‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 20 sur 46 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Corruption de l'amour et du mariage ohes les chrétiens : Oaractère de la lubricité moderne.

A l'idéal u amour qu'avaient rêvé l'une après l'antre, de la diversité de leur point de vue, l'école spiritualistede Socrate et l'école sensualiste d'Êpicure, le christianisme ne (it donc que substituer, de son point de vue particu* lier, un autre idéal, l'amour mystique. Des réformateurs judicieux n'eussent eu à faire qu'une chose, c'était, en interprétant le symbole sacramentel , de rétablûr le sens juridique du mariage. Fidèles à leur haine de la natuQB et de l'humanité, les missionnaires du Christ enchérirent sur tous les raffinements de la philosophie païenne, ht même cause qui avait perdu la famille antique devait perdre aussi la famille nouvelle : de quelque maniera que vous absorbiez le poison, eu poudre, en liquide ou èa vapeur, il vous tue.

Qu'est-ce d'abord que cet amour mystique?

- aoi —

L*aaioiar inytlM|iie, vanété de Tainour platoniqw» oon*

«te i rapporter à Dieu , beauté étemelle, amour créa*

lear« le aentiiiieot que la ualuie a établi entre rhoause el

h feiDine, el que les Grecs indiscrets avaient étendu à h

salure enlière, sans distinction de règne, d'es|iéoe ni do

leie. Du reste, de niAine que l'aniour platonique, el bien

plus encore que Tamour platonique, Tamour myslique

tend à une conlinence absolue, à la castration mentale :

ce qui emporte loujours la négation de la sexualilé,el lina»

letneol de Tamour même*

L'origine de ce mysticisme se confond avec celle des religions. Sans parler des mystères afihrodisiaqucs, qui y cooduisaieol, on sait que chaque cilé se regardai! comme unie conjugalement à un dieu, qui la prenail sous sa pro» tection el à qui elle se dévouail par un culte spédal. Les prophètes sonl pleins de cette idée : Jéhovah a Irouvé U cité israélite nue el proscrite; il l'a recueillie, épousée, chargée de parures el d*or ; la Loi est son contrat de nm» liage, le fameux Cantique son qiillialame.

« La poésie mystique de l'Inde a |K)ur leite habituel l'amour pa<«ionijé et eita(H|Ui' de I arne |M»ur son rnsiteur. (à*t araour, le plus élliéré el \v plus twiiiil que riioiniiH* puisse sentir, s*y «^iprime par les images s»*n>uell(*s du Cantique des caniiqmm^ mais a%ec ud<* candeur d'etpression (|ue l'hébreu lui-nîême n'atteint pas. On y sent la nudit*'* innurente de l'homme cl é$ la femme dans la pureté sans larhe el sans ombre d'un av Ëdeu. » ^Cours famiUer dv Utteraturr, par M. de Lajuii citation du barun d'Kksteiii.)

Le christianisme, condamnant la chair ot tout ail ment à la créatun% devait |»<irtrr au plus haut degi mour mystique, le ilévfhipjMT. l'enscM^nrr sous tout formes, en faire un préce|ite el une < ondition de I — < /e rous ai Jidncrs /o?/.% n un seul rpoux^ dit Patt Corinthiens, au (Ihrist^ rmiimn vne vierge ckëii

Nouveau Testament, les P^nes, les mystfquçs, les lermonaires, ne parlent que des noces du Christ avee son Ég^isi, du mariage de l'ftme avec son Créateur , de runioo dei vierges avec Jésus, leur divin époux. De môme qne h paganisme, on peut dire que le christianisme se résoat tout entier dans une idée, Tamour*

On comprend que dans ce système le mariage smt r»> gardé comme une espèce d'infidélité, dont Fauteur de tout bien, de toute beauté et de tout amour, Dieu,e8t jaloux, et qu'il ne permet que par un excès de miséricorde.

Celui qui est sans femme, dit l'Apôtre, ne songe qu'à plaire à Dieu, tandis que l'homme marié doit contenter encore son épouse. Pareillement la vierge qui se garde pore de cœur et de corps, ne songe à plaire qu'au Seigneur ; au Keu que la femme mariée doit s'occuper encore du monde et plaire à son mari.

De fait et de droit le mariage chrétien, accordé pu tolérance, réservant à Dieu, à l'Église, au prêtre, les préférences intimes du cœur, est un concubinage, pis que cela, un adultère.

Suivons, dans ses conséquences logiques et pratiques, cette nouvelle théorie de Tamour.

La contradiction apparaît d'abord dans le langage des mystiques. Il leur est im[)ossible de parler de l'amour divin sans employer continuellement les images de Tamour charnel :

« On peut dire, avec Denys le Chartreux, que le divin Époux ^ voyant Tâme tout éprise de son amour, se communique à elle, se présente à elle, Tembrasse, l'attire au dedans de lui-même, la baise, la serre étroitement avec une complaisance merveilleuse...

« On peut dire, avec saint Bernard, que cet embrassemeot, ce baiser, cette touche, cette uttion, n'est point dans limagi- Dat'ion ni dans les sens, mais dans la partie la plus spirituelle

de notre ôtre, dans le plus intime de notre cœur, où l'âme, par une singulière prérogative, reçoit son bien-airaé, non par figure, mais par infusion, n(>n par image, mais par impression... (BossuET, Sur Vunion de Jéstis-Ùhrist avec son épouse.)

Peut-être ce matérialisme d'expression, dont les exemples rempliraient des volumes, fut-il nécessaire au commencement pour enlever les cœurs égarés au matérialisme de la débauche, et c'est pourquoi je ne saurais faire de semblables textes un motif d'accusation contre les mystiques. Quelle puissance de chasteté n'a-t-il pas fallu à ces hommes, un saint Bernard, un Fénelon, un Bossuet, pour faire passer un langage qui, appliqué à son objet légitime, serait presque obscène! Je ne le redouterais même pas, si les conséquences devaient s'arrêter là, pour des enfants. Ce n'est pas dans les paroles que gît le mal : il est dans l'idée, qui fait de Dieu l'objet d'un amour dont l'union conjugale est déclarée, par article de foi, indigne.

€ Adam, notre premier père, s'étant élevé contre Dieu, perdit aussitôt l'empire naturel qu'il avait sur ses appétits. Sa désobéissance fut vengée par une autre désobéissance. Il sentit une rébellion à laquelle il ne s'attendait pas, et la partie inj lerieure s'étant inopinément soulevée contre la raison, il resta tout confus de ce qu'il ne pouvait la réduire. Mais ce qu'il y a de plus déplorable, c'est que ces convoitises brutales qui s'é- 1 lèvent dans nos sens, à la confusion de l'esprit, aient si grande 1 part à n(»tre naissance. De là vient qu'elle a je ne sais quoi de { bonteux, à cause que nous venons tous de ces appétits déréi glés qui firent rougir notre premier père. Comprenez, s'il vous i plait, ces vérités, et épargnez-moi la pudeur de repasser encore une fois sur des choses si pleines d'ignominie, et toutefois ^s lesquelles il est impossible que vous entendiez ce que c'est que le péché d*origine : car c*est par ces canaux que le venin (t la peste découlent dans notre nature. Qui nous engendre nous tue. Nous recevons en même temps, et de la même racine, et la vie du corps et la mort de Tàme. La uv^%a& àqwX

nous sommes formés étant infectée dans sa source, elle empoîsonne notre âme par sa funeste contagion... » (Bossun, Sermon sur la fête de la Conception de la sainte Vierge.)

Quelle âme de boue pourrait se scandaliser d'un pareil langage? Bossuet est aussi chaste que sublime lorsqu'il parie de Tamour et de tout ce qui lui appartient : Hilton seul peut lui être comparé. N*est-ce pas une belle et noble chose d*avoir su, par la force du mysticisme, faire oublier le sens matériel des mots, pour ne faire penser qu'an sentiment? Nos romanciers font juste le contraire : sons des paroles honnêtes, leur talent et leur but est de faûre penser aux choses qui le sont le moins. Cherchez, dans toutes les littératures du monde, quelque chose qui approche de cet autre passage :

a 11 est un endroit^ ô Seigneur, oà le diable se vante d'être invincible; il dit qu'on ne l'en peut chasser : c'est le moment de la conception^ dans lequel il brave votre pouvoir...

« Quand je vois mou Libérateur dans cette étroite et volontaire prison (du sein maternel) Je dis quelquefois à part moi: Se pourrait-il bien faire que Dieu eût voulu abandonner aa diable^ quand ce n'aurait été qu'un moment, ce temple sacré qu'il destinait à son iils^ ce saint tabernacle où il prendra un SI long et si admirable repos^ ce lit tout virginal où il célébrera des noces toutes spirituelles avec notre nature ? C'est ainsi que je me parle à moi-même. Puis, retournant au Sauveur: Béni enfant^ lui dis- je, ne le souffrez pas^ ne permettez pas que votre mère soit violée ! Ah ! que si Satan osait l'aborder pendant que^ demeurant en elle, vous y faites un paradis, que de foudres vous feriez éclater sur sa tête 1 Avec quelle jalousie vous défendriez l'honneur et l'innocence de votre mèreU..

Et il conclut, comme Pie IX et toute l'Église vienneot de conclure :

« Si donc nous voyons en Marie un enfantement sans douleur^ une chair sans fragilité, des sens sans rébellion, une vie sans (ciclio, une mort sans peine ; si son époux n'est que MB

gardien, son mariage le voile sacré qui protège et qui couvre ia virginité , son fils bien-aimé une fleur que son intégrité a poussée; si, lorsqu'elle le conçut, la nature, étonnée et confuse, mrut que toutes ses lois allaient être à jamais abolies ; si le Saint-Esprit tint sa place, et les délices de la virginité celle qui est ordinairement occupée par la convoitise, qui pourra croire qu'il n'y ait rien eu de surnaturel dans la conception de cette princesse, et que ce soit le seul endroit de sa vie qui ne soit point marqué de quelque insigne miracle?» (Ibid,)

Pour moi, je me prosterne devant ce style, j'adore cette

pureté incomparable. Ce contraste de l'enfance innocente

et sainte reposant sur un trône maculé; cette suite de

prérogatives virginales dont se compose la vie de la femme

modèle, et qui ne saurait priendre son commencement dans

la souillure des conceptions vulgaires ; ces images de tem*

pie, de tabernacle, de lit nuptial, de maternité, tout cela

me ravit, et je dis, après Bossuet, mais en généralisant

sa pensée : Non, il u*est pas possible que la conception

bumaine soit souillée, que la véritable épouse cesse d'être

vierge en devenant mère, et que cet amour, qui sert de

fondement à la famille et à la société, soit livré aux trans-

ports de la concupiscence. Tout cela, dis-je, est de la bête,

non de l'homme. Si le christianisme s'est trompé, c'est

e& faisant de la règle l'exception, c'est en restreignant au

Christ et à la Vierge ce qui doit être le privilège de toute

naissance légitime.

Bossuet et les mystiques doivent donc être tenus pour innocents, et ma critique ne s'adresse point à leurs expressions, pas plus qu'à leurs mœurs. C'est leur foi, c'est leur dogme que je considère.

Le christianisme a beau élever son idéal, protester que soQ langage est pure métaphore : la parole implique l'idée, et par son idée le christianisme, malgré qu'il en ait, rend hommage à l'amour; il en reconnaît la condillou e,s%^w- %lle, qui esl )a distinction et Tunion des ^ii^\ eX ^^vv^

il 8*exalt6 dans m contemplation érotieo-théologiqiiet plv il rend chei le mystique Tunion amoureuse souhattaMe, irrésistible, instante.

Je comprends, jusqu'à certain point, qu*on prenne pour une allégorie la noce mystique de Tâme avec Dieu; mais le Christ proposé pour époux à la religieuse, mais U Vierge immaculée qu*adorent à renvi carmes et frandicains, mais le mariage de Marie et Joseph, qui lepr wu\ de modèle, sont-ce là des métaphores? Et ne sommesnous pas sur la peqte d*une corruption d'autant plus jptor fonde, qu'elle aura enfoncé plus avant §es racines dam l'idéal?

Au reste, c'est par leurs fruits que s^ jugent lest doop trines, dit l'Évangile ; A fruetibui eorum cognoseetiê eot* Descendons de ce ciel de l'amour chrétien ^ et voyons ûf que sa semence a produit sur la terre.

Soit que le christianisme se bornât à abolir laprostits* tien, plus ou moins sacrée, en élevant les saintes de Yét] nus au rang dos concubines; soit, ce qui eût été ptat] démocratique et plus décisif, qu'il fit disparaître d'o^j seul coup les deux modes inférieurs de l'union des en déridant que tout amour serait élevé à la dignité mariage, il fallait, pour cette réforme, assurer préah ment à tout homme les moyens d'entretenir femme i enfants, ce qui impliquait, comme je l'ai dit, la tution économique de la société. Loin de rebuter les formateurs, une telle porspective était faite pour de plus en plus leur enthousiasme. Le soeialism^de 1) l'avait compris; il ne recula pas devant l'idée. Toast) que nous étions alors, nous affirmions avec une 4 énergie le droit au travail et le droit au mariage, le p mier comme gage el condition du second : c'est im

combinaison de ce double droit de Thomme et du citoyen ïu'est toute Y émancipation de la femme.

Le chrislianisme, avec son dogme de la chute, avec sa légende désespérée du travail, avec ses concessions à l'endroit du servage, avec ses préventions contre le commerce et rinduslrie, avec son ignorance absolue des lois de la production et de la circulation de la richesse, avec son esprit d'autorilé, de hiérarchie et de patriciat, était au-dessous de l'entreprise.

La famille et la société désorganisées, il se trouva donc impuissant à rien rétablir; il n'eut d'énergie que pour flétrir Thomme et la nature, détruire les monuments de l'ancien culte, persécuter ses ministres, s'emparer de ses biens et dotations, et se déchirer lui-même pour la définition de ses dogmes. De même qu'il ne sut sauver l'empire de la dissolution et de l'invasion, il ne sut pas davantage préserver le mariage et la famille de la lèpre qui les rongeait. Le mal ne fut pas guéri ; il changea de caractère. Comme une éruption répercutée, il passa à l'éiat chronique, et la constitution tout entière fut ébranlée.

El d'abord, l'idolâtrie interdite, les sectes communistes «terminées, la femme qui jadis, sous la protection du culte public, se vouait à l'amour libre, fut jetée sans forme de procès aux gémonies... Regretterons-nous la prostitution litigieuse? A Dieu ne plaise; mais il est permis de regretter que des créatures humaines qu'on n'a pas su pourvoir, dont on est forcé de tolérer, de protéger le commerée, n'aient gagné à la réforme évangélique qu'un degré déplus d'avilissement. La prostitution ne finit pas avec le polythéisme, comme nous savons tous : mariée à la misère, proscrite devant les dieux et devant les hommes, écrasée sous l'infamie, elle devint plus abominable^ plus hideuse. Plus de consécration qui àemawàçi ^^^^

pixir Li ^»<irtisaiii£. pfa» àtfoèâtm de chant, pis le fluxxuir? ^iaski -^ In relève. ^iHiii «b lenips, i Rome, à Vtaii:»». ruxiiUtii» de raBÛqae amUa la ressusciter: e>^ seafiiiàLe i disc^ira. La âUe de joie est telle à pea près partûut qœ Teiize s» biàpttee , %m être Toisin de la guenoa, poannt serfir de modde au péché d'origine. Si la poiice s'en oc^rupe, c'est pour arrêler à temp? ^iIl^e^ lîoo 'ioat la béte immoiide menace la popalalion honnête. Eacii're ia pudenr ehrétienne a4-elle protesté contre cet encoaragemeat donné à la débouché : M. Benjamin Delessert fut blimé par les dérots pour avoir créé le Dispensaire, et tenté d'étoolTer dans son antre la syphilis. Malédiction aux ^ciimes de la Venus Tuigaire! Que l'homme pourrisse, et que le chancre le ronge, avant qu*on appelle la science au secours de Tincontinence. Quant aux malheureuses, nous avons lu tous rhistoire de Manon Lescaut : le gouTemement, s'il n'écoutait que sa conscience chrétienne, en ferait de temps à autre des fournées pour la Guyane et Noukabiva.

L'état moyen du conçu binât, expression exacte de Vidée chrétienne, semblait devoir obtenir grâce : il n*eD fut rien. Son nom était impur: il dut opter entre la béné* diction du prêtre et la déclaration d'infamie. On alla plus loin : les femmes des prêtres, au moyen âge, furent assimilées aux concubines, et quand le célibat eut été déclaré obligatoire pour tout le clergé séculier, il fut question, dans un concile de Tolède, d'accorder à ces concubines, à litre d'indemnité, les galères. Point de théoci^tie sans célibat, et sans théocratie point d'Église, point de religion, point d'obéissance. Si le mariage laïc est déjà une menace pour l'autorité, à combien plus forte raison le mariage du prêtre?

Tout poimaîl «u mnHimifk hHNh> éa premier mari , k» nvii ili» INiHm^l a ta«uie, les oofiTenanc^i do U MirHi^l<i^i i)Ml H^Ht^ (itaa, griee au chriMianitmo, I0 r«mmiliiH«lli II Il y a mieux : cfllit rottiHin f|M*iiM ai*i»Miife eo réalité monogames, H iiliitt |iiHir lu ocre, on insitlc sur le» rirroiiftlaiiiiM i|Ml l'iiHl linée à célébrer dea terondnt iMir4>«, |»li««i i*i» iM|i)l fiise et de la loi qui rimiti*. jn U piiM Imiim^ Imimi 'l digne de Ti^\ti'i'A.

^l-ce donc qui f.nl w»n # nnu ^ A l « 11» w« •« riniid enl avec dMJx mari* ' N«>ri ^hui»'J«/i<ii(« >\u \>tt tt,ht , *sl allarhée au M^r-ffl \ m «iu iii^u^«iio<< i'/)wl, légal. CVfl (ontf<r U j<>'j1i»4 i*</ii li/niM 1 uk'^ua lice, la raivofi . U pu'i» ',, . .^ « < w j,* « Iw «>« ce qu*' f fWt' !<■;.•. 1 » ' l • « ' u> » *".« i.i * < < / < .>i 1 atioii \\.^*'U''^- l'iut ' • 1,1 ,411 ..< à ia f* ir rr» ui < i «i"! 1» • « fi • « . t

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lois repoussent et que je ne rédame pdnl, le ooaciibinat reconnu, entouré d'un caractère légal, tel à pmi près que l'avait fait Tempereur Auguste et que l'ÉgUse Tadmit si longtemps : que serait-il arrivé de cette femmef C*est qu'elle eût. trouvé avec un compagnon honnèle homme une famille d'adoption, des enfants, une part dans la considération publique, les égards du magistrat; la société, la morale, la raison, la Justice, étaient sa* tisfaites. Au lieu de cela, parce qu'elle a voulu trandier un nœud qui ne se pouvait défaire^ la même femme est déclarée, de par la religion et les lois, d'un côté, pour ses nouvelles amours, libertine, adultère, prostituée; de l'autre, pour sa tentative de remariage, bigame, faussaire, sacrilège. Sur quoi, deux années de prison, rupture des secondes comme des premières noces^ abandon universel , flétrissure. A sa sortie de prison il ne lui reste qu'à sejeteràl'eau.

Au surplus, il est arrivé du concubinage comme de la prostitution : il n'a jamais cessé d'exister ; il grandit tous les jours parmi le peuple, qui ne comprenant du lien légitime que la dot, l'abandonne aux riches. On dirait que le cœur humain, trompé par sa religion ^ trompé par SCS légistes, cherche dans les joies économiques de l'union concubinaire la restauration du mariage.

L'Église, pudibonde et sévère, n'a donc voulu constf^ ver que le sacrement : on a vu au chapitre précédent ce qu'entre ses mains le sacrement est devenu.

De même, selon l'Évangile, que la Justice, la liberté» la richesse, la science et la paix ne peuvent s'obtenir ici-bas et doivent être regardées comme des prérogatim de l'autre vie; de même le pur et parfait amour est promis seulement pour le Ciel, là où l'on ne se marie plus» dit

5P" - su —

kUirt*l,p«iM(u*ilii'yapliHdeflaet, du» <A Fm ^iiat «Hft'aair. àt»B»«D>èfTdc*ai>fe«. Suri-(rlltMfT*,««ll dèw» plM «MOT* que U ruiuni nou* a TtiM nllM II hnwBii. l'iwiwi «t fliMntirlkinriK impar; «t ri It i b ooiurmii«n do r<«pèée, JonH A cmJBt d'il» diip—H d« i'Êgl>M<, Il 11 > inl TCÏr lo«- I dlM Tmii du iMpUWnr H nmh 4ê h ^'ua lifH phjrMqw, uno llgdn cf««i, ^ HoonlkMittk Taniour qne U? oiim ri n'ao doooeqM

Sur ce poÎDl, l«s r«MiiUc« mdI d'arœrJ, et flt Mat kpqnei. Pl«* le ptttn, toué pir ét«t à rimour mjnffqM, màun de génc, |<lm il aime i ravala dis joiriaMW fNH raligioa lui ialrrdîL Ce que le vul|[air« pnad pOMT Thkiptntioa d'une pudmr cél«*te o'mI que l'oaUlgt Ul t la Bituni par le mjrtidsmr. Man» di>nt le* temmm iM fc omfesM. chM-une de vot canne* c«t eomplé» aa ■M Tribunal. Le toile d'ifcaomiiiie t'rat étende av Wt; Isa loultifll* 1)116 l<> i)<^mon de U vluir donne an ^ Irtlre. le pr'^tre le» rmd à m |ijriilpiil<-, <)iii les rend i unmari. — * Tout<> fcniitii; munéi-, <lil l'i-ii^iue de Milan, «AmliroiM. »atl qu'elle a il>! quoi r<>ii};ir. > — Cache-toi, ItDinie; j'aiierçuis tur Ion visa^jc la Irnce des baisert de Ion f|)oux.

Tuul cela o'oftt été i|ii*iflri|H>r1incnci* ')o pédants et de 'a.krài, !i les Uk-s avai'.-iit pris le >it^>^ |<nrii de se moqtier iIk clercs; maison n'i.'st ps n-litjiciu à niuilié. Ce qut lilltéutogic avait séparé, la (iratique sitt-iiliére le sépara iioa lour; cl s'il aX un trait qui diatiiipie les mœun clitéliefincs, cV-st cette id<-v «Hrange, (hism^ en aphorisme, que, t'amoiir «tant iin<? dioMr, le inuriiigi' une autre, il esl contre toute bieusèincc de li's rf'iiinr,

Queiquef-uns TudI huniivur au clinslunisme do II lantcrie dievaleresque et du re»)M»;t dont tlle eatou

femme. D*autres 1* attribuent aux races du Nord, et ne manquent pas à ce propos de citer le fameux passage da livre de Tacite sur les mœurs des Germains. D*autres encore sont allés chercher les origines de la chevalerie chez les Maures ; quelques-uns enfin la trouvent chez les Celtes.

« La femme^ dit un écrivain de la Revue des Deux-Mondes (février 1854)^ la femme, telle que Ta conçue la chevalerie, idéal de douceur et de beauté, posé comme but suprême de la vie, n'est une création ni classique, ni chrétienne, ni germanique, mais bien réellement celtique. »

Pour moi, qui n*ai pas grande foi à la délicatesse barbare, 'surtout lorsque cette barbarie s^est mise de la veille en contact avec une civilisation raffinée, je crois que c*est faire tort à nos ancêtres goths, ostrogoths, visigoths, Iongobards, sarrasins, normands et celtes, et les calomnier, que de leur attribuer cette chevalerie qui n'exista jamais que dans des romans relativement modernes, que connurent peu ou point les troubadours, et dont on cite à peine quelques rares exemples, tels que ceux de Pétrarque et de Bayard.

L'amour chevaleresque n'est autre chose que la transformation chrétienne de Tamour platonique, avec ce caractère nouveau qui suffit à en déceler l'origine et qu'on oublie trop, c'est que, d'après la théorie des cours d'amour, l'ami de cœur d'une dame ne pouvait plus devenir son mari, et que, si par aventure ils s'épousaient, elle devait chercher un autre chevalier. N'est-ce pas ainsi qu'en usent encore les dames italiennes?

Ainsi, selon l'idéal chrétien, idéal théologique, féodal, romanesque ou chevaleresque, comme il plaira de l'appeler, mais idéal le plus faux qui se puisse concevoir, le mariage n'a rien de commun avec l'amour : c'est une fonction où tout est réglé en vue de la lignée, de la succès-

(ion, de Talliance, des intérêts, mais dans lequel la su- )rême bienséance pour les canjoints est de rester, quant i Tamour, et nonobstant la cohabitation et la génération, lussi étrangers l'un à Tautre que s'ils ne s'étaient vus amais.

Sans doute, ici comme partout, la nature a fait fléchir la doctrine; le cœur humain, plus puissant, plus haut fue la théologie, a réparé de son mieux la brèche faite à la morale par une sotte idéalité. Mais puisque toute société se forme sur sa religion, j'ai le droit de juger la religion et son idéal d'après les mœurs que cet idéal engendre : or, je le demande maintenant à mes lecteurs, le christianisme, qui a balayé, mais dans ses catéchismes seulement, la fornication, et frappé sans succès le concubinage; qui a popularisé et mis à la mode, sous le sobriquet de chevalerie, son amour mystique, chanté, célébré par tous ses orateurs et ses poêles; qui, enfin, par ce raffinement absurde, séparant Tamour de l'hyménée, a séparé autant qu*il était en lui l'époux de l'épouse , et rendu le divorce, qu'il condamnait, universel, le christianisme peut-il se vanter d'avoir purifié l'amour et relevé le marilage?

Hais peut-être qu'au total cette confiscation dogmatique de l'amour parfait au profit des eunuques spirituels^ peut-être que cette pratique non moins étrange qui fait du mariage deux parts. Tune, celle du cœur, pour le chevalier, l'autre, celle des sens, pour le mari; peut-être Que cette honte versée à pleine coupe sur toutes les Variétés de l'amour sexuel, libre ou conjugué, auront rendu les mœurs meilleures, et, sinon extirpé, au moins diminué notablement les vices enfantés par l'idéalisme païen : la masturbation solitaire, l'odieux inceste, le stu-

pre pire que l'infanticide, et le lâche adaltère, et Vammr unisexueL •

Non, THercule chrétien n'a terrassé aucun de ces monstres; d'ailleurs, en supposant que depuis la propagation de l'Évangile il y ait eu dans la luxure générale une diminution d'intensité, ce léger avantage est plus que compensé par la bassesse et Thypocrisie que le christianisme, par son idéal, devait faire naître dans les nouvellei mœurs.

Pour commencer par le mariage, je doute qu'il ait été déshonoré jamais, par l'incontinence des époux, autant que chez les chrétiens. Si les Romains de là République étaient envers leurs femmes d'une tendresse médiocre, œ que nul ne saurait dire, du moins ils étaient graves dans les témoignages qu'ils leur en donnaient, et, comme la fornication ne leur était pas imputée à péché mortel, ils réservaient à d'autres les fantaisies erotiques que repoussait la dignité de leurs matrones. Le chrétien a pris an pied de la lettre le précepte de l'Apôtre : Afin de pré' venir les fornications , que chacun ait sa chacune; que tous deux se rendent le devoir et ne se fassent faute. Consultez tous les auteurs de théologie morale, tous les manuels du confesseur, où se trouvent révélés, avec de si amples détails et une expérience consommée, les privautés du lit nuptial : se peut-il rien de plus ignoble que l'amour marital entre chrétiens? Tallemant des Réaux raconte dans ses Histoires, à propos du fameux Arnaud d'Andilly, le chef de cette race bigote qui peupla Port- Royal et remplit le monde de son rigorisme :

« Cet homme était un des plus grands abatteurs de bois qu'on pût trouver; mais il faisait cela de la façon la plus iûr commode du monde. 11 poussait la nuit sa femme : Cataut! Cataut ! la réveillait en lui disant : C'est pour l'acquit de ma conscience. Puis, avant que d'en venir plus avant, il faisait une

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