Beauté de la femme
La femme est belle. J'ai regretté, je le confesse, de n'avoir pas pour la peindre le style d'un Lamartine : r^ret indiscret. Assez d'autres célébreront celle que Tunivers adore, que renfance ne peut regarder sans extase, la vieillesse sans soupirer. Après ce que j'ai dit de ses misères, la seule chose qui me soit permise en parlait de SCS allégresses, c'est la simplicité, surtout le calme.
Quand T Église nous représente la Vierge dans son immortalité radieuse, entourée des anges, et foulant aux pioils le serpent, elle fait le portrait de la femme telle (|uo la pose la nature dans Tinstitution du mariage.
Elle est belle, dis-jc, belle dans toutes ses puissances : or, la boaulé devant être chez elle tout à la fois l'expression de la Justice et l'attrait qui nous y porte, elle sera meilleure que Thomme : l'être faible et nu, que nous n'avons trouvé propre ni au travail du corps, ni aux spéculations du génie, ni aux fonctions sévères du gouvernement et de la judicature, va devenir, par sa beauté, le moteur de toute Justice, de toute science, de toute industrie, de toute vertu.
D'où vient, d'abord, la beauté à la femme? Notons ceci : de l'infériorité môme de sa nature.
On peut dire que chez l'homme la beauté est passagère; elle n'a rien pour lui d'essentiel ; elle n'est pas dans sa destinée; il la traverse vite, \yom arriver au plus tôt à la
force. L'homme à seize ans n'est pas encore homme; )a jeune fille, au contraire, est déjà femme, el les ann^Vs ne lui apporteront rien, si ce n'est ^vul-tHre de Texpérienee. La beauté est la vraie destination dn sexe : eVst. sa condition naturelle, son étal. En principe, il n'y a pas de femme laide; toutes jouissent, pinson moins, deeetto beauté indicible que le vulgaire ap|>elle branid du diable^ et il dépend de nous que les moins favorisiVs se rnohéteni toujours par quelque charme. Qm ne sent, d'nillonrB, que dans une société civilisée la beauté de ehniMUU^ pmfite à toutes, comme si elles n'étaient toutes, i\ des poinlR de vue divers, que des représentantes de ee qu'il y a de plus divin parmi les hommes, la Ix^antéï Ce sont nos misères sociales, nos iniquités et nos vices qui enlnidinsent, qui meurtrissent la femme.
La nature pousse donc rapidemc^nt le sexe h la beauté; ce but atteint, elle l'y arrête. Tandis (\iu\ Tliomme passo outre, elle semble dire à la femme : Tu n'iras pas [ilns loin, car tu ne serais plus k;Ile.
La vie de la femme, sf;lon le vren de la nature, est donc une jeunesse perpétuelle; rftfflores<:^!ne/', sitAt passée chez l'homme, qui court à grands pas k la virilité, dure chez la femme autant que la fé(y>ndité, sr>uvent au delà. L'exemple de Diane de Poitiers, de Marie Stiinrt, de Ninon de Lenclos, de M"*' de Maintenon et (U\ |»ien d'autres, en qui l'âge semble impuissant contre la heaulé, nous est un signe de la mission de la t'iîmme et nn averlissonent de notre devoir.
Les femmes veulent être toujours jeunes, t^vijouiN lietles: diesont le sentiment de leur destinée. 1^ Uide, iIhus jfs <^ndit[ons de la vie civilisée, n'e\ist.i> pas plus t\\w. la ^e : c'est an être hors natur<\ qui appelle oo^ <Ni châtiment.
U femme, transparente, lumineiiM, éâ
dans lequel rhommo s*adinire; elle lui sert de miroir, comme lui servent à elle-même Teau du rocher, la rosée, le cristal, le diamant, la perle; comme la lumière, la neige, les fleurs, le soleil, la lune et les étoiles.
On la compare à tout ce qui est jeune, beau, gracieux, luisant, fin, délicat, doux, timide et pur : à la gazelle, à la colombe, au lys, à la rose, au jeune palmier, à la vigne, au lait, à la neige, à Talbâtre. Tout parait plus beau par sa présence; sans elle toute beauté s^évanouit : la nature est triste, les pierres précieuses sans éclat, tous nos arts, enfants de Tamour et de la beauté, insipides, la moitié de notre travail sans valeur.
En deux mots, ce que Thomme a reçu de la nature en puissance, la femme Ta obtenu en beauté. Mais prenez-y garde, la puissance et la beauté sont des qualités incommensurables : établir entre elles une comparaison, en faire l'objet d'un échange, payer des produits de la force la possession de la beauté, c'est avilir cette dernière, c'est rejeter la femme dans la servitude et rhomme dans riniquitc. Le beau et le juste se touchent par d'intimes rapports, sans doute ; mais ce sont deux catégories à part, qui ne sauraient donner lieu, dans la société, à une similitude de droits, à une égalité de prérogatives.
Constatons seulement que si, sous le rapport de la vi' gueur, l'homme est à la femme comme 3 est à 2, la femme, sous le rapport de la beauté, est aussi à rhomme comme 3 est à 2 ; que cet avantage ne lui est pas donné sans doute pour la laisser dans l'abjection , et qu'en attendant la loi qui doit régler les rapports des époux, la beauté de la femme est le premier de ses droits comme elle est la première de ses pensées.
Que la jeune fille soit modeste autant que belle, je le veux, la modestie ajoutera à sa beauté ; mais il n'est pas bon qu'elle s'ignore. Aussi je blâme les pédagogues qui,
i l'exemple de M*"* Necker de Saussure, combattent et 'épriment chez les jeunes filles la joie qu'elles éprouvent le leur beauté ; j'aimerais autant qu'on fit un reproche au ùtoyen de Torgueil que lui inspire la liberté, un crime au loldat de la fierté que lui donne son courage. La beauté le la femme n'appartient-elle pas d'ailleurs à tous ceux ]ui lui sont unis par le sang, l'amitié ou la cité? Elle réjouit la famille, la vieillesse et l'enfance, et relève jusqu'à la disgrâce de ses compagnes que la nature in- ^iémente a moins favorisées.
Si du corps nous passons à Tesprit et à la conscience, la femme, par la beauté, va se révéler avec de nouveaux ivantages.
De la faiblesse relative de son entendement résulte chez elle une grâce juvénile, analogue à celle des enfants, dont nous ne pouvons nous empêcher d'adorer les jolis mots et les idées pleines de gentillesse. Une minaudière de trente ans déplaît à coup sûr; la pédante choque encore plus, parce qu'elle est infidèle à sa nature, et qu'en affectant une gravité d'emprunt elle ment. Que la femme aoit aussi raisonnable que le comporte sa nature, aussi sérieuse que l'exige la dignité matronale, elle sera toujours assez femme; mais qu'elle n'aspire point à l'originalité et au génie, parce qu'elle paraîtra impertinente 6t sotte : dans cette juste mesure elle sera tout aimable, et, pour rhomme, d*un précieux conseil.
La qualité de l'esprit féminin a pour effet : V de servir au génie de l'homme de contre-épreuve, en reflétant ses pensées sous un angle qui les lui fait paraître plus belles belles sont justes, plus absurdes si elles sont fausses; ^ en conséquence, de nous obliger à simplifier notre savdr, à le condenser en des propositions simples ^ m th.
faciles à saisir comme de simples faits, et dont la compréhension intuitive, aplioristique, imagée, tout en mettant la femme en partage de la philosophie et des spéculations de riiommc, lui en rend à lui-même la mémoire plus nette, la digestion plus légère. Gomme le visage de la femme est le miroir où Thomme puise le respect de son propre corps, de même rintelligence de la femme est aussi le miroir où il contemple son génie. Il n'est pas un homme, parmi les plus savants, les plus inventifs, les plus profonds, qui n*cprouve de ses communications avec les femmes une sorte de rafraîchissement : c'est par là, du reste, que s'accomplit la diffusion des connaissances et que Tart ravit les multitudes. Les vulgarisateurs sont en général tles esprits féminisés ; mais rhomme n*aimc point à servir la gloire de l'homme, et la nature prévoyante a chargé la femme de ce rôle.
Ainsi rimpression produite par la beauté de la femme s'accroît de celle que produit le tour de son esprit; parce que cet esprit a moins d'audace, de puissance analytique, déductive et synthétique, qu'il est plus intuitif, plus concret, plus beau, il semble à l'homme, et il l'est en effet, plus circonspect, plus prudent, plus réservé, plus sage, plus égal: c'est la Minerve protectrice d'Achille et d'Ulysse, qui apaise la fougue de l'un et fait honte à l'autre de ses paradoxes et de ses roueries ; c'est la Vierge que la litanie chrétienne appelle Siège de sapience, Sedes «flpientiœ.
Or, remarquez encore que cet avantage de la femme ne peut pas être porté en balance du génie de l'homme, faire la base d'une mutualité de services , devenir la matière et la cause d'un droit positif, en un mot créer à la femme un titre à l'égalité. Qui peut le plus peut U moins, dirait l'homme; et pas plus pour l'intelligence que pour lo travail, la force ne consentirait à une participation
par la pudeur que la femme est souveraine : parlez donc de porter cette vertu-là à son actif!... J'ai dit qu'en principe il n'y avait pas de femme laide; j'ajoute qu'il n'y a pas non plus de femme impure. L'impure est hors de son sexe , hors de l'humanité : c*est une femelle de singe, de chien ou de porc, métamorphosée en femme. Mais essayez de prendre la pudeur de la femme pour base d'un droit réel; de lui faire de cette chasteté qui l'élève si haut, de cet esprit de tolérance, de patience et de résignation qu'elle a reçu en partage, une sorte de spécialité économique et de fonction sociale : au lieu d'honorer la femme, vous l'avilissez; vous pensez l'affranchir, et vous la rejetez dans Topprobre.
Ainsi l'on peut bien dire qu'entre l'homme et la femme il existe une certaine équivalence provenant de la comparaison de leurs natures respectives, au double point de vue de la force et de la beauté : si par le travail, le génie et la Justice, l'homme est à la femme comme 27 est à 8, la femme, à son tour, par 4es grâces de la figure et de l'esprit, par l'aménité du caractère et la tendresse du cœur, est à l'homme comme 27 à 8. Mais, quoi qu'en aient dit les économistes, aucun contrat de vente, d'échange ou de prêt, n'est ici possible : les qualités de l'homme et de la femme sont des valeurs incommutables; les apprécier les unes par ks autres, c'est les réduire également à rien. Or, comme toute question de prépondérance dans le gouvernement de la vie humaine ressortit soit de Tordre ^nomique, soit de Tordre philosophique ou juridique, il est évident que la suprématie de la beauté, même fit intellectuelle et morale, ne peut créer une compensa- ^1 Non î la femme, dont la condition reste ainsi fatalement subordonnée.
à rarithmétique : certaines opérations divisionneUes ne peuvent donner un résultat exact; de même dans la Justice, soit dtstributive, soit commutaiive, soii pénale oa satisfactoire, il est presque impossible que Tapplicatioa du droit ne laisse à redire; il y a toujours de quelque cAté une inégalité, partant une perte : d'où ce grand principe de philosophie pratique, point de Justice sans tolérance. Or, c'est à l'exercice de la tolérance que la femme eicelle. Par la sensibilité de son cœur, par la délicatesse de ses impressions, par la tendresse de son âme, par son amour, enOn, elle arrondit les angles tranchants de h Justice, détruit ses aspérités, et d'une divinité de te^ reur fait une divinité de miséricorde. La Justice, mère de Paix, ne serait pour l'humanité qu'une cause de désunion , sans ce tempérament qu'elle reçoit surtout de la femme.
Pureté de la vie : — Nous avons dit ce qu'est la femme à l'état de nature; et les récits des voyageurs, les immofl- \ dices de la civilisation, les aventures de nos émancipées, ne montrent que trop jusqu'à quel degré d'impudicité elle peut descendre. C'est dans l'homme qu'est le principe de la pudeur. Mais, vraiment, est-ce pour lui que cette vertu lui a élé donnée comme en dépôt? Est-ce qu'elle peut lui compter ? est-ce qu'elle lui sied seulement?... L'homme est ainsi fait qu'il rougit de rougir, et que sa plus grande honte, même au sein du crime, est encore d'avoir honte. Un vrai visage viril ne rougit pas plus qu'il ne pleure : je puis reconnaître un tort, le regretter, le réparer; mais je me refuse à la honte, et quiconque m'y expose allume en mon cœur une soif inextinguible de vengeance. La femme seule sait être pudique, parce qu'elle est faible; mais, par cette pudeur qui est sa prérogative la plus précieuse, elle triomphe des emportements de l'homme et ravit son cœur. C'est surtout
par la pudeur que la femme est souveraine : parlez donc de porter cette vertu-là à son actif !.^. J'ai dit qu'en principe il n*y avait pas de femme laide; j'ajoute qu'il n'y a pas non plus de femme impure. L'impure est hors de son sexe , hors de l'humanité : c'est une femelle de singe, de chien ou de porc, métamorphosée en femme. Mais essayez de prendre la pudeur de la femme pour base d'un droit réel; de lui faire de cette chasteté qui l'élève si haut, de cet esprit de tolérance, de patience et de résignation qu'elle a reçu en partage, une sorte de spécialité économique et de fonction sociale : au lieu d'honorer la femme, vous l'avilissez; vous pensez l'adranchir, et vous la rejetez dans Fopprobre.
Ainsi Ton peut bien dire qu'entre l'homme et la femme il existe une certaine équivalence provenant de la comparaison de leurs natures respectives, au double point de vue de la force et de la beauté : si par le travail, le génie et la Justice, l'homme est à la femme comme 27 est à 8, la femme, à son tour, par 4es grâces de la figure et de l'esprit, par l'aménité du caractère et la tendresse du cœur, est à l'homme comme 27 à 8. Mais, quoi qu'en aient dit les économistes, aucun contrat de vente, d'échange ou de prêt, n'est ici possible : les qualités de l'homme et de la femme sont des valeurs incommutables; les apprécier les unes par les autres, c'est les réduire également à rien. Or, comme toute question de prépondérance dans le gouvernement de la vie humaine ressortit soit de l'ordre économique, soit de l'ordre philosophique ou juridique, il est évident que la suprématie de la beauté, même intellectuelle et morale, ne peut créer une compensation £ la femme, dont la condition reste ainsi fatalement subordonnée.
tt. BMitliiatloii de la feaiBie,
Le problème parait donc insoluble : Qui rachèterai! femme, si elle ne se peut racheter par l'idéal? Et si la femme n*est rachetée, si elle doit rester serve, que de* vient l'homme et la société? Le pacte conjugal déclaré impossible, la Justice reste sans organe ; elle retombe à rétat de simple notion; toute moralité, toute liberté expire : la création est absurde. Femme, tu ne peux être ni mon associée ni mon épouse, et je ne te veux pas pour courtisane. Eh bien ! malédiction sur la nature, et que le monde finisse : je t'écrase...
Encore un effort, et la vérité nous apparaîtra peutêtre. Ce problème désespéré ne serait-il pas résolu précisément par ce que nous venons de dire, et dont le langage humaih, forcément analytique, nous déguise le sens? Condensons nos idées, et tâchons d'en dégager la formule.
La poésie primitive eut pour caractère particulier de personnifier les facultés humaines ; ce fut l'origine de la mythologie :
Minerve est la sagesse, et Vénus la beauté. Ce n'est plus la vapeur qui forme le tonnerre ; C'est Jupiter armé pour effrayer la terre...
Or, ce que la poésie rêve, la nature le réalise : qu'est-ce que la femme?
La femme est la conscience de l'homme personnifiée. C'est rincarnation de sa jeunesse, de sa raison et de sa Justice, de ce qu'il y a en lui de plus pur, de plus intime, de plus sublime, et dont l'image vivante, parlante et agissante lui est offerte, pour le reconforter, le conseiller, l'aimer sans fin et sans mesure. Elle naquit de ce triple rayon qui, partant du visage, du cerveau et du
îœur de l'homme, et devenant corps, esprit et conscience, produisit, comme idéal de Thumanité, la derrière et la )lus parfaite des créatures.
Et pourquoi, encore une fois, cette création poétique, lans laquelle la nature semble avoir agi plutôt en artiste ju'en économe? Pourquoi fallait-il que Thomme eût sans ^sse devant ses yeux, tout auprès de son cœur, cette idole de lui-même, et comme son âme en personne?
Je Tai dit tout à l'heure, en faisant l'analyse des qualités de la femme; mais il est bon que je le redise.
La femme a été donnée à l'homme pour lui servir d'auxiliaire : Faciamus et adjutorium simile sibiy dit la Genèse. Non que la femme doive aider l'homme à gagner son pain : c^est le contraire qui aura lieu. La capacité productrice de la- femme n^est pas le tiers de celle de l'homme (8 à 27); le revenu de la communauté étant représenté par 35, la dépense de la femme sera au moins 17.5, et dès qu'il y aura des enfants, 20, 25, 30. Plus la société se civilise, plus la dépense relative de la femme augmente: au fond, l'homme, content de réparer et entretenir sa machine, ne travaille que pour sa femme et ses enfants.
La femme est un auxiliaire pour l'homme, parce qu'en ^ui montrant l'idéalité de son être elle devient pour lui ^D principe d'animation, une grâce de force, de prudence, de justice, de patience, de courage, de sainteté, <l'espérance, de consolation, sans laquelle il serait incapable de soutenir le fardeau de la vie, de garder sa dignité, de remplir sa destinée, de se supporter lui-même.
La première femme, mère d'amour, fut nommée Héva, !oé. Vie, selon la Genèse, parce que la femme est la vie le l'humanité, plus vivante que l'homme en toutes ses lanifestatipns. ka seconde femme a été dite Eucharis, leine de grâces, graiiâ plena^ fille d'Anna (la gracieuse) ;
celle-ci est l'auxiliaire, l'épouse.... Les descriptions poétiques, passionnées et amoureuses, ne vont point à ma plume : qu'on me permette de m'en tenir à la symbolique chrétienne, qui est après tout ce que je connais de mieux sur cette question délicate.
La femme est l'auxiliaire de l'homme, d'abord dans le travail, par ses soins, sa douce société, sa charité vigilante. C'est elle qui essuie son front inondé de sueur, qui repose sur ses genoux sa tête fatiguée, qui apaise la fièvre de son sang et verse le baume sur ses blessures. Auxilium christianorum^ Salus infirmorum. Elle est sa sœur de charité. Oh ! qu'elle le regarde seulement, qu'elle assaisonne de sa tendresse le pain qu'elle lui apporte : il sera fort comme deux, il travaillera pour quatre. Il ne souffrira pas qu'elle se déchire à ces ronces, qu'elle se souille dans cette boue, qu'elle s'essouffle, qu'elle sue. Honte et malheur à lui, s^il faisait labourer sa femme! Plus savante que les philosophes, la nature n'a pas formé le couple travailleur de deux êtres égaux; elle a prévu qu'une paire de compagnons ne feraient rien, ils s'amuseraient. Si peu que sa femme l'appuie, le travailleur vaut comme deux : c'est un fait dont chacun peut se convaincre, que, de toutes les combinaisons d'atelier, celle qui donne la plus grande somme de travail proportionnellement aux frais est le ménage.
Auxiliaire du côté de l'esprit, par sa réserve, sa simplicité, sa prudence, par la vivacité et le charme de ses intuitions. La femme n'a que faire de penser elle-même: se ligure-t-on une savante cherchant dans le ciel les planètes perdues, calculant l'âge des montagnes, discutant des points de droit et de procédure? La nature, qui ne crée pas de doubles emplois, a donné un autre rôle à la femme : c'est par elle, c'est par la grâce de sa divine parole, que l'homme donne la vie et la réalité à ses idées
t les nmwnnl Mot oetM de l'abilrtil au mncral ; c'eut mt le OflBor de la fommo qu'il dépoM le lecrei de set lansetdeMt déoouYertet, jusqu'au jour oii il pourra les roduire dans leur puÎMance et leur éclat. Elle est le ésor de sa ngesse, le sceau de son génie : Mater divinm nafte, Sidei mpieniiœ^ Va$spiritmaie^ Virgo pntden'^
Amiliaire du côté de la Justice» elle est l'ange de pa- Boee, de résignation, de tolérance» Virgoelemmê^ Yirgo tetiê; la gardienne de sa foi» le miroir de sa conscience»
■ourca de ses dévouements : Faderis arta^ Speemium MiUùft VmM insigne ietdUmi». L'homme de la part de iKMnme ne supporte ni critique ni censure; l'amitié éaift est impuissante à vaincre son obstination. Bien loîna encore souffrira-t-il dommage et injure : seule la mme sait le faire revenir et le dispose au pardon*
Contre l'amour même et ses entraînements la femme» liose merveilleuse» est pour Thommc l'unique remette» Mt par la honte qu'ellf lui inspire lorsqu\*lli* se refuse, lit qu'elle le fasse ropcntir <l«* son in<lis<*n*tion en se vrant et s'enlaidissant. la litanie ro«lniil>le ici d*insisuiœ : Maier puhssima^ Mat^r rastissima. Mater invioi/a» Mater intemerata^ Yirgo prœdiranda.
De quelque côté qu'il la regarde, ellt* est la fortcnssp e sa conscience, la splendeur do s^iii âme» le |)nnci|M* de I félicité» rétoile de sa vie, la fleur do son <>trc : Turn's himea, Domu* aurea, Janua cœli^ Steiia matutina^ tom mysiica. Quelh* puissance dans s<*s re;::ir<ls! Virgo oiens. Qu'elle cs\ délicieuse, appuyt^e sur le bras i\r son ancé! Quœ est ista quœ ascendit de de&rrto^ d^iiciis ffluenâ^ innixa super dîlectum suumï i^uAlo (*sl impointe dans sa dcmarciie, et radieuse! Kt coninx; il (*st ému uprès d'elle ! Quasi aurora consurg^ns, puichra ut luria, ^teta «1 so/» terribilis ut castrorum acies ordinatal Que
lui fait réloge de ses pareils? La femme seule peut lin norcr et le réjouir : Vas honorabile^ Causa nostrœ lœtUk Seule elle peut lui dire : Je te récompenserai au delà ( tes mérites ; Ego ero tnerces tua magna nimis. Yainci coupable, c'est encore dans le sein de la femme qu'il troir la consolation et le pardon ; elle seule peut lui tenir comp de rintention et du bon vouloir , découvrir dans ses pa sions des motifs d'excuse , chose que néglige la Justii des hommes: Refugium peccaiorum^ ConsolçLirix affiid rum. Elle seule enfin, dans la persécution, la vengeani et la haine, sollicitera pour lui sans abaisser sa fiert fera valoir son repentir, et ses douleurs, et sa constance Regina mariyrum, Regina confessorum... Jamais je n'i pu entendre chanter ces litanies sans un frisson de v( lupté, et je regarde comme un bonheur que la jeunesa qui d'ailleurs ne s'en soucie guère, n'y comprenne rien à pia! O benigna ! O regina ! C'est à devenir fou d'amour et l'amour, même inspiré par la religion , même sanc tionné par la Justice, je ne l'aime pas.
Vous le voyez. Monseigneur, c'est le christianisme, c'eî rÉglise, c'est vous-mcnie, qui, sans le savoir, m'allezfoui nir la théorie du mariage : acceptez-en l'hommage, et puiss la femme devenir la médiatrice de notre réconciliation !