‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 31 sur 46 · Vormatlon do p«eto eonjogal t premier degré · texte numérisé non relu

Vormatlon do p«eto eonjogal t premier degré

de Juridiction,

L'homme et la femme se sont vus : ils s'aiment. L'idé les exalte et les enivre, leurs cœurs battent à Tunissoi la Justice vient de naître dans leur commune conscienc Toute la création, qui de la mousse au mammifère a pr paré, par la distinction des sexes, l'ineffable mystèr applaudit au mariage.

Rendons-nous compte de ce pacte, le premier de cei

nerveilles. Coniment s'accomplit cette justification ]f Par 'impulsion de l'idéal , ce que les théologiens nomment 3[râce, les poètes amour. Voilà toute la théorie. L'âge des amours est Tépoqiie de l'explosion du sentiment juridique. Sans doute, la beauté de la femme s'efface avec l'âge; l*homme lui-même peu à peu obéit à d'autres influences ; mais une fois trempé pour la Justice il ne rétrograde plus; et c'est un fait que la corruption des sociétés ne commence pas par les générations qui ont aimé , elle commence par celles qui n'ont pas aimé encore, ou qui ont remplacé Tamour par la volupté. Otez à la jeunesse la pudeur et .l'amour, donnez-lui en échangera iuxqre; elle perdra bientôt jusqu'au sens moral : ce sera une race Touée à la servitude et à l'infamie.

Cependant, rapprochés par la grâce, la poésie et l'amour, l'homme et la femme n'en restent pas moins soumis aux conditions économiques de l'existence : il but travailler, pourvoir, se diriger à travers les difficnltés de la vie. Comment vont se régler les conditions de leur alliance, puisqu'en définitive il n'y a pas seulement entre eux pacte d'amour, mais constitution de droit ?

L'homme et la femme s'épousent sous la promesse et la loi d'un dévouement réciproque absolu. L'époux se doit tout entier à son^épouse ^ l'épouse se doit tout entière à son époux. Et telle est la nature de cette réciprocité qu'elle n'a pas pour objet un avantage positif, matériel, comme l'exige la loi de toute société civile ou commerciale : dans le mariage, les avantages matériels ne sont qu'un accessoire, je dirais^ presque un accident, dont le partage est loin de pouvoir être regardé par les époux comme une compensation de ce qu'ils se donnent. Pour prix des travaux, des combats, des meurtrissures, que l'honneur de la communauté et la gloire de sa femme lui oommandent, l'homme recueillera, quoi? un sourire; la

grâce, en langue philosophique, sans idéal ; que sans ce excitation puissante, il ne devient ni laborieux, ni inl ligent, ni digne; il croupit dans la fainéantise, Timl cillité et l'abjection. La grâce, ou l'idéal, est Valim dont se nourrit le courage de l'homme , qui déveloj son génie , fortiûe sa conscience. Par cette grâce di^ il connaît la honte et le remords ; il se rend industriel philosophe, poète; il devient un héros et un juste ju il sort de l'animalité et s'élève au sublime.

Telle est donc la série d'idées qui a décidé la ci tion de la femme et fixé son rôle :

Sans une faculté positive et prédominante de Just point de société ; sans un sentitnent profond de la dig personnelle, point de Justice; sans idéal, point de gnité; sans la femme et l'amour qu'elle inspire, p d'idéal : pour mieux dire, l'idéal reste impuissant grâce est inefficace , elle avorte. Nous avons vu ce serait la femme sans ce trésor de sentiments et d'i que la puissance virile verse en son cœur, et qu( seule peine est d'idéaliser; l'homme à son tour, sar grâce féminine, ne serait pas sorti de la brutalité premier âge : il violerait sa femelle, étoufferait ses pe ferait la chasse à ses pareils pour les dévorer.

Il suit de là que l'union de l'hoipme et de la feu ne constitue pas un pacte synallagmatique , un pacte supposant les contractants ou échangistes res| tivement complets dans leur être et relativement é valents ou égaux : ils forment, au moral comme physique, un tout organique , dont les parties sont c plémentaires l'une de l'autre ; c'est une personne c posée de deux personnes, une âme douée de deux io ligences et de deux volontés. Et cet organisme a [ but de rendre possible la justification de l'huma l>ar elle-même, c'est-à-dire la civilisation et toutes

individuels, mais dont on ne manquera pas de dire qu'il est encore, pour l'immense majorité des sujets de l'un et de l'autre sexe, une utopie. Ceci nous conduit à une nouvelle face de la question.

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