CHAPITRE VI
De là littérature dans ses rapports avec le progrès et la décadence des nations. — Suite.
Maintenant, un nouveau progrès dans la littérature ttt-il possible?
Cette question revient à demander si Tesprit qui anime les sociétés peut engendrer un nouveau cycle littéraire, supérieur au cycle de Virgile comme celui-ci l'avait été au cycle d'Homère.
Car, nous le savons, l'esprit humain ne peut ni se répéter ni rétrograder; il avance, ou il s'éteint.
Or, le droit ne s'arrête pas, le droit, motif supérieur de tout idéal. La notion de Justice, qui a monté d'Homère à Virgile, n'a certes pas rétrogradé depuis Virgile jusqu'à nous. Quant à la gnose, en dépit des religionnaires dont bfaconde, plus que la foi, nous obsède, elle s'est transfonnée; die a nom aujourd'hui la Science.
Je rafArme donc sans hésiter» comme l'Enéide évincé l'Iliade, il était nécessaire qu*ane autre é| chassât le cycle virgilien; qn'à Tordre hiérardiii, sacerdotal inauguré par les césars, consacré par TÉgl) repris par Gharlemagne, soutenu par Charles-Quint Louis XIV, succédât un ordre de liberté, d'égalité, travail, de science et de paix.
Cette nouvelle épopée, nous en connaissons le siqet^ l'objet : c'est la Révolution.
Qu'est-ce que la Révolution?
La fin de l'âge religieux, aristocratique, monarcbiil et bourgeois ; l'équation de l'homme et de Thumanité,
C'est le règne de la vertu sans la grâce, la justificafl sans sacrements, la prépondérance définitive du droit l'idéal, la souveraineté du travail comme condition' sujet de l'art. .
Expliquons, du point de vue purement littéraire»' grand mouvement.
L'Église ayant supplanté l'empire, l'Évangile dn usurpant sur les âmes Tautorité qui. devait appai à la théosophie de Virgile, la littérature créée par PÉn^ dut se reformer d'abord sur la Bible, et recevoir, toutes ses parties, le baptême chrétien.
Cependant, comme les langues ne chantent pas, que les poètes et les corneilles, pour toutes les eam fallait attendre, pour opérer cette transformation, du latin fussent sortis de nouveaux idiomes, qui, n*à avec lui de commun que les racines, eussent perdu solidarité avec le polythéisme. Les proses riméeà de: glise ne compteront jamais c^mme littérature.
Telle est la raison historique des poèmes de fléi formation que Ton voit se prçduire du treuiAme i
•ni a-l-r- -
j.jij. i r • '. • ■ "
\'\\* iir- . ■ ■ •
l If't»"*»' rit" T; " T. ■ . ' - ■ • ••
w- iii'l .1 I !i :.• r - •• . - ■ ■■
la rit»' J»' F» ••:: !...
irjivin-i«'i|!K-iit «r.'r * : •• Ti».*. l "• I •
rV-li! nnl iîi!i<l.i i'-""!"'. : * i!.- 1.- t» n.. '
à nMM'iir»* !•• | ;ti"' «'t !•< rr-;- -i ' . ijin ' i ■ ■ ■ ■\t-5 lui f'fi! <nli \«' liiiil |. !.fii|i.f.' .11. I •! • l iMrî-«rl* l'ît l'it' n! i'i-.pi'i l'j «fif .i r »*•«. uti riir [•!• l'/irn*- •!•■ ! i • .' . ' . i»-
miri'l»-. *\ I'.* • •" [*- 'M ■ ' '^ i- •
Iji oke, Bayle, est en train de tirer des prémisses posé par les prolestants le déisme, auquel Roussçau doniM plus tard la popularité; nous ne sommes qu'à vingt ai de la naissance de Voltaire : et Milton, Milton hérétiqn Milton républicain, Milton régicide, se met à chaut le Paradis perdUy la déchéance de Thumanité. Paiif aveugle!...
Camoëns prend pour sujet de sa Lusiade la découver du cap de Bonne-Espérance. A la bonne heure! celui- Haire l'avenir; il comprend que les découvertes d^ Christophe-Colomb, d'un Yasco de Gama, d'unGuta berg, sont d'une tout autre importance que la sort d'Éden, le voyage aux Enfers, et la mission de Pion l'Ermite. Camoëns travaille pour la Révolution, il ft * vraiment de la matière épique; mais je ne crois pas qi j'ôte rien à sa gloire en disant que le Portugal n'est (N le genre humain, ni la géographie une profession de k
Que dire d'un Klopstock, 1723-1803, d'un compatriol de Kant, qui naît et meurt avec Kant, et qui s'avise i remettre sur le métier le thème messianique, quao YÉdîication de V Humanité de Lessing, quand la tok rancc de Voltaire, quand l'initiative encyclopédique i Diderot, quand la Critique de la Raison pure^ de Kai quand la Révolution tout entière, enfin, ne laissent ph rien subsister du messianisme?... On peut juger en pi sant combien ridicule et anachronique était cette éool slave, représentée naguère par MM. Wronski, Towianal Mickievicz, et dont le mystère était de reprendre au pnl du tsar, de la Pologne si Ton veut, la donnée épique i messie juif, pour ne pas dire de l'empereur romain.
Le moindre défaut de ces prétendues épopées esl i manquer de réalité, d'actualité, d'objet, partant de géflt car il n'y a pas de génie là où Tœuvre poétique se rédi /) une fantaisie individuelle, bonne peut-être pour
te loisir des lettrés, mais étranglât au mouxï^nu^nt «lo I*histoire et à toates les aspirations des peuples.
ÂQ reste, TEurope ^tière a protesté depuis trois si^los contre ces réminiscences des antiques ô)x>|>ôos; m^ vrais poèmes sociaux, nos rcTélations révotutiouuain^, st^nl fantagruel^ Roland Furieux^ Don Quichottfy iW Bias, Candide^ et, toute licence à part, la PuceUe.
Ainsi, malgré les grandes qualités des |XH''tes que je viens de citer, une épopée chrétienne, après Virgile, no pouvant être qu'un travestissement, moins que cela, un anachronisme, une littérature chrétienne no |H>uvait ^tro aussi, par la nature des choses, qu'un rhabillage. Personne, ni pendant tout le moyen Age, ni apr^s la Renaissance, ni au 17' siècle, n*a cru à son originalité, et cVst ce qui fit la fortune de Châteaubriant. Ijo Génie du Chriatia" nisme eut tout Téclat d'un paradoxe, presque aussitôt oublié que mis au jour. Après la littérature des anciens, il n*y apas d'autre littérature que la littérature révolutionnaire.
Je ne sais qui a dit que le Français n'avait pas la tôte épique : c'est à propos de Dante, Tasse, Milton, KIophtock, ipe cela a été dit. M. de Lamartine, dont Ich jiigenienlH littéraires sont de la même force que les jugernentH (tolitiqiies,a cru devoir répéter cette énormité dans son Coun fmmlier de lUtérature.
Oh! certes, le bon sens gaulois n'aurait eu garde de m fainer une épopée comme la Divine Comédie^ la Jéru" tikm délivrée, le Paradis perdu ou la Meniade ; i-X (yn fie fcitîiiie surtout en Voltaire, c'ent Texc^hive mé'lio* éde sa Heoriade. Jedculeiaîsde lui fei, dani» oi (;<;iiie ÛD|valicable, il avait égalé s^^ulement l>ant/; ou TaiiKL Lt foême de Voltaire hH i^untti en un uM : fJmfime:
Mais je n'en soutiens pas moins, contre l'opinion acoéi allée, que le Français seul, parmi les peuples modemel a la iMc véritablement épique, et je le prouve : c'est qd lui seul, et par deux fois, depuis la chute du monde m main, a conçu et produit l'épopée. J
11 y a, dans Thistoire de notre littérature, deux moi monts é|)iquos et qui tous deux ont été saisis avec paii sanco. Le premier embrasse toute la période des troubfr dours, dont le plus illustre, Tauteur du poème de Roland, soutient la comparaison avec Homère. Ici, du moins, nom trouvons une poésie franchement nationale, populaira^ réaliste, expression naïve et grandiose d'une époque, M SCS sentiments et de ses idées. Quand les ténèbres chrfci tiennes pesaient sur le monde, la France, par son granl cœur autant que par la spontanéité de son génie, qdi ne savait rien des Latins ni des Grecs, la France féodaH se mit à recommencer la civilisation en refaisant à d| manière, savcz-vous quoi? Tlliade. Adorable ignorance^ dont nous sommes glorieusement revenus. Une Iliadi a[)pelait une l'inéide, avec tous ses accessoires politiqueiî philosophiques, religieux et sociaux; c'était recommencfll la civilisation : Tlliade française était sans objet. L'espcil humain ne se répète pas : la poésie des nations n'avti| point à refaire Homère, pas plus qu'à contrefaire VirgilaJ elle devait, en les surpassant, les continuer. 'i
Le second moment é[)ique de notre littérature est l(j Révohition, dont j'ai dit déjà que les premiers rapsode^ sont Rabelais, Cervantes, Arioste, Lesage et Voltaire, soi^' tout Voltaire. CVst la thèse que nous développerons toril à riieure.
Concluons d'abord contre les calomniateurs du g&jl français, et que ce soit vérité acquise : 1^ que toute littlj rature sérieuse, nationale, expression d'une société» til hase épique dans cette société : c'est ce que démontre V
t l ,■ ■ .4. il»' I»'..'
■.•■!■ -i *.-nt f.nni"» < : ri -.-n i^i mr-ir» i;r "< r» '*!ji illi ili** )■• • Mil i i!i Ihiri'uM r.' - I*. '1 •!'! ini'Tid»' IV-mIiI i i i !,r. lii n i ■ i- * r II'* •!'.•""• , |'itliii!i'* i|i 1 1 Ml '•Il xi\o f.^r'i- !; iri-lil tl'i ri t'Ifi' !•■ iliiniri-' Ci» }..-r.rp. pîii- .iiii- j irii.iiK |.i -r.|.,.|. m ,]|| I . !»•■ «"TJ I :i- ii:''îni- à lin |«ii; !.. jj
Ainsi se trouve justifié le sentiment d'Aristote, que le drame est le premier des genres en littérature. Le poème épique est une forme de jeunesse, tout au plus de réno» vation politique et religieuse, mais qui ne convient plus à ràgc viril et juridique de Thumanité. Dirons-nous, avec d'iiioptes critiques, que Timagination a faibli, parce que riiistoire, le droit, la raison, la science, le travail, l'idée, en un mot, déborde? Eh! regardez-y de près, et vous verrez, chose merveilleuse! que ce qui rend le travail du poote impuissant et inutile, c'est que Tidéal existe tout formé dans les choses mêmes, et que, dans ce cycle fortuné, il n'est besoin pour les dire que de la vile prose.
Ici la France a devancé toutes ses rivales.
Avec un instinct merveilleux, elle juge la langue de ses vieux troubadours insuffisante; elle l'oublie. Cette langue, exhumée récemment par une philologie savantei d*une parfaite régularité de formes, mais plate et niaise en si>n allure, comme sont généralement les patois, était il roCoiidrc : monument de la naïveté gauloise, elle ne pouvait, telle quelle, lutter contre les langues classiqueSt ('l porter dignement la pensée de la Révolution.
Je ne sache point qu'aucune nation s'y soit prise à deux fois pour produire sa langue : nous, comme saisis d'une autre idée, après avoir, les premiers parmi les races chrétiennes, créé la nôtre, nous avons mis trois siècles à la refaire. Et notez ceci : c'est surtout au moment où la réiormation religieuse entraîne l'Europe que nous nous livrons ù cette œuvre de grammaire et de bel esprit. De François V à Richelieu, 1515-1622, ou, si vous aimei mieux, de Rabelais à Malherbe, tout, en France, semble conduit par le diable: politique, guerre, religion, finances, commerce, agriculture, navigation ; il n'y a que la lillé- 1 ature qui prospère. Lisez les trois volumes de Michelett la Picnaissauce, la Réforme, la Ligtie, suite de folies, de
trahisons, de lâchetés» de massacres, où l*on ne sait qui est descendu le plus bas, de la royauté ou de TÉglise, de la noblesse ou du tiers-état, et vous saurei ce que nous coûte la plus belle des proses. Nous sommes en plein Louis XIV, et la grande affaire est encore de parler Yaugelas!
Le français est la forme la plus parfaite qu*ait revêtue le verbe humain.
Une articulation nette, ferme, posée^ débarrassée des aspirations, des sons gutturaux, des sifflements, de tous ces jeux de larynx dont se compose le chœur de Tanimalité bêlante, mugissante, grognante, soufflante, hurlante, miaulante et croassante; une prononciation, enfln, comme les anciens^ la rêvaient pour les dieux, qui parlaient sans grimace, ore roiundo : voilà ce qui distingue Botre langue parlée.
Quant  la grammairo, une correction sévère, la lim« pidité du diamant; une phrase qui, sans exclure Vinver^' titm^ va de préférence du sujet à Tobjet, du moi au non* moi, image vivante de la souveraineté de Tesprit sur la nature, par suite, de l'indépendance de l'homme vis-à-vis de l'homme. On nous a reproché, comme une infirmité de langage, celte direction habituelle du discours, propre à notre nation; il suffit d'en rappeler la raison métaphysique et la tendance révolutionnaire pour mettre l'inculpation à néant. Toute la philosophie allemande, sur ce point, nous justifie.
Personne, j'imagine, ne contestera que nos prosateurs soient sans rivaux. Mais on n'accorde pas le même avantage à nos poôtes ; et comme il y a toujours en France, en toute chose, un parti de Tétranger qui souvent fait loi et r^ente l'opinion, plus d'un lecteur me saura gré peut-être de dire, avant de passer outre, pourquoi jo préfère le vers français au vers latin et au vers grec.
un
On ne peut juger de la hemté du ilotes, si l'on tie eonnatt la ratton dee ekOMet. Od-a vn ce que l'application de ce principe ajoute de fmmdenFet de beauté k rÉoéide ; on va voir quelle supériorité elle nssure an vers Trançais sur le yen latJn et levers grec.
Le vers latin, je parle snrioat du grand vers, iijenliqae âu vers grec, est de sa nature, et nonolmant l'enjambement, solitaire; le*TerB français, grftce à la rime, va par couple. Je n'ai pas besoin d'en aaroir davantaf^e pour affirma, à pMort, l'excellence de cette dernière combinaison.
En logique, tonte preposilion isol^ semble boiteuse, elle laisse l'esprit ai saspens', pour mieux dire, elle ne signifie rien. Il faut an commencement An série, deni termes au moinsi deux idées, couplées, balancées, une dualité, ane polarité. Là est la condition positive, r^lle, pratique, plastique, de toute création, la physique pourrait dire, de toute force et de tout mouvement. La monade, l'atome, n'est qu'un concept, un absolu , une nonphénoménalilé, rien.
La poésie hébraïque avait entEeva cette loi, qu'elle suivait dans son parallélisme, souvent puéril oii enchéville, mais qui parfois produit des effets puissants.
Là est aussi le secret de la poésie française, ce qui fait sa magnificence et sa force : des couples redoublés , dein hémistiches ^aux pour le vers, deux vers couplés par la rime pour le distique, puis encore deux couples de seie différent, pour former le quatrain.
Cette philosophie du vers français semble inconnue i nos poètes contemporains, qui lui reprocliont. sjl mon^ tonie et se donnent un mal énormepour appauvrir la rin rompre les hémistiches, faire enjamber les vers,
muler, en lisant, font ce qai fait l*essence de la TersiAcation. A quoi bon rimer alors?... 11 faut avouer que, si les méchants vers sont en tout pays pires que la prose, la langue française, sous ce rapport, est incomparable. Mais j*y vois aussi la preuve de la supériorité de notre versification sur celle des anciens; bien entendu que je n'exclus pas du bénéfice de la comparaison les langues modernes qui suivent à peu près la même métrique que le français.
Prenons le début d'Âthalie.
Oui, je viens dans son temple adorer l'Étemel.
La pensée finit avec le vers, dont le calme et la sonorité sont en rapport parfait avec Tidée qu'ils expriment, Tadoration dans le temple. Cependant, quelque complet pour le sens, quelque irréprochable dans la forme que soit ce premier vers, si Taeteur devait s'arrêter là, le spectateur serait tenté de lui-dire : Eh bien ! adore, si tu n'as rien de plus à m'appr^ndre, et tais-toi!... Mais le poète continue :
Je viens, selon Tusage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Où SOT le mont Sina la loi nous fut donnée.
Tout le génie de la langue et de la littérature française est dans ces vers.
Je sais que le beau ne se raisonne guore; je n'oublie p^s ce que j'ai dit moi-même, que, l'art étant la faculté ?ne possède l'esprit d'exécuter des variations libres sur le thème fixe de la nature, il est impossible de trouver nne mesure de comparaison du beau dans les arts. Peut- Are aussi que pour sentir la beauté des vers de Racine ^1 est indispensable d'avoir l'oreille française, ce qui retient à dire que, pour tout être doué»du sentiment poétique, la plus belle; poésie est celle de son pays et de sa
laDgue.AasaiiHniflODné-jepointdecequi,(lanB les vers» ne peut être que senti, maii de ce qui est intelligible.
Dans ceux que je viens de citer, le sujet est posé le premier, confonnéroent an génie français : ye uj'phs. Puis, le sujet, c'e8t-4-dire Tous-même, lecteur ou specla- • taur, posé mAme avant l'Éternel, le poète, en quutre vers, deux couples, voua tnuuporle, le jour de la PealecAte ou de la promu^ialion de la loi, du pa-vé du temple au sommet du Sinal. Les ven monlenl comme la pensée; il semble voir, sur la pente du mont sacré, dénier d'un pas mesuré la [roceaùon, nuîutcnanl défendue par une reine infidèle.
Que lea 1«inp(iontdwng4iI Sliùtque dv ceiour La trompette uarria uuMDQHt le relour, Du temple, onti pvtMit de ttstons inagnldqtieE. Le peuple ulnt en foule inondait les porfiquee.
Je ne dis rien de l*hannoDie des vers, de leur majesté, du cboix des expressions, des soiiveuirs tristes cl prodigieux que le poète réveilla : Sur loul cela la rhétorique n'a rien laissé & dire.
Hais essayes de rendre en hexamètres latins ces huit vers de Racine, el vous voua apercevrez bientôt d'une chose; c'est que, plus votre traducUon sera fidèle à l'original, plus la métrique paraîtra en discordance avec les idées. Le vers Ulin, déroulant ses dactyles et ses spondées comme le serpent ses anneaux, semble une cacophonie; le vers français marclie comme l'homme. (' le propre de l'esprit humain, de quelque idiome qu^ serve, de donner, autant qu'il dépend de lui, sa [ comme la mesure de sa pensée. Or, le vers fri. par couples, le dualisme de la pensée . j « régulièrement qu'en aucun autre : Dan», tu Adorer; Antique — Solennel ( l'aDoiveniiitf. Sitta — La loi. Tous lu vers de GorqeiUè|.
le cacih
le Bo<l«au. sont cnntlrailt '('après M p ■iteMi (lin* i|iM- le tiltif! i]'uii I t on pCM'lc, iciiil tl'aiiUnl )<l(ii à l'affiiblir qu'il dmrmaUge ilu Ijipe.
■ duatoo cl U ptiéûe lé^ii«, la rima rtclo*- ^U vers de «ii. srpt et litiil ijllâbM, prodoil • OU aïKiiae comliio^iwn (imtddiqiie a'apfvoeha. lOUjoun In qualité» fiintlaiiteiiUlM de I'Imi»- 1^ avec an surcratt év pinviance te) qna faiea et c'f«t l'éctieil de* cctlc )>uéue, U miiyw et jOBduiunt l'csprii, le pm'io oublia de rendra ea g oc U rend qu'A {«a |iri:s, ï«bi que l'aadîlav içoive.
iaet uoe chansno Ae Bi'nngor dana la Bétriqw e, de Vîrgik, d'Ilonre. et ro rapfMrt de la «^ e U rime ft Viàtie, «iirtout daot le refrain, i'ivaoernii (ni%i« dii^ que c'»t à celle qnatiU de ipu,. .1 ,1,. ii,,ir.' wi-.ifi'-ntiim qoe no(» deroM peuple le plus chansonnier du monde, bien que soyons que de médiocres chanteurs. La chanwn lit exister qu'en français. 1^ phraie françaifc', que, carrée, adéquate à l'idée pure, toujoura dans l'esprit ; et le vers lalin mi (;rr>c, n^ùc hm de brèves et de lon|;ues, ks ct^uret de niotai nbemenL^, sa mélopée linaU-. sont deut c rréientes l'une de l'autre i|uo notre civi aticienne et savante diRére di anciens. Le même génie qui n Tuit ion s ralt.'(.'hre, In }:ik)métrie iinalytiqiie, | iel, la théorie de la lumiiTi'; qtii a luvre de Mozart, <lo Webi^r, e l'esprit juridique de l,i Iti'tiihil e de Racine et de <k)rneille.
C'est ainsi que la France, d'abord par la spontanéité de son génie, puis par la grammaire, la dialectique, la philologie comparée, a deux fois créé sa langue et s'est préparée pour le grand poème.
Voyez ses écrivains : ils le pressentent, ils en ont l'ivresse.
D'abord, ils ne sont plus chrétiens. Chose inouïe depuis que rhomme a conquis l'usage de la parole, c'est le pocte qui aujourd'hui renie sa religion. Ils chantent les dieux de la fable, le vin, Tamour, la gloire et toute la nature : le christianisme ne va pas à leur muse. Ils s'ennuient de Dante et de Tasse , ils s'ennuieront de Milton. Les psaumes de Marot, bons pour le prêche, ne seront pas lus dans les cercles. Corneille, vieux, traduit Y/mitatUm en mendiant son pain; Athalie^ Esther^ les deux belles Juives, suspectes de dévotion, sont un moment méconnues ; les poèmes de la Religion et de la Grâce ne sortiront pas de la poussière des petits séminaires. Fénelon n'écrit que de l'abondance d'Homère : son Télémaque, qu'on prendrait pour une traduction, est le plus beau monument de la prose française, et tout noble que soit l'auteur par sa naissance, tout prêtre que l'ait fait sa religion, il se soucie aussi peu de la féodalité que du gothique, lîossuct met la dernière main à l'édifice catholique et prononce l'oraison funèbre de l'Église; comme Pascal, il nous initie à la polémique et à l'histoire^ en exterminant les prétendus réformés. Béni sois-tu» évoque intrépide! Ta philosophie, prise à Descartes, un profane cependant, ne vaut rien : elle a fini en Spinoza. Ton système providentiel est coulé bas , ton exégèse fait sourire les linguistes; il est seulement dommage qu'au Jion de coucher en latin ta dissertation sur le pape, tu