‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 33 sur 46 · XL · texte numérisé non relu

XL

Le Code civil, interprète de la Révolution , est admirable suf cette matière. 11 dit :

Art. 212. — Les époux se doivent mutuellement fidélité, seeours, assistance.

ÂrL 213. — Le mari doit protection à la femme, la femme obéissance à son uiuri.

Art. 214. — La femme est obligée d'habiter avec le mari, et <te le suivre partout où il juge à propos de résider. Le mari ^obligé de la recevoir et de lui fournir tout ce qui est néces- B^re pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état.

Art. 203. — Les époux contractent ensemble, par le fait seul <ta mariage, l'obligation de nourrir, entretenir et élever leurs '4 «nfants.

Art. 14Ç et 165. — Il n'y a pas de mariage lorsqu'il n'y a point de consentement, publiquement exprimé.

Le moi à" amour n'est pas prononcé , il ne devait psu rètre : c*est en cela que le législateur me parait admirable. L*anionr est le secret des époux; rien ^'en doit paraître an dehors, dompté quMl est et transfiguré par h mariage. Un dernier regard jeté sur eux achèyera denooi le prouver : Ils s*aiment, et ils ont vaincu Tamour.

Le premier sentiment que l'homme éprouve à la vue de la femme est tout d'amour ; il ne s'y arrêtera pas longtemps : de l'ivresse des sens il passe rapidement i l'adoration de l'âme, et quand il s'imagine être encore amant, il est devenu lui-même un juste et un saint.

Tout ce que l'homme voit en la femme, comme en un miroir où sa conscience se regarde, la femme tend t le devenir, et malheur à elle, malheur à tous deux, si elle trompe la révélation de l'amour, si elle manque à l'attente secrète de l'homme.

Dédain de l'amour sensuel et de la volupté : Qae l'homme tourmenté de pensées lascives regarde sa femme, il rougit et il est heureux de rougir, parce qu'il la croit à l'abri de son tourment. Sans doute c'est de lui qu'elle a reçu la pudeur, comme elle en a reçu, dans la cérémonie nupliale, l'anneau et la couronne ; mais cette pudeur s'est incarnée en sa personne, elle seule sait être chaste et fidèle. Et quelles preuves elle en donnera! Est-il absent, accablé , malade , elle chasse loin le plaisir, la continence ne lui pèse rien; à ses yeux le sacrifice n'exisle pas : sa charité lui tient lieu de dehitum. Jeune fille, elle attendra de longues années son promis, sans s'impatienter du célibat; femme, elle le possède absent comme présent; le nom de son époux mêlé au sien lui suffit. Et la conscience générale des femmes témoigne de cette immense générosité de leur cœur : plus que nous elles méprisent, elles abhorrent les lascives, les volages et les infidèles.

Conception supérieure de la liberté et de la force : Ia

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lifH dn InTail et de là Justice : U teauM, quoi I ipfnoBe «a entreprenne, n'etl point, pu la Misa de Km leie, industrieaK, egneultriee, ii4> As, WTtnte, pM plui qne juge, homme de fuwrt nnne d'État. Elle peut bien mm prêter dani noi IX fwtqoe aide , nom assister, dans no* tnnsacde quelque conseil ; de tout temps elle s pris pour porîioB la plus douce du travail : elle a M bergtr* luïère, flleose, lingére et ménagère ; certain! trta ■Bt faits pour U mettre en lumière, la danse, U Htion, b mimiqae. Quant i ta ju«tice, Il en er'

comme de sa philosophie : c'est une religion. La femme qui prie est sublime : l'homme, à genoux est presque auni ridicule que celui qui bat un entrechat.

Rien de tout cela cependant ne constitue la mission de In femme : son véritable lot est d'être préposée à la garde de nos mœurs et de nos caractères, chargée de nous représenter incessamment dans sa personne notre oodscience idéale. Quel rapport, dites-moi» entre une seffi" blable destinée et le plaisir?... Plus d'un hçmme a dA à la présence de sa femme de ne pas faillir; plus d'une femme, après avoir rêvé en son époux l'assemblage des vertus viriles, s'est consumée en se voyant attachée à un lâche, à un cadavre.

Et la gloire de l'homme est de régner sur cette me^ veilleuse créature, de pouvoir se dire : « C'est moi-même idéalisé, c'est plus que moi, et pourtant ce ne serait ries sans moi. A elle mon sang, ma vie, tout nion être; je lui appartiens corps et âme, comme le soldat à son général, comme le fils à son père, comme autrefois l'esclave et le client à son patron. Malgré cela, ou à cause de cela, je suis et je dois rester le chef de la communauté : que je lui cède le commandement, elle s'avilit et nous périssons. »

J'ai eu le bonheur d'avoir une mère chaste entre toutes, et, malgré la pauvreté de son éducation de paysanne, d'un sens hors ligne. Comme elle me voyait grandir, et déjà troublé par les rêves de la jeunesse, elle me dit : NeparU jamais d'amour à une jeune fille, même quand tu te proposerais de Vépouser,

Je fus longtemps à comprendre ce précepte, absola dans son énoncé, et qui proscrivait jusqu'à l'excuse du bon motif. Comment l'amour, cette chose si douce, pwvait-il être réprouvé par la bouche d'une femme? V^ tenait-elle cette morale austère? Jamais, je le déclare, j<' n'ai In ni entendu rien de cette force. Prétendait-elle

{ue des époux ne fussent pas &'dimer?... Eh ! non : elle iVait deviné, par un sentiment élevé du mariage, ce que l'analyse philosophique nous a démontré : que l'amour doit être noyé dans la Justice ; que caresser cette passion, c^est s'amoindrir soi-même et déjà se corrompre ; que par hii-même Tamour n'est pas pur; qu'une fois son office rempli par la révélation de Tidéal et l'impulsion donnée à la conscience, nous devons l'écarter, comme le berger, qirès avoir fait cailler le lait, en retire la présure ; et que toute conversation amoureuse, même entre fiancés, même ÎBDtre époux, estmesséante, destructive du respect domestique, de l'amour du travail et de la pratique du devoir ^ial.

Je résume tout ce que j'ai dit et ce qui inc reste à dire dans le questionnaire suivant.

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