COMMENTAIRE SUR LE PSAUME XVUK
D'après les aocieunes traditions, les premiers qui, à la voii d'initiateurs veuus de plus* loin ou que l'enthousiasme de li Justice avait saisis spontanément, passèrent de la vie sauYif à l'existence civilisée, éprouvèrent de leur conversion une allégresse extraordinaire, et leur admiration de la loi morale le traduisit par des chants, des légendes, des monuments, qœ nous avons peine à comprendre aujourd'Imi. Non que ces âmes, dans leur barbarie naïve, manquassent de sentiments moraui: elles n'en avaient pus conscience; elleç n'avaient pas appris à les exprimer par des maximes; elles ne s'en étaient pas fait une loi, un honneur, une religion.
Ce moment de la psychologie des nations, analogue à celui 4e la formation des langues, de Kinvenlion de l'écriture et des prenûers arts, est une des grandes époques de rhumanité. Plus tard le phénomène se reproduit, mais à de longs inte^ valies et avec une intensité décroissante : aussi est-ce par là (|ue l'histoire des mœurs doit comnïencer, ce qui en forme le point de départ et en montre de loin, comme un ph^re élevé dans la nuit des consciences, la sanction. Des poéàeSi des hymnes, des mythes, jailhrent, en même temps que te l)remières cités , de cette commotion puissante , dont te chantres devinrent avec le temps si vénérables et si célètM Nous n'avons rien de Linus, de Musée, d'Âmphion, dff
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Inconscience à la loi morale ditaitvive^ Tintelligence était faible : dans la condition psychologique du premier fige l'idée de loi impliquait celle de Législateur, la Justice par conséquot conduisait à Dieu. Et ce Dieu, l'Israélite n*y croyait pas 8or la foi de raisonnements philosophiques^ inaccessibles à son eitendement ; il demandait à voir : jusqu'à la naissance du christianisme les classes inférieures parmi les païens pensèrent de même^ n'admettant pas que les dieux fussent in?isible8. Cet état des esprits chez les Hébreux est attesté^ entre autres, par le psaume xyiit^ dont je reporte la date a?ant l'entrée des Hébreux dans la terre promise^ à la formation de leur nationalité^ au moment où^ d'après la Bible elle-même (II Ro», xxi et ailleurs), le Soleil, ou, si Ton aime mieux, le génie du soleil, est le même que Jéhovah.
Ainsi l'exigeait donc la raison concrète du premier âge :dèi lors que la Justice prenait dans sa bouche une forme légét impérative, l'instituteur devait la rapporter à une autorité; en même temps qu'il exprimait le commandement, il était tenu de nommer le commandant. Qu'y a-t-il là dont la transcendance puisse aujourd'hui se prévaloir? Que nous importe à nous, hommes du 19« siècle, que des intelligences d'en fants, incapables de concevoir par voie d'abstraction le rapport des choses, et trompées par le matérialisme de leui langue, confondissent l'idée avec le mot, et, quand on leui présentait une vérité ou un précepte, demandassent aussitôt non pas. Qu'est-ce qui le prouve? mais Qui a parlé? L'essen liel, ici, n'est pas de savoir comment la notion de là loi es ontrée dans la tête de l'Hébreu, mais comment sa conscienc» en a été affectée : le reste est poésie pure et ne sert que pom la montre.
Suivons maintenant la pensée du psalmiste : La loi réciann un auteur; cet auteur est dieu. Quel est ce dieu? Le Soleil., dont le génie s'appelle Jéhovah : tel est le législateur des B^ breux. Et n'allez pas encore une fois vous méprendre sur l« pensée du prophète: quand il atteste le Soleil ou Jého^ali. c'est qu'il entend parler d'un dieu visible, vivant et agissant, non d'un dieu caché derrière le rideau, parlant par une lu-
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k tnduis mot a roui, sur l'nruinal .
I. Lpf cieux dèrouUnt U L'iti^rc liii ihru . Kt le firmament ri^li IViu^P' i!<- m^s mniu^.
z. Ia* jour bouillonne au jour »ii:i vctIh- . La nuit muRIc a la nuit >K*n u\' i*.