CATÉCHISME DU HARIAGE
Demande. — Qu'est-ce que le couple conjugal ?
RÉPONSE. — Toute puissance de la nature, toute faculté do
•a vie, toute affection de Tâme, toute catégorie de rintelli-
Kence, a besoin, pour se manifester et agir, d'un organe. Le
sentiment de la Justice ne pouvait faire exception à cette loi.
Hais la Justice, qui régit toutes les autres facultés et dépussr
la liberté elle-même, ne pouvant pas avoir son organe dans
llodividu, resterait pour l'homme une notion sans efficacité
«or la volonté, et la société serait impossible, si la nature
n'avait pourvu à l'organisme juridique en faisant de chaque
individu comme la moitié d'un être supérieur, dont la dualité
androgyne devient pour la Justice un organe.
D. — Pourquoi rindividu est-il incapable de servir d* organe à la Justice?
' R. — Parce qu'il ne possède de son fonds que le sentiment tie sa propre dignité, lequel est adéquat au libre, arbitre, tandis
que la Justice eet nécesaairement dMelle, qu'elle suppa conséquent deux consciences au moins à rMoisson : ea que la dignité du sujet apparaît seulement comme pr terme de la Justice et ne devient même respectable poi qu'autaot qu'elle intéresse la dignité des autres.
D. — Pourquoi dans Vorganisme juridique les deuù sonnes sont-elles dissemblables et inégales?
R. — Parce que^ si elles étaient pareilles^ elles ne se pléteraient pas Tune l'autre; ce seraient deux touts iw dants^ sans action réciproque, incapables pour cette raû produire de la justice.
D. «~ En quoi l'homme et la femme éUffèrent-Hs.l^ l* autre?
R. — En principe, il n'y a de différence entre l'hom la femme qu'une simple diminution d'énergie dans les la L'homme est plus fort, la femme plus faible : voilà to fait, cette diminution d'énergie crée pour la femme, au et au physique, une distinction qualitative qui fait qi petit donner de l'un et de l'autre cette déQnition : L'b est la puissance de ce dont la femme est l'idéal, et récip ment la femme est l'idéal de ce dont l'homme est la puis
D. — Qu'est-ce que l' amour?
R. — L'amour est l'attrait qu'éprouvent invinciblemen pour l'autre la Force £i Ja Beauté. Sa nature, dans l'h et dans la femme, n'est par conséquent pasie même. Du c'est par lui que leur conscience à tous deux s ouvre à ! tice, cliacun devenant pour l'autre tout à la fois un témo juge et un second lui-même.
D. — Comment définissez^ous le mariage?
R. — Le mariage est le sacrement de la Justice, le m vivant de l'harmonie universelle, la forme donnée par ture même à la religion du genre humain. Dans une i moins haute, le mariage est l'acte par lequel l'homme femme, s'élevant au-dessus de l'amour et des sens, déc leur volonté de s'unir selon le droit, et de poursuivre, i qu'il est en eux, la destinée sociale, en tmvaillant au pj de la Justice. A cette définition se rapporte celle de VûA
Juris huÊnam et divifU cammtmioatiOy que M. Eniesl Legouvé traduit, avec moins de pompe, Éccdê de pêrfBcUofmêmenU mutuel.
Dans cette religk» de la famille on peut dire que Ti^poux ou le père est le prêtre ; la femme, Tidole ; \ti eofaote, le peuplé. U y a sept ioitiatioiis : les noces, le foyer ou la iMe^ la naiS" sancê, la puberté, le conseil de famille, le testament et les fiméraUleâ. Tous sont dans la main du père, nourris de son travail, protégés par son épée, soumis à son gouvernement, ressortissants de son tribunal, héritiers et continuateurs de sa pensée. La Justice est là tout entière, organisée et armée : avec le père, la feoune et les enfants, elle a trouvé son appareil, qui ne fera plus que s'étendre par le croisement des familles et le développement de la cité. L'autorité est ïk aussi, mais temporaire : à la majorité de l'enfant, le père ne conserve plus vîg-à-vis de lui qu'un titre honodtique. La religion» enlin, se conserve là : tandisque partout ailleurs l'interprétation des symboles, l'habitude de la science et l'exercice du raisonnement l'afTaiblissent sans cesse, elle subsiste dans la famille, s'y condense, et ne redoute aucune attaque : la révélation, tout idénUs de la femme» ne pouvant ni s'analyser, ni se nier, ni s'r teindre.
D. — Comment, rachetée par cette religion dans laquelle il est facile de reconnaître l'embryon de toutes celles qui ont suivi, la femme reste-t-elle néanmoins subordonnée à l'homme?
R. — C'est précisément que la femme est un objet de culte, et qu'il n'y a pas de commune mesure entre la force et l'idéal. Sous aucun rapport la femme n'entre en comparaison avec l'hoaune : industrieuse, philosophe ou fonctionnaire publique» elle ne peut; déesse, elle ne doit; elle est toujours trop haut ou trop bas. L'homme mourra pour elle, comme il meurt pour sa foi et ses dieui; mais il gardera le commandement et la responsabilité.
D. ^— Pourquoi U mariage est-il des deux parts monogame?
R. — Parce que h conscience est commune entre les époux, et qu'elle ne peut, sans se dissoudre, admettre un tiers participant. GoDscience pour conscience, comme amour pour amour, vie pour w, ime pour ame, liberté pour liberté; : telle est la
loi du mariage. Introduisez une personne de plus : Tidéal meurt, iareligion se perd^ l'unanimité expire et la Justice s'évanoail
D. -f Pourquoi le mariage est-il indissoluble ?
H. — Parce que la conscience est immuable. La femme, expression de Tidéal^ peut bien^ quant à l'amour, avoir dan une autre femme une doublure, et de son vivant être rem* placée; l'homme, expression de la puissance, pareillement Mais quant à la justification dont l'homme et la femme sont agents l'un pour l'autre, ils ne peuvent pas, hors le cas de mort, se quitter et se donner mutuellement un rechange, puisque ce serait avouer leur commune indignité, se déju»tifieTy si l'on peut ainsi dire, en autres termes devenir sacrilèges. L'homme qui change de femme fait conscience neuve : il ne s'amende pas, il se déprave.
D. — Ainsi vous repoussez le divorce ?
H. — Ài)solument. La loi civile et religieuse a posé des cas de nullité et de dissolution de mariage, tels que l'erreur delà personne, la clandestinité, le crime, la castration, la mort : ces réserves suffisent. Quant à ceux que tourmente la lassitude, la soif du plaisir, Vincompatibilité 'd^humeur , le défaut d<; charité, qu'ils fassent, comme Ton dit, séparation. L'époux digne n'a besoin que de guérir les plaies faites à sa conscience et à son cœur ; l'autre n'a plus le droit d'aspirer au mariage : ce qu'il lui faut, c'est le concubinage.
D, — Défendre aux séparés de se remarier ^ les rejeter dam l* union concubinatre^ est-ce moral?
R. — Le concubinage, ou concubinat, est une conjonction naturelle, contractée librement par deux individus, sans intervention de la société, en vue seulement de la jouissance amoureuse et sous réserve de séparation ad libitum, A part quel- «lues exceptions, que produisent les hasards de la société et les difficultés de l'existence, le concubinat est la marque d'une conscience faible, et c'est avec raison que le législateur lui refuse les droits et les prérogatives du mariage.
Mais la société n'est pas l'œuvre d'un jour; la vertu est d'une prati(jue difficile, sans parler de ceux à qui le mariage est inaccessible. Or, la mission du législateur, quand il ne peut obte-
nir le mieux, est <féfiter le pire : en même tempe «pie ïoa écarte le diforce, dont la tendance serait de faire déchoir le inariage en le npprocbant du concubinage, il confient, daos rintérêl des femoies, des enfants naturels et des mœurs publiques, dlmposer an concubinat certaines obligations qui It* ràè?ent et le poussent à l'union légitime. L'antiquité tout entière admit ces principes: l'empereur Auguste créa au conculnnat un état légal; le christianisme le toléra loogtemps, et n'a même jamais sn le distinguer du mariage. Défraient en oonséquHice être par la loi déclarés concubiuaires tous ceui et celles qui, hors les cas d'adultère, inceste, fornication et prostitution, entretiennent un commerce d'amour, qu'il y eût d'ailleurs ou qull n'y eût pas entre eui domicile commun. Tout enfant né en concubinage porterait de droit le nom de son père, snifant la maxime PaUr est quem coneubénaius denumstrat. Le père concubin, de même que le père marié, serait en outre tenu de poorf oir à la sul«istance et i l'éducalion de sa progéniture. La concubine délaissée aurait droit aussi à une indemnité, à moins qu'elle n'eût la première con* volé en un autre concubinage.
D. — QueUa tcmt Ut formes du mariage?
R. — Elles se réduisent à deux : les annonces ou publications; la célébration. Dans celle-ci interr ieonent, au premier rang la société, en la personne du magistrat et des témoins ; en seconde ligne, les familles des époux, en la personne des parents.
D. — Que signi/ietêi ce.t formaUUs t
R. — Le mariage, afons-nous dit, est institué pour la saiic- Ulicatiou de l'amour : c'est un pacte de chasteté» de charité et de justice, par lequel les époux se déclarent publiquement aflnncbis, l'un et l'autre et l'un par l'autre, des tribulations de la chair et des soins de la galanterie, en consé^iuence sacrés à tous et infiolables. Voilà pourquoi, en dehoi^ des stipulations d'intérêt qui requièrent également publicité, la famille et la cité paraissent dans la cérémonie : rengagement des époux, fait en f ne de la Justice, porte plus loin que leurs personnes; leur oouscieuce conjugale devient |mrtie de la ooo-
lu 27.
science sociale^ et, comme le mariage aasure leur dignitéi il (^ pour la société qui le proclame uue gloire et un progrès* Mofi mauvaises mfBurs ot notre ignorance nous font méoûnnaitie ces choses : tandis que la concubine, qui se lÎTre sans contrat} sans garantie, sur une parole secrètement donnée, pour lUie subvention alimentaire ou un présent en espèces, comme un bijou prêté à loyer, dérobe au& regards le secret de ses ajpoars et n'en est pas plus mode^, l'épouse ptratt, calme, digoe, sans rougir : si elle rougis^it, elle aurait perdu son innocence.
D. — Cette théorie du mariage eU fort spécieuse f nuùf pourquoi demander à la métaphysique une expUvMan que ia nature nous met sous la main? C'est dans Vintérét des efifants st dti successions qu'a été institué le mariage : U n'y faut tmr rien de plus,
R. — Sans doute, les enfants y entrent pour qvelquft (^bose; mais si la génération elle-même n'a été établie qu'^ yue de U Justice, si la multiplication des humains, si leur renouvellement et leur mort ne s'eipliquent aussi que ^r des fiBS juridiques, il faut bien admettre que la distinction des sexes, que rameur et le mariage, qui entrent dans celle économie, se rapportent aux mêmes fms. La même loi qui a fait du couple conjugal un organe de génération en avait fait auparavant uu appareil de Justice : telle est la vérité.
D. — Expliquez- vous davantage,
R. — Tout être est déterminé dans son existence d'après le milieu où il doit vivre et la mission qu'il a à reniplir. Cest ainsi, par exemple, qu'a été réglée d'après-les dimensions de la terre la taille du souverain qui l'exploite. L'Humanité; devant opérer à la fpis sur tous les points du globe, ne pouvait être réduite à un seul et gigantesque individu : il fallait qu'elle fût multiple, proportionnée par conséquent dans son corps et dans ses facultés avec l'étendue de son domame et les Iravaux qu'elle aurait à y faire.
L'Humanité donc étant donnée comme collectivité, deux conséquences s'ensuivaient : la première, que pour faire oia- Bceuvrer d'ensemble cette multitude de sujets intelligents et
libres, une loi de Justice, écrite daos les àiues» organisée dans les personnes^ était nécessaire : c'est Tobjet du ulariage; la secopde^ que les individus dont se «compose le grand corps bumanitaire se renouvelassent à tour de rôle» après avoir fourni une carrière proportionnée à leur énergie vitale et à la puissance de leurs facultés : c'est à quoi la nature a pourvu par la génération, et ce dont il nous est maintenant aisé do pénétrer les motifs.
L'être vivant, quelle que soit sa liberté, par cela même qu'il est limité, défini dans sa constitution et dans sa forme, n'a et ne peut avoir qu'une manière de sentir, de penser ^t d'agir, une idée, un but, un objet, un plan, une Ou, utie fonction, par conséquent une formule» un style, un ton, une noie, expression de son individualité absolue , à laquelle il s'efforce de ramener l'universalité des lois naturelles et sociales. Supposez le genre humaiq composé d'individus immortels : à un moment donné, la civilisation ne marchera plus; toutes ces individualités , après s'être pendant quelque temps poussées par la contradiction, finiront par s'équilibrer dans un pacte d'absolutisme, et le mouvement s'arrêtera. La mort, en renouvelant les types, produit donc ici le même effet que la guerre des idées, organisée par la Révolution comme la condition nécessaire de la liaison et de la Foi publique (Étude VU),
Mais ce n'est pas seulement au progrès social que la mort est nécessaire : elle Test à la félicité de l'individu* - Non-seulement, à mesure qu'il avance , l'homme s'enferme dans son individualisme et devient pour les auties un empêchement; il finirait, dans cette intraitable solitude, par devenir mi obstacle à lui-même, à sa vitalité, à l'exercice de son intelligence, aux conquêtes de son génie, aux ailections de soi> eoeur. Même sans vieillir, par la seule influence de la routine A laquelle son moi l'aurait à la longiie condamné, il tomberait dans ridiotie : son bonheur, sa gloire, autant que le progrès de la société, exigent qu'il s'en aille. La mort à cette lieure luiest Ufi gain ; qu'il l'accepte avec joie, et faëse de sa deniière heure ioo donier sacrilice rendu à la patrie. Tous tant que nous somoies, après nous tee dévoués à la science, àla iutlke, i familié, lu
travail^ nous devons limr comme Léonidas^ Cynécire, Cartiitf. les Fabius, Arnold de VÎDkelried, d'Âasas. Nous pbisfkîoB»nous qu'elle Tieot trop tôt? Uuel orgueil! Nous n'attnèroai pas nîêmey à l'occasioD, que la vierllesee nous faoe sgne: nous partirons jeunes, comme Barra et Viala.
Au reste, en conduisant Thomme à la mort, c'est-à-dire i la dépersonnalisation, la Justice ne le détruit pis tout entier. 1^ Justice équilibre et renouvelle les individualités ; elle wt les abolit pas. Elle recueillera les idées de Thomme et ses ceuvres ; elle conservera, en les modifiant, jusqu'à son caractère et à sa physionomie ; et c'est l'intéressé lui-même qu'elle lila^ géra de sa propre transmission , c'est à lui qu'elle confiera k soin de son immortalité, en instituant la génération et le tntament.
Ainsi l'homme se reproduit dans son corps et dans sot Ame, dans sa pensée, dans ses affections, dans son actioD,. par un démembrement de son être; et comme la femme fait avec lui conscience commune, elle fera encore génération commune. La famille, extension du couple conjugal, ne fait que développer l'orpane de juridiction; la cité, formée par le croisement des familles, le reproduit à son tour avec une puissance supérieure. Mariage, famille, cité, sont un seul et même organe ; la destinée sociale .est solidaire de la destinée matrimoniale, et chacun de nous, par cette communion universelle, vit autant que le genre humain.
D. — Au fondy V hypothèse d'une conscience formée à deux découle de la même métaphysique qui a fait supposer déjà une liaison collective et un Être collectif. Mais cette métaphysique a un défaut grave : c'est déhranler la foi à tout un ordre d'existences, en rendant de plus en plus problématique la simplicité de l'âme, V indivisibilité de la pensée, l* identité et V immutabilité du moi y conséquemment en infirmant leur réalité,
R. — Pourquoi ne dirait-on pas aussi bien que cette métaphysi^jue, par ses séries et par «es antinomies, par la puissance de son analyse el la fécondité de sa synthèse, tend à établir la réalité de choses qui jusque-là étaient demeurées de pures fictions? C'est le principe de composition qui cou-
b ponâbffiié de savoir ; c'est à ee prndpe
■e Bolreoerlîtwle : tootceqse DoospoflBédoBsdescîeiKr
Doos Tîeiil de hd, et rien de ce qui a été ime fois asnr
K peut être reaTersé. Poerquoi le même princ^ ne
pas aiBB bposBiiililé de rètre?I^a kn-Bême. Diea,
MiHBe peBM fiopéneore et îniiBaiiente des moiides, ei*
I de Wr iBraMNiie. Dieu redericat sobjeclifeiiiett
arec cette fliétaphi»qee:traiiMei que œ ne soiAsom
ri^De...
: ToMS la mumUifres d'urne wdélê sani-iU afpdèt mu if
Non ; mais tous y participent et en reçoÎTeutnnflaenoe, filiation, la consanguinilé , l'adoption, Tarnoor, qu, tî par essence, n'a pas besoin, pour agir, de oohabi-
1faprè$ cda^ vous ne jugez 'pas le mmiage imdû^ 'OU bonheur?
n fant distii^oer : Au point de Tue anîmique ou spi- ; maria§»^est pour chacun de noos une conditioa de fés noces mystiques que célèbre la religieuse en sont iple. Tout adulte, sain de corps et d'esprit, que la so- 1 l'abstraction n'a pas séquestré du reste des citants, , en vertu de cet amour, se fait un mariage dans son bysiquement, cette nécessité n'est plus Traie : la Jusest la fin du mariage et que l'on peut obtenir, soit dation domestique, soit par la communion drique, soit r Tarnour mystique, suffisant au bonheur dans toutes itioDS d'âge et de fortune.
Quel est, dans f économie domestique eê sociale, le rôle me?
le soin du ménage, l'éducation de l'enfance, rinstnicjeunes filles sous la sunreillance des magistrats, le e la charité publique ; dou? u'oserions ajouter aujouri fêtes nationales et les spectacles, qu'on pourrait ^s semailles de l'amour. L'immoralité aristocratique jugé religieui ont de tout temps fait de la femme qui un ministère dans les réjouissanees et les solennités
publiques^ comme de la femme eu domesticité, une victime de la luKure : cela peut changer, et il est nécessaire que cela change.
D. — Aucune industrie, aucun art, ne voue semble-t-il pim spécialement dévolu à la femme ?
R. — C'est toujours, en termes voilés, reproduire la question de régalité politique et sociale des sexes^ et protester contre le titre de ménagère qui, mieux que celui de matrone , exprime la vocation de la femme.
La femme peut se rendre utile en une foule de choses, et elle le doit; mais, de même que sa production littéraire se réduit toujours à un roman intime, dont toute la valeur est de servir, par l'amour et le sentiment, à la vulgarisation d£ la Justice ; de même sa production industrielle se ramène en dernière analyse à des travaux de ménage : elle ne sortira jamais de ce cercle.
L'homme est travailleur, la femme ménagère: de quoi se plaindrait-elle? Plus la Justice en se développant nivellera ks conditions et les fortunes , plus ils se verront élevés tousdeui, celui-là par le travail, celle-ci par le ménage. Quand ThomoK repousse toute exploitation et patronat, la femme réclameraitelle pour son service une valetaille? Où la prendre? Les deux sexes naissent en nombre égal : est-ce clair?
Le ménage est la pleine manifestation de la femme. L'homine. hors mariage, peut se passer de domicile : au collège, à la caserne, à la table d'hôte, à l'hôtel garni, il se retrouve toujours et se montre tout entier; la promiscuité ne l'atteint pas- Pour la femme, le ménage est une nécessité d'honneur, disons même de toilette. C'est chez elle que la femme est jugée; ailleurs elle passe, on ne la voit pas. Fille, mère de ùr mille, le ménage est son triomphe ou sa condamnation. Qui donc lui rangera son nid, si ce n'est elle-même? Faudra-l-il à cette odalisque intendant, livrée, femmes» grooms, des nains et des singes?... Nous ne sommes plus en démocratie, nous ne sommes plus en mariage; nous retombons en féodalité et concubinage.
D. — En 'quoi consiste la liberté pour la femme ?
iL -* Lfc ieiuiiit vntiffieD: liore es; u. lemnie ditste. Rff( chasie œlk qu. licprùiiv^ cifiDiouoi. amoureime pmir per- ««IK, }itt memt wur fcoi mar.. Pourquo. Ui jeune viener ptnB-^ïii: 5. i»elK & ust&iraiiit s. duinc "^ Cesi qu'elle «M
D- — &i*f /« varr- nurt l ■ amnur m» contraetofti marfogf ? VL — Lfe plut Malte iiuHâiiiH Loi%aitf deux personnes «e présentent aii muTiHSt. .' aniou* ^?: -^iiiv- du» elK« avoir Accompli son cpuTrt : il cri=^ e?: niisat?* . ! (rapt *^><a ïtessipé. la pasnon a £uL Jci/eirtf l'^eoiJiiii. tmur auù: . comme dit le r^ntiquc des cai2tique&. C est tkiu' '.-eiL au*, a mariaçe de pure inclinatioo est si prtt et ih immt . ei oue tt f«re qui y donne fon oonsenieiDeiit Siériie k iiiaiitt:. Le devoir du pc'rr de famille osl d'établir ^tt exilante dan» J'ium&ïiabiiité et la iuMice : c'etd la léoompeBfie de s«^ travaui H la jâie de ses^ rieux ans de donner sa fille, de tboîsa a sob fiis> uae femroe de aa propre main. Que les jeuiies gta^ sV^oucieiu 9«d» rêpufîoanoe. à la bonne heure ; mais que le» (lèrEs ot laissent pa^ violer en leur per< flonne b dignilé Cuniliaie. etqu'i « se ikHiiieniient que la g^ération cbamelle n'est que la moiwê de la pateniité. Quand un fila, une fille, pour satisfaire son inclination, foule aui pieds le ?œu de son père, l'eihérédation est pour celui-ci le premier des droits et le plus saint des devoirs. D. — A qu/tl âge au plus tôt cofwiefU-il de se tnarierf R. "- Quand l'homme est fait, le travailleur formé; quand les idées commencent à Tenir et la Justice à subultnrniser ridéal : ce que l'on peut exprimer , à l'exemple du code, par OQ miaiinum arithmétique :
« L'homme avant viugt-six ans révoluH, lu frinme avnnt TÎDKtun ans révolus, ne peuvent cuntractcr inariuKc. »
D. — Quelle peut-être m moyenne^ entre dtmx époux, la fériode d'intimité?
R. — Tant que les enfants sont en ba» âge, l'iiomnif. doif >i h femme un tribut de earesses : la nature IVainsi vonlu, ôshii I^Bitérét même de la progéniture, l/enfant profite de Umt l'ttiour que le père témoigne à la m^re : n'en tiemhniktm P^ davantage. Quand les aînés atteignent la pul»eri^ . ;*Uyr!4,
i'poux prudents^ la pudeur domestique et la garde de votre cœur TOUS commandent de vous abstenir. N'attendei pas que le retour d'âge , l'apoplexie et les infirmités de la vieillesse vous y contraignent. Vous ne gagneriez à cette continence forcée que d'être poursuivis jusqu'au tombeau de rêves impudiques et de tribulations contre nature.
D. — Quel est, en général, l^ homme qu'une jeune personne doit préférer pour mari?
R. — Le plus juste.
1). — Quelle est, en général la femme qu'un homme doit préférer pour épouse?
R. — La plus diligente. — Chez l'homme , les quafités qui importent le plus à la femme sont le travail et la tendresse: ces qualités sont garanties par la Justice. Chez la femme, le8 qualités qui importent le plus à l'homme sont la chasteté et le dévouement : elles sont garanties par la diligence.
D. — Quelle consolation offrir aux amants malheureux?
R. — De pratiquer avec zèle la Justice, à cette fin de se marier, après avoir payé à l'amour perdu^ un juste tribut de deuil. La Justice est le ciel où les cœurs endoloris se retrouvent, et, de toutes les manières de pratiquer la Justice^ la plus parfaite et la plus pleine est le mariage. Tel est môme, abstracftion faite des autres considérations domesticjues, le seul motif qui légitime les secondes noces. Il est bien que de deux époux, de deux fiancés, qu'une mort prématurée sépare à jamais, le sunivant garde la religion du défunt, et celte religion sied surtout à la l'eranie ; mais une douleur excessive chez un sujet jeuDC trahit plus d'illusion et d'égoïsme que de Justice; elle dégénérerait en délit contre l'amour même, si l'amant affligé se refusait au remède.
— D. Quels sont, par ordre de gravité, les principaux faUf que vous qualifiez crimes et délits contre le mariage f
R. — L'adultère, l'inceste, le stupre, la séduction, le viol, l'onanisme, la fornication et la prostitution.
D. — Qu est-ce qui, en dehors des considérations généréf^ de dignité personnelle, de respect du prochain, et de foijvlfé^^ constitue la culpabilité de ces actes ? ' •
R. — Iji' iuraiiên' c-nniniun qui les ilL«liiiKiir i*<t dt* liaiiiifr U faiDÎIIe «Uns ci* «|uVll«' a do |ilu< Mrn\ saioir, la n*li^iuii domestique, con^équemment iraiH-iiiitir rh«v Ir roii|)abl«* t*t tes complices la JuMirr dans s^i sniMi*.
K\t»ï Vadultere rrt, M*lfin rt*\|iri*Miion t\e* aiH-it'n«, la miAutioD de toute loi di%ino fl Iiuiimiik', un rrimi' <|iii ctiiitk'iit fii soi tnuss W* auln*«, calfimim*. InhiKoii. h|Kilia(iiin. |Kirricidt*. sicnlê;:f*. 1^ tFriprdi** antif|iii', dt* niriiip iiur ri*fin|N'*«'. phiU* presque luut oiitièn* Hir n* inntif. niiiinir li* iiiiiiitit>ni Ifs légende? dUrlrne, Chhiiinolre. IV'ni'lo|N'. rli-
L'inceste, moinft alruce. e^t plus \il : d«TiMoii di> i.i pudiMii bmiliale vi de l'initiation maternelle ; il a |mur |Niiii.iiit 1 1 fodomie.
Le stupre, plus romiiiun de jour en jour et iraitr u^n* 1.111I (TiDdiflerence, est l'abus d'une |»er«unni* iinnciire. une ileslnirtioo de la Justice, si l'on |n'uI ainsi due, en iMHir^-pnn, et pour laquelle des juri'S'ne dcvnient admelln* jamais de ciieonstaoces attéouanirs.
Ptfquel inrunci'Tahle malfTialiMne le lt'::islateura-l-il traili* siséTèrement le no/, tamlis qu'il n'a pas dit un «eu! mut njiitrr là séduction f l\ semble repeiidant que le premi«'r | uurrait snu- ^eot être rangé dans la c:itr&.'nrie de< roiip>> i-l b!e>>ure« qui tfafTectent que le coi'|>s. tandis qu** la ^eiuiide tin' làni'*.
A ci?s deui eîi|MiesderrinM*<. imiis as^ilnHliToii* Vr.rnttitmn à Iq débauche \\AT livres, rliaiiMin^. LTa\up*s.>latues. ele.
L'onanisme^ pour ron»llaire Li hestialitr, r.lnKe rur.ru>e* l'onanisme conjugal a l'ii' pnquM' p.ir l»-» di-ffiiM-urs df re>ploitation humaine pour >i'rvir d'i-iiHinrinii*' ii la pnpuhitii.ii : comme si la bestial itr* «'ronniniqiif axait >:i <iiirtii>ii d.iii> la hestialilt'' de l'amour!
Li fornication e>t lajoui-sinr»' pa^af^rn' di* tieux |MM>«»unes libn's. mais non ronrubinain-^. Kilt* t>sl >aii*i roiii|taiai.Miii plus ^pri'lit'D>ible que la fnustîtutnm. La pni>titiititiii. rt*<W de 1 aDcien état d»* j:uent' »*l •!•' l-'utialité. a ili* plii-» pniir e\ru?«' 1* misère, et la prostituée*. ritrainln*i' «ninin'' nu iiieinlire P^ni de la famille, ne traliit pci-soniie. Le tnihiiateui- et la '•^Rîicatriw trompent tout le inonde et n'imt pa«» d'excuse: ils
devraient être blâmés, sinon punis. L'hypocrisie de nos wm en a décidé autrement : la fornication secrète est appUudi rhonuoe surpris dans une maison de tolérance est répi infâme.
Si l'on considère l'adultère, la séduction, le ?iol, la fonû tion, la prostitution, le divorce, la polygamie et le concubiiu comme formant la pathologie de l'amour et du mariage, Y ceste, le stupre, la pédérastie, l'onanisme et la bestialité seront la tératologie.
Le débordement de tous ces crimes et délits contre le i riage est la cause la plus active de la décadence des soci^ modernes : c'est à cette cause qu'il tw$> rapporter, en d nière analyse, et la lâcheté bourgeoise, et l'imbécillité po] laire,'et l'ineptie républicaine, et la dé(H7ivation de la litté ture, et le despotisme dans le gouvernement.
Tout attentat au mariage et à la famille est une profai tion de la Justice, une trahison envers le peuple et b tib& une insulte à la Révolution.
D. — Comment la philosophie du droit o-tMe été Hhi temps sans comprendre le mariage?
R. — Cest que les philosophes ont toujours cherché le dri dans la religion, et que toute reUgion étant essentielJene idéaliste et erotique, Tamour dans Tâme religieuse est pi» au-dessus de la Justice, et le mariage rabaissé au concubinig*
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