‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 32 sur 46 · V. lA famille s denxlènie degré de JvHdletloii · texte numérisé non relu

V. lA famille s denxlènie degré de JvHdletloii

Si, dit-on, l'hyménée, de même que l'amour, est un pur idéal ; si la théorie, par sa sublimité même, reste inapplicable, ou du moins inappliquée dans la pratique quotidienne, ne serait-il pas plus simple, plus sûr, plus moral même, de laisser le vulgaire grossier à la liberté des unicms naturelles ? Qu'il est rare que l'amour, tel que le rêvent le jeune homme et la jeune fille, préside au mariage! Et que de vices, que de déceptions déshonorent cette union réputée sainte ! Du côté masculin, quelle brutalité, quelle paresse égoïste, quelle lâche tyrannie, que de crapule! Dans la femme, que de légèreté, de folie, et parfois que d'insolence! que d'ineptie et de bavardage! quelle molle3se, quelle ordure sous sa vaine coquetterie ! Qu'attendre donc, pour le mariage, de pareils sujets? Qu'espérer, pour le progrès de la Justice et des mœurs, de couples si misérables?

L'objection est vieille; c'est la même qui jadis suggéra îidée de réserver à l'aristocratie le privilège du sacrement, pendant que la vile multitude était reléguée, avec les esclaves, dans la prostitution et le concubinat.

Ceux qui, n'osant dénigrer l'institution, en allèguent les risques et accusent d'indignité matrimoniale la multitude des époux, oublient que le mariage, nécessaire d'ailleurs à la société, indispensable aux enfants, est fait surtout pour ces âmes brutes que l'on en voudrait écarter. C'est ainsi que s'est faite la première civilisation : elle a débuté pai* Tabolifion de la promiscuité et de Tamour

passager ; et ce laible idéal, que présentent chez des natures sauvages Tamour et la (cmme, s'est trouvé subitement consolidé cl accru par le mariage.

Si quol(]uc chose peut, en eflet, ranimer l'amour assouvi, rclt^vor la femme qui s* est donnée, recréer celte idéalité toujours prctc à périr dans la possession, c'est la l>ensée, inhérente au sacrement, et qui s'empare de la conscience des époux, qu'entre eux il existe autre chose qœ de l'amour, quelque chose qui dépasse autant l'amoar que celui-ci dépasse le rut des animaux. Ce quelque chose nous le connaissons : c'est le culte que l'homme et la femme se rendent l'un à l'autre, culte qui, chei le premier, s'adresse à la grâce, à la pudeur et à la beauté» chez la seconde, à la puissance.

En deux mots, la même personne, homme ou femme, paraîtra toujours meilleure et plus belle à celle qui l'aime dans le mariage que hors le mariage : je plaindrais celui qui, après avoir lu tout ce qui précède, en demanderait encore la raison.

Xc mariage est si bien la loi de Thumanité, à tous les degrés de civilisation et dans toutes les conditions sociales, qu'à peine unis dans la Justice, les époux, si ba^ bares fussent- ils du reste, se trouvent capables de donner rinitiation juridique à d'autres êtres et de s'élever encore par celte initiation : c'est ce qu'a prévu la nature, et l'expérience prouve tous les jours qu'elle ne s'est pas trompée.

L'humanité est soumise à la loi du renouvellement. A cette œuvre d(î reproduction les deux sexes concourent, l'homme en fournissant le germe, la femme en donnant à Tembryon le premier accroissement. Pourquoi ce partage? pourquoi la femme a-t-ellc été chargée plutôt que l'homme des fonctions de la maternité?

La physiologie en indique une première cause : le soin de la tendre enfance convient mieux au plus tendre, au

plus sensible et au plus compatissant des conjoints. L*écononiie domestique fournit un nouveau motif: Thomme devant produire pour toute la famille, il importait de lui laisser Tentière liberté de ses mouvements. Mais la théorie du mariage nous donne la raison supérieure, savoir : Téducation des enfants.

Le nouvel individu ne peut pas rester dans une immoralité animique jusqu'à Tépoque où il recevra par Tamour la révélation de la Justice : Tordre de la famille, la dignité de l'enfance, exigent que cette jeune conscience sorte de l'inertie par une initiation préparatoire. Or, cette première initiation du droit et du devoir, c'est la mère qui, sous la sanction paternelle, la donne.

Ce que la femme, le sexe gracieux, reçoit par le mariage du sexe fort et qu'elle idéalise, à mesure, elle l'enseigne à son enfant; elle devient à son tour, par l'amour maternel, éducatrice du nouvel homme; le père, par son autorité, apparaît comme garant et gardien.

Otez le mariage, la mère reste avec sa tendresse, mais aans autorité, sans droit. D'elle à son fils, il n'y a plus do Justice; il y a bâtardise^ un premier pas en arrière, un t*^tour à l'immoralité.

Tel est donc, selon l'ordre de la nature, le développetuent organique de la Justice. L'appareil juridique existe^ il fonctionne, mais son action ne dépasse pas la limite des époux, qui est celle de l'idéal. Par la génération, l'idée du droit prend un premier accroissement : d'abord, dans le cœur du père. La paternité est le moment décisif de la Tie morale. C'est alors que l'homme s'assure dans sa dignité, conçoit la Justice comme son vrai bien, comme sa gloire, le monument de son existence, l'iioritage le plus précieux qu'il puisse laisser à ses enfants. Son nom, UD nom sans tache, à faire passer comme un titre de no- III AS

passager; et ce l'aible idéal, que présentent chez desoiturcs sauvages l'amour et la femme, s'est trouvé subitement consolidé el accru par le mariage.

Si quelque chose peut, en efTet, ranimer rameur assouvi, reUîver la femme qui s'est donnée, recréer cette idéalité toujours prête à périr dans la possession, c'est la pensée, inhérente au sacrement, et qui s'empare de la cod< science des époux, qu'entre eux il existe autre chose que de l'amour, quelque chose qui dépasse autant l'amour que celui-ci dépasse le rut des animaux. Ce quelque chose nous le connaissons : c'est le culte que l'homine et la femme se rendent l'un à l'autre, culte qui, chez le premier, s'adresse à la grâce, à la pudeur et à la beauté, chez la seconde, à la puissance.

En deux mots, la même personne, homme ou femme, paraîtra toujours meilleure et plus belle à celle qui l'aime dans le mariage que hors le mariage : je plaindrais celui qui, après avoir lu tout ce qui précède, en demanderait encore la raison.

Xe mariage est si bien la loi de l'humanité, à tous les degrés de civilisation et dans toutes les conditions sociales, qu'à peine unis dans la Justice, .les époux, si barbares fussent- ils du reste, se trouvent capables de donner rinitiation juridique à d'autres êtres et de s'élever encore par cette initiation : c'est ce qu'a prévu la nature, et l'expérience prouve tous les jours qu'elle ne s'est pas trompée.

L'humanité est soumise à la loi du renouvellement. A cette œuvre dci reproduction les deux sexes concourent, l'homme en fournissant le germe, la femme en donnant à l'embryon le premier accroissement. Pourquoi ce partage? pourquoi la femme a-t-elle été chargée plutôt que rhomme des fonctions de la maternité?

La physiologie en indique une première cause : le soin de la tendre enfance convient mieux au plus tendre, au

M Moiible ei au plus oompaUwaiii des conjoinU. L'éoomîe domestique fournil un nouvetu motif: rhomme itant produire pour toute la famille, il importait do lui ■aer Tenlière liberté de ses mouvements. Hais la théorie iBiariage nous donne la raison supérieure, savoir: Tédulion des enfants.

Le nouvel individu ne peut pas rester dans une immolilé animique jusqu'à Tépoque où il recevra par l'amour lévélatîon de la Justice : l'ordre de la famille, la dignilé t Feolance, exigent que cetle jeune conscience sorte de Mrtâe par une initiation préparatoire. Or, celle |ir^ lira initiation du droit et du devoir, c'est la mère qui, ■s la sanction paternelle, la donne.

Ce que la fomme, le sexe gracieux, reçoit par le lariage du sexe fort et qu'elle idéalise à mesure, la l'enseigne à son enfant; elle devient à son lour, V Famour maternel, éducatricc du nouvel homme; i père, par son autorité, apparaît comme garant et irdien.

Otex le mariage, la mère reste avc*c sa tenJn*sse, maii> us autorité, sans droit. I)*elle à son fils, il n*y a plus do lilice; il y a bàtardUe^ un premier |>as en arrière, un elour à rinimoralité.

Tel est donc, selon Tordre du la nature, le dévclop|>clent organique de la Justice. L'appareil juridique existe, I timctionne, mais son action ne dépasse |ias la limite ittépoux, qui est celle de Tidéal. Par la génération, ridtw In droit prend un premier accroissement : d*akNM*d, dans eeœur du père. La paternité est le moment décisif de la ie morale. Cest alors qne riionnne s*a<sun' ijans sa lignite, con<;oit la Justice comme son vrai hieu, connue a gloire, le monument de son existence, l'Iniita^e le ^us précieux qu*il puisse laisser à ses enl.int.^. S4>n nom, uo nom sans tache, à faire |>aâscr connue un titre de no- III '.vi

blesse à la postérité, tel est désormais la pensée qui remplit rame du père de famille.

11 y a dans Tamour un moment d'enthousiasme que ne connaissent ni le sensualiste voluptueux, ni l'amant platonique, c'est quand, après les premiers jours de bonheur, rhonnne est saisi tout à coup, au sein des joies conjagales, de l'idée de paternité. Relisez dans Milton la prière d'Adam appelant la bénédiction du ciel sur son premier engendré : les sens, l'idéal, l'amour, tout a disparu; il n'est resté que la Charité et la Conscience, déesses des unions saintes et des conceptions immaculées. Toutes les nations ont consacré cette fête sublime de la paternité par une institution qu'une Justice plus rigoureuse a dû plus tard abroger, la primogéniiure.

L'enfant est donné, Parvulus natus est nobis; c'est un présent des dieux, A-dËo-dains^ une incarnation de h divinité présente, Emmanuel. On le nourrit de lait et de miel, jusqu'à ce qu'il apprenne à discerner le bien du mal : Buiyrum et mcl comedet, donec sciât eligere bonu» et rcprobare malum ; c'est la religion de la Justice qui poursuit son développement. Comment, dans l'accomplissèment de ce devoir sacré, l'homme ne sentirait-il passia noblesse? Comment la femme ne deviendrait-elle pas splcndlde?

Do l'époux à l'épouse j la Justice a établi déjà, sans prc» judice pour l'amour, une certaine subordination ; du père et de la mère aux enfants, celte subordination augmenle encore et fonde la hiérarchie familiale, mais pour saf* faiblir plus tard et se résoudre, après la mort des parents, dans y Q^dX\\.Q fraternelle. Cela veut dire que pendant le premier âge la Justice est une foi et une religion, noa une philosophie ou une comptabilité: aussi le respect de l'homme pour l'homme, dégagé maintenant des excitations de l'amour et de l'idéal, atteint son apogée dans le

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oonr des mifanU sous le nom U jamais consacré do fiéié flimk. Nre de familK ta dois être un jour le premier el le meillear ami do Um Ma ; ne la hftte pas trop cependant» à to ne Teus eourir la risque de son ingratitude. La plus itoa garantie qua. tu puisses te donner de Tamitié de oa fibft lorsqu il sera devenu homme, c*est la prolongation

Ainsi le mariage, par le rapport mystérieux de la birotf el de la beauté, forme une première juridiction; la la* mille, par la communauté de conscience qui régit ses menibret, par la similitude d*esprit et de caractère, par ridentité du sang, par Tunilé d'action et d'intérêt, en forme une seconde : c'est un embryon de république, où régalilé commence à poindre sous Taulorité liiérarchique, mais fiagère, de la mère et du père. Dans ce petit état, ha droits et devoirs pour diacun se déduiront de la théorie du pacte conjugal : pu n*est besoin d'en rap* porter les formules.

Le dernier mot de cette ron^titution, moitié pliysiolm gique, moitié morale, csX'VhMdité : nVst-ce pas une honte pour notre dix-neuvième sirclc qiril faille rncora fai défendre? L*hiimanilé, qui se renoiivello continuellement dans ses individus, est immuable dans sa collectivité, dont chaque famille ost unr image. Qifimporte alorsque le gérant responsable change, si ht vrai propriétaire et usufruitier, si la famillo est pcr|MHuc]le? Hicn loin de restreindre la successibilité, je voudrais, en faveur des amis, des associés, des compagnons, des confrères et des collègues, des domestiques eux-mêmes, rétendre encore. Il est l)on que Tliomme sache que sa pensiM.* et son souvenir ne mourront pas : aussi bien n'est-ce pas Thérédité qui rend les fortunes inégales, elle ne fait que les transmettre. Faites la balance* des pro<luits et des services, vous n'aurez rien contre rhénniité.

•• ïïM elle I trttMèine de^ré 4e JwrMIettoii.

L'idée de considérer la Justice, non plus seulement comme une notion dd Tentendement ou une hypothèse de notre économie, mais comme àne faculté positive de Tâmc, et conséquemment de chercher à cette faculté un organe dans la constitution de Têtre humain, cette idée, dis-je, est tellement extraordinaire, qu'elle aura de la peine à s'introduire : tout en souhaitant de voir les principes de la morale acquérir plus de certitude et s'emparer des esprits avec plus de force, on eût aimé à leur conserver ce clair-obscur qui semble ajouter au respect par le mystère.

Un peu de réflexion cependant ferait comprendre qu'il n'y a rien en tout ce que nous venons de dire de la Justice qui ne soit fondé sur la nature même des choses; quant au mysticisme, il faudrait être bien pauvre de jugement pour ne pas comprendre qu'il ne fera jamais défaut à notre savoir. L'homme a beau étendre le cercle de ses idées, sa lumière n'est toujours qu'une étincelle promenée dans la nuit immense qui l'enveloppe. Le mariage, enfin expliqué, n'cst-il pas toujours un mystère? Accueillons donc avec bonheur et reconnaissance la vérité qui s'offre à nous, et que toute idée nouvelle qui porte avec soi sa preuve soit la bienvenue.

Toute puissance, toute loi de la nature a pour organe le corps ou le phénomène dans lequel elle se manifeste.

Ainsi, pour ne pas perdre le temps en exemples, il est une force qui anime tous les êtres et leur donne la première réalisation : cette force est l'attraction. L'attraction a donc pour organes toutes les existences en qui elle se manifeste, soit, par exemple, notre système planétaire.

i TéfÊÔtt à pcicr s» ifav^pie*.

rilre «mai. b loi Cul plus 4|y» !« umIùvc» ^ril» hÉ ; il «• a b coomracv» HnMliipNftMk de b loi, U « blKi OAMi» IMiv partindier, TeaD^phâk^ Ob ■*«! pas UMit caooTO : b loi ««l plus «|ii'«MMk UiK potae par leeerreau ; elle «bvÎMil» «^•\ipplli KbtkNit de b vie morale, uae «1^0 de |Mii- Télre, on eolralnement» un «hkhii , ISmr Mi«» BOirreife transformation do la lt>i, jo A\% «|ii'il a Ullii mi aoorel organe, et cet orpam* je cnu<i Tm^oii «li^<«m\«i«| dans le couple conjugal.

Ainsi se déroule» il'a|Mri*s la |)liiloHii|iliiit «lu iiiHitaiitt, la genèse univers(*llo :

Une seule force dans I.1 nalun* ' rtitlitirhiMi i Une seule loi : Téquilibre ;

Une seule idée : la notion iri''i|iiililiii*, mi hiiIm<4 Immih» la connaissance di*s rapiKirt^ ou i)i< hi niuitM «(«t* 1 Imi»* », à laquelle se ramène toiiti: |itiil>A«ipliM ,

Un seul sentiment : l'uriioni , «111.11111 piif I mI< »\t **Utih des rapports et k'ur di%uMjn i^uëUiaU^t <«/|f4Mii</#f tUseies);

Une seule l'rli/iorj ; ^r r<-t|^/t «^ u wm*^ «^« '*' I m*u grité des ni|/p'^% l^^f^jtàft^i» <t f<<i'. Iv ê'iH'* Partout «t Uw^M i^; //«'im \^^$^*\'^ *^ '^'m i o^im

libre est à rattraction et à la matière» réquation à Tesprit, l'amour à l'âme, l'idéal à la liberté, la Justice l'est à la société humaine. Et comme toute loi se fait un organe de chaque existence qu'elle est appelée à régir, nous avons vu la Justice, après s^être réalisée à l'appel de l'amour dans le couple conjugal, se réaliser avec plus d'ampleur dans le groupe familial.

Un pas de plus, et notre théorie du mariage, ou de l'organisme juridique, est complète.

Au point où nous sommes parvenus, un phénomène curieux va se passer : c'est la dégradation de l'idéal, qui, rendant les sexes l'un à l'autre indiSérents, menace d'abolir la Justice.

L'initiation familiale est une demi-initiation , que soutiennent fort bien pendant un temps l'autorité paternelle, la confiance des enfants, la religion domestique ; mais qui de frère à sœur n'a plus la même activité, et, réduite peu à peu à une simple habitude, à un souvenir, à une sympathie, est en danger de se perdre.

Il faut que l'amour vienne de nouveau chez les jeunes sujets reconforter la conscience : or, cet amour ne peut plus exister entre eux, il s'est épuisé dans l'union qui leur a donné l'être. Du frère à la soeyr, comme du père à la fille et du fils à la mère, la consanguinité et la famille ont créé une incompatibilité d'amour que toutes les législations ont consacrée, et dont la raison est facile à saisir.

Du côté des parents, il y a d'abord l'amour paternel et maternel, positivement distinct de l'amouf conjugal, et qui, loin de faiblir, augmentant avec les années, exclut radicalement la succession des deux sortes d'amour dans le même individu. Du côté des enfants, la répugnance

hM Moîiidf^ : IVxluntioii qu'il» ont reçue a ékrè na et leurs auteurs une liamèn* infranchissalile sielê. Car, dia-^tru* c'est re^iH^t et justice : |4us, DSéquent, en rainai m** me Jo leur alTection mu* les époux auront (It-^clupix* enlrr oui et autour de pudeur, de bi^'UM'ancr, d'huniirlftô, de pu-té plus par cela mf'-iiic ils >'> troii\rri>iit awir rendu s enfants, ^is-â-^isdVui, l'idir d'un autre amour torUble. La famille est le sii'-^*c do la iliastetc; me que chez les |»arents la tendresse paternelle, mi avec Pige, éloi;:ne de plus en plus toute |)enséo le, tout amoureux d<rsir, de même chez les enfants ^rence, prenant une teinte de plus en plus pro* î de vénération, éloufle jusque dans S4>n principe lation sexuelle.

re frères et sœurs rincompalibilité est moins forte ; tant elle existe, et les choses se passent à peu près me.

causes de cette incompatibilité sont : Thabitudc et

liliaritê domestique, |K'U fuxoraMes à l'idéal, sans

f>as d*amour ; Tusa^'o conuuuii tles elio^ios, qui les

'ivialeset ajoute à la (liflicultédr ridéali<atinn amou-

Taniitié frat^i nelie, contractée de tninne heure sous

*nce de la pudeur domestique et du res|)ect familial,

pousse les jeunt^s ^eiis à régalilé, non à Tamour;

lemblancc de caractère, d'esprit, de style, de tem-

ent, qui laisse les ctniiN froiils et les |K.*rsonnos

tirait; la répu^'iiancc du >an^', (jui réclame avec

jn croisement.

nour a iK'soin |x)ur se produire de surjirises, de stes, d'une certain(» étraii^'cté ({u'^xcliil la viiî de ^, et la pudeur dont il s'arcoinpaîzni; est aussi tout autnî onlre. Knlre personnes qui s(î connl trop, raniour se ti'i\ialise et devient obs<M*ne;

même entre époux, la familiarité a ses limites. Plus, dans la famille, les mœurs seront chastes, l'affection sincère, Thabitude des personnes prolongée , plus Tidée d'amour entre le frère et la sœur y paraîtra horrible; et Ton peut poser en aphorisme que les races incestueuses sont des races d*iniquité.

I/Église a étendu Tempêchement de consanguinité jusqu'aux oncles et nièces, neveux et tantes, cousins et cousines : je crois qu'on peut s'en tenir à la limite poçée parle Code, pourvu qu'on n'oublie pas cependant que la nature a sanctionné la loi qui défend de pareilles unions, en frappant souvent de plaies incurables ceux qui la violent. Tout le monde sait que l'extinction des familles nobles et princières a eu pour première cause l'orgueil de race, qui rendait les croisements difOciles; et je tiens du savant professeur de l'Institution des sourds-nauets de Paris, M. Rémy Valade, que la principale cause de surdité chei les enfants est due à la consanguinité de leurs auteurs.

Le croisement des familles et des races, telle est donc, selon les prévisions de la nature et la genèse de la Justice, l'origine première de la Cité, la véritable base du contrat social. Par la cité, l'organisme juridique acquiert son dernier développement, ce qu'indique le troisième terme de la devise républicaine, Fraternité. Le couple conjugal, la famille , la cité , forment ainsi trois degrés de juridiction : le premier servant de principe et de soutien aux deux autres ; le troisième , par sa raison générale affranchie de tout individualisme, et par sa force de collectivité supérieure à la totalité des actions individuelles, donnant au mariage et à la famille la garantie de respect, de travail et de subsistance qu*ils exigent.

Considéré dans sa matérialité, le système social reposi tout entier sur la distinction des sexes : par là Y Ethique fait suite à V Histoire naturelle; le règne social continu(

es trois règnes antérieurs, minéral , végétal et animal ; ît le mariage, constitution à la fois physiologique, eshétique et juridique, se révèle comme le sacrement de 'Univers.

•• Dlflclplliie de ramoiir.

Nous pouvons maintenant satisfaire à la difRculté qui lomine toute cette matière : il s'agit de la discipline de Tamour.

L'amour, dans cette organisation de la Justice, se présente comme force motrice : il en est Texcitateur, le promoteur, le coefficient.' Sans lui la conscience s'affidsse, la femme redevient impure , l'homme retourne à ta fainéantise et à sa férocité. Or , comment s'exercera Tamour, si difficile à contenter, qu'il est défendu d'ailleurs de rechercher pour lui-même, attendu que, recherché pour lui-même, l'amour n'est plus le producteur de ia Justice, il en est l'abolition? Nous avons vu de quelle manière, fléau* des sociétés, il les corrompt dans leur vitalité et dans leur conscience : par quel correctif en feslera-t-il incorruptible ferment? Quelle sera la pratique légitime de l'amour? Il faut, avons-nous dit, que l*ainour obéisse; c'est l'objet, dfest la promesse du mariage : comment soumettre à une règle ce dont l'essence consiste à ne reconnaître pas de règle , et que le sentixiient universel déclare indomptable ?

On a vu, dans une autre Étude , comment s'opère la VQigation des idées et l'élimination de l'absolu : c'est VBtnn procédé analogue que nous arriverons à la discifline de rameur et à l'hygiène du mariage.

L'amour, dont la virtualité est dans la génération, a sa ^tiise plastique et motrice dans l'idéal. Par l'idéal, il

^4ève'au-dessii8 de l'instinct organique et s'empare de

]^\mc, que tantôt il ra^it, sur les ailes du désir,' au troisième ciel y tantôt il précipite, par l'inipatiencc de la possession , dans une frénétique impudicité. Voilà en six lignes la physiologie de l'amour.

Espérer le retenir et le fixer à cet apogée où le porte l'idéal est une illusion que dément toute expérience, et que la nature des choses explique. Toute réalisation de l'idéal est nécessairement incomplète, partant fausse; et cela, parce que le réel ne peut jamais reproduire qu'un rayon fugitif de l'idéal ; parce que l'absolu et le réel sont contradictoires, et ^ue, si celui-ci nous donne la notion de celui-là, tout effort que nous faisons pour saisir l'idéal ou l'absolu dans un objet qui le réalise en entier n'aboutit qu'à l'épuisement de l'esprit, souvent à une déee^ tion douloureuse.

Jouir de l'amour dans l'infini de son aspiration, posséder l'idéal, est donc, comme la.pénétration de l'absolu par la pensée, chose impossible. D'un autre côté , combattre l'amour, de même que se dérober à la conception de l'absolu, n'est pas moins impossible, puisque nous ne pouvons pas nous empêcher de trouver beau ce qui est beau et de l'aimer; je dirai même que c'est chose immorale: sur ce point, la religion est d'accord avec la raison, la théologie ascétique avec la philosophie épicurienne. Le christianisme n'a fait que déplacer l'amour en le rapportant à Dieu : il s'est bien gardé de le vouloir détruire.

Mais , si nous ne pouvons ni nous rendre maîtres de l'amour ni nous soustraire à son influence , il est une chose qui dépend de notre libre arbitre et à laquelle la religion et la poésie erotique n'ont pas songé : c'est de balancer l'amour par l'amour , de sorte que nous usions de sa vertu en restant maîtres de notre cœur.

Je sais tout ce qu'il y a de paradoxal dans ce que je vais dire; mais il faut que je le dise, parce que telle est

é |iliilGSU|ilii(|iio et la laiMMi tïvb i'lius«*s, [mi ci ï a pas d*autro iirrsmalil nintn* 1rs (Vlats et les ions de raiiioui', et que tellf i*>t ni dêliniliw la z de rimmeiiv; iii;ij(*rité des liomiiies : le Mrret, [ia|)|H:r aux tribidatioiisdc raiiiour et en ron«(T\cr , con!»iÂte, |H)ur ehai un de nous, à aimer dVs- Ic cwur toutes li*s iHTSiiniii'S du sexe o|i|misc, et à ssciler eonju^'aleuieut «|U*uiie si'ule.

împi>SMl)le, sVvric-t-on ciirorc.... Je n*|Minds que :ile, excepté |)(*ut-«Mre au\ no\ires dont ]*iuia^;iest |iour la première Uns n'^tluitt*, et aux é^'oi>t«*s nnent |M)nr amour la f«'TiM'it«* d** Ifur passion, lorul comme au physique, l'amour d«''lnitc par ie dont la tin r>t tout autre que ne 1«* dis4>nt le eirur L*ns, et qu'd est stupid*' de prr^-nler à la jeunesse le dernier mot de la fi lirité. INiui(|Uoi ni' pas plutôt ;Ue ui'i'asion du lui iui ul pur axée forée, d«' par la et le M-ns runnnun, que, la lin de Tamour, chez iiis4iimalih', étant auln* que la p<»>M-<<^'iiiii. i-t rrtii* réalis^iiil h* )liis miu\« iil «^m^ atlciiilir l.i piiSM>-. unoiir n«' li> iit pa<« ii' i f «^^tiii-Mii Pl ,i l.i \* •>-i-^<«iiin ; Diitiiiin' il t «^l |iiinl«': l il«« »«# ;: iitl* i <ii -• »» pii mirjis

IS, attilldll qui' [n\i\f M}* illl.ltini) l'Klltli ni l'IllH iiii

l'illii>i<>n, ImiiI«' |i!i'r'!''ni'; «hi « ■■ :u j l-i- i»u nlliift^ jce, tout ûninureiix H'lmI |1<>< <>ii h '.\i\> d>' }iont< ; I suitiiUl qUff If Im ,iu n:*>l.il,rii tai.l .lu'il li* |i< ini e \oloiilé, d'Vanl «*'if piiir iifu^ ]• l'iu-» jin ni i:\ ii dans un nnii.i;:'' l'»îj|«> j. - 1 1...\- n.»i:« «^ .-«.hi êes, >i 1«' dt\oir ri l.i \rilii y li;.iu«'iil c -ninii rl«nnci[ial, alors ni*' lii'.r q'.i«- le p iii ii.inl .nin'iiit ii\ [iiexpie nul, rim:<»ii «-l ac" ««nqtli'j <l.u»s li - iinil- Londi lions ih»»iI »!»•>.•

ancit-ns éla.cnl «iilir's «l.uis irlli \nir, IniMpi il> ildcTaniour rânio imi\L'i.-Lll' ; !•: thii^liani.-n.*' y

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est entré à son tour, lorsqu'il a ideniiiié Dieu et rauiour pur, et proposé à ses vierges le Christ pour époux. Le Christ, c'est la personnification du sexe masculin, de même que la Vierge est la personniGcation du sexe féminin : que toute jeune fille , avant de se marier , apprenne donc à aimer le Christ; que tout jeune honmic soit fait chevalier de la Vierge.

Voilà ce que nos romanciers et dramaturges , s*ils avaient étudié le cœur humain, s'ils se souciaient le moins du monde de la félicité publique et de la morale, enseigneraient à la jeunesse. Au lieu que, dans leurs absurdes et immorales peintures, c'est toujours l'amour d'inclination qui triomphe , ils feraient voir qu'un pareil sentimenl, s'il n'est racheté par une forte dose de vertu, est presque une garantie d'infortune. Pour le poète comique, comme pour le chansonnier, l'amour offire une source inépuisable de ridicule : il y a toute une révolution littéraire dans ce re virement.. •

Si accomplie que paraisse une fiancée, il n'est pas de mari, à moins que ce ne soit un imbécile, à qui une possession de trois mois n'ouvre l'œil sur d'autres charmes que ceux de son épouse; j'en dis autant de celle-ci à l'égard de son mari. Et si, malgré l'imprévu de la découverte, ce mari et cette femme restent fidèles l'un à l'autre, leur fidélité, que la jeunesse le sache, vient de leur conscience, nullement de leur prédilection.

Puis donc que par la possession l'idéalisme erotique se détruit aussi rapidement qu'il s'est allumé, et que dans la nuit conjugale toutes femmes sont grises, comme dit le proverbe, que reste-t-il à faire, sinon de traiter l'amour comme la raison prescrit de traiter tout idéal, c'est-à-dire de le cultiver dans l'universalité de son objet, en s'abstenant de tout ce qu'il peut ofirir d'individuel, au moiiu jusqu'au jour du mariage ?

L*Âpôlre cl dit: Que chacun parmi vùu$ ait sa cha-

eune. J'ajouterais, si je pouvais m'àrroger l'autorité d'un

apôtre : Que chaque homme aime toutes les femmes dans

8on épouse, et que chaque femme aime tous les hommes

dans son époux. C'est ainsi qu'ils connaîtront le véritable

amour, et que la fidélité leur sera douce. Car l'amour, uni*

versel par essence, tend à se réaliser dans l'universalité ;

gi l'homme et la femme qui s'épousent paraissent sortir de

l'indivision, c'est seulement quant à la cohabitation et aux

devoirs qu'elle impose; pour le surplus, c'est-à-dire pour

l'idéal, ils restent dans la communauté. Le mariage qui les

unit n'est point une appropriation mutuelle de leurs corps

^ de leurs àmés, comme le dit ailleurs le même saint Paul ;

c'est la représentation de l'amour infini, qui vit au fond de

Imirs cœurs. C'est pourquoi l'homme qui manque à sa

femme manque à toutes les femmes, et la femme qui

manque à son mari est à juste titre méprisée de tous les

hommes.

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