Vormalion do pacte eonjogal t premier degré
de Juridiction,
L'homme et la femme se sont vus : ils s'aiment. L'idé: les exalte et les enivre, leurs cœurs battent à l'unissoi la Justice vient de naître dans leur commune conscienc Toute la création, qui de la mousse au mammifère a pr paré, par la distinction des sexes, l'inefTable mystèr applaudit au mariage.
Rendons-nous compte de ce pacte, le premier de cei
ue rhomme aura à former, sans lequel les autres seaient comme de plein droit résiliés, et qui n'aura jamais (m pareil.
Quel est ici l'apport des parties? en autres termes, pi'est-ce qui fait la matière du contrat? Ce ne sont pas es services ; de l'homme à la femme l'échange de serrices se conçoit sans doute et peut exister; de là le contrat de domesticité. Mais la servante n*est pas l'épouse, ceci n'a pas besoin de discussion. Le concubinat même et la maternité, joints au service du ménage, ne suffiraient pas à faire passer la femme du rang de domestique à celui de matrone : tout cela peut se liquider en argent, tandis que les honoraires de l'épouse ne peuvent s'estimer ni en marchandise ni en espèces. Ce n'est pas, eofin, le plaisir non plus, qui faift l'objet du mariage : &OUS l'avons prouvé à satiété par l'analyse de l'amour et de ses œuvres.
Le mariage est l'union de deux éléments hétérogènes, la puissance et la grâce : le premier, représenté par l*horame, producteur, inventeur, savant, guerrier, ad- 'iiinistrateur, magistrat; le second, représenté par la femme, dont la seule chose qu'on puisse dire est qu'elle ^t, par nature et destination, l'idéalité réalisée, vivante, iç tout ce dont l'homme possède en lui, à un degré supérieur, la faculté, dans les trois ordres du travail, du Savoir et du droit, Voilà pourquoi la femme veut Thomme Tort, vaillant, ingénieux : elle le méconnaît, s'il n'est que gentil et mignon ; pourquoi lui, de son côté, la veut belle, gracieuse, bien disante, discrète et chaste.
Quelle étinpelle va jaillir de ce couple?
C'est un principe fondamental en théologie, principe {ue nous avons fait nôtre par la manière dont nous avons •endu compte du progrès, ou pour mieux dire de l'origine lu péché, que l'homme ne fait rien sans le secours de la
lui fait réloge de ses pareils? La femme seule peatl^honorcr et le réjouir : Vas honorabile^ Causa nostrœ lœtUûB, Seule elle peut lui dire : Je te récompenserai au delà d( tes mérites ; Ego ero merces tua magna nimis. Vaincu coupable, c^est encore dans le sein de la femme qu'il trouv la consolation et le pardon ; elle seule peut lui tenir compt de rintention et du bon vouloir , découvrir dans ses pas sions des motifs d'excuse , chose que néglige la Juslic des hommes: Refugium peccatorum, Consolftirix affiici rum. Elle seule enfin, dans la persécution, la vengeanc et la haine, sollicitera pour lui sans abaisser sa fieirt fera valoir son repentir, et ses douleurs, et sa constance Regina mariyrum^ Regina confessorum... Jamais je n' pu entendre chanter ces litanies sans un frisson de v« lupté, et je regarde comme un bonheur que la jeuness qui d'ailleurs ne s'en soucie guère, n'y comprenne riei Opia! 0 benigna! 0 regina ! C'est à devenir fou d'amoui et l'amour, même inspiré par la religion , même sani tienne par la Justice, je ne l'aime pas.
Vous le voyez, Monseigneur, c'est le christianisme, c'e rÉglise, c'est vous-même, qui, sans le savoir, m'allez fou nir la théorie du mariage : acceptez-en rhommage,et puisi la femme devenir la médiatrice de notre réconciliation !