CHAPITRE IV
Home et les empereurs.
Dans Torigine» le peuple romain ne se distingue par aucune qualité éminente : il n*a pour lui ni la beauté, ni la slature, ni la noblesse, ni le génie. Une lingue rude et hérissée, de grossières légendes, nulle poésie, point de science, point d'art, point de mythes : lacune nation ne parait plus dépourvue de gràce et didéal.
Les traits de sa rustique ignorance éclatent à chacun de ses triomphes, dans la guerre contre Pyrrhus, dans les |oerrcs,puniques, au sac de Gorinthc.
Ses institutions, ses lois, ses dieux, rien chez lui n*est imiigène. 11 lire tout du dehors : il est Sabin, Étrusque, Grec, Phrygien, Carthaginois; il est tout le monde, hors kii-mème. De son fonds laboureur, mangeu^ de légumes, reconnaissant de noblesse que celle de la fève, du haricot, du pois chiche et de la lentille. Sait-il la guerre mieux que les Grecs? Non, certes. Est-il plus brave que K8 voisins, les Volsques, les Samnites, les Gaulois? Non, ncore. Qu*a donc pour lui ce peuple qui, dès le jour où Komnlus pose la première pierre de sa ville, se croit préftré de Jupiter?
Que signifiait le mythe de Pallaset Neptune se dispotafll riionneur de nommer la ville athénienne? La concarrefiec de deux facultés idéalisées, sur lesquelles reposait toal l'cdifice cittique, l'industrie et la marine. Que représentai le bœuf égyptien, le veau d'or de Samarie, le bélio de Jérusalem? Encore un idéal, ici l'idéal de la vie pasto raie, là l'idéal de la vie agricole. Qu'était le messianisQU juif? L'idéal du despotisme oriental, soumettant au proS d'une race toutes les nations de la terre. Jéhovah loi même n'est pas le droit; il est, Te christianisme et I mahométisme l'ont prouvé, il est la théocratie. Le peuples qui environnent Israël ne sont p^s dignes d baiser l'escabeau de Jéhovah, tant cet idéalisme est U roce, tant le Juif est éloigné de concevoir la JusUa Quand arrivent les Romains, Jéhovah s'incline (I Mac CAB., VIII); le successeur d'Àaron imploreja protection d préteur; la législation du Sinaî s'efTace devant celle d Capitole.
Sera-ce la Gaule, par hasard, qui arrêtera l'essor d( conquérants italiques?
Hélas ! depuis Brennus, la Gaule n'a pas plus appris droit que la guerre. Turbulent, vaniteux, admirateur < la force et du clinquant, fou de gloriole, ce que demam lo Gaulois n'est pas même de la Justice, c'est un cou mandant. Dès avant César, plusieurs révolutions avaîe labouré la Transalpine : sacerdoce, noblesse, démocrati tout était use; Tidéal même de la patrie gauloise éti éteint. Rome, par sa puissante notion du droit, avait opé la centralisation de Tïtalie ; la Gaule, cherchant son uni politique, n'aboutissait qu'à une stérile agitation : elle laissait ipsulter par les Germains. Lorsque César se pr senla, il n'eut que la peine d'opposer les uns aux auti ces intérêts antagoniques, en jetant dans le plateau i i;3vincible épce. La Gaule divisée fut vaincue par ell
mjdie; le Romain met ordre à son droit : il fait son testament.
Avec cet esprit juridique^ les armes de Rome sont partout triomphantes : elles eussent vaincu, au moyen ftge, foasLx)uis XIV» nos baïonnettes chrétiennes^ comme elles vainquirent la cavalerie numide, la phalange macédonienne, la marine carthaginoise et les éléphants d*Antiochus. Elles n'eussent plié que devant les armées de la République, combattant pour un droit supérieur.
Au dehors, avec ses voisins, ses ennemis, ses alliés» fies sujets, Rome ne parle que le droit. Bfalgré tant de perGdies et nie spoliations, ce langage impose; il n*a pas jon pareil sur la terre. La parole de Rome fait taire toute (ande, comme son épée brise toute épée. 1^ révolte no tient nulle part, ni en Gaule, ni en Espagne, ni en Arrifie, ni en Judée. Il semble aux peuples vaincus que le Kloor à Tautonomie serait pour eux une rétro^^dation Jans la Justice: ils n'en veulent pas. Le patriotisme s*indfaie devant rimage étrangère du droit. Tout imparfaite que la fît Rome, Téquation de la liberté, présentée par de, parait supérieure à la nationalité même, supérieure ila patrie, traitée partout d*ennemie du peuple, d*aristocrale. Erreur fatale, qui devait aboutir à la ruine du monde tncien, mais qui témoigne singulièrement de l'attrait des Imes pour la Justice. Sans liberté, sans nationalité, la Inlioe n'est plus qu*un mot : nous le verrons tout à rhMire.
Rome devînt souveraine par sa faculté de juridiction : eda devait être. Les races que rencontrèrent «^rs légions étaient gouvernées par l'idéalisme; là, rimagination tenant lieu de conscience, la Justice restait sans force. I^ Ingiie nommait le droit; le cii^ur ne le c^>mpren;)ît fjds. Qn^étoicol les eoDstitntioEà d'un Minos, d'un Lycnrgne, ilna Pvllngofe, d'un PlaUn? tn idéal coammiaiiiVwe.
aussi recueil de sa puissance. Saura-l-elle comprendra la parole de son prophète : Souviens-toi, Romain, que ton métier est de gouverner les nations par le droit, et do leur imposer les mœurs de la paix? TÛ regm imperio populos. Romane^ memmio;,.. paeisque imp(h neremorem.
Ici apparaît dans son éclat une vérité encore peu comprise.
Au fond, et quelque étalage que Rome fit de son niveau plébéien, du droit de cité qu'elle offrait aux peuples, de la paix que promettait aux intérêts le colosse impérial, la conquête du monde était une épouvantable injustice. Il n*y a pas de nation sans nationalité : Tobservation la prouve tous les jours, et c^est une des lois les mieol démontrées de Téconomio sociale. De même que Tétit particulier se forme de l'agglomération de groupes in* dqstriels et de circonscriptions territoriales, unis par na contrai de mutualité et balancés les uns par les autres; de même la catholicité des peuples se compose d'ctati unis par un lien fcdératif, conformément à la loi de Justice commutativc qui fait la base de tous les états.
Or, à présent que le pouvoir impérial, soutenu par U plèbe latine et les nations vaincues, s'était élevé sur les ruines de la puissance patricienne, qu'allait-il faire pour Tordre du monde? Comment entendrait-il le gouvernement de tant de peuples divers, qui l'avaient appuyé dans l'espoir d'un adoucissement à leur servitude in« digène?
Le plan des empereurs, aujourd'hui parfaitement expli* que, était séduisant :
Communication progressive du droit de cité aux nations vaincues ;
I^ sénat composé de toutes les notabilités romaines et prc vinciales;
âdminioD dt tout' les nijets de rempire aiii honneun^ jus» ptes et y compris la dignité de césar;
Conserration des mœurs^ institutioDS, religions et magistntures locales, autant qu'il se pouvait sans gêner l'actioa eoitrale;
Centralisation administrative;
Émancipation progressive des esclaves;
Recrutement de l'armée dans toutes les provinces;
Égalité de touis les sujets de l'empire devant le fisc;
Réforme des mœurs, restauration de l'agriculture^ reconilmction des villes détruites;
Uée d'une législation universelle^ d'une Justice uniforme, propagée et développée par l'édit prétorien sous les noms SUit per^tuel, droit commun^ droit naturel, droit équitable, et finalement consacrée sous Justinien par l'abolition du droit ffiiritaire, déclaré par Tempereur inutile et dépourvu de sens.
Voilà ce qui entraîna les esprits et qui fit tomber toutos h résistances; ce que, près d'un siècle avant César, tnûent prévu et préparé de longue main les Gracques; oq foe promirent tour à tour les Drusus, les Saturninus, les Harius, les Sertorius» les Catilina» et qui rendit inévitable b défaite du parti patricien.
Eh bien I je dis que ce système d'unité, qui fait, aujourfhui encore, illusion aux meilleurs esprits, était radica* boent faux et monitrueusemont inique; je dis que, la tone républicaine ayant commencé la destruction du sonde par la victoire, la Rome impériale, avec son organisation artificielle, allait Tachevep par le despotisme.
Qu'était-ce, en dernière analyse, que cette organisakm, fardée de libéralisme, des empereurs ? La destrucion de toute force vive, de tout sentiment patriotique, de OQie initiative locale, de toute indépendance, de toute )riginalité, de toute vie propre, parmi les nations. A part les réformes et améliorations de détail, sur lesquelles De poi^ pas la caritique, RomOt si elle voulait la salut du
monde, n'avait réellement à faire qu'une chose :e*èl|i de réorganiser toutes ces nationalités subjuguées, lil créant une sorte de balance politique, et se posant «QÎf même comme le représentant armé de la confédérall|| universelle. ^
Tant que la république avait pu, comme les rois, traÉ| porter au sein de Rome les populations soumises; ufi que du moins Tagglomération n'allait pas au delà *^ rayon de vingt-cinq ou trente lieues, l'assimilation possible. C'est ainsi que tout Russe qui vient vivre à devient Parisien, et que tout Parisien qui va s'établii Pétersbourg devient Russe.
Mais du moment que l'incorporation embrassait vastes territoires; qu'après avoir absorbé Fltalie, s'étendait aux pays d'outre-mer, d'au delà des et des Alpes, la communication du droit de cité se sait à un pur artifice de Tautocratie impériale : cV l'extinction systématique, au physique et au moral, tout état, de toute société, de toute nation, Rome prise ; c'était la désorganisation du genre humain.
Il n'y eut pas jusqu*au^remplacement de ce vieux uni des Quirites par le droit prétorien, en tout ce qui touèU la propriété, les contrats, la puissance paternelle et n^ ritale, qui ne fût un véritable piège pour la liberté des ii| tiens. Comment a-t-on pu le méconnaître? L'absoluUs^i quiritaire était l'expression de la famille, de la gens^ del clientèle, tout un système de rapports sociaux, politique et économiques, consacrés par la religion. Maintenante n'y a plus d'ordres dans l'État, plus de patronage, pl^ de genSf plus de famille, plus même de mariage; ilv reste que l'absolutisme propriétaire, individuel, sous 1*4 solutisme de l'empereur...
On ne transige pas avec le droit; et le premier él droits, condition absolue de vie pour toute nation, çfé
en un homme. Quel est cet homme? qu*estroe que V
pereur?... .
L'emperepri regardez-y de près, n'est autre chose qcM la réalisation du vieil idéal romain, politique, religieux militaire, jadis à peine entrevu à l'heure iK)lei)nelle dai grands triomphes, maintenant visible à toute hcurQ fonctionnant en permanence, dans la plénitude do stt attributs.
C'est le dictateur, l'homme dont la parole fait le droil dictitans jus^ pour le noble comme pour le prolétaire, fl que ses soldats ont acclamé Imperator après la victoire Seulement, tandis qu'autrefois le dictateur, créé pour un mission exceptionnelle et temporaire, n'était que le mi nisire armé du droit, V Imperator va devenir, par la perpé tuité et l'universalité du pouvoir, auteur du droit, comqi Dieu même. Tel fut le changement apporté dans l'inat tulion. On avait combattu, pendant cinq siècles, par 1 dictature; on voulait gouverner, vivre, jouir, par ladictl turc : voilà l'empire.
C'est ainsi qu'à I'Idée qui jadis avait gouverné la répq bliquc fut substitué, par l'idoloplasUe populaire, Yldé$ impérial.
L'empereur est le peuple, dans sa souveraineté, diun ses plaisirs, dans ses combats, dans ses triomphes.
Le peuple romain sent sa liberté en la personne de soi empereur, comme le moujik sent la sienne en la personB du tsar. Ceux qui combattent à Pharsale sous le drapei de César le disent avec ivresse : C'est pour la liberté qa nous sommes avec toi, ut vindicemus nos in libertainÊ César siège sur son tribunal : c'est la raison, c'est 1 droit , c'est la religion des ancêtres qui parle par. i bouche. Qui jamais affecta plus de respect pour les vie]
o^ le» foniias jinuiiniHS' niu Hùttin.* ^l^iur. jrumr^
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GBtaih. iamaifr iniarsuiuiiL m J'uusu. ummi» iiuiutr-A. ■slit piMiij.9iiiitiBiiie. luwisiaiiniif! mis '>^ii!nuK<a^«auaii; ^ eeUe (b L'emmamir. Ifl TiiiaiiiiuiL la h jgimrimM raHiK. Xû la oauma sraainuf m s tmv^nrm vm vm MiilrCt dis ÇK^aiinrâ. x-flooilc i. tf. iimat ol umiL Itbl
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Après Jules César, qui reste le maître de tous c modèle* la liste des empereurs compte certes plus c héros. Quels hommes, abstraction faite de la diversité leurs Fortunes, qu*un Yespasien, un Trajan, un Adr un Antonin, un Harc-Aurèle, un Septime-Sévère, Dèce, un ,Yalérien, un Aurélien, un Probus, un Cai un Dioclétien, un Constantin, un Yalentinieu, un Tt dosel... Toujours à cheval, parcourant l'empire d' extrémité à l'autre, goûtant à peine une heure de c paix dont ils faisaient jouir les peuples : vrais cons vrais magistrats, vrais Romains !... Les républiques n pas d'hqmmes que Thistoiro élève au-dessus d'eux.
Mai$, parce qu'ils sont la personnification d'un h suranné; parce que leur autocratie, inventée poui guerre, est inconciliable avec le droit, seul principe c subsistent' les États, ils succombent tous à la tâche, découragement les gagne : ils n'ont pas même foi leur rôle. Auguste, Yespasien, Antonin le Pieux, vi^ et meurent en sceptiques ; Trajan périt de fatigue ê désespoir; Marc-Aurèle se réfugie dans le stoïcisi Septime-Sévère s'écrie sur son lit de mort : J^ai été t et rien ne sert! Aurélien méprise la plèbe et fuit Roi Probus rêve la fin du prétorianisme, le désarmement néral et le retour à la république ; Constantin ab, Rome, ses lois, ses dieux, et se fait chrétien!... Or, qa le trouble saisit les forts, quelle pourrait être la pei des lâches et de la marmaille?
L'empire, fondé par l'idéalisme, aux prises avec la lité, présentait un problème insoluble. Ce n'était pas' que de donner à la plèbe l'annone et les jeux; il fa faire justice aux provinces, accorder chaque jour aufl quelque nouveau privilège, étendre l'immunité c* réparer sans cesse, par les affranchissements, h de la population libre; il fallait, bon gré mal gvi
(Z en^BMes (Tone a4ixiicuantjr« mv^imen, sur* rcgalité dprant U lu. » U ^.-.f ^ ^if 'v»^ «t iloires : U>oU»» rh«--*** :ei:«-v-w1 •*-• !-*••••• ■ ^. 't^
m était CatK"^. sMl.-nU?- z,\r !«••. d .vv--.* r nlear adaiini?trali>v: i*T*rj*— .. ^ii.-— h-- ••!••%. tiasmk, dès k-rç *tj t'-V* i •. •■.*".»'* j * -!ifiiH!i* *-i Mqui tnTiilUkef!* i'#tr:ii*« \v;,-.'» •' f- vv.'x»l roaint^ctr IVqj. t* v- l :*• :t«.-*ii. »• «r emps. C«x-li *i '•»-:••-* . j*-» i.--- •■• tir. vu; imer, à des d-jr^^ *'. •• «j» 'j- i->-v : ••—• é de leur n>î*. tat .à >•:••» ^4 • -r -•• i- • «vi ivalioo par W* /rtîr*^. •— i-." ■ t ••■■n •• •■• •• •-.•.e, l'imitation :-•«• ri*- •^ r* .*' •' »- ■« •■"•*^ iste, nuljrt^ Ij •:=-: • .• iT-- •.— :.♦ - 1 «••- .»;• .u We*f«r:t. 1 :''-^j: ♦ r i.: ...•:•■• ■! •.!•«••.• -• ' rotme la ^-* t»îir 'i: ' :.■ «h.- ..-î . . »• ' ■ • «i te, dtT:liriiV'-.'. ^^-;- -*•::• « :*• :" "•'" • ' ■ perd v*j^*;vTOr-i". ••:•■■•• > -i- >'
15 «O'jf^r-. >T.- : :.: - . . - .. !
là, multipliant les empereurs, multiplie sur le mondée despotisme; Constantin détruit les gardes prétorienbefi et change la religion.
Et voilà ce qui fait le crime de Pompée, de Grassus, da César, d'Antoine, de Lépide, d'Octave, de tou9 ceux qiû concoururent à la formation du Tempire ; ce qui fait en revanche la gloire de Caton et la justification de Brutu8« Le vieux parti patricien aurait-il mieux répondu que celui des césars aux nécessités de la situation? Je l'ignore, Ct qui est sûr, du moins, c'est que ce parti a succombé en combattant Tempire : or, l'empire n'était pas seulemeni la fui de la république ; c'était la mort de la patrie romaine et de toute nationalité, par la négation générale du droit de patrie et de toute liberté latine et humaine.
Pour éclairer cette question encore neuve, qu'on mi permette de reproduire, d'après mes lectures, quelques* uns de ces types impériaux, choisis parmi les moins cpiQ pris de l'histoire.
XXXlIf
Extraits de ^histoire des empereurs.
ÉLAGABAL.
L'an 218, l'empereur M^crin^ qui s'était élevé à la pourpn par le meurtre de Caracalla, venait d'être défait par Artabaiij roi des Parthes, et forcé d'acheter la paix. A un chef de préto* riens ^ soupçonné de velléités réformistes^ accusé d'assassiml et d'usurpation, la défaite était impardonnable. La porte epl ouverte aux intrigues : les soldats, séduits par Mœsa, soem de l'impératrice Julie , veuve de Septime-Sévère , proclamcul empereur le jeune Bassien, surnommé Élagabal (dieu de 11 Montagne ou Dieu-donné), âgé de dix-sept ans, cru bâtard de Caracalla, et qui exerçait les fonctions de prêtre du Soleil. à Kmèse. Peu de temps après, 6 juin, les deux compétî* tcurs se rencontrent; Mncrin, abandonné par ^ une parA de ses troupes, est défait par le parti d'Ëlagabal, qui n'efl
■BifK k $ttVKimémMa dcnudat» ktinri 4 N I» pn^ip» ^0 lui «Tûl aiirilMéa Cu.c WifmmttHnn 4e protiaccs rafinrat de recoauti
JTi^fcil 1 k* nom fkmrui il'Aotuain H b. IB'liMta le JcuiN empereur tnotapbeiil de (oulea k. ■nt»; tM K-*»lt& Ktti mis A Dori.
i«|a'kl, fin fui Nrte ilc» dono^H ordinairf • do wrt EtacabaJ «va U t>ourpruf ijueWe inl T Uoel c»t MO carncb^ni deviDl la [w éliil petil-ocMu de Julie la SjTieniw, f ^fil, adgante à Uxàirt !«■ i-unotiliè» rrliFteiuea «h VI Séftn antt ^(hhikc |iat unutir, eD dépil de Fi Hw cufiBin dei ItaouîM piwr toi èiniifèraK. aik Julie int 4e> Oég^tn, an Birit^^- «|nl de wpenii iwnM, moBU fur le iràiH, il la tempe d« la h tt|n du pwtliciiHHe. Afoi pifUrtn de CwMaUi tÏK d'Etegabal, »U pnu , wil déioUoD, Iw la (empli! dXtuiet. C . -ioH i|u'su riujpl ^ , ¥i U RévolulioR tnaçùtj, M m di-UmuMÎt Atta . hnlle et dee pr^teitdanlB k la cauronne en le* fainni «iirer f^ religion.
(Juelle fui léducalion dWngabnl ? \>n jw-ut pn (um.t ynr lei lûlt et Besles de tun ri'une. San» <l>uW l'Ilu'oir.' UH^jiM/tne en aura eiagi'r^ les IraiU; nui» il faut 1(> (■'''■'"'•^ '^1' 'l"« Ituiire Im a Iraiisiuu : la ti-nti', |Kiiir 1 Iii>U>im' iMiiiiue {wur l( drame, eat bien suuvenl daim U cli.itge. Utgabal esl l'empereur d<>veiiu njiFtiijue, iluiu- intMii-ilà Clique. Il pari d'Anii; («jur utiir j Mm»' 'V ytiieHWr^i» (wupie. Son voyage fsl une |>roc.'ii»i"ii ivliiiU'UM-, (|ui iluii> <|u;itre Mil. Enfin if enlre dans U ville diTU.'lk-. i-'iu 'l'un'' i "l"' de «lie fraloante, levissHc fanli-, W* wiurciU |i.'uii<, -ctul.Udili' à luieiJulc, lerrunUurni'jdli'- il uiii^ ii.ii.' <iri'ril;ilr, lOLulnir'^iiit, ilMsuneatliluJeeilaiii|U(', If cliiiruii ri'|'u>i' -un iln'u t^ivuri. i-Vlaii une pii-rre noiru pri>|piil'li'iiii'ut un lu'inliilii' . Lnlii* 'ûcùne ou phallus et i-ncliûsï-'e ili* iilfnrru'S !>'■ jt-un.-:^ Sv- [ienneaae llireul, iiulour Ju tlinr, ii >lrs d.iiiM;!i Iusiim-: W pirfums les pluft rarts, les >ins li-s iilus cxiiiis . luul i -l ITO-
digue pour ce jour de triomphe. Les vieux Romains crient m scandale ; le préfet du prétoire^ Julien, entreprend de chaMi rinfàme : il est tué par les soldats. Il avait le tort de ne pii prendre au sérieux une chose très-sérieuse^ la rénovation de l'idéalisme religieux, nécessaire au soutien de ridéalisoM impérial. Mais la nouvelle religion sera-t-elle au Droit ou i TAmour? Telle est la question que pose l'empereur ËlagabiL On sait quelle fut plus tard la réponse de l'Église : Ni à l'in ni à Taulre; la religion sera à la Pénitence.
Êlagabal entreprend de subordonner tous les cultes à celn du dieu d'Emése. D'abord il le marie à la Lune, Astarté» h déesse de Carthage^ et tous les citoyens sont forcés de contri buer à la dot. À ceux qui seraient tentés de sourire, je fen observer que toutes les théogonies, celle même de nos Ëvm giles, sont pleines d'imaginations aussi étourdissantes.
Dans le temple, nouveau Panthéon, qu'il élève à son diea il rassemble les divinités et les emblèmes de toutes les reli gions, y compris les cultes juif, samaritain et chrétien. Ëlagabi sait que le siècle est à la religion, que la révolution sociale ai toute religieuse , et il aspire, pontife universel, à gouvenw tous les cultes du fond de sa chapelle. Dicebat prœtereà Jiê dœorum et Samaritanorum religiones et christianam tfeuoM nom illùc transferendas ^ ut omnium culturarum McriM JJeliogabali sacerdotium teneret, (Lamprid.)
Klngabal persécute les philosophes; cela devait être : à toi révélateur la philosophie est odieuse. Quel mal saint Pli n'a- t-il pas dit des philosophes? Il donne le spectacle de la ph frénétique lubricité; mais cette «luxure, qui étonna les B^ mains, même après celle de Néron et de Commode, était 4 elTct des superstitions de l'Orient. La religion pouvait seul inspirer de tels prodiges. Sous l'emblème du feu, El adore la puissance génératrice , de tous les idéalisaiei,| plus ancien, le plus universel, le plus indompté. Il y a que chose de sacerdotal dans les infamies dévotes quIL on pratique, et dont le palais impérial devint le C'est de la gnose, une gnose aphrodisiaque. Mahomet, quatre cents ans plus tard, et qui se vantait, comme
LvD, reproduit à « el: i- rf :« ik« ^' :• ■'••:;ji* j- . : xziu..
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Barbares^ ne rêvaient que de volupté. Les livrea asoétiqaei de Tertullien^ le rigorisme de MontaPy la caatration d'Origine aussi bien que les impudicités monstrueuses des sectes gno»* tiques et les galanteries des agapes^ expliquent de reste ci caractère étrange d'ÉlagabaU à peine comprébensible pour notre époque^ et qui ne le sera plus du tout pour la postériféi Tandis que les uns cherchent l'idéal de la jouissonee^ les ^ autres se jettent de désespoir dans la macération : l'ascètei comme le débauché^ est un témoin de la dépravatioa des ocBon et des esprits.
Ëlagabal^ comme certains socialistes du xw siècle, afflnQill la pantqgamie, la confusion des genres^ des espèces et d6i sexes ; un érotisme omnisexuel , omnianimal, omnimode. Didaignant la politique^ dont il confiait le soin i son couâ Alexandre^ il se réservait la direction exclusive des sSairOi de religion. Sa mère Soémis régnait avec lui, conduisant ta chœurs amoureux^ et signant pour son fils les décrets dfll consuls. Ce fut aux yeux des Romains son plus grand forfait Du reste, il i)lut aux soldats par ses gratifications, i la plèba par son luxe et ses largesses : c'est lui qui, au rapport deLÂDH pridius, inventa ces loteries dont Ja chrétienté charitable a conservé l'usage, et qui jouent un si grand rôle dans les coQh binaisons de la finance moderne.
Ainsi Rome devait exprimer, en la personne de ses empe** rcurs, toutes les idéalités de la terre. En attendant que la théo* logie chrétienne monte sur le trône, nous aurons Texhibitioa du patriciat en Pompée, de la plèbe en César, de la philosophie en Murc-Aurèle, du machiavélisme en Auguste et en Tibère, de l'héroïsme en Trajan, du prétorien en Sévère, de la théo- Sophie vénérienne en Ëlagabal, du puritanisme en Alexandre.- Savoir les empereurs, c'est savoir Tantiquité dans son passage du passionnalismc à l'ascétisme ; c'est connaître la thèse, c'està-dire la cause immédiate, du christianisme.
Ëlagabal est une des apparitions les plus curieuses de cette transition pagano-chrétienne. Il n'est, au fond, ni plus ni moin9 perverti que tant d'autres; ce qu'il en fait, on ne saurait trop le redire, est le résultat de l'hallucination mystique autapt que
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guste sa mère Marnée^ comme Tavait été Soémis; puis, i s'abandoiinant à son cosmopolitisme religieux et anti-césaria enlin^ en laissant trop ostensiblement la direction des afhir au parti des hommes d'État^ représenté alors par Ulpien^ Pai Sabin^ Modestin^ Africain^ Gallistrate, Hermogène, Marcîe parti d'honnêtes gens^ mais dont le moindre tort^ à cette époqa était peut-être encore d'être détesté du soldat.
De 222 à 235 s'écoule^ presque sans événements^ le r^ pieux et honnête d'Alexandre. Bon jeune homme^ aux indio tiens studieuses et dévotes, mais d'une religion aussi réserfi que celle d'Élagabal avait été fougueuse et obscène. Tous I matins^ dit Lampridius, il passait dans son oratoire^ faisait i prière devant les images des héros, des bons princes et d âmes saintes^ parmi lesquelles on remarquait celles d'Orphë d'Apollonius de Tyane^ d'Abraham et de Jésus. Sous une aot forme, il continuait l'œuvre d'Ëiagabal. 11 protégea les math maticiens, c'est-à-dire les tireurs de sorts, les philosophesi les gens d'esprit, ce qui ne prouve pas précisément qu'il t rien de semblable. Outre qu'il savait chanter, faire des ifÉ sonner de la trompette, jouer de la flûte et de l'orgue, * possédait même un peu de géométrie, il était, au rapport i Lampridius, grand astrologue, grand aruspice, grand omi scope. Les prétoriens^ par allusion à sa naissance et à ses déi! tiens syriaques, le surnommèrent d'abord archi-synagogiê plus tard, quand il s'avisa .de les soumettre à la réformej J lui donnèrent non moins ironiquement le sobriquet de SéoM Ce fut son arrêt de mort.
Ayant épousé, avec la permission de sa mère, une jeoi patricienne qu'il adorait, sa tendresse conjugale remplit |l jalousie le cœur de la vieille auguste. Par ses intrigues^ Tifl licieuse Mamée vint à bout de perdre la jeune impératril sans que le benoît empereur eut la force de protéger sa feia^ il se contenta de la pleurer. .i.
En 228, une révolte des prétoriens détruit le parti I hommes d'État. Le préfet du prétoire, Ulpien, est mnoBM par les soldats sous les yeux d'Alexandre, qui ne trouve M son ministre que des pleurs, comme il n'avait trouvé quel
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été celui d'Élagabal, par rhétéroclisme des idées» n&oRMf' tunité du système et le ridicule du souTerain.
Sous Alexandre, le christianisme prit un déTeIopp(9BB|l
formidable 9 qui bientôt proToqua de noUTelles et incesssnll^
persécutions. Les chrétiens bâtirent leur premier temple.:
on ne sait si ce fut à Jéhovah ou à Jésus-Christ. OrigiDVj
appelé à la cour par Mamée^ qui paraît avoir pris sa prao^
tante, Julia Domna^ pour modèle^ jouît d'une grande faiMfi
L'influence des hommes d'État, qui accusaient le cbriritt-^
nisme de pervertir la société romaine et de refroidir le cott*
mge du soldat , avait fait maintenir les édits portés contft
les novateurs : la piété d'Alexandre en paralysa reffet« Cb
n'était plus un empereur; ce n'était pas même un Romsta:!
c'était un philanthrope, un cosmopolite, un illuminé^ un bigoL
La vie d'Alexandre-Sévère, telle que la rapporte YHiêtùifî
augustine, semble une mise en action de la Cyropédiê. La soènei
racontée d'après les documents officiels, où cet enfant, acchuné
par les sénateurs des surnoms d'Antonin et de Grande se d^
fend, dans un discours appris, d'un tel excès d'honneur, ttt
d'un ridicule parfait ; elle fait tort au précepteur, autant qu*»
' biographe. Le parti d'Ulpien, qui régna sous son nom, et Itt
chrétiens qu'il protégea, ont voulu faire d'Alexandre un grand
prince : il suffit de relater les faits de ce règne» de celui quifi
précédé et de celui qui Ta suivi, pour en montrer l'ineptie.