‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 41 sur 46 · I -If .i'VllUlllU . .1 'i'Il. l*4*kiUM tu · texte numérisé non relu

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satisfactoire , tout cela estril bien séiieux, et ii*y a-t-il (ms plus d*éloquence que de réalité? Comment pouvez-vons vous dire affecté dans votre for intérieur par Tinconduite d*un mauvais sujet ? Que vous fait à vous, honnête homme, sa dépravation? Et de quoi vous avisez-vous de le vouloir convertir? Laissez à elle-même cette nature perverse ; vous avez bien assez de garder votre propre vertu. Des coquins se mettent en guerre avec la société : acceptez la guerre, et faites-la bonne. Au demeurant, c'est tout ce qu*a prétendu la sagesse des nations et que prescrit le Gode pénal. Nous aurions fort à faire si, après avoir subi les incursions des malfaiteurs, il nous fallait, quand nous les tenons, compter avec eux, les mettre à même de devenir des saints et des héros!,.. »

Cette objection séduit au premier abord par une appal'ence de justice expéditive; et s'il est vrai que la manie de mettre les gens en pénitence tient une grande place dans réthique des modernes , il faut avouer que, dans la pratique pénale, la maxime du Chacun chez soi chacun pour soi règne sans conteste. Le christianisme le premier , tout en organisant sa pénitencerie sur les plus larges bases, nous a enseigné à nous occuper spécialement de notre salut personnel, et, ce faisant, à nous laver les mains de la damnation des autres. Puis est venue la discipline des couvents, qui a fait de ce précepte d'égoïsme spirituel une règle de conduite pour le temporel , en recommandant à l'âme retirée en Dieu de laisser aller le monde; tel bourgeois qui se croit sage parce que, sur la recommandation de. son commissaire de police, il ne se mêle pas de politique^ ne se doute pas qu'il a tout juste autant d'esprit qu'un moine moinant de moineriey comme dit Panurge. Qui se soucie véritablement, dans notre monde conservateur, de la chose publique? A plus forte raison, qui s'embarrasse du perfectionnement du pro-

, «giffanl ptrUNit en mode iiibvenif et se liimuil aiu I effroyabf^ éetrls ; a Irmil cooverli en servage ; Ji propriété de plus en plus abusive; Ji concurrence changée en une guerre déloyale; Ji division du travail sévissanl de plus en plus par la Ddiarilé;

m nachines se Iransformanl en une artillerie dirigée Ire les masses ouvrières; e change se faisant agiotage, a crédit, usure ; a talent, charialanisme ;

as lettres et les arts servant d*excitation à la dé* che;

a sdeoce menteuse et caTarde ; a rente et rimptVt pressurant le travail au delà de a borne;

a circulation devenue le grand moyen do mystificaet d'escroquerie, en donnant à rappauvrissemeiil firal les apparences de la prospérité; n résultat, surproduction d'un ccMé, disette de l'autre ; produits avilis et invendus, à côté de consommateurs nés qui ne peuvent les payer; suspension de payoits et alTIuence de numéraire, manque de bras et DDage; partout Téquilibre rompu, la contradiction, pour finir, la misère et le d^pcuploment. espublicationsofficiclles constatent, |)ar leurs chiffres, délité de ce tableau : donnons-en un extrait.

^*après les documents recueillis par le bureau de staiqae, la production agricole, pour 1846, évaluée eu eut, a été de sept milliards.

a nombre des travailleurs ruraux, d'après M. Achille

Guillard, étant en nombre rond de 14 millionsi la valeur moyenne produite par chacun d'eux, en 1846, aurait été ainsi de 600 fr.

Admettons pour la production industrielle une moy^uie analogue : le nombre des producteurs de cette catégorie étant de 6 millions, leur produit total doit être porté à trois milliards.

Soit, pour la totalité du revenu national, dix milliards.

C'est avec ces dix milliards que trente millions de Français ont subsisté : ce qui veut dire que la moyenne de revenu, par tête et pour l'année, a été de 277 fr. 77 c, et par jour de 0 fr. 76 c. 1. 11 est vrai que la récolte de 1846 fut médiocre; admettons donc, pour expression du produit moyen annuel de la population fra;içaise, au lieo du chiffre de 10 milliards, celui de 11 milliards : la différence d'une année d'abondance à une année de disette, sur une étendue de 27,000 lieues carrées, ne dépasse certainement pas 10 p. 0/0. 11 suit de là que» dans une année normale, le revenu moyen par tête et par jour est de 83 c. 71 ; environ 7 cent. 1/2 de plus qu'en 1846. On s'étonne qu'une nation comme la nôtre subsiste de si peu de chose. J'avoue que ce peu me paraîtrait déjà considérable s'il était équitablement réparti : ce qui n'a pas lieu, comme on verra tout à l'heure.

Quoi qu'il en soit, la production telle quelle du pays iiû suffisant pas aux besoins, on demande comment il serait possible de l'augmenter.

Deux moyens se présentent, indiqués tout à la fois parla raison économique et par Texpérience : Augmentation du travail ; Distribution de plus en plus égale des produits.

Quant au travail, on vient de voir que sur 36 millions d'âmes, 20 millions sont occupés par l'agriculture et l'industrie, 16 millions restent à peu près improductifs. De ces 16 millions, il faut déduire 12 millions d*enfants, de

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an à te jBiijUMa it- «ar -nriciTmiMt ait ikHi^iu^;>^

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1 fr. 16 eeaC Cfs mk. eolu o.-iqh. s: r^**: à\i^ <^/ daoi b Mfiiârff Kswdjfi: ât se. iitUiir; ock ^::1 à I^a;^ avec trois tnmc^ k BieBi:r* js: «chsus^ jlxw >:\^ ^mu dans b glae: naàs, d&s» ^f« A:4>ài:x>» à\v)(iUihix^ qn'noe cembbUe iiicrjefliiiNti de rev^nin :!4)p(vv^, U popabtion et le sol expkKtê it^tant U>$ n)^iH>«« l^ nojreniie de 1 fr. 26 c. par tète et pur jtMir n^i^nviiiior^il vn bieii-ètre inooî, auquel nous n*UTtvor\>n« do sùuNL

Qui donc nous empêche de réaliser iv bioiHMi>\ \s\\\t que d'un côté nous avons les bras, oi \\\\\\ la \<^\\\\ M mer, les capitaux, ne manquent pas; puisipio, do Tatilh^ iln*y a qu'à rétablir des proportions et t\ nuùiiliMilr oniro les forces, les services, les besoins» les pnxiuiu, Iom iki laires, la balance égale?

Ce qui nous empêche est Tesprit d'ini(piit(\ (|iil hutiililn les consciences et les rend ellos-mâinoM ill<^Kllll1M ; ifn|iiil pi fait que les uns ne veulent puM truvnilldr ou im l,hi vaillent qu*à ce qui leur plait et & dnn mtïi\\iUm% imoi lii

tanles ; que le irès^grand nombre ne sait pas même travailler, et pour cela est traité en esclave; et que les plus hardis cherchenf la fortune dans le désordre même.

Je ne veux pas trop approfondir, et pour bonnes raisons : contentons-nous de regarder à la superficie des choses.

On compte, d'après la statistique de M. Àch. Guillard, 1,170,000 rentiers et pensionnés, complètement affranchis de travail. Or, s*il est juste, ainsi que je Tai étaUi moi-même, que la rente du sol et des capitaux ne soit pas laissée tout entière au travailleur, attendu qu'elle ne dépend pas exclusivement du travail; s'il parait même convenable que cette rente, au lieu de tomber dans la caisse de TÉtat, se répartisse entre un certain nombre de titulaires, elle ne doit dans aucun cas devenir, pour le rentier, une raison de repousser le travail : tous les économistes sont d'accord sur ce point. La rente a pour destination normale de niveler entre les diverses exploitations, tant agricoles qu'industrielles, les inégalités de rendement et les risques de toute nature qui pèsent sur le travail : dans ces conditions, elle peut et elle doit devenir un moyen d*équilibre. Consommée en entier par une classe d'oisifs purs, elle constitue un déficit réel, et, ce qui devient odieux, une prélibation sur le nécessaire du travailleur. Or, à quelle cause rapporter originairement ce déficit? A la paresse, à l'orgueil, à la sensualité, à tous ces vices qui nous rongent et que la renio semble avoir pour objet de satisfaire.

A côté de ces 1,170,000 rentiers, figurent 607,000 fonctionnaires, gens d'Église, de lettres, d'art, d'afi'aires, que M. Guillard réunit tous dans la même catégorie, sous le titre de Professions libérales. Bon nombre de ces libéraux participent à la rente, mais la rachètent dans une certaine mesure par une prestation de travail, lequel est

, Féqailîfcre if% i^ralu-*. ^H.ant ain iSerl»i^« H cAéi coandéf'o m «!W^^fxv-nM». ce fi.«t d^

ft Tordre d t U «^lU-. T#-U ««■nt, {v&r nmifile. r parmi l«9 afli>ct)< «f if . H pirmi !•-« fjculu^ intelle» , la iD^fDoir^.

I YHr^ crill^ctif, •♦•i U-* tIk^v? w ^OM^nt *ur «ne rande écM\f «-l a«»^ le* rr'»>1ilir3tiofi< i^n'} .i|»a oollcclîviu} , IViriln- {i^'iit aii^M «^ «lôttnir TtH^iiH PS forcrs. El do nj»'-rTi^ «lu»' l«s farullt's fi aiWliiMi^ ih'ido, lesforc«« wfriale* s»nl a%eii^l<-«, à trmlanci' et alisfirbante, rafiaMf's par con«fi|ut*iil, <i*loii la e dont ello» s#»n! iliripAr^, il«» [»ro«-urfr !•* iiulluMir '^licite des hrinimoç. Tell«' «>l, onlp* aiilirs, la |>n^

e touti-s (rs affriiinii^, fai iilii''s, forces, raiit«irilô inlîpnt IVquililiri' est la Jii^tuv.

într^ \os rartilli''> H ttlhu'ùtiw^ i|«> riiiilivhlii, il'iino t les forros «le la o)llrrli\it«'' d«' l'aiitro, il «'\isti' ilé inlime, c<iMP«|Minclanrp, infliiriut» nnitiifllr, ité plus nu m<ùnsL'tn»iti* par cnns«''({ii«*nt, |ni(ii m* e idenlitc. Il en rÔMiItu ipie tout in<Mi\i*infiit, suit I, soit en mal, qui s*arniiii|ilit dans rordii; iin>i al, c, à moins d*un«* n'actitm éni*i'|:ique, un nioinrmalogue dans Ton Ire *'-conoinic|Uï', et virr nrstt ; i Ton peut ftn^ndre t hacun de ces mouvmM*nt^ cnonciation et mrsinc de Tautre, oliservrr, par e, dans une slatistii|ue de la |»o|iulation et df la ", comniir en un miroir, IVtat de la consciencr le et les ell'ets de la Milidarité morah*.

Ainsi, que par l'effet de cet entraînement à la volupté dont nous avons, dans nos dernières Études» expliqué la marche, la population commence à se détourner du mariage et de la famille; que la fièvre du luxe et des jouissances, compagne ordinaire de la volupté, s*empare des hautes classes, et descende ensuite jusqu^aux derniers rangs; que les moyens ordinaires de la production ne répondent plus aux besoins; que la Justice, sans appui dans la religion, faussée par le scepticisme et les perturbations do la politique, ne suffise plus à contenir Tcgoïsme, l'équilibre détruit dans l'ordre moral ne tardera pas à l'être dans l'économie, et l'on peut prévoir ce qui arrivera :

Dans les personnes,

Désir elïréné de s'enrichir, en dépit de la loi de proportionnalité, qui règle la production sur le travail, la terre, les capitaux, les besoins, et n'accorde en moyenne à chaque famille qu'un bien-être modeste;

Dégoût du travail, qui par lui-même ne peut pas conduire à Topulence ;

llechcrche de moyens factices, violateurs de la Justice et de la proportionnalité économique, de faire fortune;

Déclassement de la population : la multitude rustique désertant la culture pour rinduslric et s'engouflranldans les villes; l'ouvrier quittant sa profession pour les emplois; le propriétaire et Tindustriel se faisant spéculateurs, agioteurs, usuriers, solliciteurs de subventions el de privilèges; les fonctions publiques se multipliant outre mesure, les traitements s'augmentant, la concussion s'exerçant sans scrupule, et le pot-del-vin, du haut en bas de la hiérarchie, devenant comme un supplément de solde pour les gens du pouvoir ;

Dans les choses.

Les forces économiques, que ne contient plus la Jus»

— Ml —

léfé, bÎM aaeinlu. Uê quelle lulure eti oe Iriftil? kne oalure que oe que lool industriel, commerçtul Joilaol, appelle fes/roii gémérûmx. Ce fonl les irait aux de la lociélé*

eflei, que œa dépenses aient pour objet de récréer il, oooune les spectacles; d embellir l*habitation« le les arts; de raflennir la conscience, comme la r»- ; de fadliler les transactions ou de maintenir e et la sécurité, c'est toujours la même chose. Ce point là une production réelle qui, en s'accroissant les lois de la proportioniuilité, augmente la ricbeaaa; un accetsoife, indispensable sans doute, mais que lure commande de réduire toujours, en le (aisaot er autant que possible dans la production efléctht» iu que, dès lors qu'il se spécialise, il y en a tontrop. Par exemple, le livret de TExposition des L-arts contient 1 ,000 noms d*artislcs, qui tous resétrangers à la production réelle : c'est 950 que je rais voir y revenir. Cinquante artistes, en mille ans, ent à rillustralion d*un |)cu|)le; accordons-les comme nue permanente, le reste doit relounicr à l'établi 1^ charme. J'en dis autant des gens de lettres, des d'Église et des gens d'affaires, dont le personnel doit duire progressivement et se rallier au sen'ice actif nslruction publique et de Tindustrie. Or, d'où nous encore c^ttc cxorbilancc de 607,000 individus tra» int ad libitum^ faisant un service privilégie, honole, chèrement payé, et de moins en moins productif f i même cause toujours, de Torgucil, de la répugnance avail et de la prédominance de l'idéal, livent dans la statistique 102,000 sujets consacrés au ce du luxe : comme si, p<nir faire du luxe, il était in d*autre chose que de produire de la richesse! non : dès lors que l'idés^lismc prend le pas sur la

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Justice, et que la volupté devient la véritable rdigioD d'un pays, il faut, pour le service de ses jouissances, on spécialité d*agents, agents de corruption par oonséqaeot, et de misère.

D'où vient que le travail sérieux offre généralement a peu d*attrait ? De ce que, par les combinaisons du caplilisme entrepreneur, il est de plus en plus particulariaé, mécanisé, abrutissant; de ce que toute philosophie, tcNrt art, en sont soigneusement ôtés, toute liberté écartée, toute garantie retranchée. En un mot, le travail est tutant que jamais servilb : d'où la distinction quelque peu insolente des professions libérales. Production, aujourd'hui, c'est servitude; non-production, liberté. Étonnefvous après cela que la [Mt)duction et la consommation ne soient pas en équilibre.

Encore un ou deux faits, et je conclus. En 1838 a commencé pour la France ce qu'on peot appeler l'ère des chemins de fer, ère de déception et de servitude, s'il en fut jamais, ère de perturbation économique, de dissolution politique et sociale. En vingt ans U a été dépensé pour rétablissement de ces lignes quelque chose comme trois milliards : or, que représente cette dépense? une suite de déplacements brusques, tous plus désastreux les uns que les autres. Déplacement de main-d'œuvre, d'abord : c'est depuis l'établissement des chemins de fer que le travail agricole a commencé à souffrir ; déplacement de capitaux, de matières première» et ouvrées, de substances alimentaires, qui n'a pas tardé à se faire sentir par un enchérissement progressif de toos les autres services et produits; déplacement en outre de toute une classe d'industrieux, d'où est résultée la ruine de villes entières. Les derniers troubles de Chalon-sur- Saône se rattachent par plus d'un ûl à cette cause. Passons sur l'épidémie de spéculation qui s'est égale-

Mfil difeloppée i la taite des conttractions de Toies irréies: on m'accordera que cette accumulation d'entrerisea, qui, pour enrichir quelques élus» a fait tant de upes, produit tant de souiïrances et de crimes, n*cst M de l'intention des émeutii'rs de Buzançai^, des innrgés de Juin ou des afliliés de la Marianne. De si «titas gens n'ont pas ce qu'il faut pour faire danser la ttlanee économique. Tout cela est Tonivrc de la caste A naissent et s'agitent les Carpentiev, les Cusin-I^e- ;eodre, les Thurnej-sscn et tant d'autres, que le parquet le sait comment saisir, sans doute faute de preuves.

Aus déplacements anormaux causés dans le travail et a consommation par le débordement subit ài* la haute ndustrie et des travaux publics, il faut joindre le déplacement de circulation qui en devait être la conséquence. Il f a trois nK>is, nous étions en pleine crise financière, et dMcon d'en donner des explications : jamais on ne débita laot de sottises. 1^ masse d\\ numéraire avait-elle sérieu- Kment diminué ce|ien(lantT A-t-elle augmenté dans une proportion équivalente, aujourd'hui qut» la crise, assuret-on, est passée?... 1^ vérité n*(*st dans aucune de ces hypothèses. Mai5 qu'on réfléchisse qu<N depuis 1838, au lernce ordinaire de circulation qu'avait fait jusqu'alors ^argent s'est ajoutée une suite d<» services exlraordi- Uire^ auxquels il a dû subvenir : souscriptions d'actions il obligations de chemins de for, budget croissant, détassant à cette hcuff' 1,700 nnllions; travaux immenses le bâtisse, redrcsscnit^nts (!«' rues, palais, boulevards, )onts, églises, aligneuienls, etc.; emprunts de FËtat, (^élevant en deux années seulement à 1,500 millions; spéculations de Bourse et reports; que Ton considère {ue cette circulation, hors de |)ro|K)rlion avec un revenu Doyen de 11 milliards, doit ùlrc servie la première, et 'on reconnaîtra, je crois, que telle est la véritable cause

de la crise. On comprendra qu'il ait pu suffire, à u& instant donné, d'une sortie de 200 millions sur tm milliards formant rencaisse national , pour produire II cherté de l'argent, comme il suffit, après une série de récoltes médiocres, d*un déficit subit de 5 millions d'hectolitres, sur les 100 millions que la consommation exigei pour amener la disette; on s'expliquera enfin cette ap-. parence de prospérité dont le pouvoir est la dupe, A. qui n'a de réa^té que dans un va-et-vient accéléré da numéraire*

Voici donc qui est démontré autant que chose peut ' l'être : le défaut d^équilibre dans l'économie générale, et sa corrélation avec le défaut d^équilibre dans la raisott publique et dans les mœurs. Tirons la conséquence, el nous allons voir la solidarité de l'injustice se révéler jtt la solidarité du châtiment.

Au lieu de 1 fr. 26 cent, par tête et par jour que poitfrait rendre le travail national, s'il était organisé, distribué et rémunéré selon les règles de l'économie, qui sont celles de la Justice, nous n'avons et nous ne pouvons avoir, par suite du renoncement au travail de tant de millions de bras, et de la subversion des rapports, daoi laquelle seulement les habiles trouvent l'occasion de s'enrichir, que 0 fr. 83 c. 7, soit, pour 'la totalité du pays et pour Tannée, onze milliards.

Le mal serait médiocre si ces onze milliards étaient répartis approximativement d'après la moyenne de 83 c.7 par tête et par jour, ce qui pour une famille de paysam composée de quatre personnes ferait 3 fr. 35 c. Mais il n'en est rien, et si la vérité théorique, si la Justice, sik bien-être général et particulier sont dans l'observation des moyennes, nous allons voir le mal-être se pro-

d^ arec d'aniaot plus d'inlensité qu'on a* en écarte. Ainsi, pour entretenir les 1,170,000 rentiers et penaJQDiiés, iTec leurs femmes , enfants et domestiques , CB n*est plus 83 c. T par t^te et par jour qui «uffi^ïnt, c'est 2 lir. 50 au moins qu'il faut; ce qui ^out dire qu': dms la classe où l'on produit comme 0 on c/:«n^imm';

comme 3.

Iléme ohscnration pour 1« g*:Ds de proî^^.sion ^îb^ra/^ : la reTena de 0 fr. S3 c. T n^- «jf'.t j.**. non {/:'j»; to»itefoiSy comme iîsrendect i-r- \rr^^,: ^rni':^. ;i *2» f^Hiitj/] de penser qu'ils consomaiecïî i<''.<^.^:f^:Ts^\'.':zr.^:rti rry/vn^ qpe les purs improdu-cMfâ : A.>xr: vr-^-irr;: j/*: •/■'.' f ? }4r jour, au lieu de î fr. 30 -i^ r^^^r.i. à .':.

Sommes-Doos a3 hrA* Li -14:^*.. r>* r M. », * .4*i compte :

hinnesésiMgpbKi 'TT. '4*^11 .«.*. ^^ •» •r.i»7*:r: . 'î^y/n

Vagabonds, menduuiu. «i* r.i-.7-*ns r ^t.sî^r.f * ; ' i*/»

Soldats (pour ie mawLA^ fe . .? :.*> vv :.»•*;

Pilles soumJ3«Sw .... ;-. ./r»

Aftenus v //ii

Encore un mQiiijc. -^ çuu :":i".n".:vi'' •'■^ . v. ^•'■ i^De de rentiers et i* :»*nsii*rir4i»s ■: . -ir.-. •■• ^ent pas de risL, «t m:iru*ia •» '.-vit v.'- v-." (obTention aUmeatiir'i : :r.r»^n^;-;ï * V> «pn*

En résomé, l*»» râ 3iul;i;ns t' nv:rV.ui''î ':. ■^■.^ ■..•.;•,. Iiensionnés, ^enâ «■»r-^anr. .i^s or'»i(p<i.<ir.n<s f-i^^^ o^ ^ .^/^ leurs femmes, e&£int3. ir\me^î.iiiip:i!. -jiiw p:: ^rLi-i^-:. .i\firmes, mendianta, ^r^iiuv^f^ -i Vf^^niic -^r ^\^.- -^tst 3,^^ le rerenn do pa^^i ine ^mmi^ t' >n*- r * n ^r 1 > <» m" > * « 1» a'^

demi-milliard dé lerviivî, v mi »st Vr- v^-^^j»^: i^ /,^/, dnction toiak ^'•ili^v.'uit « :: Tuiiis^ric v/v rv^^iiym' k> bienrèlre générai i'«i smeiînr^ 1' ■fnf;4Tif >* .-•'^'r'^fïM rA/^///»

par tête et par jour s*élève à 0 fr. 87.5 , — celui de l'oisif à 2 fr. 62 c; 5, — celui du fonctionnaire, de Tartiste, de Thomme de lettres, etc., à 2 fr. 09 c. , — « celui du soldat, du détenu, etc., à 52 c. 04«

Mais le revenu du producteur n^en vaut pas mieux, au contraire : le producteur, qui sur un produit total de 11 milliards 500 millions fournit pour sa part 11 mil^ liards, soit en moyenne 1 fr. par tête et par jour, ne reçoit pas 1 fr. , il ne reçoit pas même la moyenne de 0 fr. 87 c. 5; il reçoit 0 fr. 68 c. 43.

En sorte que, par la manière dont les forces sont équilibrées, les services distribués, les produits balancés, la rente consommée, les frais généraux rémunérés, le yice et le crime réprimés et punis, le travailleur se trouve en déficit, sur sa consommation, de 41 c. 57; en autrei termes, il perd près de moitié de son produit.

Qu'on refasse ce compte comme Ton voudra, qu'on ajoute à la production ou qu'on en retranche, qu'on augmente ou qu'on diminue de quelque peu les femmes et enfants appartenant à la catégorie des improductifs, fonctionnaires, gens voués aux professions libérales, etc., les deux seuls éléments qui offrent quelque incertitude : on arrivera toujours à ce résultat significatif, que, dans l'état actuel des choses, le défaut d'équilibre , c'est-à-dire, en dernière analyse, Tiniquité sociale, coûte au travailleur une fraction de son produit qui varie de 40 à 45 p. 0/0. Or, c'est cet écart énorme entre le doit et Tavoir des producteurs, bien plus que l'insuffisance de la production, qui fait le mal-être général et engendre la misère.

La misère ! tel est donc le châtiment, appliqué en masse, des iniquités du peuple.

Une dernière observation : sur ce budget effrayant de la désharmonie collective, pour combien pensez-vooa que figurent les auteurs de crimes et délits que la loi

réprime et que la vindicte publique parvient à atteindre? k peine pour 10 millions. En sorte que» Timmoralité punie étant à rimmoralilé conventionnelle ou tolérée comme 10 millions à quatre milliards, on peut dire que les individus, au nombre de 40,000 environ, que les cours d'assises et les tribunaux correctionnels envoijent en pénitence, ne sont que des échantillons plus ou moins heureusement choisis de Tiniquité générale. A Dieu ne plaise que je compare tant d*hônnêtes gens qui mangent de bonne foi leurs rentes et pensions, et n'ont jamais appris .i distinguer, comme dit le prophète Jonas, leur droite de leur gauche, à des scélérats profès dans le crime et qui Ae peuvent prétexter d'ignorance. Devant la conscience publique, les gens dont je parle sont irréprochables, aussi ÙTéprochable^ que les plus spoliés des producteurs, qui Ile demanderaient pas mieux que de vivre, sans rien faire, Sux dépens de la communauté. Mais convenons aussi que U Justice, manifestée ici par la nécessité des choses, ne saurait distinguer entre délit et délit : elle nous traite Ums selon nos mérites ; et quand sur le dos de 40,000 détenus nous faisons amende honorable de dix millions, elle nous châtie les uns par les autres pour quatre milliards.

Voilà, Monseigneur, de ces vérités qu'il serait digne de V0U3 et de messeigneurs vos collègues de faire annoncer par mandement dans toutes les églises; vérités qui ne pouvaient descendre des sommets du Sinaï ni des rochers do Golgotha, attendu qu'aux siècles de Moïse et de Jésus- Christ la statistique n'existait pas; mais vérités qui n'en font pas moins le commentaire le plus éloquent que vous paissiez faire de l'Évangile, et qui, publiées par vous, devenant articles de foi en même temps que théorèmes d'économie, assureraient le triomphe pacifique de la Révolution, en faisant de vous ses chefs naturels.

En même temps que vous adresseriez aux classes riches

et aisées des représentations amicales» nous, les tribuns du socialisme, nous dirions au peuple : Que la cause de ses souffrances est le défaut d'équilibre qui existe partout entre les forces, services et produits ; que ce défaut d'équilibre promeut à son tour de Timmoralité universelle, et que la première chose à faire pour détruire le paupérisme et assurer le travail est de revenir à la sagesse. Nous démontrerions à ce peuple, par A plus B, que dans les conditions les plus favorables, en supposant réunies toutes les influences heureuses du ciel, de la terre, de Tordre public et de la liberté, il ne peut pas espérer de réaliser une somme de richesse matérielle égale à la moyenne de 1 fr. 50 c. par tète et par jour, pour une population de 36 millions d'âmes , répandue sur une superficie de 27,000 lieues carrées; qu'ainsi la plus grande partie de sa félicité doit être cherchée au for intérieur, dans les joies de la conscience et de Tesprit. £t après l'avoir ainsi disposé à la modération, nous lui ferions comprendre qu'aucun homme, aucune classe delà société, ne pouvant être accusée du mal collectif, toute , pensée de représailles doit être abandonnée, et qu'après nous être si longtemps écartés de la Justice, notre devoir est de revenir à l'équilibre par une marche graduelle, qui ne soulève pas de colères et ne fasse ni coupables m victimes.

Vous chargez-vous, Monseigneur, tandis que nous prêcherons le prolétaire, de prêcher de votre côté le bourgeoisï Ce serait d'une grande édification pour le monde, et la paix serait bientôt faite. J'ai dit en 1849, devanlla Cour d'assises de la Seine , que le socialisme était la réconciliation de tous les antagonismes. Cette réconcil»*'

V II *a

tion, je vous en donne aujourd'hui la formule; elle n a rien qui puisse justifier l'opposition d'âme qui vive : cw le retour à la Justice, à l'équilibre.

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Car à qiMM bon i:i fiiry li s»^irU* o'^mI'u ' i '«-x; j^ im^x pareils, et for oYiS''quecl a nivM. qii - ^*ji,!ivxm' I Ikmi%« Fable rap^itMteur Ju r.orp* U^^risUlif. K^^ju'il ^i^u.ilo %vh hommes hors du droit et df Ia mcir^ùr, ^u\ ..* :.%t.-%i ions iês r^tjimef^ Ouf ce yHi rrMriw*'.-' .i unf . s.'.*»i/#queiconquf; ^nn^-mis imiLicii^Hf^ tir /.j »»vi . .;si, Wk^me ^n 184S, .«'• f/rz-^.c wnt v.tuti-- r *tr »i'i i / • i .. •. . ^i ne connaissent ptis /<<* /mn/cN, tii . Ni* sni • |>.i lo théorici(*n dt? runaioliii*, ri'iiiit'iin ili* Inii-* li <« r-***<^<i Déments, le Satan tl«' tiuit ce «pii ir^M'inlili* .i \\\u* min rite? N*ai-jc |i:is v\\ li» mallionr «IVinn», ji» m* -«.iii nu. i n apostrophant la nMclion : lussiez-mu» ttenti «ii tnti /lOflJ, fioi/5 ft/* vous jmrtinnnennnu /m«i* l'.iinli i .n « >i blantes, qu*avait ritri^s «li'j.'i M. «le Mmil ilciiil" it il.uM one de«ses catilin;iin*s. l)';iiMirs n'mit nuilii- im ijun leurs rolrns dV .\ilf'*s; j'ai, |i(iiii tiH- fiun' .u i inn *{» ti^i cide, des tli('orif*s, tout un syiii-iui*.

Ceux qui d«f non rrïiit ii\f( tarit «le lut' m <(• * l'I.n .vMf • abattus sav<fiit-ils t:ti\ii'w\. mi iv «jU'* < ( ^l '|U( t< m yd i'l« ' Sedouteraieut-îN, par ha^iird. qm- tilu'. '|<i< (•''" t^^ Mi caressent U |i«;n^r'' dan-. )f.'<ir "i «jf ^

Pour comble de malheur, à côté des tartufes qui déclament contre le par W des assassins, il y a les révoltés qui semblent applaudir, et ne se doutent pas davantage qu'en admirant le régicide, ils se rendent eux-mêmes complices de la tyrannie. De sorte que la défense, dans Tétat actuel des esprits, en présence des révélations de la police et des manifestations du dehors, semble devenue impossible, toute protestation d'innocence odieuse. Corn* ment échapper, si j'essaye une apologie de l'attentat, à l'animad version du pouvoir; si je prends parti contre les condamnés, à la réprobation de l'opinion? La mort si courageuse, si dramatique, d*Orsini et de Piéri, a presque fait de ces deux régicides diss martyrs. Que je touche à leur mémoire, et sans égard pour les milliers d'innocents qu'il s*agit de sauvegarder, la démocratie me met à l'index, m'appelle traître et lâche. C'est aux cris, mille fois répétés dans la foule, dé Chapeaux bas ! que sont tombées les deux tètes; des sergents de ville, des gardes municipaux, se sont évanouis ; Fun d'eux est mort de saisissement; le soldat stupéfié laissait le peuple grimper sur ses épaules; pas une goutte du sang versé n'a été perdue, des centaines de mouchoirs Font recueilli pieusement. On se disait que de grandes dames, de trèsgrandes dames, s'étaient intéressées au salut des condamnés, avaient sollicité leur grâce; que cette grâce, appuyée dans le conseil privé de Tempereur, n'avait été écartée que par Tinflexible raison d'état. Essayez défaire descendre de leur piédestal ces deux assassins!...

Peuple tragédien que nous sommes! Nous pleurons sur Orsini et Piéri : quant à ceux qui partent pour l'Algérie, personne n'y songe. Oç hésite, aux Tuileries, devant l'exécution de deux hommes justement condamnés après tout ; on vote d'entrain au Palais législatif une loi qui peut amener la transportation de cent mille suspects.

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>'UUS no |iOI|\iillS |«.l> MIlllMlt, \ «Mlli' i|il«- • •■»»!. I n ■ i i

péuêticr iluns lV-tlu()iie (!«' la IUxoIuIhmi •!•' iiii«(in> reuou velues du li\re du iVi/nr. Il IhiI |<iii1ii. nlf^fi les coDScienceSy sorlîr du l'li>|>o( iumi dvA Ii^^h^ i miiiiiiimh

dire enfin, sur cette question terrible, la pensée, la vraie pensée de la Révolution.

Ck)nseiHez-nioi, Monseigneur, vous à qvi l'Évangile a enseigné, pour toutes les circonstances, des paroles de persuasion... Mais à qui parlé-je? Je crois entoidre, du fond de ma pensée, votre réponse : c Sortez, malheureux, de votre aveuglement; et puisque, devant tant de témoignages, vous ne pouvez nier, ni pour votre parti ni pour vous^ la complicité morale, renoncez à ce parti, i ces doctrines, dont le dernier mot est l'assassinat!... i

Et quand je ferais cette édifiante conversion, la raison publfque en serait-elle plus éclairée, Vùc&re social plus affermi, l'empereur plus à l'abri des bombes et des balles? 11 y aurait en France un apostat, pour ne pas dire un imbécile de plus, et les choses iraient leur train comme devant. Or, il faut que cette situation tragique, cent fois pire que Tétat de siège, ait un terme : le Pays et la Révolution, plus que Tempereur, y ont intérêt.

Eh bien ! je préfère à tout mon devoir et la vérité. Je n*ai coopéré ni directement ni indirectement à l'attentat du 14 janvier; mais, non moins sincère que Félix P}at, j'avoue la complicité morale. Vous pouvez vous emparer de ma confession, pour en faire ce que de droit.

Maintenant, daignez m'entendre : ce que j*ai à dire servira plus que toutes les lois de répression. On n*en finit pas avec les maladies sociales par des protestations et des exécutions; il faut avoir le secret des choses: c'est toujours Thistoire du sphinx qui dévore les gens jusqu'à ce qu'on le devine.

Depuis plus de dix-neuf siècles, le meurtre des chefs d'État est à l'ordre du jour dans le monde civilisé. Presque tous les empereurs, en] Occident et en Orient, pc*

— Ul —

ÎÊÊimi de nofft nolm/ ; W an^ce ise <^ iia kMif cirnage de roû H de r^iot-^. l 'f^lve fUe-mtae, FE^ise, meieda droit «Inm. c^ p«?Qf ^ Mi^ttdrr «le cHte irrippe râgieîde. PIm qu'aurm» aatr» p4it«sance, HIe a foiinii H» ooalînfrnt de Yirtiine« : et eocnine elle êtJit frappa, die frappait aotfi. C^^ ei> pi donne \e sipial îles attentats en déposant Vn f nnrt^ et d«lunt \^ sujet« du Knnent de fidélîip : c'<^ct cbft e\\e . t dan^ la rom|vi^ir de Jéfos que naît cette pr^init)u«* tluVirie d^ {'^«savMnat politiqoe» à laquelle Tluli^ a dA li |i«-nt* Ap n lilierir. et qui finirait, si nous nou« lai«>H>n< ««'^Inire. pir ompoiter la nôtre.

Cm dont la philosophie atlhluM* tout au ha^nl, ou, ceqni rerienl au roAm*-. à la per*orsiu'' mnét? do Thomme, aelnNivent ici rien qui le» fniharr.i«sr : ils y voient une preuve de plus du p&chis qui n'vne dans los aflairi^ huaulnes, dès que la fon-i*, la su|ki'rsiliittn rt h nise, systt^matiquement unies, ont r«*!^<4'' di* dominer lo< massifs. Ceiu-lâ sont les vrais a>i^ssins de> s«k irlt'** ri drs n»i^ : en niant la raison df*s promirrr^, iU ilrlriiisiMil U* risfMi't des autres. Athéi*s |>olitii]iifs, ils dt tiiiiront \v rr;:iriilt* un riique de gouvernement, roinim* ils drtîni^M'iil \r vol un risque de propriéli' : il est \r.ii «pie contre vv iloiihji* risque ils ne sauraient trouver irnssiiranre. iSiiir moi» i|iii lue suis fait une habitmli* de tout ra|i|Nii trr à îles luis v\ à des causes, je ne puis, je l'avoue, nri-mpèchn di- \iiudans le régicide un |ihénomène de pa(ltolo;:ie soc mIi-, 911e ni les passions mduraisrs el 1rs /«i/.v»'* //w/m/i'*, dénonréesde tout temps par les |iouv<»irs élaliliN. m l«s abus du despotisme et les colrn's de lu lilieilé, alliv*»'*"* de tout temps aussi par 1rs roitspirateuis, m* miIIi^' iil .1 expliquer; un mal invéléré, dnut mi n*;iiu.i pas plus i.iivin Hï guillotinant des fanattipics qu'en ^/•\i^^iml miiln- di -^ aspects ou eu fulminant mntir des iili'fili»^'in . I^ i« -

pect du magistrat, de même que le respect du père de famille, est, selon moi, un sentiment trop naturel i l'homme civilisé, trop intime à sa conscience, pour qu'il cède si aisément à la fougue de la passion et du libre arbitre. Il faut qu'une cause plus profonde oblitère ou du moins neutralise ce respect inné : sans quoi la faculté juridique, dont nous avons reconnu la réalité, les règles etjusqu^à l'organisme, se réduirait toujours à rien, puisqu'il n'y a pas de circonstance dans laquelle le simple citoyen ne pût dire au magistrat, à celui qui, revêtu des insignes de la Justice publique, en accomplit les actes au nom de tous : « Je respecte la Justice; mais vous, je ne vous connais pas. » INiez le fonctionnaire, en effet, vous niez la fonction ; niez l'organe public du droit, vous niez le droit : c'est à cela, ne vous y trompez pas, que se ramène l'attentat à la personne du souverain.

Comment donc, en une société, se perd le respect du prince : là est toute la question, )à est le secret du régicide.

De tout temps on a distingué dans la société deux grandes catégories d'intérêts, donnant lieu à deux natures de pouvoirs : ce sont, je me sers du langage reçu, les intérêts temporels^ et les intérêts spirituels.

Il n'est pas possible de donner des uns ni des autres une définition exacte : il en est du temporel et du spirituel des nations comme de tout ce qui tient à la vie'. ces choses-là s'exposent, elles ne se définissent pas. Tout ce que peut la logique est de classer les faits d'après les cas réputés non douteux : ainsi, tandis que le travail, le commerce, le commandement des armées , l'administration du domaine public, sont du temporel, le culte, la direction des consciences, les choses de la foi, sont du spirituel. Mais à quelle catégorie rapporter la philosophie et le droit, l'instruction publique, les institutions pénitentiaires? Ici l'on hésite : les uns les attribuant au

temporel, avt^ pari de Mineillance p^mr TP.nliso; lis aolrei au »pirituel, »oii9 n*senf (l'iiiUT\i'iitiuii di* l'Ktal. Une analyse su)i€ricun* inuntniait qu«' U»uU* tlmiiiirtioii Ml impoMiLle; elli* i*i|i1ii|iiit.iiI ve f|iii* la |iratit|iif a partout rt*v«*l«'*, rim|Milft«iaiiri*(l'arri\iT à iiih* (li-liiiiiUIntii aiacte : jVTartc o*ll<' ilis4-iiï>>ion, imur Ir nioiin-ril imilili*.

Quel e>\ malnlrriaiit, raiii«-iii; à miii rxinoMiui la plus iutiionti(]u«*, ce iipiriliii'l iii\^1«'tii*iix, <]iii tail li* fiiiiil «Ir OOlre r\iMi'nt'P, qui i*n (••'■luUr la iiiati'iialili', «*l, ({iiaiiil ilesl ruiiu* mhis uiitr fnriii«;, lenail aii>ftil4'>l ^ou^ uni; aiitii*? Qu'estH'c qui* la nli^'iftn?

La reli^'tnri, iril(T|iri*li*e |ilnliiMi|iliii|iiriiii*nl, M la synibolique de la cnriM ifiir#«, di* m*s iiiainlr>laliiiri^ cl di* «m*» lois. C'est la inn^Ii* d*' la Jnslicf, qih- n<>U!» a\llll^ d«-hiiif* la vénératînii de riiniiirin* |iai rii<iiiiiii«-.

Tonte (KMiM'fî df iii\!»li< l'^iiH.' »•• .irt' «', mi |N-iit ilir*- qui: le spirituel, dans uni* MHiiti*, i -l !•■ nv'uni' ili- la miiscience, li* >\stèuii' ili-^ droits il A* ^ iji'ioii^.

Or, auiM qii<- h<iiM r i\iiii<i il> rii'iitUi , l.i Ju^tur < -.( inerte 1 1.1 ns iim* <-\i-l'-ii< i- -««liit hp:. * .!'■ .1 l* "lu, j^iiir apir, ili* *>"' i]*!'\' l"|<|M r • n mu- i -fri«' i« i.< • < 'i(iifiMiri<',

dnt'lji'nij plurii-llf ; « 't*t * «M»- t o urnuri ml»- 'l-- » ''U'* \*'tif':

qui, endi'rni*!*- aii.Jw . tut (• lit* îi inf *■*',>•. li Ju iiu*. Siqqiose/ la ri'rnnuiti-i'il*- T":ti\''i* , li n v :i p u'. <;•• frji réciproi)ue, filii* •'• il.i:i!»'. \ . t- -W -••,. .ini»- fi.«,f ilr-, plus d'institiiti' II-. 1> nii'.'i^- :• :*\\*ti^ \.i.u •;• iiii'ir, la famille une «hir.*^ :<r r. i* ;r-. <iri i.--. <• . 1- ..j

cité, une asji'«m' rîiîi ■: . «'■ :-r. «if.»'* . i 1 '■ , • • ■ prime luul r-!a 3 s-i rf: jr .-■■.;:'. I '. • ..' , . . a perdu sa piy'/fi. :.• . : ;. . :• -

Je dirai simfi ■■■;.• r* '.,••.' .' :• ■. ■ •.'

lu les deux r r*:».»!:-:.*' • -*. .: •• . ' • >

celle-ci riirr.prr::. ::.:.'. - ...',.. iaiteaperdusrxir-rJt.T.-. • > 4 - *.. . . •..-/:.

A priori nous savons donc une chose : de quelque manière qu'on entende le spirituel, qu*on le prenne pour le système d'idées religieuses qui, selon l'Église, sert de base à la Justice, ou bien pour l'organisme juridique dont nous avons fait la physiologie ; quelle que soit en outre la démarcation qu'il plaise de mettre entre ces deux grandes catégories d'intérêts, le spirituel et le temporel ne peuvent subsister l'un sans l'autre ; ils doivent marcher à l'unisson; ils sont connexes, solidaires, pour ne pas dire identiques, et se déroulent, chacun de leur côté, en deux séries homologues. D'où il suit que, si le soin du temporel et du spirituel peut donner lieu à deux sortes de devoirs, par suite à deux espèces de fonctions, ceux qui exercent ces fonctions doivent être animés toujours du même esprit, obéir â la même foi, relever de la même conscience et de la même autorité. C'est ainsi que dans la constitution de l'État le pouvoir judiciaire a été séparé du pouvoir législatif, ce qui ne l'empêche pas de faire corps avec lui ; entre ces deux pouvoirs il y a différence, et pourtant unité. La même chose doit exister entre le temporel et le spirituel. ,

Dans les sociétés primitives, qui ne furent que le développement spontané de la juridiction familiale, la communauté de conscience, exprimée par la religion, se soutint longtemps : le spirituel et le temporel étaient intimement unis, pour ne* pas dire confondus. 11 en fut ainsi à Rome jusqu'à la dictature de César. L'église païenne ne se distinguait de l'état qui lui était corrélatif que d'une manière purement fonctionnelle, comme les branches du travail dans la production ; le même homme pouvait passer d'un ordre de fonctions à l'autre, souvent les cumuler : on sait que ce fut en qualité de souverain pontife que César réforma le calendrier. Entre le sace^ doce et la magistrature les conflits d'attributions ne

pouvaient avoir plus de gravité que chez nous le contlit entre un préfet et une cour impériale : une sentcnco émanée de plus haut y mettait fîn.

Tant que le spirituel, la foi à une conscience commune, fut vivante parmi les Romains, la Kcpublique, c'est-àdire le respect de cette conscience, malgré Je |»orpétuelles dissensions, fut comme la famille, inéhranlablf et inviolée : tel était à Rome le respect du prrc de famille et de la foi conjugale, tel fut aussi le respect du magistrat. On peut s'en faire une idée par doux traits : le consul mécontent de ses soldats ordonnait une décima- Uon, et l'armée obéissait; d'autres fois les légions, irritées contre leur général, se laissaient tailler en pièces afin de lui ôter Thonneur du triomphe : personne n'ci'il Osé mettre la main sur le premier magistrat, sur le pt^rc de la patrie.

Après la bataille de Pharsale, on [leut dire que le spirituel tout entier, dans Tétat romain, a disparu. I/eni|icreur n'est plus le père ; c'est un chef de prétoi iens, if dictateur de la plèbe contre le patriciyt, rex|irf's**ioij vivante de la scission dans la république. Il a b^rju revêtir les insignes du pontificat : il ne rej^résente plus la foi ni l'idée, il n*est que le ministre de la force. Mus de conscience commune : le divorrr* est partout ; la [i-itM nité n'a plus d'honneurs; les nouveaux U';:i.stes, avrr U-irs busses généralisations, la battent en brèche; le droit e^t diangé de fond en comble, selon la remarque de Tire- Live; les vieilles institutions méconnuifs, inc/>mfirin^, tombent en désuétude; le concubinage devient Tunion ordinaire, la famille se dissout; le pairic.at ou patronat n'est plus qu'un titre honorifique offert à U vanité pr^ ^ciale, mais qui n'a rien de sérieux ni de réel ; les coinices sont abrogés sans que le peuple les regrette ; h ^une aux harangues est sans voix, k sénad MTtit

chambre d'enregistrement; seuls » les avocats se font entendre dans les causes civiles et criminelles ; la noblesse, comme les femmes, est objet de luxe ; toute la religion se renferme dans les temples : bref, la famille romaine dissoute, la République est devenue un monstre, où le spirituel est un mot, le temporel une machine.

Le premier effet de cette exanimation de la République fut une réaction violente du parti des sénateurs. César, dictateur et souverain pontife, n'était plus le 'père de la patrie : c'était Saturne dévorant ses enfants. Il tombe frappé de vingt-deux coups de poignards. Et qui commande les conjurés? Brutus, son fils d'adoption. A César commence la série des régicides, ou pour mieux dire des parricides politiques. Mais la plèbe est la plus forte*, elle repousse l'ancien spirituel ; tout en adorant les anciens dieux, more majorum^ elle ne veut plus ni aristocratie, ni patronat; elle abjure, quoi qu'elle dise, les mœurs des ancêtres, aspire à la liberté, à Tégalité, af&^ mant par conséquent un autre spirituel, une reconstitution de la grande famille, tout un nouvel ordre de choses. Mais quel ordre ? La plèbe est incapable de le dire, l'empereur incapable de le deviner. Aussi l'empire, malgré son immense travail de codification, n'est plus dans le droit; il est, comme je l'ai dit ailleurs, dans l'idéal, sujet de la révolte par conséquent, justiciable de l'assassinat.

Il ne se peut pas cependant qu'une société se matérialise tout entière, que le spirituel s'absorbe dans le temporel, que, l'idéalisme suppléant la Justice, la vie de l'âme se réfugie dans les pompes du triomphe et les spectacles du cirque. Il faut que cette vie , épuiSée par les guerres civiles, se renouvelle, ou que Rome, la reine des nations, disparaisse. Ainsi le sentaient Virgile et les

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Ainsi ce qui caractérise rextinilion du spiril»***^ • son divorce d'avec h» temiMirel. dans nin' soiii**«'* * * régicide. Non que j*arruso les |iersé«!ili''s, rlir^'t *•"•*'* autres, d*avoir attenté à la vie d*» césai^ : iU i^ *^^ *'

garde. Jusqu'à ce qu'ils fussent devenus les maîtres, les chrétiens ne tirèrent pas l'épée; il n'y eut parmi eux ni révoltes ni complots. Le régicide est l'acte d'une société divisée, en révolte contre elle-même, et qui se nie eo la personne de son représentant. Le christianisme, tant qu'il fut hors la loi, ne fournit pas de régicides. Les empereurs sont frappés par ceux qui leur appartiennent : César est poignardé par firutus, son fils d'adoption; Auguste empoisonné, dit-on , par Livie sa femme; Tibère étouffé par son neveu Caligula ; celui-ci massacré par son tribun Chéréa; Claude empoisonné par Agrippine, après avoir été répudié par Messaline; Néron, Galba, Othon, Yitellius, tués par les prétoriens. Ainsi des autres. La conscience commune est morte dans Tempire : l'empereur est comme un père de famille qui prostitue sa femme, viole ses fils et ses filles, trahit sa maison, et que sa femme, ses enfants, ses domestiques, poursuivent comme un monstre. Lactance l'a vu, et c'est tout ce que contient de vrai son livre De Mortihus persecutorum ; les empereurs finissent misérablement parce qu'ils sont ennemis de la vraie religion, c'est-à-dire parce qu'il n'y a plus de foi sociale, plus d'esprit de famille, plus de vie spirituelle.

Enfin, ils se confessent vaincus. Constantin, voyant que le moral de la société lui échappe, prend une résolution désespérée : il se convertit au christianisme, déplace le siège de l'empire, abolit les prétoriens, demandant pour toute grâce de {)artager l'empire avec le Christ, Divisum imperium cum Christo Cœsar habeat ; trois grandes choses, mais trois choses inutiles, voire malheureuses.

Constantin a beau se faire président du concile, il n'y obtient pas même voix consultative; il est le sujet do Christ, l'ouaille de l'Église, l'évêque du dehors; il a perdu sans retour la paternité de la république, le pontifical

Le spirituel et le temporel demeurent séparés, et jusque dans la famille de Constantin le régicide exerce ses fureurs.

Constantin s'imagine qu'en transférant le siège de rempire> il se rendra plus facilement ifaaltre de l'esprit nouveau : erreur. Le christianisme est la transformation du paganisme; c^est au Panthéon, dans la métropole de ridolâtrie, que le Christ, crucifié à Jérusalem, établit le siège de son gouvernement. Que César porte ses pénates où il voudra, à Nicomé^ie, à Paris, à Milan, à Ravenne : le' pape garde Rome, il règne, et plus que l'empereur il commande.

Constantin dissout les gardes prétoriennes, c'est-à-dire qu'il détruit le dernier obstacle que rencontrât le despotisme, et rend ainsi plus irrévocable la scission sociale, par suite, l'antagonisme entre le Christ et César, entre l'Église et l'état. Aussi la vie des empereurs ne compte plus pour rien; la majesté impériale devient le jouet des barbares, et l'utopie du césarisme s'évanouit, en Occident devant les nations germaniques qu'absorbe TÉglise, en Orient devant les Sarrasins et les turcs, que porte l'Islam.

L'empire détruit, il semble que rien n'empêche plus le monde de retrouver cet esprit de famille qu'exprimait jadis la fusion des deux pouvoirs. La logique le veut : c'est ce que fait l'Orient par Tinstitution du califat. Un instant l'Islam menace d'envahir l'Europe, et de supplanter, par la vertu de son unité, la religion du Christ. Hais le spirituel de Mahomet n'est pas à la hauteur de la civilisation occidentale; antipathique au progrès, il ne tardera pas à déchoir, ou plutôt à faire déchoir les peuples qui lui confient la direction de leur conscience. Le Coran est donc écarté, mais seulement au profit de l'antagonisme, rétat résistante de toute sa force à l'absorption de l'Église, l'Église de son côté protestant sans cesse

contre les empiétements de l'État. Tel est le sens de l'agitation qui commence en Italie aussitôt après la fin de Fempire d'Occident, et qu'on voit se propager dans le monde chrétien, jusqu'au moment où la papauté est souffletée par Philippe le Bel, sa milice brûlée comme hérétique et immorale, et le siège de saint Pierre transféré à Avignon. En Tan 800, un compromis verbal avait ea lieu entre le pape Léon 111 et Charlemagne; mais on évite de rien définir; la question reste en suspens, ni TÉglise ni TÉtat n*ayant assez de puissance pour la trancher. Dans la donnée évangélique, une solution du problème était même impossible. Mon royaume n*est pas de ce monde^ avait dit le Christ devant Pilate, se plaçant ainsi lui-même, par cette parole malheureuse, hors du monde réel, sacrifiant son Église avant qu'elle existât, et condamnant sa propre religion. Jules César avait ouvert Tère du régicide; Jésus en fit, pour ainsi dire, un dogme : à eux commence la responsabilité morale des assassinats. Entre temps le régicide se déchaîne avec un redoublement de violence sur les rois et sur les papes. Jamais ne se vit pareille foi à l'autorité, et jamais pareil mépris de la personne royale, impériale, pontificale. •• Enfin théologiens et jurisconsultes en viennent, par une apostasie réciproque, à poser en principe la séparation du spirituel et du temporel, comme s'ils avaient eu, les uns et les autres, le secret de gouverner des âmes sans corps ou des corps sans âmes. Mais la raison des sociétés ne se plie point à ces accommodements : telle est la nécessité de l'unité que, malgré la séparation, le droit divin pénétrant la société lui impose sa constitution féodale et mo- . narchique, pendant que le pape, souverain temporel d'une portion de l'Italie, lève, par son administration ecclésiastique, des contributioYis sur le monde. Au 16® siècVe, \a U&Çovme combat, dans ses prêches, U

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Rê%olution, ^liir m"Ii taia«Uii |tiii^i t.|iti..|«ii | .m ilioo du diuit Ui%ii. l'tii v*! .ii,-.iii.>.i. t;.i iip.iiii I psr M défiai iiii«*i* *•■ - 'îi'ni itt i (.••n.ii.- ti itn it par sa hauu* \u '.illi-f* i»«< •* i <y.ii(i •!• «.innfii.. jses, |iar su d«*)piHv>hi«»i «îu < àt t^« | ..i .«.■•'••.- n

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de même tant que la Rérolatîoo ne sera pas définitive.

Toix de droite : Prédîcateor d'assassins !

Voix de la montagne : Mort anx tyrans!...

Et me Toila oonTainca, par mes paroles et par mon parti, d*aToir entrepris Tapologie du pins grand des forfaite.

— Gloyens, répondrai-je à mes intermpteurs, j*ai reconnu, et pnissé-je Fassumer tonte sur ma tête, la complicité morale ; mais, loin que je m*en vante , j*aorais plutôt en?ie d*en pleurer. Accordez-moi dix minutes, et TOUS jugerez en connaissance de cause.

Nous savons ce qui produit le régicide : nous pouvoos en apprécier la moralité. Quelle moralité étrange! Ici le pour et le contre se trouvent tellement connexes, qu'ooe solution franche devient impossible. «Ëcoutez cette proposition :

On peut toujours poser un cas de régicide tel que k conscience publique prenne parti pour Passassin contre le prince; mais dans ce cas-là même il existe toujours des raisons qui font du régicide^ au point de vue du droit et de la morale, un acte exorbitant^ un crime, dont le fanatisme du coupable peut seul atténuer Vhorreur.

N'insistons pas sur la première partie de la proposition : c'est une de ces thèses qu'il n*est pas bon de développer devant les imaginations faibles, que le vertige du meurtre entraîne plus aisément que l'attrait de la charité. Qu'il me suffise ici du témoignage de Platon. Le nom de tyran^ dit ce prince des moralistes, implique dans sa définition quelque chose de si noir, que la conscience se refuse à condamner le citoyen qui se dévoue pour en purger la patrie. Et force nous est d'avouer qu'il y a du vrai dans ce jugement, quand nous voyons quelle pitié a excitée, en faveur d'un Orsini, la simple allégatiofl

ïUij- e ^naBU!::u; est j^ihipr. ^ .r-mi:-.»-. <îi:-

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pis iKMi&-]ii(aijes ct qaesi coi:c Ov>u>*"irvi»v' r,*;* .*- >a, pas de criiùe : t'est K- preniier axumir »';»: •^i^^»» ^^'^♦ml En DBon, la conslilution spintuc^Ur. K\i\\ s.^\ù.^ jv,%«imH 'égitimer une accusation do lyranmr. uo\»«.i*o»i p<*» ''accusation elle-même ne peut w* foiwnloi . olU* iui*^«q«.'

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d'éléments; bien plus, elle devient contradictoire, et i nous achoppons à une antinomie analogue à celle soulève la question de la peine de mort.

La théorie n*a nulle peine à établir que le s^ijet m la conscience est éteinte peut et doit être occis ; mais < ment constater une pareille extinction de la consde L'homme a beau s'enfoncer dans le crime, il est tonjc homme ; la conscience ne meurt jamais en lui tout il C'est pour cela que, chez les nations chrétiennes où peine de mort est en usage, on a soin de réconcilier l^i damné : comme si la société le priait de consentir i propre supplice, de faire de sa mort un sacrifice taire à la s^urité publique, en un mot, de moraliser i trépas par son dévouement.

U en est ainsi du tyrannicide. Sans loi positive qoi détermine, il est contradictoire dans les termes, dte impuissant, nuisible même à la cause qu'il prétend partant injuste.

Le tyrannicide est contradictoire, je veux dire par qu'au moment même où la conspiration frappe le tendu despote, il aflirme lui-même le despotisme: venons d'en avoir un exemple dans Orsini.

Je n'ai nulle envie de dégrader ce supplicié : jesaisqirti faut ménager les religions populaires, quelles qu'en soieil les idoles; et Orsini, par la dignité de ses derniers DW ments, est devenu, comme Jacques Clément, pour bea»coup de monde un saint. Mais Orsini s'est trompé :tf pareil cas, Terreur est criminelle. Il voulait que Napoléon III, aujourd'hui maître des affaires, proclamât l'ini'' pendance de l'Italie, déclarât, pour soutenir cette isli' pendance, la guerre à rAutriche, à la Prusse, i tofliï TAllemagne, à TAngleterre, déchaînât sur l'Europe la' Révolution, en deux mots décrétât, en vertu de sonautO' cratie, la liberté des peuples et l'égalité de tous les hoiB'

omiiie pas si les préleniioiis d^Orsini éUieBt justes, anâeauBGODdequeiie religion agissait cel booune. ooiiBcience k dirigeail ? Que saTail-il de la Révohh nr en parlei ? De quel droit, caporal bomh^^>denr, ftît41 de trente-six miliions d'existeDoes? Et qui ae i qu'en s'adrefisant à l'anmipotenoe impériale, H fi de la 'volouté de la nation! Même quand il de la liberté et de J'égaiité, un chef d'étal ne doit er qœ ce qui a été résolu dans les oonsdls du toute initiatire personnelle de sa pari est usnr- ; quels que soient son titre et ses piérogalives K, en réalité il règne et ne gouverne pas. ait à Oiïini de conjecturer que, rEmpereor enlevé la xatie lui succède, et qu'elle exécute ce qu'il n*a pas au an chef actuel de l'état d'entrqirendre. Qndie lie, d'abord, pon^'ait aroir Orsini de cette succès» ••• Puis, quand même les démocrales, passant sur ps de l'Empereur, seraient remontés au pouvoir, -ce qui prouve qu'ils eussent dû faire et qu'ils it fait en 1858 autre chose que ce qu'ils ont fait 18? Jusqu'à ce que la foi révolutionnaire soit expo- L démocratie n'est en France, comme la bourgeoisie rléanisme, qu'un parti, un intérêt; ce n'est rien ersel, rien de légitime. La démocratie, pas plm >rléanisme ou l'empire, ne représente la consdenea ys, n*en exprime le spirituel. Eût-elle contoqni iple dans ses comices, comme en 1848? St oui» Uê inces fondées sur le régicide risquent d'être (Misement trompées; si non, c'est le despotisme» lot duit la pensée de dictature qui circule, en mèOMl \ que celle de régicide, parmi les masses : o^ait [uoi nul républicain aimant la liberté, régalliéi la !6, ayant le respect des formea légales ei dei fO«

lontés de son pays, ne peut applaudir à la pensée qui a conduit le bras d'Orsini. • '.

Le régicide est contradictoire encore à un autre point de vue, qui le rend injuste : c*est que le despote, tyran on autocrate, qu*il s*agit de détruire, n*est pas seul, n'existe pas par lui-même ; il est le produit, le gérant d'une sita»» tionj il a derrière lui tout un monde; le seul fait de son ! existence suppose une masse d'intérêts groupés sous son nom et représentés en sa personne. Je n'applaudis pas plus au coup d'état de décembre qu'à celui de brumaire; mais il m'est impossible de méconnaître la signification de pareils actes, provoqués par la violence des situations, et qui par eux-mêmes n'entachent pas plus le gouve^ nement dans un pays où la commune conscience s'ignore, ne rendent par conséquent pas plus le prince usurpateur, que les acclamations de la multitude, et ses suffrages, et ses lampions, ne le rendent légitime.

Vous voulez tuer le tyran, c'est bien; mais il faut auparavant savoir si, à l'exception dé ceux contre qui la tyrannie s'est faite, il y a quelqu'un qui prolesle : sans cela vous sortez du droit et du sens commun. Le parti socialiste, le parti rouge, accuse de tyrannie l'empereur parce qu'il n'est ni rouge, ni socialiste, ni révolutionnaire : ne voilà-t-il pas une belle définition !. ..

Ditçs-moi, le corps électoral, en 1851, a-t-il protesté? 11 n'avait pour cela qu'à se taire ; eh bien non ! il a volé : à Paris seulement il y a eu 196,000 oui contre 96,000 no», en tout 292,000 contre le régicide. L'année dernière, les mêmes électeurs ont-ils protesté? Non, encore: ils. ont accepté le combat... sur le terrain de l'opposition constitutionnelle! L'Église, les tribunaux, la Cour de cassation, ont-ils protesté? Les académies, les écoles, ont-elles protesté? La Bourse a-t-elle baissé? Les chambres de commerce, les conseils de prud'hommes, l'ordre des avocats,

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die pnAertJlMi ô* î-fcrr? te xv^fC^ «crv^rs^ ,ft^ es profWfKeî Cért«, «i f«i Mts?^ r^rcv ri«eift ,>i mble; lus soean s'en TC4it: docç ii'.'vr:^ rvrix sict v Dte; Doos fooniKs k <iKt« beicv 2u?$. ^xx >àtf ^ui lfî^* lolkm que àt racôeo résiic^. Hi^ .j^cau^ 3tu£xM^ 1 pareil Iraraîl d'aircvir, d^ fui res>/:< t>nL3*Ki>> v(w

nôtre; ce qoi dots pè-e esl plutôl îi ùUÎî^f v^w '•/ spotiame : pour rhonneur de la Frin.v» ff |»i\>^eTS',' •Dire le régicide. Le régicide, gniîd Dw« ! v:'e>l U vVttunnatioD dn socialisme. Oiez du dli-iKxi\ièiii^ ^ûi^^W h, lestioii sociale, le ooap d eUt da i déiVtuNrv^ el U rv«>^nration de l'empire sont impossibles* Ole^ U ^u^lkstit Knale, et Napoléon 111 dépose son aele »ddilkuiu^ ^m il nnbe« Ëtes-Tous résolus, démocrates» dVn tuùr à U^l rix avec TEmpereur? Pas besoin de U>niU^ : vM^^- OQs au comte de Paris.

k vrai dire, il n'existe ni tyran, ni dtsyotff^ : i >*l wu *ve de l'imagination , un mytlio. Il y a» ^t^U^i Iv* cirinstances, des chefs de parli, comme il y » tk^s \\\vii

de barricades; des ambitieux qui s'élèvent au pouvoir par le conflit des passions et des intérêts^ voilà tout. Il se peut aussi que l'individu revêtu des insignes de la souveraineté ajoute par ses mœurs personnelles à la félonie de son usurpation : on peut dire qu'alors il réalise en sa personne le suicide social, résultant de la scission du temporel et du spirituel* C'est le spectacle que présente l'histoire si curieuse des empereurs romains. Fils du divorce, l'empereur sent qu'il n'a plus le souffle de vie; il a conscience de son matérialisme ; il hait par coq* séquent, comme son antagoniste et son juge, cet esprit nouveau qui s'agite autour de lui ; il le défie et l'insalte par sa propre dépravation. Scélérat par désespoir, César ne tarde pas à tomber victime des siens : pourquoi les sectateurs de la foi nouvelle s'occuperaient-ils de sa chute! Ils seraient insensés, criminels. Eux, les spirituels, rendre cet infortuné responsable de la corruption dont il est le représentant! ce serait se faire ses complices, confesser leur indignité et leur impuissance.

Le régicide, en effet , n'aboutit pas , il ne peut pas aboutir; pourquoi? parce qu'il n'est pas un acte de il communauté juridique, qui seule peut régénérer la société; il est le produit d'une communauté de péché. Quel homme, plus que César, mérita jamais, malgré n clémence et toutes ses qualités aimables, l'épithètede tyran? César, selon moi, fut justement puni, ce qui ne prouve pas du tout que ses meurtriers fussent innocents; ce que je trouve même de beau dans l'acte de Brutusesl rinsulte faite, en la personne du dictateur, à la plèta féroce et imbécile. Mais quoi! si vous frappez César, nobles conjurés, si vous brisez l'idole populaire, c'erf que vous êtes meilleurs que César et son parti, appareinment; c'est que vous avez ce qui lui manque, la religi* de l'avenir. D'où vient donc cette antipathie que to*

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près Aiipisto, TiUto, un num^itro |»armi li-s iiuMi^lrr^, ne vinpt-tn»is an> : do tmiti*^ |i;irN mii lui rli''\i* dm ipleset di*s aiitrls; :ni\ \ilU*s <^iii lui tli'in.iiiilfiii l:i |ntsion dfî lo fairu dii-n, il ri''|»oii«l m iHiaiil iiu'oii li* \$e tranquille. (*.ali;:iihi, riviirlitinc, ir^iir i|ii.iIM' aim; ude, idiot, qiiatnrzi' ans; Nrnm, (|ii;itoi7i* uir%; homi- I, seize ans; (lomiiKNli*, troi/o \\\\^\ v\ Ihiih |M»|iiilaiii'P ime jamais ne riireiit Trajun, ni M in-Auii-hî. %*i*hlw:i! t encore unv fois, à d<V(*t*>^''r <lii \%"^\v\\\v''. ronie de la Justic» sanrti()iin<*ll<* ' Ino ii.ili«»n a (wrilii sens moral: de ro iiiomciit t'ili: n'a dr fm i|ijVn to 5e. Là comriipnriî r/hi fx pi al ion M;ii% li foiri* ré^ me à 17*1 re qu«r la conw ii-n» <? m-uW* *I«mI ^ou^i-rfMf ' einc établi, le d<-sj>/»l<' d<'\i«.'nt un 'AiyA d«' li.nf*'', ** loint de mire 'W *oniriii»iH Iti-ndt-n'^t la \At^^^\ arî... Son, réporid la ïm^Kum, \w% ims •*»•« ym \At$^^

car vous êtes devenus méchants; vous adorerez un maître, et vous le haïrez tout en Tadorant, et vous le tuerez. Mais vous le tuerez en vain, parce que ce maître c*est vous; et quoi qu'il ait fait vous ne le tuerez pas sans crime, parce que le vrai coupable c'est encore vous.

Le régicide, enfin, ne résout rien, il empêche même les solutions de se produire; par là il se retourne contre le parti qui remploie, et dont il devient la condamnation.

Pendant douze siècles, depuis la fin de Tempire d'Occident jusqu'à la Révolution française, l'Italie fait un usage continuel de Tassassinat politique et de la proscription. C'est en Italie qu'est née cette idée stupide, importée en France par Pianori, Tibaldi, Orsini, de couper court aux difficultés sans combat, sans émeute, sans bruit, par la suppression pure et simple de Thomme qu'on juge être un embarras. A quoi l'Italie a-t-elle abouli! Sait-elle seulement ce qu'elle veut etxse qu'elle est? Ici on rêve l'unité ; là, la fédération ; Gioberti prêche la papauté constitutionnelle et libérale, et quand Rossi vient en faire l'essai, il tombe sous le couteau des démocrates. La mort de Rossi est le crime inexpiable de la démocratie romaine; elle a fait plus de mal à Tltalie que l'occupation française. Orsini et consorts protestent contre l'occupation étrangère : pour faire cesser cette occupation ils appellent à grands cris l'étranger, et parce que l'étranger que l'Italie appelle ne se presse pas de chasser l'étranger qui Toccupe, on assassine cet étranger. Quel patriotisme!

Ravaillac fut de sa personne un régicide aussi respectable qu'on en vit oncques, pieux, désintéressé, simple de cœur, intrépide. En fut-il jamais de plus mal inspiré? Si Henri IV vit encore dix ans, il épargne à la France la régence funeste de Marie de Médicis, abat l'influence espagnole, donne la main à Richelieu, qui, rendu plus fort par J'autoritc du roi, plus assuré dans sa politique, aurait

tt iMNii épugner le Maarin et f;ui In 1j jciiiii*»m cla aaiê Xf V. Incapable d'otiservrr son ftiùrle et «reii «uit ra I Barehet le régicide i*nn|karc de l'avenir comme ti 'aienir élail la propriété; il préju(r<f riiUtnin*, comme •^ en élail la Providence ; il nu't !M>n tons |irivc à la place le la raifon des choses, rrigo son ranatiitiiu* au-d<itMi« le la volonté générale. Monlr(*/-moi, jp \oiii prir, quel- |ia chose de plus despoti«|Uc «|ur \v. ré;:intir.

J*entcnds que l'on me dit : Vous pri**ch<'X rinipunilé de I Ijranniev ton innocence niêiiif*. l/inipiiiiiti\ rri({rn en logme, équivaut a une dirlaration li'innfM'rncr.

Je ne prêche Timpunité ni n'alliriiir riniKM-niro d» la yrannîe« puisque je condamn<* la \ii* d la iNTM^nne des yrans; puisque je r«*connais au t\raimîridf* «li*s miitifi PatténiMlion* et que ji* signale tyrans et t>rannicides Mnme la demièn* ei pression d'un «Hat dp cImim«h df*fttiln«'t le spirituel, commç le »rcau du rirnmoralilt* mn-iuIi:.

Je fais simplement rhisturiquo du pliPiioiiif •im* ; j'pii nootre Torigine, les symplAiiips, U;s am'-s rt \v^ îii- ■eoès; je prouve que, la t>ranAie nVrtant suM-rptihle nî pQDe définition lêgislatî\p, ni par coii!i«'i|ii''nt d'un«* Hnction pénale, le tyrannicid«' «-st, ronimo la |m'iih; do aori, tue idée qui implique rontradirtioii, uiu* antîlomie. Or, comme C4*tti' aiitiruHiiie n'if^t p:is «le celles ina la raison pratiqui* df l'huriianité roiiMruil et utilise ir le balancement dp leurs termit», qu'elle doit au roiitaire disparaître entièrement axtn: la cause qui l'a amcée ei ne peut donner lieu à une maxime, j'ai i-u raihoii edire d'elle : Qiestiox insoluble par la lofjîtfue, et iur 9pielle'1cmte philosophie doit déclarer son incompétence. ieia sîgniBe que l'attentat à la |iersf>nne d'un enj|>ereur H uniquement livré à l'apprériation du jur\, sans qu'il oit permis de poser à cf-t égard aucune rV*«:le f^énérale*

Il n'y a rien, absolument rien à tirer, |K>ur la conduite

des partis et des nations, de cette hypothèse : S'il est

PERMIS DE METTRE A MORT UN TYRAN? Ce tyran fûtril NétOD

ou Tibère» pas plus que de ces autres : SHl est permis de se parjurer avec un parjure; S'il est permis à unJiU, dans certains cas^ de tuer son père; Si le mari qui iur^ prend sa femme en adultère a le droit et le devoir de la poignarder. Le jury, je le répète, peut, selon les circonstances, trouver des atténuations : je crois qu*il eût été plus moral, par exemple, de jeter Ravaillac dans un couvent,.en considération de son fanatisme, que de l'écarteler. Ce sont là sujets de tragédie, non questions de droit : la Justice, qui ne veut jamais la mort du pécheur, ne peut pas non plus glorifier celui qui, sous prétexte de la sauver, lui fait outrage; et toujours la conscience publique, revenue de son emportement, se séparera de qui fut parjure, môme pour le service d'une sainte cause, ou assassin.

Citoyens, pour faire le procès au chef de l'état, il faudrait que nous fussions en état de grâce, et nous avons perdu jusqu*à la notion du droit. Nous ressemblons à une nation de contrebandiers : nous traitons la Justice comme la douane ; chacun demande protection pour la marchandise qu'il vend, liberté pour celle qu'il achète, et comme les deux ne peuvent aller ensemble, tout le monde se livre à la fraude. Pas vu, pas pris; celui qui se laisse saisir paye Tamende, mais n'est point déshonoré. Sur ce les plus harcelés posent la question : Si, la liberté du commerce étant de droit naturel, il est permis de résister à la douane, même par les armes ? A quoi je réponds ; Faites la balance des forces et des services, et vous n'aurez plus alTaire du douanier. Hors de là, vous êtes des fripons et des brigands.

Comment alors, me demandez-vous, sortir de celle situation atroce qui nous tient, comme un dilemme aux

cornes sanglantes, entre le parricide et le viol de la liberté? Comment en finif avec la tyrannie?

Je vous le dirai tout à l'heure; mais il faut auparavant que je relève l'interpellation qui m'a été adressée de la droite. Les plus régicides parmi nous ne sont pas ceux qu'on accuse : je supplie mes coreligionnaires politiques et socialistes de ne pas tant faire, sur ce chapitre, les fanfarons.

Toute maladie de l'être vivant, physique ou morale, s'épuise à la longue : la lèpre a disparu de l'Europe, le despotisme et le régicide en disparaîtront à leur tour. Vient un jour où la société, ayant acquis la conscience de son immoralité séculaire, veut en sortir, restaurer en soi le spirituel, par là s'assurer tout à la fois contre l'abus du pouvoir et contre la révolte.

La Révolution française n'a pas d'autre objet. Jusqu'à ce moment, il est vrai, la Révolution a procédé avec plus de spontanéité que de réflexion ; elle s'est établie d'abotd dans le fait; puis, comme il arrive toujours, devant le fait vainqueur Tidée a été négligée, et depuis 89 l'attentat politique, ou le régicide^, qui en est la forme la plus violente, remplit notre histoire. Quand il ne s'adresse pas au prince, il se fait conspiration, insurrection, société secrète : le criminaliste peut, quant à la gravité, graduer ces faits; devant la philosophie, qui considère la généralité et la raison des choses, tout cela est de même catégorie, produit de la même illusion, symptôme du même mal. Que l'attentat s'appelle liberticide^ populicide^ arts- ^aiicidej républicanicide ou régicide^ il n'y a pas, quant i la qualité, de différence.

En 1789 la convocation des états généraux est faite P^la couronne : la nation, régulièrement appelée, envoie

ses représentants pour coopérer avec le prince au nomrd établissement social et politique. Tout se passe d'abord avec calme : c'est le moment de la popularité de Louis XVI; il est le père de la pairie; la France est sa famille : h devise fameuse, la Nation^ la Loi, le Roi^ imprimée sur toutes les monnaies, en exprime du moins le voeu. Toos sont animés du même esprit ; mais quel est cet esprit? Personne ne le peut définir ; il reste enveloppé dans d'obscurs oracles, ou se^ manifeste par des coups de tonnerre qui fanatisent la multitude, terrifient les aristocrates. De nouveau la scission éclate entre le spiritiiel et le temporel, bien moins par la protestation de rÉglise, que wn dogme plaçait naturellement hors de la Révolution, que par Tapostasie involontaire des représentants qui, a|Nfis avoir dépouillé le clergé, nié son droit divin, élevé 11 tolérance au-dessus de la religion, continuent cependant à confier à l'ancien sacerdoce la direction du spirituel.

De ce moment la Révolution paraissant, comme on Ta tant répété de fois, hors le droit et hors la morale, le régicide entre dans sa pratique; il fait, pour ainsi dire, partie de sa profession de foi. Le premier acte pai' lequel Tcsprit de révolte se manifeste est le serment du Jeu de paume : pas un Français qui n'y applaudisse. Quels sont les auteurs de ce fameux serment? Remarquez ceci : des bourgeois, des hommes d'ordre avant tout, auxquels se rallie une partie des députés de la noblesse et du clergé.

Le serment du Jeu de paume aboutit à l'exécution du 21 janvier. Qui la vota? Des bourgeois encore, des hommes d'ordre, et notez que s'ils se divisèrent sur la peine, ils furent unanimes pour la condamnation. Par cette unanimité la Convention affirmait l'existence d'un nouvel ordre spirituel, auquel Louis XVI, fidèle à sa tradition, avait failli.

Louis XVI mort, l'attentat politique est en perma-

leoce : c'est la ccniscience de la Révolulion ifai se dierche.

Lepelletier de Saint-Fai^eau est tué par le garde dv »rps Pâlis; La Gironde renversée, le 2 juin, par les Monlagnards; Marat assassiné par Charlotte Corday; Hébert et Danton envoyés à Féchafaud par Robespierm, qpii, délaissé le lendemain par les patriotes, tombe sous (a réaction de thermidor. Robespierre, cependant, croyait avoir Tesprit de la Révolulion : le pauvre homme s*élaii trop imbu de celui de Jean-Jacques; il ne fut, en 94, que le contrefacteur de TÉglise alors proscrite.

Le directeur La Rcveiilère-Lépeaux, homme probe el ferme, se crut aussi en possession du spirituel républicain : un calembour eut raison de sa théo-phikmihmpie^ Repoussée en fructidor, Tinsurrection du parti de Tordre triomphe en brumaire ; et le Direcloire passe, plus bal que la Terreur même.

Comme Robespierre et La Réveiilère-Lépeaux, Bona^^ parte a le sentiment profond de ce qui manque à la Franco : jl cherche autour de lui, ne trouve que des idéoiogues^ et, reveuant à la religion des aïeux, il signe le Concordat. Que pouvait-il faire? Ceux qui lui ont reproché d'avoir rétabli TÉglise eussent-ils mieux aimé qu'il laissi\t la nation dans le matérialisme où Tavait jetée le Directoire?».. Vais aussitôt se lèvent contre lui républicains et mona^ (listes : Puisqu'il rappelle les prêtres, disent les premiers, il ne représente pas la Révolution ; puisqu'il abandonne la Révolution, disent les autres, pourquoi no rappelle-t-il < pas les princes légitimes et se fait*il empereur?...

Ainsi Tattentat politique n'a plus même pour prétexte la tyrannie: ni Louis XVI, ni Mirabeau ou Barnave, ni la Glande, ni Marat, ni Robespierre, ni les Directeurs, ni le P^mier Consul, ne furent des tyrans : c'est pour une cause

toute morale qu'on les tue, qu'on les assassine. Cén Topino-Lebrun et Aréna; Georges Cadoudal, Sain gent» Moreau, Pichegru, Malet, sont encore plus des tradicteurs que des conspirateurs : aussi les transf tions, les exécutions, l^nlèvement du duc d^Ëng sont en pure perte. Le droit révolutionnaire méconi scission est partout dans les idées et dans les chose raison publique» ni foi publique, en un mot pas d rituel. La bourgeoisie constitutionnelle, qui n*a pi truit l'ancien régime pour courber la tête sous le d'un soldat, n'attend qu'une occasion ; elle se pré en 1814 : appuyé par Tétranger, le Sénat conserv prononce la déchéance de Napoléon.

Pour remonter sur le trône de leurs pères, qu'en c t-il aux Bourbons? Une charte. La Charte, c'est la proi de constituer le spirituel de la Révolution. Oublio réaction de 1815; ne prenons pas les actes d'une situ violente pour des actes de tyrannie. Est-ce que Louis] et Charles X furent des tyrans? Cependant les ce rations se multiplient autour d'eux, essentielle bourgeoises, dirigées par Manuel, Benjamin Constar Fayette, Foy, chantées par Béranger, caressées par l d'Orléans. La pensée qui, en 1820, conduit le poigna Louvel, est la même que celle qui joua pendant q ans la comédie. Et pourquoi cette sainte horreur i Restauration? Analysez les prétendus griefs, réduis fatras de déclamations à son expression la plus su vous trouverez que le véritable reproche qu'on ad aux Bourbons est de suivre, faute de mieux, l'esprit tien, de n'avoir pas l'esprit de la Révolution.

Elle règne enfin cette bourgeoisie puritaine, si ja de ses institutions de 89 : sans doute elle va nous di qu'est pour elle la Révolution. Non : elle est fonc ment matériaUste, éclectique tout au plus, sans pria

t te attwiiw|3ieE. ■Cartes if ^^uiwjipwhiib ^^r^i^lilil^ itt âir iscraraiigisc gBmBÔBiiL r isi i nrtar ^Ar K lit àùniuanite^ TEWPeaBiA ^ li ■fffcm riaiMfeiMw

mrsàns, 4^ àttk T^uà». Oa » <èffflnaiilf ynel» awxH mrma k Vns dTca tliliii, d^■l Ite«ri< wefiLaiwu^mt fDteààtqaà fil apfsiHr le JunfciiHr re âe LutmA^mttp^ fv M. CtfikMhRHnvI^ iM ifHii h ao kuM|<Kt do 22 fiêirîcrM. ée LaoeHVtinew sooitmes eo lépoUiqne. Le GownenMMMil |viiK saum-t-îl de quel esprit il procède? S*iirtM«il sr, cwgaiiîfier le droit des masses, ùilMf^oi^ Il Dce sociale, prendre la dîredàoo des UMX^itii p«K , si graTem^it oatnigées par le dernier |^Hl^lv«^ ,1 Hélas! il fat honnête, le GouTernemenl pv\>vi« aais aussi étranger à Fespiit de la Révolulion qm rgeois de la Yeitle, devenus les conseillers du l«ii« . Si, se disaient les dénH)crates, nous tH>uvitm» l'Église ! Nous aurions enfin ce spirituel qui nmw e, et dont le défaut nous fera périr tout à rhmir«it%t comme tout le monde sait, Tidée do M» RunhM )n école. Visiblement la République n*OAt pan née les énergiques du parti, qui 8*on «aperçoivont , nt le Gouvernement provisoirei inoapablo do riW la question du spirituel, d'entretenir rnKlintlotl temporel : comme si les révolutions n*AViiiant |mil jt de faire cesser les agitations !...

3riode de 1848 à 1852 ne fut qu'un long r^glflidd.— mandez-vous, est ce régicide T — Dans los rtintiiriHIet contre-manifestations de* mars, avril, mat 114^ '

dans le guet-apens de juin ; dans les émeutes de janvier et juin 1849; dans les lois de répression, les fusillades et les Iransportations ; dans rexpédition romaine, la loi du 31 mai, la coalition des partis dynastiques, qui, autant et plus que l'entraînement populaire, décida Télection de 1848 et donna Tabsolution au coup d*état...

Est-ce que ces faits, toujours les mêmes, ne révèlent pas en nous, tous tant que nous sommes, proscripteurs et proscrits, régicides et populicides, monarchistes et démocrates, bourgeois et plébéiens, partisans de l'autorité et partisans de l'anarchie, je ne sais quel vertige, causé par la discordance de nos idées, par le vide de nos consciences et l'inharmonie de nos institutions? Si Ton en doutait, je ferais remarquer, chose non moins extraordinaire que cette obstination du régicide, que, depuis la convocation des états généraux jusqu'à cette année 1858, c'est toujours le même parti qui, sous des noms différents, a été au pouvoir, le parti de l'ordre. Et rassurez- vous, ce sera encore le parti de l'ordre qui gouvernera quand la république sociale aura été proclamée : en France, le parti de Tordre est indéfectible, il n'y en a pas d'autre.

Qui, depuis Turgot jusqu'à Necker, prépare la convocation des états généraux, c'est-à-dire la Révolution? La haute bourgeoisie, jointe à la magistrature, à la partie la plus éclairée du clergé et de la noblesse, aux princes du sang eux-mêmes, tout ce qu'on peut voir de plus conservateur, de plus amoureux de l'ordre. M. Droz, de l'Académie française, en a raconté Timpartiale histoire. Que furent les constituants de toute nuance, et après eux la Gironde et les Jacobins ? Bourgeois, amis de l'ordre. Robespierre était un monsieur^ ni plus ni moins que tnes' sieurs du Directoire : le sobriquet leur en est resté. Ni Danton, ni Marat, ni Hébert, chefs de la plèbe, des sansculottes et des septembriseurs, ne gouvernèrent, n'é-

faits pour Ç"ii\mt»^ « f«« r^ti»-u Ar^-anivai/itii nr I, un 10 4<'iit, ub 3l m a .><«.nftiml i:iir rr(«v on; quant au |iriu«iiir. ;i* 1. 1 ti.::ai. ri ^^%. in r clle-mruir. qtn liura qu^l.>:;t n^H^. la Im^nii \To d(* nmscnalitin, ii'U\rr ^i'oitln .

& nr iiTcniln-/ pa^ Na|Hilr«i|i, ni.tl,:Tt ^ y%*^ nl.mii', n druiapu^'ii*'. Sii'>i'-s l'I li-^ Vnni'ii^. \i.ii« .iiiimi^ i|i (l'i't.it il*' lirufiiain', iliirriil ii»iii|i|ii nti |, il sanMl«Miti* : |iiii'^iii' la Imhiiu'i'ih^ii*. • n IMI •iimhhi

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amours-propres, des riTalités, beaucoup d*illogisme ^de malentendu : devant la Révolution, rien. On s'est cm ,| séparé par des abîmes, on s'est fait une guerre qui est allée maintes fois jusqu'à la conspiration et au régicide : les événements de 48 et 61 ont fait .voir qu'entre les uns et les autres il n'y avait pas un cheveu, et e'est poiinfuoi l'on se fusionne. Mais comme, dans ce monde qui a cessé de croire au droit divin, on ne sait pas mieux pour cela ce qu'est le droit de la Révolution, et comme c'est ce droit qu'on cherche d'instinct, comme c'est par lui qu'on jure, le ralliement général opéré on recommencera la guerre, et le régicide sortira de nouveau des rangs de l'ordre, à moins, ainsi qu'on le demandait tout à llieure, que l'ordre ne trouve le moyen d'en finir.

Ce moyen, que le développement même du régicide devait à la fin indiquer, je puis le faire connaître, sans m'en attribuer aucunement la gloire.

Qu'est-ce qui caractérise le régicide, tel que nous le voyons se pratiquer depuis la Révolution ?

Sous les empereurs romains, -il avait pour cause la ruine du spirituel, la matérialisation de la société.

Après la victoire de TÉglise, la cause du régicide se modifie : ce n'est plus Tabsence du spirituel, c'est sa séparation d'avec le temporel.

Depuis la Révolution, qui nie le droit divin, qui par conséquent affirme, comme les sociétés primitives, l'unité et l'identité des deux puissances, le motif ou le prétexte du régicide est l'infidélité du prince au spirituel nouveau, l'oftense systématique à la conscience de la Révolution.

Or, ce spirituel est inconnu; personne n'a expliqué le dogme révolutionnaire : c'est un desideratum que l'empirisme et l'enthousiasme ne sauraient suppléer, et qu'il appartient à la raison pubhque seule de découvrir.

Je dis donc que, dans une société où le régicide ne

titode de «Tanls honorables n*ont pas Tair de so dout«r.

Les conséquences de cet état de choses sont des plus grates. Il est de nunïo^ prnii l<*s savants ^s sciences ma* Ibénàtiqucs et f »hysiqui*s, ili* plaisanter de ce problème de li certitude qui tourmenti* si fort les {ihilosophes. Ils de* iraient s'apercevoir pourtant, rc^ positivistes, et par leur propre eiemple, que c'est pnVisrnient cette incertitude de la certitude qui entendre k* sreptirisme, non-seule* ■MOl métaphysique, mais scientifique ot moral ; que c*rst par là que la science, devenant à son tour opinion pro- Mle* perd sa majesté et ne sert plus qu'à Tambition et à Torpieil ; par là que le droit se change en raison d'église, en raison académique et en raison d'état. Ainsi, la philosophie manquant par la base, rim|>uissance de ffaéraliser croissant en raison de l'accumulation des matériaux, le savant tourne au charlatan : en faut^il davantage pour affirmer, ici comme partout, la présence d'une sanction vengeresse T

Cmutrueîion de la philoMophie.

L'incohérence du savoir ranit^née à sa véritable cause, qui est l'ignorance do nous-m^mes etdt* l:i Justice, on peut essayer, non pas, à Texomple de certains philosophes, de déduire du moi pur toute réalité et toute idée, el de créer le monde par le mouvement de ce moi pur, mais simplement de rétablir l'ordre dans le désordre, en montrant, à l'aide de la Justice mieux connue, l'homogénéilé de tout le savoir.

Je me dis que l'homme et les choses, la civilisation el l'univers, le règne moral et le règne de la nature, formant probablement tin tout iiomogcne, isonome, solidaire, les lois de ma raison étant par conséquent les mêmes qtie celles du monde, je n'ai besoin que de suivre cette raisoii, en la contrôlant sans cesse par l'expérience» et de Tap^

et positif comme une équation d'algèbre. Qui eût osé jadis, en présence de telles fureurs, sous un gouvernement irrité et qui a la force, témoigner de son intérêt pour des régicides? Eh bieq! nous ne refusons pas une certaine sympathie aux malheureux qui, égarés par le trouble de leur conscience, se dévouent à ce qu'ils croient le salut de leur église ; ce nous est même une consolation, dans l'immoralité qui nous submerge» de voir que l'attentat d'un Orsini, si absurde dans ses motifs, si nuisible à la démocratie à cette heure décimée, aura du moins servi à réveiller le sens moral chez des gens qui n'en montraient plus. Nous déplorons le régicide, non pas seulement par des considérations de philanthropie vulgaire, mais parce qu'il accuse la scission de la société, parce qu'il nous prouve que la Révolution n'est pas faite, et qu'elle n'est pas faite parce que la spiritualité n'en est pas comprise.

Pourquoi maintenant, Monseigneur, ne nous entendrions-nous pas, vous et moi, pour proclamer, chacun dans notre sphère d'action, ces grandes vérités? Je dirais à mes coreligionnaires :

Socialistes et rouges, laissez, selon la parole de l'Évangile, les morts exécuter les morts. Le système des droits et des devoirs trouvé, la poursuite de la tyrannie ne vous appartient plus ; c'est pratique de réacteurs, que votre conscience révolutionnaire vous interdit. Vous n'êtes plus de cette société en plein suicide : ce qui s'y passe pour ou contre le chef de l'État est au-dessous de votre horizon. Que l'établissement politique change de titre et de titulaire, tant que la conscience du pays sera ce qu'elle est, vous n'avez pas même, à l'égard de cet établissement, de vœux à former. Que vous importe le prince, dès lors que le système vous demeure hostile? Le mal que vos ennemis ont voulu vous faire, ils l'expient : n'arrêtez pas

tes la |keaaâ& ie ^ Kf^ f i]icji:iu iiKiie«iùitf^>tca:s ^ r<ii^^^K de celle fy^''^»^^^^ ^z r^-^scàie « v{uî 4 vvtrUûi^ i^;>^tf^ saisit ks putift et ks ftac^Âes: $iiMi>(i«K^^\>UK^ t^ui^ l^Xl^ quité ne tODfce, l'cmr wt sa nrlerar pltts^ v|u^ vWx^i^Ul lia Justice, et que la iii«t»:i^^ «{uot 4u\>a ^il vtiU 1^'^ )kij^ besoin de coops de nuin. Cooipne^iei un«» tW ^u^ wAX^ principe ne peut s'empanT du moode qiHi» Uu jvH^v vm!^» par sa pleine possession, tous seivi «iss^*» vaîlUuU vU^ tète et de cœur pour Taffirnier hauleiiit^nU ol m v^m» immiscer plus, d'intention ni de ftiil^ ikUsS i^^^^ t^H^m^* nats. Eh! ne Toyez-Tous pas déjà le.^ sauvô» i)o IHftt iHMl^ spirer contre leur sauveur, et le \*enl des ilôolu^Miu^^ ftt> lever, à leur appel, de la bourgeoise, niotmivhi<|U() ^t conservatrice Angleterre? Ne voyei-vous \mi^ i|uo {Vt^ ^\* pulsions, ces transportations, qui vous exuHpèiiMil, mi bien moins pour objet la sécurité do lu porttouun iiii|iâ> riale que cellq^ de son successeur? Tello ohI rinlluxihlM raison des choses, que même en vous poiUHulvunl, vuiin les complices présumés de Tattenlal, hm rnH|)(i(*iid)lMf9 amis de Tordre sont (à leur insu, je lo Miippcmo) iU^\h iV'jjj. cides. Ne faut-il pas, quoiqu'il advicfénn, éliiniurr uvfuil tout les socialistes? Quoi qu'il advikn»nkI.,. TttiidU doiiij que la conservation fait scission, coinmo %Um mi Mlil amoureusement le président du G^rp» l<îgli*lttijf ; i«/idj^ que par son dédaigneux silence elle ammr^é^^ miMmM et au dehors, les attaques à une mqijj»t/î qijVl(« mUmiU couvrir, unissez-vous dans la Kévolulion; muU*4m'mê% les ons \e& autres; afiprenez à confc^ r voli^j Un j/^,^ |^ proie, comme il convient 4 des hommi^ Ui^a^^ f^^, 1^^ le mcurlie comme des esclave*, hmt^T^é^^ ^ffUM44 «ODspirer avec Tétninger cwirn k ff^^t^^t^^^f^ 4^ ^P»y»> V^ q»"*' *wl' y^tUsuà^ y^ 4iti^, mtU^^^A ««e« wifedainawse; u^juUysi y^ y>- , w ^ ^^^

blique doit devenir universelle, ni la conscience anglaise, ni la conscience russe, ni la conscience autrichienne, n'ont pour le moment rien de commun avec la vôtre. Ce que Tétranger ferait contre un pouvoir qui vous pèse, il ne le fera pas pour vous ; il n'est pas entré, par la Révolution, dans voire famille; à ses appels vous devez répondre toujours, comme Hermione :

Et tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux De mourir avec lui que de vivre avec vous.

Et vous, Monseigneur, et vos collègues dans l'épiscopat, vous diriez à l'empereur, dans une adresse solennelle : Sire, les attentats qui nous épouvantent, et qui tant de fois depuis six ans ont menacé votre personne sacrée, sont une preuve éclatante que la Justice est violée quelque pari dans les profondeurs sociales. Une contagion si horrible, qui s'empare des natures les plus généreuses, ne peut être que reflet de cette inévitable sanction qui, nous rendant à juste titre solidaires, puisque la corruption nous est commune, sévit sur le peuple par le paupérisme, sur les princes par l'assassinat, sur les classes élevées par les crises financières et commerciales, l'agiotage, la banqueroute, les liquidations et les révolutions. Recherchons, Sire, d'un cœur sincère, en quoi consiste cette violation du droit : quelque sacrifice que la Justice exige de vous, prenez-en hautement la défense; couvrezvous de ce bouclier devant lequel le fulminate perdra sa force, et les bombes infernales deviendront inexplosibles. On nous dénonce, Sire, et Ton a raison de dénoncer, la séparation qui existe, dans votre empire, entre le temporel et le spirituel, et Ton demande le retour à l'unité. Nous savons, chefs du ministère ecclésiastique, de quelle menace est pour la foi du Christ cette revendication du pirituel par des hommes signalés jusqu'à ce moment omme les ennemis implacables de tout ordre, de tout

T^H et de lonle iBorale; nous n^bésiions pas cependant ^ déclarer que, si oeUe reTendication est juste, TÉglise ^^ prête à y satisfaire, parce que l'Église n'est établie %^^en Tue de la J nstice, et que sod fondateur s'étant sacrifié I^ur la Justice, elle ne peut désirer rien de plus glorimuc pour elle que de se sacrifier à son tour pour la Justice*

Avec la Justice pour principe. Sire, il n*y a plus, ainsi <Iue vous l'aTCZ dit Toos-mème, il ne peut plus y avoir de partis : car nul ne peut Touloir plus que la Justice, moins que la Justice, autrement que la Justice ; hors de la Justice, il n'existe pas de drapeau, pas de cocarde, pas même d*intérét. Devant la Justice, toute classification sociale, toute nuance d*opinion disparait : bourgeoisie M plèbe, conservateurs, progressistes, rétrogrades, sont des mots dépourvus de sens. Pas phis d'exagération à craindre que de modérantisme. Ni blancs, ni rouges, ni tricolores; ni aristocrates, ni démocrates. Un même esprit anime les citoyens : la spontanéité populaire n*a plus rien de dangereux; le suffrage universel, que nous avons vu, par rintelligence, à la hauteur des champs de mai de Clovîs et de Gharlemagne, devient aussi calme, aussi sage que votre sénat. Les trois dynasties elles-mêmes peuvent se réconcilier : ne semble-t-il pas que tel ait été le vœu secret de la France , quand , par trois fois, en 1789, en 1830 et en 1848, elle choisit les trois couleurs?

Sire, un bruit, répandu par la malveillance, citcule parmi les masses : La monarchie, dit-on, ne veut pas le bien du peuple; elle ne veut pas la Justice. En eM-elle la volonté, elle n'en aurait pas le pouvoir ; son principe s'y oppose. Entre la monarchie et la Justice, il y a in* compatibilité essentielle, traditionnello... Démentez, Sire, ces insinuations calomnieuses ; montrez que vous voules, que vous pouvez, que vous savez, et puisse Votre Majesté vivre longtemps, votre dynastie toujours!...

•. — Sancllon dans la philosophie.

Critique de la philosophie*

S*il est une vérité certaine en philosophie, c'est que la , philosophie n*est pas faite. L'ensemble du savoir, tel qu^l se présente aujourd'hui, et malgré les travaux immemei j des modernes, ne forme nullement un tout cohérent a ^ soi, un système naturels comme on Ta dit du syst^. des plantes substitué par Bernard et Laurent de Jusofli à celui de Linnée. Ce n*est rien de plus qu'un agrégit d'observations et d'hypothèses reliées entre elles parte assimilations dialectiques, des analogies, des transitioM oratoires, auxquelles s'ajoutent des problèmes inintelligibles, contradictoires dans leurs termes, provisoiremo^ reçus comme articles de foi.

Et non-seulement l'epcyclopédie des connaissances humaines n'est pas constituée, on ne découvre même pas, dans ce chaos philosophique, l'instrument ou le principe d'une constitution, puisqu'on dépit des poursuivants de l'absolu nous ne possédons, dans l'état actuel du savoir, qu'une certitude étroitement subjective, et que rien ne nous garantit que ce qui semble vrai à notre raison le soit en effet.

En autres termes : le corps des sciences dites natvrelUs ou exactes, en ce moment les plus avancées, ne se relie par rien de positif, de réel, de concret, au corps des sciences dites morales ou sociales, présentement les plus en retard. Or, comme la certitude que nous avons des choses n'est autre en dernière analyse que la certitude que nous avons de nous-mêmes, et que la certitude ou la connaissance que nous avons de nous-mêmes est à peu près nulle, il •^'ensuit que ce que nous savons le mieux, nous le savons

i^ertu de ce que nous ne savons pas ; ce dont une roui'

lîtildA i\p savants honorables n'ont |)as l'air de S4> douter. Les cons^ucncos de rot état de choses sont dos plus praves. Il ost do miNlc, parmi los savants ^s srionces mathém2iti(|iios ot filiysiquos, ilo plaisanter de ce problème de la certitudo qui tnurmento si fort les philosophes. Ils dovraiont s*a()orrovoir fiourtanl, ces positivistes* et par leur propre o\emplo, que c'est pnTiséniont cette incertitude de la cortiliido qui entendre le sooptii'isme, non-seulement mi^lnphysique, mais scionlifiiiuo ot moral ; que cVst par là que la scionco, devenant a son tour opinion pr(H bable^ perd sa mAJosté et ne sort plus qu'à l'ambition et à Torpueil ; par là que le droit se change en raison d'église, en raison académique ot en raison d*état. Ainsi* la philosofihie manquant par la base, l'impuissance de généraliser rmissant en raison de l'accumulation des mitériaux, le s^iviiut tourne au charlatan : en faut-il davantage pour afliruior, iii i-onime partout, la présence d'une sanction vi*ng<Tesse T

Construction de la phitotophie.

l/incohéreni'o du savoir ramenée à sa véritable canMt qui est rignorance d(* nous-mêmes ot d«* la Justice* on peut essayer, non |»as, à l'oxoiiiple de certains pliilosopiieSp de déduire «lu moi pur toute réalité et toute idée* et de créer le monde fiar le mouvement de ce uioi pur* mais simplement de rétablir Turdre dans le désordre* en moo- U^nt, à l'aide de la Justice mieux connue, l'homogénéité de tout le savoir.

Je me dis que rhomm«* et les choses, la civilisation et 1* Univers, l«* rè;;ne moral et le règne de la nature, formant probablement un tout honiogên*** isonome, solidaire* les ■ois do ma raison étant |)ar conséquent les mômes que ^lles du monde, je n'ai bes4>in que de suivre celte raison* ^ la contrôlant *^iis ccssf; par rex|.érience, et de l'ap«

pliquer aux choses comme si elle était aussi la leur, pour que tôt ou tard l'identité des deux raisons, la mienne et celle du monde, m'apparaisse.

Au lieu de m*enfermer dans un prétendu moi pur, tout à fait inane, je me place donc en plein monde, et, cherchant le mètre dont j*ai besoin, je me demande : Quelle est la faculté qui me distingue plus expressément des autres êtres, en vertu de laquelle je deviens spécifiquement moi, c'est-à-dire homme? J*ai besoin tout d'abord de le savoir, puisque, devant partir de moi homme pour aller à la reconnaissance de l'univers, me prenant moimême pour mesure et raison des choses, c'est ce qui me fait homme que je dois d'abord connattre.

Ce qui excelle en moi, qui me distingue au plus haut degré, et me pose avec le plus d'énergie comme homme, n'est pas l'intelligence, ni Pamour, ni la liberté; c'est la Justice. C'est donc la Justice que je prendrai pour instrument de mes recherches, pivot de ma philosophie, principe et fin de mon être, mot de cette grande énigme que j'appelle l'univers.

La Justice se pose officiellement dans l'état et les institutions civiles : là, si la science est ardue, du moins elle ne sort guère de la subjectivité ; comme elle est toute de l'homme, elle ne soulève pas de difficulté à l'égard des choses, qui, loin de lui faire obstacle, lui viendront plutôt en aide.

Le premier pas du moi vers le non- moi a lieu lorsque le moi vierit à considérer ce qui se passe en lui comme la manifestation d'un non-moi, et en fait l'objet de sa recherche. Or, quel est le produit instinctif et spontané du moi, qui le fait apparaître à ses propres yeux comme un non-moi? C'est, entre autres, la religion. Qu'est-ce que la religion? Une allégorie de la Justice. La Justice donc

vivait seule nous révéler le sens de- cette poésie reli-

gieuse ; du même coup, nous faire comprendre la formation de la parole, Torigine de l'écriture et des arts.

Ainsi, par la Justice, Thomme apprend à se connaître lui-même ; il s*assure de la polarité de son être, sujetobjet, et en constate l'identité. Pour connaître le monde, et donner aux choses l'homologation de son autonomie, il n'a rien de plus à faire que ce qu'il a fait pour se connaître, chercher l'horizon sous lequel son moi lui apparaît comme sujet de l'univers, Tunivers comme objet ou non^-moi de ce moi, et les deux réunis, comme sujet-objet, on tout identique.

Ce point de partage, la Justice le fournit encore. Par sa dualité organique, elle nous démontre, nous rend palpable, ce que notre intelligence naturellement simpliste n'eût jamais soupçonné, la possibilité d'une existence en deux personnes.

Tel est en effet le couple conjugal, organe de la faculté juridique. Dans ce couple, soit que je considère la forme du corps ou la qualité de l'enl rudement, soit que j'envisage la conscience et Tamour, Tiinité de l'être et sa dua- Uté me semblent également crrtaines, à tel point que je ne sais vraiment si, dans ce ('X)uple, il existe deux personnes, ou s'il n'y en a qu'une seule. — En même temps se découvre la finalité du règne végétal et du règne animal, créés l'un et l'autre d'après la loi de sexualité, pour servir de piédestal au mariage, de préparation à la Justice, et de symbole aux évolutions de l'histoire.

Par le mariage, toute la nature organisée fait partie de moi : la vie universelle n'est qu'une irradiation de ma conscience. Un pas de plus, et ce moi, que je ne savais comment rattacher au monde, l'embrasse tout entier.

Si du mariage je passe à la famille, puis de celle-ci à la cité, et que je pénètre de plus en f>liis dans ce mystère Organo-psychique d'une personnalité duelle et plurielle,

le raisonnement et l'expérience me conduisent à admettre dans la collectivité sociale, comme dans l'individu et dans le couple, une force, une raison et une conscience propVe. En sorte que je suis amené à considérer la société humaine comme une réalité aussi réelle que les individualités qui la composent; par suite, de concevoir la collectivité ou le groupe comme la condition de toute existence, la série comme la base de toute idée et de tout concept. Les choses spirituelles me donnent ainsi Tintelligence des matérielles ; et réciproquement la niatière, corps simples, corps composés, avec les forces qui s'en dégagent, tout cela n^est plus pour moi, comme le mot de matière l'indique, que le matériel du monde moral, l'instrumentation de la Justice.

Enfin, chose surprenante, eu égard à mes préjugés d'école, c'est à l'aide de ces notions de force collective, de groupe, de série, que je m'élève à l'intelligence et à la certitude de mon libre arbitre, de toutes mes idées la plus difficile à atteindre. Grâce à la notion enfin expliquée du libre arbitre, je me rends compte de cet idéal qui me ravit, de ce progrès qui est ma loi, et qui consiste, non pas en une évolution fatale de l'humanité, mais dans son affran chissement indéfini de toute fatalité. Par le libre arbitre, je connais Torigine du mal, les causes qui font décroître la Justice et déchoir les nations; je puis poser les principes d'une esthétique et d'une philosophie de l'histoire.

Alors, l'idée d'une harmonie universelle entre dans mon âme : je me dis qu'entre le monde de la nature et le monde de la Justice, loi, force, substance, tout est identique; qu'ainsi, comme l'ordre est parfait entre les sphères qui parcourent l'espace, la proportion immuable entre les éléments dont se compose toute créature, il en doit être de même entre les hommes. Et le fait vient auS'

sitôt conflrmer Thypothèse. L'économie, la politique, Tor-' ganisation de l'atelier, la Raison publique elle-même, se résolvent en un système de pondérations ou de balances; dans cette analogie de législation entre le Cosmos et VAt^ thrôpos apparaît l'identité de Tesprit qui les anime, latent dans le premier, libre dans le second.

Que les classiPicateurs, les d*Alembert, les Ampère, les Aug. Comte, les Geoffroy Saint-Hiiaire, dressent maintenant, chacun à sa guise, Farbre ou tableau encyclopédique, ce n*est plus qu'une affaire de convenance partic^ulière et de génie personnel. L'essentiel est obtenu, IMdentité de principe et de fin de la création, démontrée par la théorie de la Justice.

Solution du problème de la certitude*

Cette question tant controversée de la certitude, sur laquelle Hume, Kant, Jouiïroy, croyaient le scepticisme invincible, n'a plus rien qui nous embarrasse : la Justice nous en a rendus maîtres, comme du reste.

Il s'agit de savoir si la manière dont nous concevons les choses est conforme à ce qui se passe dans les choses; si le compte rendu de notre raison est adéquat à ta réalité des phénomènes.

Pour lever ce doute, je rappelle d'abord, d'après l'observation déjà faite, que ce qui distingue et qui constitue spécifiquement le moi humain est la Justice; qu'ainsi la question revient à demander si les lois de l'entendement, fatales chez l'homme, par conséquent objectives, c'est-àdire appartenant au non-moi, sont identiques et adéquates à celles de la conscience, qui seule constitue notre subjectivité ; en autres termes, si les notions sur lesquelles ^\me notre savoir sont tout à la fois des révélations de l'expérience et des actes du sens moral, des formes de la Pensée et des formes de la Justice.

Ramené à ces termes, hors desquels il cesserait d'être intelligible, le problème est victorieusement résolu ; nous n'avons à faire qu'une simple constatation.

Ainsi V antinomie j devenue d'um si grand usage dans.la dialectique, sur laquelle d*ailleurs régnent encore beaucoup d'illusions, l'antinomie est un fait de la conscience juridique, en même temps qu'un phénomène de l'entendement. Nous la sentons au cœur, d'abord dans Tamour que nous inspire la femme, puis dans ce sentiment d'émulation qui fait que nous voulons être traités, en toute chose, comme les autres hommes, les balancer, ce que la Révolution appelle éqaiité devant la loi. •

La série est un fait de la conscience juridique en même temps qu'une loi de Tentendement : nous la sentons encore au fond de l'âme, en premier lieu dans la commune conscience ou lien familial, plus tard dans la force de collectivité, en vertu de laquelle chacun de nous réclame, comme travailleur, sa part du produit collectif, comme citoyen sa coopéralion au gouvernement, protestant contre toute exploitation de sa personne et toute autorité.

Le principe de causalité est un fait de la conscience juridiqueen même temps qu'une notion de l'entendement: nous le sentons dans le remords. Ainsi du reste.

Or, la série, l'antinomie, la notion de causalité, la formation des concepts, constituent toute la logique et la métaphysique. A ce propos, j'aurais à faire voir que les axiomes de l'éthique, donnés dans la conscience en raêmç temps que dans l'entendement, ont un caractère plus élémentaire que les axiomes de mathématique : de sorte que la science économique est contemporaine, dans l'esprit de la géométrie, de l'arithmétique et de l'algèbre, et suit une marche parallèle. Je néglige ces curiosités.

Ainsi, pour faire cesser le scepticisme métaphysique "^u spéculatif, il fallait au préalable faire cesser le scepti-

eiame juridique : plac^ le moi, non phHi dans l'entendement pur, mais dans la conscience ; démontrer ensuite, par l'analyse des laiu propres à chaque faculté, Tidentité de ces deux propositions : Vuniver$ ni établi $ur les lois de la Justice^ La Jusiite est organisée d'après les tais de r univers; puis résoudre ces deux propositions en une seule : Le ststéxe nés lois de la Jcstice est la xéiie

eilOSB QUE LE STSTÉXE DES LOIS DU «05DE, AGISSANT DAlfS l'AME HCM AI$E 5031 PLUS SECLEMEÎÇT COME IDÉES Ot XOTIOSS, MAIS C<mV B AFrecnONS et SEXTOfEinS.

Rapport de la Justice et de Cidéal.

Un phénomène dont je ne méconnais pas Tapparence, bien que j'en nie positirement la réalité, à plus forte raison la l^itimité, est l'état stattonnaire, pour ne pas dire le mouTcment rétn^^rade de la poésie et de Fart, depuis les temps andens jusqu'à nos jours. Cest à ce point qu'on a iait de la décadence de l'idéal une sorte de loi de la cirilisation et comme un corollaire du progrès, en soutenant que la poésie et l'art, de même que la religion, appartiennent surtout à la jeunesse des peuples et en caractérisent les débuts.

Mais cette apparence de rétr<^radation est inconciliable arec les aspirations les plus authentiques de la société et toutes les données de la philosophie.

Comment se lait-îl que la recherche du beau, legontde la poésie et de Tart, soient d'autant plus Tifs que la dWlisation est eUe-méme plus (Aewée , ce qui implique cette contradiction de psychologie, que plus Fâme aurait d'ardeur pour une chose, moins die aurait la faculté de la produire?

Le beau, dit Kant, est l'expression symbolique du bien moral : comment, « Tintelligence du bien moral ai^mesle; ee ^'atlerte le pn^rès de la cirilisation, son sym-

bole, qui est Tidéal, iombe-t-il au-dessous de la réalité qu'il exprime If

L'art, selon M. de Schelling, est le couronnement de la science philosophique , la floraison du savoir, avait dit Young. Gomment, si la racine et la tige se développent toujours, produisent même, ce qui vaut mieux, des fruits toujours plus focaux, la floraison est-elle nulle? Comment, en ajoutant sans cesse à ses triomphes, la science perdrait-elle sa couronne?...

J'insiste sur la thèse que j*ai soutenue précédemment (Étude IX), toute paradoxale qu'elle soit : la rétrogradation de ridéal est une apparence de notre civilisation chrétienne, un eff'et des agitations de la conscience universelle et de la tristesse où, depuis plus de 2,000 ans, le dogme de la chute a jeté l'humanité.

La poésie est le chant de la liberté, glorieuse de sa propre vertu; Tart, de même que la femme, son inimortelle et toujours plus belle révélatrice, le moyen par lequel l'âme se provoque et s'excite à la Justice. Depuis que Platon, le premier, est venu raconter aux mortels effrayés rhistoire des enfers, les mystères de Texpiation et de la métempsycose, l'esprit a perdu sa sérénité, et nous sommes entrés dans les campagnes désolées. La poésie a cessé de couler, comme autrefois, limpide et sans effort; elle est devenue un regret, une prière, une plainte, un rêve, une imprécation, une ironie, trop souvent une contrefaçon. Mais jusque dans cette condition malheureuse le génie a témoigné de sa puissance; le talent des artistes a été, comme toujours, supérieur à l'angoisse générale : par là il s'est montré supérieur à lui-même, à ce qu'il avait été aux plus heureux temps de sa jeunesse.

La même solidarité qui, dans les sociétés modernes, engendre le paupérisme et soulève contre tout pouvoir le f*égicide et la révolte, détermine aussi la décadence de la

^ttéralore et de Tart ; la même solidarité par conséquent ^{ui nous guérira de la misère fera refleurir ridéaÛ Un ^rt nouveau s*agite, conçu dans les entrailles de la Ré* >olution : je le sens, je le devine, tout incapble que je sois d'en fournir le moindre exemplaire; homme de mon siècle, pauvre et navré, je reste au-dessous de cette littérature qui ne connaît plus ni mythes, ni princes, ni nobles, ni serfs, qui parle toutes les langues, ennoblit tout travail, honore d*un salut égal toute condition^ et dont la devise est à jamais Justice et Liberté.

le vous en fais juge à présent, Monseigneur : n*est-il pas vrai qu*avec mes éludes tronquées je me trouve en possession d'un corps de doctrine plus complet, plus positif sans comparaison, et cent fois mieux lié que le vôtre? On croyait la philosophie morte depuis Hegel : la voici qui ressuscite sous la plume d*un révolutionnaire, d*un démolisseur, d*un ennemi de Dieu^ avec un caractère d'unité, de simplicité et de puissance que ne lui connurent jamais ni les Allemands ni les Grecs. Parce que j'ai cherché avant tout la Justice, niant, contredisant, renversant tout ce qui n^était pas elle, Tintelligence ' générale des choses m'a été donnée par surcroit ; je ne songeais pQÎnt à produire un système, et le voilà sorti de ma négation comme Minerve du cerveau de Jupiter; je ne possède de la science que des lambeaux, et dan^ ces lambeaux il y a plus de vérité, grâce à la Révolution dont j*ai entrepris l'exégèse, que dans toutes les encyclopédies contemporaines.

Ce que la philosophie antérieure, après un labeur de quarante siècles, n'avait pu expliquer, la Révolution, en quelques mots, accessibles à toutes les intelligences, nous le livre : quelle sanction plus authentique pourraiUelle donner de sa morale? quel paraphe de l'Être suprême,

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