les prohibe toutes deux, môme dans le cas d'idolâtrie, à plus forte raison dans le cas d'adultère. « Le fidèle, dit- il, devra rester, quand même, avec l'infidèle. > Et la raison, divin Apôtre?
a C'est que rhonorabilité de l'époux fidèle couvre la fornication de f infidèle, et que par là les enfants, qui sans cela seraient bâtards, sont rendus légitimes. » Sanctificatus est vir in/idelis por mulierem fidelom, et sanctificata est mulier infi- (h'ii's per virum fi'lelem : alioquin fiUi vestri immundi essentt niinc autem sancli sunt,
ly après le style des prophètes, dont Paul aflecte de se
arvir» il est évident que les mots fldèle et infidèle se apportent à deux ordres d'idées, le culte et le mariage : i parallèle qu'il établit entre la doctrine de Jésus et la ienne le prouve d'ailleurs.
Ne voilà-l-il pas une belle raison en faveur du coiuage? Gomment ! c'est pour annuler la bâtardise que vous 'éprouvez le divorce et passez l'éponge sur l'adultère ? \^raiment, les adultérins vous auront obligation. Mais que devient la foi conjugale? que devient la sainteté du mariage? que deviennent Famour et le respect?
Bagatelles! Est-ce que le mariage n'est pals institué , d'après Paul, simplement pour remédier à la fornication ? Est-ce qu'un homme sérieux, un esprit grave, un vrai chrétien, peut se soucier de l'amour de sa femme? Qu'importe, en vérité , de quel père sortent les enfants, pourvu qu'ils soient baptisés ! Passe encore si le mari qui demande le divorce, si la femme qui se sépare, alléguait le refus du dehitum : alors il y aurait lieu à rupture, le serrée pour lequel le mariage est octroyé n^étant pas rempli ; mais si le mari infidèle, si la femme infidèle, consent à la (cohabitation^ plus le moindre sujet de plainte : c'est à Tépoiix fidèle à ramener, par la raison et la douceur, l'infidèle.
C'est d'après cette solution , logiquement déduite de l'épîlre aux Corinthiens, que l'Église latine, qui repousse le divorce, même pour cause d'adultère, autorise l'annulation du mariage pour cause d'impuissance : Si impos. Tout le monde ici se rappelle Tédifiante formalité du congrès, imaginé, sous 1 influence de cette casuistique orthodoxe, pour constater les cas d'impuissance, si un mari naiurait ou s'il ne naturait pas; formalité qui ne fut abrogée que sous le règne de Louis XIV.
L'impuissance dans le mariage jugée moins excusable que l'idolâtrie, moins excusable que l'adultère!... Ne
Irouvez-vous pas , Monseigneur , qu'après cel ewC^iA^-
ment Paul a le droit de s^écrier avec un légitime orgi
Certes, je crois que moi aussi j'ai l'esprit de Dieu; Put tem qudd et ego Spiritum Dei habeam ?
Que la théologie chrétienne ait fait descendre le riage de la hauteur où l'inspiration polythéiste V placé, c'est un fait que l'histoire de TÉglise, que ses tures , ses définitions , sa pratique et toutes ses ai tés démontrent avec la dernière évidence.
Mais on fondrait savoir encore quelle a été la r supérieure de ce mouvement rétrograde, que n'( querait pas suffisamment la grossièreté primitive secte, ni l'esprit oriental de ses missionnaires. Ind cette raison, ce sera compléter ma critique*
Le polythéisme, avec ses dieux mâles et femelles, plés , mariés , l'un de Tautre engendrés, avait donc Usé la famille et le mariage; il avait fait de cet id sommet de Justice et d'honneur auquel il conviait les races humaines, toutes les conditions sociales, cule , après sa mort, reçu dans le ciel et devenant V d'Hébé, était l'emblème de la barbarie qui s'élè^ violences de l'amour à la sainteté du mariage. Oi ensuite par quelle dégradation du sentiment religii quel concours de circonstances la famille païenne c de cet idéal ; comment, enfin, par les raffineme son érotisme, la société grecque et latine s'abîma d volupté unisexuelle.
Que va faire le christianisme ?
C'est une loi de l'histoire, qui a son principe di mouvement évolutif des idées, que toute révoluti€ même temps qu'elle nie et abroge l'état antérieur, i pourtant que le continuer : nous en avons vu un pie, à propos du travail, dans la succession des h
le réguteal tour à lour : Lot fégoitwttyLoi ^mmmr, IM éeJuMee.
Aintî le cbrùtûnisine devait reprendre lee dhoÊta ■■ point où les avail laiMée* le polythéÎHDe, Taire pour U mviage ce qu'il raiuîl pour l'esclavage , ce qu'il avait bilpour Unie ta théologie. Ce Tut en eOrt ce qui arrtn.
Tëoioio de la dégradalioa det m«eun donwaliquea , de rbjpocriaie du mariage, de l'iiuociabililé de la ramilk, dei misère* de la proalitulion , dea horreun de l'ainiMr pédéfaaiqiie ; frappé eu mtoio lempi de la logique , êm moim apparente, du concubinal, ai commode, ai popnliire; convaiiica. du reste, par la ihùorie platoaictenaa utant que par ses mooalnieux résultais, que le «MlaUe iBwar n'est paa de ce monde , n'appartient point i im utores mortelles , le chriaianinne condamna la ebair . ma, du point de vue religieux, la aexualilé ; quant i la Tie terrestre , affirma en principe la eommunaulé im femmes, mais u contenta, dans l'appltcatioa al par Tonne de lolùrance, du coiiculiinal.
l£ chrislianismc, fn un mol, |iril pour point de départ if terme où g'i'lait'iil arrOlés les {>liilii,ui|itio iltr l'eraln de SotTatc cl il'E|iamînutiiJu5, l'uni!
Au TunJ, Utiilis que lu polylliLiMiK-, on insliUiaol la mariage, s'éluit borné à appeler la Justice au «enouri 4> ' l'amour, le clirislidiiisme, faisanl un pas de plus, pi*> i DODça la subordination de celui-ci : en cela il servit la " pruprès, el {iré|)arala formule supt-rii-un; it« l'instilHlîOBt J bans la forme et ira|>Tè& la tellre, l<! rbnUiai ' plus (jitc bulallerniser l'-iiiiour, il lit rt^putu à (i le conilimina : luuie sa discipbm- fut inspirée i! condamnation.
i'ai cité déjà le mut du f.liri^t, à ijui l'on dei lequel , de sept uiaris aiixtiiiels ujie Itiiime avait t Uvemcnt a|i|>arlenu, lui resterai! après li
Dans le ciel^ répôndit-il, il n'y a plus ni époux niépouies; tons sont comme des anges devant la face de Dieu. Saint Paul, aux Calâtes, m , 28 , professe la même doctrine : En Christ il n'y a ni Juif m Grec, ni esclave ni libre^ ni mâle ni femelle. Il pouvait dire encore : 11 n*y a ni frère ni sœur, comme Chateaubriand l'a si bien fait voir dans son René. — Je vous ai fiancés au Christ , dit^il ailleurs, comme une vierge chaste.,. Toute la théorie du célibat religieux est fondée sur ce principe d'une noce spirituelle, où le sexe n'est plus de rien.
Niée dans le ciel, la sexualité , ainsi le veut la logique transcendantale, est condamnée sur la terre; la femme, pour mieux dhre, aux yeux du chrétien, du vrai spirituel, n'existe pas. Erreur ou accident de la nature, tourment de rhomme, image fausse de l'amour, elle ne vaut, comme personne, qu'autant que, se dépouillant de son sexe, elle revêt l'individualité chrélienne, suivant la formule: ^i hommes ni femmes ; tous anges devant V Absolu,
De là celle conséquence qui anéantit le mariage, que, l'union de l'homme elde la femme n'ayant de valeur que pour la procréation des enfants, tout au plus comme préserva! if de la fornication , les personnes conjointes demeurent, quant à la conscience, indépendantes l'une de l'autre, ne relevant que de leur foi, c'est-à-dire de l'Église.
Le concubinat, prenez -y garde, est, à défaut de la communauté des amours, la seule forme d'union que puisse accorder une autorité religieuse à ses membres des deuj sexes, et moins qu'une autre l'Église du Christ pouvait déroger à celte loi. H y a dans le mariage ce fait redoutable pour toute Église, qu'il se forme entre de just© époux une conscience commune, religion de famille justice domestique, incompatible avec la souveraineté dn ôehovf^.
ooaaibiBal, qui rapprocbe le« peraoniies, mab no mîfiepM; qui unil les corps, eti laî»anl le libre sain oamrs ; le ooncubioal , «ans Ju)>lice propre et léal moral , éuil loul ce que pouvait supporter la Ile religion.
là aussi Tintroduction dans le ménage chrétien tierce influence, qui témoigne énergiquement de sa
i les anciens , nul ne pourait pénétrer dans la fli- : le gynécée était muré; ni prêtre ni magistrat , à y voir.
s le christianisme, c*est tout autre chose : le prêtre se la femme; il est son époux spirituel ; à lui TAme, science, le cœur; au mari, géniteur^ le corps. Ils t plus cif AXiXES , c'est-à-dire ils ne font pas un esns deux corps séparés; Us soni demx^ au contraire, î dit la Genèse, dan* une seule chair. À l'Église, après avoir flétri Tamour et déshonoré, î comprondro, le nillo cIp Vénus, M'paro l\''j>oiise >0!ix , malgré roniro do Dion. Au lion (l'inilior la à la Juslico par lo mari, lo pôro ou lo frôro, rommo lait le mariapo romain ol rnrnmo lo vonl la nalle f^rôtontl l'inslrniro olji-mômo, par lo dirocleur. e dans lo mônapo ronri<ri<lo, lo mari, amant cliarmplira lo vonlro rio lafommo; jo pr<*iro, amant ol , omplira IV-prit. D*' ^^ortr qno lo mnriapo chri^ >nrrail so définir uîi rocn.i::*' niv<îti<juo : //^r ^</ m sacra w^rifi/tn !
ont (ù lo ratlK»liri>nîo a rnn«iorvr <;a pni<«nnro, jo o«;t maitro t]f- \n m ii-<>n. Ouo d'inro<it«<î <:[»iritiio|s ult»To> ! ()']o (](' n ;ir!- <i/ii<f « r»"^ j-nr c(^[r aliéna- ' Ir-nr- !"••':( r[.<'- '
•ml»' r«l!;j:«»ii '.rt '1'- rn-'m'-. j*«n rittoctr- l'hton et Ir» nfanlin. îk^ l"r- qnr- ia -/^ruto, an lioii do re^ir^VT
directement sur la Justice , prend sa base sur une foi, un dogme, un respect transcendantal, il faut qu'elle rompe entre l'homme et la femme le serment matrimonial, (w tout est perdu. De même qu'en leur qualité de citoyens ib relèvent de Tautorité publique, ils doivent en relever en qualité d'époux. Ainsi en usaient avec leurs néophytes les jésuites du Paraguay. Ou la communauté des amours, comme la voulurent Platon et les premiers chréUens; ou la subordination du mariage au prêtre , c'est-à-dire le concubinage. Hors de là, point d'Église, point de religion.