‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 39 sur 46 · La relifioD de Jz-hoTth \ntr Établje p'/or \'^\»rti · texte numérisé non relu

La relifioD de Jz-hoTth \ntr Établje p'/or \'^\»rti

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14. Mais qui peut se garantir de l'erreur? Purge-moi de mes fautes secrètes ;

15. Et sauve ton serviteur des impies : Qu'ils ne dominent pas sur moi ;

Qu'ils me laissent, et je serai sans tache.

10. Puisse la parole de ma bouche t'ètre agréable^ Et la pensée de mon cœur s'élever devant ta face, 0 Jéhovah, mon soutieu, mon vengeur !

Comparez cette manière d'apprivoiser des barbares aiee celle de nos missionnaires, qui^ au lieu d'entrer dans leon idées et de se mettre à l'unisson de «leur âme, leur racontent la passion de Jésus-Christ et leur disent la messe... On nous parle de révélation : la vraie révélation^ la voilà^ facile à dégager de la mythologie qui l'enchâsse^ comme la monture d'or enchâsse la pierre précieuse sans s'y mêler et sans la ternir: c'est l'exaltation qui saisit la conscience lorsque pour la première fois elle se trouve en contact avec la notion de Justice, rendue plus attrayante par la forme poétique du précepte.

L'illumination mentale que produisit aux premiers jours de la civilisation renseignement de la Justice est indiquée par Horace dans ces vers :

Sylvestres homincs sacer interpresque Deonim Gœdibus et victu fœdo delerruit Orpheus. Dictus ob hoc lenire tigres rabidosque leones; Dictus et Amphion, Thebanae condilor arcis, Saxa movere sono testudinis et prece blandâ Ducere quo vellet...

Ce n'était pas sans doute le charme de la musique qui attirait les Péiasges farouches auprès d'Orphée et d'Amphion : ils fussent restés sauvages toute leur vie; c'était le charme de? préceptes, qui, tombant dans des âmes vierges mais prêtes à recevoir la semence, devait opérer un entraînement général.

Cicéron est inspiré du même sentiment, quand jl dit que U Loi des douze tables, qu'on faisait apprendre par cœur aux enfants, lui paraît plus belle que tous les poètes et les philosophes*

La moitié des psaumes a été composée dans cet esprit. Cest

toajuuR, comme é^m le xviir, d'aliurd 1 aftinuatiou de Jehorah par rostension matérielle de son être ^Ps. xxtiiu xut. miij Lmi, ciLTij cxLVii',. VieDt ensuite radmiration de la loi (avili et autres) ; puis, de l'admiration de cette loi le palmiste passe à son amour, amour qu'il e\prime en traits brûlants, comme s'il s'agissait dune personne : Taime ta l^yJékocah; fai pour elle une violente amour expression d'Henri IV); Elle m est plus douce q^iv le miel. j>lus j.rccmisr fK tous /es trésors; Je la cherche de tout cuur ; Hien ne réjouit tmlmonàme.etjenecessed'y appliquer ma pensée. (Vs. rvvm, '.10,14. 13, 20, ai, 40, 72, 97, 16:», 1(ks 166, 167.) Se lipuro- («n Lamartine ou Victor Hugo, saisi d'enthousiasme à la 1ertue du Bulletin des lois, chantant les beautés du Code et les dooeeure de la Constitution, disant qu'il aime d'amour Torguisation communale, la loi sur la presse, celle sur l(*s eondamnés politiques; qu'il y trouve un sujet perpétuel d«* 9iditati(m pieuse et d'exercice de vertu? Telle est ponrtiiiit cette poésie primitive, aux sources de laquelle nous aurion*^ tant besoin de retremper la nôtre.

De l'amour de la loi à l'amour du dieu la transition e^t d'antant plus facile qu'au fond le dieu et la loi ne r(»nt cpi'im : Jr l'âme, Jéhovah (Ps. xvii). Cet amour eniliras^^f jiiMjir;!!! temple : faime ton sanctuaire rnayniflque ; rnimn Ir tti-n di twiéjour, et ce m'est une volupté d*y aller, ' Ps. \ x v , m 1 1 , ii* . Heureux donc, heureux ceux qui connaissent «clic loi, t\\n |.i ^tent, et qui aiment Jéhovah! Ils seront rirhc». ht>u*.iis ii unes; ils mourront comblés de jours, au rniliMi d'irtri^rr.hr... Ifc» héritiers. (Ps. I, xxxi, cai, rwvii. tu. A'j »/.f.»r:,.". ^, malédiction et niice à l'impie qui m- '//r<r.:;ï* i,.,^ ;i. lQi,qm la méprise, et qui foule aux ptr-^i» U sr..i^t zW t\ , \,i, , tfFa donnée! Cest une brut/:, uu « 'r*; '//rr'.rr.:,, «* . :•.- *Be, la rouille de l'humanité pa. n ;, ; ::, ' r ', r* : .• l'Bitaie raison, le psaimiste w: UïX rivr«' >? %; .y,-.-; t'.f ,» tliloi; Il accuse sa nature d^pr4%<^^, %:.>. .' A/'^iy^.,** -» ... , iKriiee d'expiation qui calii^r<i .-//f* r*-:,',:-:. • .: y.^v*^ *\' «Me lèpre du péché y%, l . Et r^. r>. »','/ y^. / . ., . ,.i .. . MQhireg de rftme que eetUt Vi\ r^isr.^-i^f,-/ .. ■■,#,*»

facer^ elle est un baume pour les blessures du oceur^uabtih dage qui guérit de toute affliction (Ps* cxlyi).

Aussi quel orgueil chez Tlsraélite quand il se compare aux nations voisines, vivant sans loi^ destituées de sens morale dam une superstition obscène I C'est alors qu'il se dit le privilégié de Jéhovah^ qui l'a nommé son héritier et n'a communiqué qu'à lui ses commandements (Ps. cxlvu).

On a remarqué, non sans étonnement, les imprécations peu charitables que le psalmiste se permet contre les pécheurs, hommes de sang et de péché. On n'a pas fait attention qu'il entend par là les races demeurées dans la barbarie origindle, vivant en dehors de la Justice et de ses lois. Cest de cette espèce qu'il parle lorsqu'il dit : Du ciel Jéhovah a baissé ses regards sur les fils des hommes {anthrâpoïy faces humaines, c'esi4-din les incivilisés), voir s'il en était un parmi eux qui fU le bim et qui cherchât Dieu. Et ailleurs, quand il s'écrie : Ne la tueraS'tu pas^ 6 Dieu, ces impies; ne les tuerc^-tu pas ces orthropophages (viri sanguinum), qui osent prétendre que tu §t en vain fondé nos villes? Je les hais d'une haine cofdiéê (Ps. cxxxviii et cviu, cxxxvi).

L'horreur de la sauvagerie est commune à toute l'antiquité. On en retrouve les vestiges sur les peintures murales de l'aih tique Egypte ; c'est elle qui amena l'extermination des indigènes du Canaan , d'abord par - les Philistins, puis par les Israélites. L'épitliète de barbare, qui chez les Grecs et les Romains exprimait la même pensée, était plus qu'une insulte, c'était un arrêt de servitude, et bien souvent de mort.

Je trouve dans le recueil d'Anacréon une prière, litama^ adressée à Diane par les habitants d'une Tille qu'assiégeaient des barbares; je ne sais si on Ta bien comprise :

Je m'agenouille devant toi, chasseresse,

Blonde fille de Jupiter, souveraine

Des bêtes fauves, ô Artémise !

Viens aujourd'hui sur cet abîme de mort;

Regarde, d'un œil favorable une ville aux gi^errieiB

généreux :

Tu ne protèges pas une horde de sauvages.

m- cBmuuusmt :

£ qiL' Ë flHui i£ miniïirT- l'iHniMifr ommiik' |ifu i^ufr I0F- B-^ L. cauaL*?i- a- : Azesnout . £ qUi eii-

tiBiwmifiif-qufc jiTHEn^jLb raiJiione: nf praiv&iupar OB jasDÊt^ m pruiJiiiFt ^l cuaquf nalicai quimr 1 fflcnis arix ul k. éuL l fflitiiniKÎagnH- : à partÎT stfimBiit itfBiaçrvL. trsssÀanaaasA k pratique df iâ laiôtnâfi, iaiaaii ot îl JusUcê une secoiuk iuduiY% fi^acDanqiiii awt pîiK ck caime. Cq^codant les de âifimlBliaii i£ muliiuliaiu en raisûii in^uio du , la aocâé^ dm -nmiifiii»!; fois rétragraâox <^i k sme s^enqiiarBr peu à peu des conscioiioûs : alors ÉtaU el pamtifiEs sangèrant, en lappdâiil TenUiotH îles andeos jours, à réveOler dans les àmcs lo sûim kflaiUL (Test dans oe bot que furent insUiuik'ii des sdeanilés oommémoratives, fêles» niysi^roHi ns, oérémonies de toute sorte» sacriDouSi pricNitM es, assemblées de Vagùra^ exécutions juilitiitiircifiy unéraiUes, spectacles et triomplios.

irexcitatkm officielle fut doTcmuo itnpuUMttuUii ifence des nations se satisfit ollu-niAtifto , l(iMU>i « odigieuse, par des changomonti» «ici i\\M\% ni tliM l4 18 de cultes, tels que furent lo clirinlMiiiMiM ill rt**

lamisme; tantôt par des associations mystiques, comme celles des Telchines, des initiés d*Ëleusis, des compagnons du tour de France, des charbonniers, bons-cousins, francs-maçons, etc. ; ou bien par des épurations religieuses, comme en essayèrent les Gnostiques, les Albigeois, les Hussites, la Réforme; tantôt enfin par des révolutions ou restaurations politiques^ comme celles de Lycurgue, de Zorobabel, de Solon, de Brutus, et, en dernier lieu, comme la Révolution française. Chacun de ces grands mouvements est une réaction de la conscience universelle contre la corruption qui la gagne, une véritable manifestation de la sanction morale : c'est îiinsi que se produit dans Tâme des peuples le remords.

Or, si nous dégageons l'idée du fait extérieur et delà poésie qui la couvrent, que trouvons-nous?

Que la sanction de la Justice, identique à la Justice même, est, comme celle-ci, immanente si la conscience; que c'est dans la conscience , el nulle part ailleurs , que s'exerce cette sanction ; conséquemment, qu'il est contre toute philosophie , après avoir reconnu la sanction intérieure, de parler encore d'une sanction extérieure, dont le ministre serait Dieu, l'Église ou la société; que ce n'est pas ainsi que l'on doit entendre l'intervention de l'autorité publique dans le règlement de la Justice et la réparation du crime ; mais que , comme la juridiction familiale est le déploiement de la justice individuelle, el la juridiction civique le développement de la juridiction domestique, de même les actes de l'autorité publique, en ce qui touche la répression des crimes et délits, doivent être regardés aussi comme le développement de la sanction interne et la manifestation à sa plus haute puifr sance de la vindicte que la conscience coupable exerce contre elle-même; que ce contre-coup de la conscienct individuelle dans la conscience collective, et jusque dtftf

économie de la nature, vient de la solidarité qui existe, 'une part, entre tous les membres du corps social , de autre entre la société et le système des choses ; qu'ainsi e constitue l'harmonie universelle, dont le dernier mot ist que le juste n'a rien à redouter ni de ses semblables li des forces de la nature, tandis que le coupable a tout Il en craindre; que telle est la loi du progrès, rinfaillibi- Uté de la Justice et la destinée finale de l'univers.

Je reviendrai tout à l'heure sur ces idées ; commençons par assurer notre premier jalon.

Les célébrations de la conscience universelle, voilà donc le seing et le Bceau auquel se reconnaît Tauthenticité de la loi morale ; la joie de l'âme et ses remords, voilà sa sanction pénale. Tout ici se passe au dedans. Cela suffira-t-il pour assurer Tordre au dehors? Le christianisme ne l'a pas cru; quant à nous, génération de 89 et de 93, disons-le bien haut, c*est toute notre garantie, toote notre espérance, et nous li'en voulons pas davantage. Félicité de la Justice, malheur du crime, tel est, en dernière analyse, le pins clair et le plus net d(>s biens que la République sociale promet ù ses élus, Tunique prix qu'elle propose à Thonnnc de bien, la seule barrière qu'elle oppose au coupable : c'est toute lu substance de la Révolution. Oui, il faut, quand mr/nn, être honnête homme pour devenir citoyen de lu Itépablique : y a-t-il là. Monseigneur, de quoi tant crier au matérialisme, au sensualisme, et pensez-vous que les ^pectables intérêts que notre pro))agande ciïraie, et (}ue voire religion protège, se contentassent pour si peu?...

^ Mvetoppenteiit de la HancUon murale danN la famille et la elté t Théorie du droM pénal.

Vous qui, chaque jour de votre vie , donnez une heure Ma lecture de la Bible, avouez, Monseigneur, que vous it*CQ88iez su y découvrir ces merveilles. Dans \ol\^ ^v

tème, la sanction morale part, comme la foudre, du trtee de Dieu ; c'est lui qui, selon son bon plaisir, nous éproure, nous afflige ou nous récompense, en attendant, le.redressement définitif; et c'est par le retrait de sa grftce que, si quelquefois nous sommes épargnés dans le matérid de notre existence, nous manquons rarement d'être atteints dans notre conscience, où le remords nous torture comme . des damnés. Voilà ce que vous enseigne à vous l'Écriture, dont vous prenez chaque mot et chaque phrase ;iu pied de la lettre. Pour moi, au contraire, qui, écartant cette poétique de la Justice, considère celle-ci tout à la fois comme une notion et une faculté, la sanction morale n'est rien de plus que le mouvement de la conscience, joyeuse qua^id nous faisons le bien, triste et malade quand nous nous rendons coupables.- C'est tout ce que me révèle votre Bible; et s'il arrive qu'à la suite du remords une sorte de contre-coup, venant de la société, nous frappe encore, je dis que ce contre-coup résulte de la solidarité qui unit tous les hommes dans une conscience com*

munc.

Ainsi , les mêmes textes dont vous pensez vous servir

pour élablir votre divine sanction , je les retourne contre

vous, comme un général retourne contre l'ennemi Farlil-

lerie qu'il lui a prise : tel est encore ce verset du psaume ex,

. que vous chantez à vêpres tous les dimanches :

Confitebor ttbi, DominSy in toto corde meo, In concilio justorum et congregatione ; Je te louerai, Seigneur, de tout mon cœur, Dans la réunion des justes, et dans rassemblée.

11 faut, direz-vous, être possédé du démon de la dispute pour chercher chicane à l'Église sur cet inoffensif verset. Que peut-il y avoir là d'inquiétant pour la théologie, soit dogmatique, soit morale?

- Si6 —

roiià, i<|ioiidrii^, ce quo c'eU que de ?oir Uni* et choses ptr lei lunelles de la foi» quand il serait s de les considérer à l'œil nu du sens commun, larquez» Monseigneur» que le moi de l'original» 1 Vulgale traduit |Mir eaneiliOf signifie proprement : il s'agit d'une confrérie de puritains; le moi par eamgregaiione indique la multitude, Tassemu peuple.

ore une idée dont les psaumes sont pleins. Oies les •ns particulières, ôtez l'assemblée générale, et la xnme une statue dont le piédestal se dérobe, tombe rceaux ; la société jéhovique s'évanouit. Abolissez nfessions solenncllt*s et |»ériodiques ; ces clumts à on, ces synagogues, tous ces moyens d'excitation nte, et le prépuce repousse aux circoncis; cette loi :e, si pure, si attrayante, disparait comme un rêve : la sent plus, on ne la reconnaît pas; elle a perdu ction. £n deux mots, |ioint de conscience sociale, de consciena^ individu(*lle : telle est la pensée du ste.

z nous , la discipline est auln* : les réunions de e vingt iiorsonuf^H sont interdites; les sociétés sepunies de la lians|x>rta(ion; au temple, à l'église, re paile seul devant un public silencieux, citant . ble qu'il ne comprend |>as, ou récitant, soit en latin, I langue viilgaiiv, des pricTes qu'il comprend en- Qoins. D'ailleurs, la Siparation du teni|)orcl et du ici ùtant aux clios4's du culte la réalité et la vie, le ) ne trouve à l'église que le sommeil et l'ennui, avons bien encore des séances académiques, des es agricoles, des assiinblées d'actionnaires, des s musicales, des spectacles; mais on a soin d'en cher tout ce qui en ferait la moralité et le cliamie, , le rap|>orl qui existe entre la littérature, les

intérêts» les sciences, Ie3 arts, et la chose publique, réservée tout entière au gouvernement. Aussi la tris tesse règne partout : dans un pays qui compte 1,000 i 1,200 hïibitants par lieue carrée, et dand une capital de 1,300,000 âmes, nous vivons comme des moines qo assistent à Toffice chacun dans sa stalle ; Paris cetb fourmilière humaine, est une prison cellulaire.

Qui sert le mieux la morale, de ce vieux jéhovisme in compris, x)u du régime policier qu'y a substitué le christianisme?

Mais la poésie des psaumes ne nous a livré qu'un fait brut : à nous d'en dégager la raison; nous en tirerons ensuite les conséquences.

La Justice est plus grande que le moi ; elle ne vit pas solitaire; elle suppose une réciprocité, conséquemment elle appelle dans son organisme une dualité, qn bientôt se multipliant à l'infini engendre la famille, la tribu, la cité, finalement enveloppe tout le genre humain.

Le mariage, la famille, la cité, l'humanité ont donc pour effet de créer entre les individus qui en font partie une conscience commune : d'où il résulte que la vertu et le vice dont souffre chaque sujet humain ayant en même temps des racines dans la collectivité, les membres de cette collectivité sont tous, du plus au moins, solidaires. Là est, comme on verra tout à Theure, le principe de la juridiction paternelle, et postérieurement de toute institution pénale.

Arrêtons-nous d'abord à la famille.

Tout acte de vertu accompli par un des nôtres nons enorgueillit comme si nous avions eu part à l'accomplissement; tout crime ou délit commis par celui qui nous est proche, nous pénètre de honte et de chagrin. Eo vain Von essaierait de mer cette solidarité : elle subsiste, et

— 5ir —

e fût en phis paissant que tous les aaf4ii9nies. Cesl Taprâ oe principe que sVuit tHaLlie jadis la confltca- Mo« ^i eoTeloppait dans le châtiment toute la famille hi eoapable« et que s'esen aienl ces imisrriptions afheofet qui s'élendaient à toute une parenté, asi-endantc, lewendanlc et collat«^ral«>. Ort'is. jo li>u«* la Hvvohition faroir fait de la personnalité de la piMfii* un axiome do droit: il y a bien as^^ei |KNir un liU, un ih'to, un friTo, de la désolation de son oiMir ri du dêshcmntun dt> son nom, ans qu'il doive n-|X)ndre rncore, |var rorps vi par liions, d'an crime dont sa main est innocente. Mais n'ost-re pu désor{!aniser la Justio* i*t tuer la momie, que de nier cette solidarité de famille, sans laquelle la Justice le dessécherait hientùt dan*» rindiviilualiNHu*, ot qui ea dernière analysi* f.iit touto la Irptiniité de la répression?

Ce que nous venon> «robser\tr il.uis la l.imillf exi<te, quoique à un moindre d*'gré, dans la tribu, tians la cité, dans la cor)K)ratinn , dans h* |>;uti, ()an>i la i..ilif»ii : ji D'en citerai {Kiur K* nnimoiil d'autri* pinnc qm* la ^«llldirité d'intérêts qui ^ln^tilui• tfiuU*^ ces culli-f ti\iié<, et hs passions, préju^'é^^, entrain' liiciit*^, qu cil** <'n^f*n>ln?. Qui ditsolidarit«'(rinti'Ti''t<^ ilit riéc*>^Mir«'ni«'rit ronwi* uncommune, et dans um'Uie^iiP* \arialilf ^oliilaritf'- d«: Im« n ctdenial. Il n'y a ii'i*, aiiiinml'lnii, il«r \érilé ps\rh'jhi. gique plus m«!'Connuc, j«f li.> i<f unnai^; il n') *:u a (a- •!■ plus certain^-.

fh", le f /elle, |'rn\»rju»'- pai ii naUiro lorffjpj-' iffl- «t. iiléalistc de l'hommo. a--!»-::'* rirn':; un*; f«ii: rofli«;l^ ilt/.*nd à s'établir *:u ImIuIu'I'-: p.jr riiïi.itU'l'-» «i ':f.''i!i *. lune aprtTï V^'A:- lo-j*'-* ''-s p^ji vinr^:-. •:• l ♦rir':, ^*: U.\j. sorte qu'un pr-rM* r •. : •.•"*: i: • *i •. ;". jt'- j-^f.'>f.'. u**:,» Wtuet exf>ur;:^. '!•:•. '.•. .•".. ..:..■ rr.-::/. :■ :• ": '"-''. :• i- (ieurs autr^ :<•:•' n ! ' 4 r:^ y'.tsKi\%r. • i •: , * *V. < :. » u^x. m .

à elle-mèmciy devient à son tour un foyer d*înfection pôui celles qui rapprochent.

Pour conjurer ce péril, la société possède deux moyens: to développer le sens moral dans chacun de ses membre: parles excitations puissantes de la conscience coUectÎTe: je n'insisterai pas davantage sur ce sujet; S** exiger la ré* paration des crimes et délits. En quoi consiste cette réparation, à quelle condition et à quel titre la société peutelle la demander : c'est ce que nous avons à voir.

La société a-t-elle le droit de punir?

Les philosophes bataillent, et le problème est encore à résoudre.

Tandis que TÉglise invoque le droit divin, c'est-à-dire le mandat reçu par elle de guérir les âmes, et, s'il y a lieu, d'exécuter les corps des contempteurs de la loi, les soi-disant rationalistes allèguent, les uns la légitime défense, les autres le talion ou la vengeance, ceux-ci la nécessité de l'exemple, ceux-là, qu'on pourrait appeler semi-théologiens, la salubrité mentale et le bien des coupables. M. Oudot, le dernier venu de ces semi-théologiens, adoptant les idées de Platon, Grotius, LeibniU, Bossuet, auxquels se joignent MM. Cousin, Jules Simon et Jean Reynaud, s'exprime en ces termes :

« Toute créature qui dévie se blesse elle-même. L'auteur d'une infraction à l'ordre a reculé dans la voie de son perfectionnement; il a diminué en lui la possibilité de collaborer au bien commun. 11 faut qu'il regagne le temps perdu. Il faut uo contrepoids aux premières influences de l'habitude fâcheuse qu'il tend à contracter. Ce contrepoids, c'est la punition... ï

Voilà ce que l'auteur de Conscience et Science a trouvé de plus probable sur le Droit de punir; cela dit, il passe à l'ap plication, comme s'il ne s'agissait que de dresser la potence

K*imMinBr bk qat fms ■- k^uùa <n st» iiiAtar» va

icnhé et doit fe s^ ea I%£i£; ^'jÉLnsk i» j^su^siii oMigrtîoM^ moas cszveiiiççie KaLaen» fcoi: <:àjcuifc enoospar le Detus, ^c^î o^ ôev^cr ik vÀf^tuntQ irv«i l'égard de ■» sfitÉiiTiin qs'eQ <« icss^ 4v:^hi$ ^cuc VHiDiis de lev câié aa HSK ôeroti envers u IKvuuwl'. D'où il fldt : 1» qat le drc4t de {«lùr ^mf $ jurro^e U ^^ciélé, droil qm se ccoTirtit pnor le ccupib^e m iwl boir et même en on drost mtlif. stkm Texpressàcu 4u dTani proCeaseor, ne penl s aeroer lêsitimemeRl qu Jiu- ^t qœ le dâinqnant est en communauté de toiî rein ^se aTcc la sociélé qui punit, ce qui reTtent à dir^, |ttaatqu*fl adhère à la thème de M. Oudot; ^ qu a\aut ^Jifliger la punition, on a êubli dèmonstraUvemeal » ^ en s'appuyant sur une révélalion ^xxsitivo. qu die luit ftrtie du droit di^in, et cooséquemment du devoir hu« ^ : ce que n'a pas fait M. Oudot, ce que même, malgré t bonue volonté, il n'oserait entreprendre. Dans l'état où se trouTe aujourd'hui la question, il n y pas un assassin qui ne puisse dire à ses juges : « Jo no rois ni à votre Dieu ni à votre société, dans laquelle jo * 'ai pas reçu ma part. Je rejette votre code, et je vous scuse, vous, votre police et vos bourreaux. Il n*y a rien e commun entre vous et moi ; et quand môme j'aduiot- !^is avec vous l'existence d'un lien juridique entre les ommes, vous n^auriez pas de quoi établir l'autorité quo ous vous attribuez sur ma personne. Vous n'avez pas lo 'roit de me frapper, pas le droit de me blâmer, pas lo 'roit de m'accuser, pas même le droit de m' interroger; 'Ima conscience, puisque vous parlez de conscicncpi ao Ifrobe à toutes vos atteintes. J'ai tué un homme, c*OHi ^ible; j'étais en guerre avec lui, comme je lo suis à ^te heure avec vous» comme vous l'ùtcs tous les tUM

avec les aulres. Vous voilà réunis contre moi » et vou avez la force : usez-en, si cela vous plaît, comme j'en a usé moi-même. Mais pas d^hypocrisie, surtout pas d'm trage : je méprise, autant que vos châtiments, votn Justice et votre blâme. »

N'est-il pas triste de voir des professeurs de droit et A morale, des philosophes qui parlent au nom de la LiberU et de la Révolution, en revenir, sur cette question du droit pénal, à quoi, grand Dieu ! à la théorie du purgatoire et des indulgences? et cela, parce qu*ils ne veulent pas admettre Timmanence de la Justice, parce que celte Justice est toujours pour eux un commandement du dehors, l'ordre d'un Souverain invisible, qui nous récompense, nous expie, nous damne, selon son plaisir, el au nom duquel l'Église ou la société, comme le fameoi M. Purgon, prétend nous expier à son tour, pour sofl bien et pour le nôlr^. Clysterium donare^ ensuita purgarit postea seignare, et repurgare, reseignare^ reclysterizarel voilà la théorie de nos moralistes. Il faut que la conscience du genre humain soit robuste pour résister à tant d'ineptie. Et comme les malheureux que nous faisons expurger, pour leur bien, par des geôliers et gardeschioiirmo, doiventnous siffler!

Los théories proposées pour rexplicalioii des lois pénales contiennent toutes cependant un peu de vrai : par* tout on a admis la légitimité de la défense, même contre le malfaiteur enchaîné; partout on a voulu que la peine lïit proportionnée au crime, ce qui a fait imaginer le talion; partout, enfin, on a désiré que le châtiment servtt comme de remède à Tàme du coupable, et l'on en a attendu de salutaires effets pour ceux que le mauvais exemple skth rait pu écarter du 'droit chemin. La défense de la société

1^ Il MMMlnHHliié éê là répanlloa. le rnlwir ptikà k iwrt«> la |>fféttf fUio» àm BOBielMiM tait CM 6il fiiiOMMUep UmI ctift 6il léfitiiiie« fN le «liltafBl, k fmiihm. k yitet, précké qee k cri»ieelirte etneie evee k plot d'aoMMr, îDe éeifUr eoHoe iajarien à k penooM, et i mémûmUmMtéê k taitice.

I éome m diflldk de cwDprendrg que k ir^ii de MBprnlé à k tjnMiqoe do monde pnniitir« eM itndklkB diM les termet, ei n*a pet piin de réek inU iê mal fètrêf Le unctioii morek, qo*oo lée elMifemeat per k moi peine ^ ctl vn fail de •ee«rkadepliit,riendêmonif; faK dont k pro* ert tonte ipontenée^ ci qui cooiifte notemflMnti conpebk icpentant, en nne donleur réclk, lénllei Nds; mek bii qne k toôété eii kapuiiiente à fere dane k comcMnee qoi %*j refnte , ci qu'elle snpebk de rappléer par de» injnrei ei de» eonpt. ?ioe exercé sur k pervonne du rriroind ne peut e en lui que de rindijrnation ei par contre-coup lorcissemcoi : ce n*rftt pat en rendant k mal pour qu'on se réconcilie avec un ennemi , i plut forte pi'on ramène un 8Ci*lérat à la Yertu.

5 réparation d'un crime ou délit* pour être ratioiinste, cfDcace, doit avoir <*n soi une valeur miiraki; il faut qu'elle profite à la conscience sociale auplus que le crime ou délit lui a causé de scandale ; plus le pénitent obtienne lui-même , par ses œutisfactoiret » autant de contidération que ta faute I fait perdre» en autres termes, que sa réparation même temps pour lui une réhabilitation. Hors de ëparation est illusoire ; elle ne fera qu'aggraver le hever la démoralisation d'une conscience malsaine, ui est pit, inoculer la maladie au corps social.

Or, est-ce là ce qu'on a entendu jusqu'ici par réparalîon? S'est-on occupé de faire rendre au criminel, en actes de justice et de dévouement, la somme de mérites dont il i privé la communauté par son forfait? Non : on a procédé à son égard par la conGscation, la prison, les coups, U torture, la mort, l'infamie; on l'a fustigé, mis au secret, gêné, affamé, mutilé, fleurdelisé, brûlé, roué, penda, guillotiné. On s'est vengée enfin; on a massacré le prisonnier, et l'on a pris cette vendetta ^ un fait de guerre, pour une satisfaction. C'est ce qu'on a appelé payement et recouvrement du crime, exèolvere^ repeiere pomatf payement qui laisse naturellement subsister la coulpe, et, au lieu de réhabiliter le patient, ajoute à son indignité. Dans notre système pénal, admirez ceci, on ne réhabilite que les innocents! Ou bien, la superstition prenant la place de la vengeance, on a employé les lottrations ; on a confessé le pécheur , on l'a baptisé, purifié, absous, comme Hercule demandant aux purificateurs d'Ëlcusis l'acquittement de ses brigandages ; on lui a fai( réciter des prières, porter des reliques, gagner des indulgences : la moitié des offrandes et des sacrifices qui se faisaient dans le temple de Jérusalem n'avaient pas d^aulrc but que de racheter du péché, pro peeeato; et chez les anciens Romains le mois de février, febntariusj dcfebruare^ expier, était consacré tout entier à ces expiations. C'est de là que nous est venue la Chandeleur. Bref, on a sévi, au physique et au moral, contre la personne du coupable; on a châtié l'homme comme on animal vicieux et indocile; on Ta humilié et honni : c'eit ce que l'on appelle aujourd'hui Droit sanctionnateur, et à quoi de graves professeurs, les plus gens de bien dei mortels, suent sang et eau à trouver des raisons philosophiques.

Autre méprise, encore plus grave. La satisfaction t

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et je me confessei'ai àmon tour; amendez-vons, et je suis prêt h satisfaire. >

La théorie du droit sanctionnel peut donc se ramener aux propositions suivantes :

1 . La Justice est immanente à Thumanité > c*est-à-dire une faculté de Tâme humaine ;

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