‹ De la justice la révolution et dans l'église;Chapitre 16 sur 45 · II V · texte numérisé non relu

II V

1» Quant à la peine^ rien ne prouve que par la manito de travailler, Téducation du travailleur, l'organisation de Tatelier , elle ne puisse diminuer d'intensité dans une proportion parallèle au développement de l'industrie, et par conséquent inassignable.

2» Quant au rapport de salariant à salarié^ ou mieui, d'ouvrier à entrepreneur, s*il est vrai que ces deux qualités ne peuvent, exister en même temps et au même point de vue dans le môme sujet, rien ne prouve encore qu'en vertu des mêmes causes elles ne puissent et ne doivent appartenir, soit en diiîérents temps, soit à divers points de vue, à chaque sujet, de manière à se balancer en toute vie d'homme.

Si ces deux hypothèses étaient résolues par l'affirmative, il est clair que la nécessité ci-dessus alléguée n'existant pas, pouvant du moins être combattue avec succès par les ressources de l'enseignement industriel et de ^o^ ganisation économique, il y aurait lieu de réformer sur nouveau plan l'exploitation agricole et manufacturière, dé sorte que la malfaisance du travail céd&t peu à peo sous l'inihience de la Justice, de la science et de la liberté.

Dans le cas contraire, admettant, d'une part, que la peine inhérente au travail fût invincible; de l'autre, que l'élévation progressive du travailleur de la ^qualité de salarié à celle de |)articipant fût incompatible avec les exigences de la production, dans ce cas, dis-je, nous retomberions sous la loi prédestinatienne; la théorie dn péché originel remporterait sur celle de la Justice immanente, et TÉglise aurait gain de cause contre la Révolution.

Telle est la question que nous avons à résoudrq.

Jusqu'à la Révolution française, l'examen d'une sem'

blable hypothèse était impossible. La servitude dans rhumanité est primordiale; le cours des siècles n'avait fait que consolider, en radoucissant un i)eu, une institution dont Tabsence n'avait été observée que chez les peuplades les plus sauvages, et hors de Inquelle on ne concevait ni ordre social ni richesse. De temps à autres, à de longs intervalles, la commisération publique, aidée delà politique des princes, était intervenue pour atténuer les rigueurs de Texploitation nobiliaire et bourgeoise. Mais il était sans exemple que le travail, que le service de la production, eût été livré nulle part à l'initiative des travailleurs, de manière à ce que Ton p(kt juger de ce qui arriverait dans une société où tous jouiraient d'une instruction professionnelle égale, ouvriers et entrepreneurs, prolétaires et propriétaires.

Le christianisme, accordons-lui cette gloire, fut le principal agent de cette miséricorde, faible et tardive , dégagée d'ailleurs de tout élément philosophique, envers Thomme de travail. Les empereurs, par leurs édits en faveur des esclaves, ayant donné rim[)ulsion, le christia* nisme généralisa le mouvement; ou, pour mieux dire, le mouvement, sous l'action des circonstances, étant devenu général I s'appela le christianisme. Partout, au nom de l'Évangile, la servitude fut adoucie, transformée : colon du fisc, métayer ou mercenaire, le travailleur commença de participer à la possession de lui-môme. Jusque-là il avait été chose : il devint i)crsonne.

Mais ce fut tout, la Justice n'alla pas plus loin, i^e travail, abandonné par l'Église, comme il l'avait été par le préteur, au bon plaisir des privilégiés, redevint aussi meurtrier pour la plèbe chrétienne qu'il l'avait été sous le paganisme pour l'esclave. L'abolition de l'antique servitude n'était pas fmie qu'une autre la remplaçait : il y en eut pour douze siècles. Â côlé de l'exploitation Téo-

(laïc établie sur le sol, s'organisa le salariat industriel, apanage du bourgeois. Si bien enfin qu'à la ville comme à la campagne, dans l'industrie comme dans l'agriculture, reparut, avec la sanction religieuse et plus florissante que jamais, Vexploitaiion de l* homme par l'homme. On en a trop parlé dans ces derniers temps pour que je m'y arrête.

l^s choses ainsi réglées, arrive la Révolution. Du môme coup elle abolit le régime féodal et le privilège corporatif, pose les bases d'un enseignement nouveau» proclame l'industrie et le commerce libres; en un mot, promet au travailleur, par le fait de l'instruction égale et de b concurrence universelle, l'entière disposition de ses bras et de sa personne. Du reste, la Révolution n'a pas eu le temps d'expliquer sa pensée et de rien organiser; elle s'est bornée à faire table rase de l'ancien régime et à rendre institution nouvelle possible.

Or/ depuis tantôt soixante et dix ans que la place a été nettoyée, que s'est-il produit?

Dans les faits, rien que de négatif : d'abord une anarchie extrême, dont les commencements» grâce au régime qui avait précédé, purent paraître heureux» mais qui bientôt donna les fruits les plus amers ; puis un commen* cernent do retour au régime corporatif» hautenîent exprimé par le développement des sociétés anonymes.

Dans les idées, force théories, utopies et systèmes» qu'il est permis de ramener à trois groupes principaux» répondant aux mots avant, pendant^ après^ suivant que les auteurs se rattachent à la tradition féodale» ou qu'ils prétendent consacrer le statu quo révolutionnaire» ou enfin» qu'ils affirment la nécessité d'une reconstruction égali' taire et libérale. Déjà même, ces trois groupes tendent à se résoudre en deux^ dont l'un représente Vavenir^ l'autre le passé y ou» ce qui revient au même» la Révolution et la contre-Révolution.

Suivant les économistes de Tccole de Say, les premiers qui aient pris la parole après 89, la Hévolution, en al)olissant le système corporatif et féodal, a fait une chose juste, dont la société n'a pas tardé à recueillir les fruits inestimables. Mais, ajoutent-ils, par cette abolition la Révolution a complété son œuvre ; il n'y a rien de plus à faire, pas d'autre organisation à chercher. En ce qui touche notamment le travail, sa condition est ce qu'elle doit être, lorsque, affranchi de tout privilège légal et de toute entrave, il ne reconnaît d'autre loi que celle de Xoffre et de la demande.

€ Ainsi, disent ces économistes, reste-t-il ça et là, sur la face du pays, quelque commerce constitué en monopole, quelque industrie de privilège, quelque spécialité de production interdite ou réservée à une catégorie de citoyens? Sur tous ces points la Révolution est à faire; ti tant qu'elle ne sera pas faite, la loi de la production étant en partie violée, le travail incomplètement affranchi , la science économique ne peut donner que la moitié de ses bienfaits. Ne cherchez pas au mal dont se plaint le travailleur d'autre remède. Surtout gardez-vous, sous aucun prétexte, d'intervenir arbitrairement dans le jeu des forces économiques et de contrarier leurs lois par les vôtres : Laisses faire, laissez passer. »

Cette théorie, qui tend à résoudre tout le système économique dans le principe d'une liberté purement négative, comme l'a fait M. Dunoyer dans son livre de la Liberté du Travail; qui par conséquent fajt de la pratique mercantile et industrielle une chose de pur arbitraire, se résout lui-même, par la contradiction qui lui est inhérente, et malgré ses manifestations en faveur de la liberté, en un pur fatalisme.

Relativement à la condition de l'ouvrier, elle implique :

Que le travail n'est pas d'ordre humain, c'est-à-dire moral et juridique, mais seulement de néceiwité externe, imposé par Tinclémence de la nature et la rarçté des subsistances ;

Qu'en conséquence, le travail n*a rien de spontané, et (|ue toute la liberté dont il est susceptible consiste en ce qu'il ne doit être ni imposé ni empêché par aucune volonté ;

Que dans ces conditions le travail, môme volontaire et libre, n'étant pas donné à priori dans la conscience, est répugnant de sa nature et pénible ;

Que par la force des choses, et par l'eiïet combiné des volontés humaines, à qui tout fatalisme est insupportable, le travail, d'autant plus repoussé qu'il est accompagné de plus de répugnance et de peine, tend à se séparer, comme force économique, du capital et de la propriété ;

Que de cette tendance irrésistible résulte la division du personnel économique en deux catégories : les ca« pitalistes, entrepreneurs et propriétaires, et les travailleurs ou salariés ;

Que cela est fâcheux sans doute pour ces derniers, et digne de l'attention du souverain, qui dans certains cas peut y trouver le motif d'une taxe extraordinaire en faveur des déshérités de la fortune, ou d'un règlement de police sur les manufactures; mais qu'il ne s'ensuit nullement que le travail puisse faire l'objet d'un droit positif, d'une garantie quelconque accordée aux travailleurs par l'État, ou ce qui revient au même par les capitalistes et propriétaires.

Ainsi raisonnent les économistes de l'école préteadue-< libérale, ennemis jurés de la féodalité, mais non moinshostiles à toute pensée de réorganisation dans une agita*

tkm chaotique, où le prÎTilégc et le salariat sont ptT|)étuelleinent aux prises, sans espoir de conciliation, subordination et stabilité.

Les partisans de Tancien ordre de choses n*ont pas eu de peihe à montrer rinconscqucncc de cotte théorie. Ils ont dit :

< Si, par la fatalité, ou pour mieux dire, par la providentialité de son essence, le travail répugne à Thomme, le fatigue, le tue , et si de cette peine du travail résulte un principe inrincible d*inégalité, il faut conclure que la Révolution, en abolissant le régime hiérarchique, n'a fût qu'en constater la sagesse. Il faut convenir du môme coup que le christianisme a mérité la reconnaissance dn genre humain et dépassé de bien loin les prévisions de la science, en répandant sur ce régime tant calomnié, ^ que Texpérience démontre aujourd'hui nécessaire, le ^nme d'une charité toute divine.

' Le comble de la raison politique n*est-il pas de se informer aux lois de la nature et de la destinée ? Pourvoi donc repousser avec tant de haine cet ordre féodal, ^upable d'avoir deviné, bien des siècles avant los éco- '^oitUstes, ces lois do la nature, et de les avoir prises pour règle ?

, * Et le signe d'une religion révélée n*cst-il pas d*adou- ^'^» par TeiTusion de la grâce, ce qu'il y a d'inexorable ^^Os la loiï Pourquoi donc accuser le christianisme d'a- ^<))r méconnu les droits de l'humanité et de la raison, '^ consacrant les mœurs féodales et les modifiant par ^U précepte de l'aumône et toutes ses institutions char Stables?

^ Qui croit maintenant à cette égalité malheureuse, Pfèchée par la Révolution? Sont-ce les républicains, ^Xaliés ou tempérants, de tous les adversaires du socia- **stnele8 plus implacables? Sont-ce les saint-simoniens,

promoteurs et bénéficiaires de la féodalité nouvelle Sont-cc les phalanstériens eux-mêmes, qui, malgré Icii théorie du travail attrayant, n*cn font pas moins une haut paye aux individus chargés des travaux pénibles, et qi d*ailleurs n'ont cessé de protester de toute leur fore contre Tégalité? Sont-ce les déistes, les éclectiques, le panthéistes, les positivistes, les owénistes, les icariens, le mystiques de toute sorte, qui tous, niant à priori Tégali I de nature, et conséquemment l'égalité de condition i de fortune, reconnaissant d'ailleurs la répugnance d travail et son infériorité, affirment, bon gré mal gré la nécessité des classifications échelonnées, ou n'y écha] pent que par le communisme?

» Que la Révolution avoue sa chimère et s*humili< Après avoir détruit la monarchie de droit divin, el n'a su la remplacer que par un organisme instable d'une puissance d'absorption cent fois pire que cel du faisceau féodal ; après avoir aboli la distinctio des classes, elle la recrée sous une forme et avec dt mœurs cent fois plus atroces; après avoir tué le rcî pect, Tobéissancc, la charité, elle y supplée par la lut! parlementaire, l'insurrection, la proscription, et lefaU lisme.

D La charité, disent les adeptes, n'est pas donnée dai l'économie. En conséquence, point de taxe des pauvret pas plus que de droit au travail ; point d'hôpitaux, poi de refuges, point d'asiles, point de crèches, point d'ci fants trouvés!.... Que le prolétaire avec sa progéniU' meure dans son trou sans proférer une plainte : ainsi veut la loi économique, expression de la force deschoS' — Ne voilà-t-il pas une belle philosophie, une louclirH morale, une science profonde? Et c'est le dernier '^'^ delà Révolution ! »

Tel est le discours des conservateurs.

1 1 est certain qu'à s'en tenir aux expositions de prinûpes et aux professions de foi des partis, écoles, sectes (Ml églises sortis du mouvement de 89, il est impossible de trouver à ce mouvement ombre de logique et de mobilité. Le style a changé, le fond des choses a élé con«. s^rvé précieusement. Au droit divin a succédé la souveraineté du peuple ; à la noblesse féodale, la bourgeoisie ^tionnaire, censitaire : quel bénéfice pour Tégalité? Reste l'Église, dont, après l'avoir dépouillée de ses biens, on convoite le budget et l'influence. Quel progrès pour 1^ moeurs, pour les idées, quand les mystiques du jour le seront partagé cette proie? Quel triomphe sur la superstition, quand, au lieu des jésuites, la religion aura pour prêtres des jacobins, des saint-simoniens, des éclec- ^quesf Pour le surplus, la tradition antique n*a pas môme ^M un seul instant révoquée en doute. La centralisation Monarchique a été croissante ; la police a fleuri de plus ^lle ; le machiavélisme s'est rajeuni. La multitude est restée dans la même vileté et contcmption. L'égalité, ^nfin, mot du guet en 93, l'égalité, qui ne fut jamais ^ans les cœurs, est désavouée par toutes les bouches : ^He est devenue propos séditieux et signe de réprobation. Relativement au travail, la mystification ne serait pas Qn^oios complète.

La théorie de la liberté négative, ou du laissez faire ^O'isses passer j qui forme toute la pliilosophic de T Écolo, aboutit forcément à une contradiction. Il est clair, en ^ffet, et 1^ faits qui se passent sous nos yeux le démontrent, que, si le travail, si Torganismc économique ^^t entier, après avoir été délivré de ses entraves, est hvré ensuite, comme le veulent les disciples de Smith et

® Say, aux attractions de sa nature, le travail, après

avoir commencé par la liberté, finira par la sujétio: Tôt ou tard, la caste des capitalistes et entrepreneur sortie des rangs du travail inorganique, se constitue; en aristocratie : alors au régime des corporations suce dera celui des compagnies en commandite; à la féodali nobiliaire, la féodalité industrielle. Gela même n'est dé plus à faire, c*est fait. La société, au lieu de suivre ui ligne ascendante, aurait ainsi parcouru un cercle; Révolution aurait menti : au lieu d'une réforme, d*i progrès, nous aurions une contradiction, un pastich une sottise.

Les économistes sortis de la Révolution proteste contre ce non-sens. Ils soutiennent :

Que le travail est d'ordre moral et humain, donné dai la conscience, avant que la nécessité l'impose;

Qu'en conséquence il est libre de sa nature, d'une I berté positive et subjective, et que c'est en raison de cet liberté qu'il a le droit de revendiquer sa liberté négati et objective, en autres termes, la destruction de tous 1 empêchements, obstacles et entraves que peuvent lui su citer le gouvernement et lé privilège;

Que, si le travail est libre, ainsi qth'il vient d'être € primé, il implique dans sa notion celle de droit et ded voir;

Que, si, par son côté fatal et en tant que la nature eif rieure en fait pour nousjune nécessité, il est répugna et pénible, par son côté libre et en tant qu'il est 11 manifestation de notre spontanéité, il doit être aitraye et joyeux ;

Qu'au surplus la répugnance et la peine, qui da l'état actuel de Tindustrie humaine accompagnent à haute dose le travail, sont l'effet de Torganisation senr

— li> — qui hi a clé é/mmèt^ noi» ^cVaHS itf^LWizii <4 i«i.x-or.-î

Qa'3 n*est dmc liit^ rriL ôf rire ciH j-: r-ir.rrrf îirxciliféetdeprinléçe qn'n v{«dji] klicili: i& Rfvoi'i..u~a: nstslu deh fatalité péfAÇDanU* tt |*êxiibk' au tr&vii: : nuu< q^^iAis cootniie, ceA le foiTilëç^e loi-mtODc qpu a Oi'Xihviitv* nKotaggnré pour le travulknir la rè^ lupi&Dc^ ot la f «c adi : . QQ*aiiiiî fl T A lien d'e^fiéner que. par iino noiivdlo ànisBoa des princâpe» de la Justice et lio la morale. piriin autie système d'enseigDemont profis&ionnol. par uiie réorganisation de Tatelier, le traA^il. |«erd.irit son Gttadère senile et meroeoaire. sora en nic^nio toni|x< franchi de la iatigue et du dégoût quo h falalilo lui confère;

Que, s*il est permis de soutenir, avec les anciens tvo-

'lOQiistes, que le travail, chose fatale, ne peut former

filtre la classe propriétaire et au profit de la classe In-

l^orieuse Tobjet d^un droit naturel, primitif, obligntoiiv-

''^ent garanti par TÉLit, il serait contre tonte vérité el

justice de prétendre que ce même travail, chose s|>onta-

^ée et libre, ne puisse devenir Tobjet d*un contrat d*as-

*Urance mutuelle, ce qui est précisément le but qu*a voulu

atteindre la Révolution;

Qu'il en est du travail, au point de vue de la fatalité , ^Onme de Tappétit, de la santé, de la respiration, de la l^Mmière» dont aucune puissance humaine ne peut assurer '^ jouissance ; et, au point de vue de la liberté, connue dv évites les choses qui peuvent faire Tobjet d*uue trans.ie-

Qu'ainsi le travail, réconcilié par sa nature libn^ avi-e 1® capital et lapropriété, dont son objectivité Téloi^nail, '^ peut plus donner lieu à une distinction de clasMïH, ce 9ui rompt le cercle vicieux et met la sociéUi, aussi bi(*u Vh la science, à l'abri de toute contradiction.

Alors, ajoutent les novateurs, l'idéal rêvé par les anciens économistes, inconciliable avec leur théorie, peut se réaliser :

La terre à celui qui la cultive;

Le métier à celui qui l'exerce ;

Le capital à celui qui l'emploie;

Le produit au producteur ;

Le bénéfice de la force collective à tous ceux (|ui y concourent, et le salariat modifié par la participation;

Le travail parcellaire combiné avec la pluralité d'apprentissages dans une série de promotions ;

Le morcellement du sol aboli par la constitution de l'héritage ;

En deux mots, la fatalité de la nature domptée par la liberté de l'homme :

Tel est le programme des économistes de la Révolution. C'est tout un monde moral qui surgit, une civilisalion nouvelle, une autre humanité. Malouet dès 1789, Babeuf en 1796, le représentant de la bourgeoisie et te tribun du peuple, l'affirment. Ajournée par les guerres de l'empire, l'idée rentre dans la discussion avec h royauté légitime; elle fait explosion en 1848 par lo décret du 25 février sur le Droit au travail.

Ou la fatalité et le privilège, ou la liberté et l'égalité : voilà le dilemme. D'un côté est le paganisme, le despotisme, la routine des peuples, et toute leur histoire; de l'autre, la science, le droit, l'avenir, l'infini!.. /Il faut choisir, et d'abord il faut juger. Pour laquelle de ces deux écoles va se prononcer l'Ëglise ?

L'Église, pendant ces dix-huit siècles qu'elle aime tant à rappeler, n'a pas soupçonné le premier mot de toutes ces choses. Elle ne s'est pas demandé si le travail était

libre 08 bm, cl teut â^ Tan et 3^ l'ii^mv^: «Urtf 1r premier uiBuat duK le sacood cft« <4 (iftn< rhvfvHÏkS»' de leur ooncilUlioo, ce qaû ftcorul on tv$u1«<t piv.sr Ij eonfiniiâtkNi de FÉTangile H U dcs4ixKie An pKiro hii- Buôn. 1^

L*Ëglise, limiit le tnirtilleur âu joug (coia\ A|>n'> tvoir rompa sa duine anUqne. t eontimiô sons nno Antro fonneroeoTreda polythéisme. Elle a mnplâci^ h fiiit.iltfo par b prédestinatioii; elle a vu naître cl mourir los |ili\ • siocrates sans se douter que ces thcoricions Au produit ^portassent dans leurs spéculations niorcnntilistrs touto une nichée d*hérésies terribles; depuis tronio ans oUo asùstait, donnant sur sa chaire, aux dôl>ats iHxvnonùquos^ lorsque la foudre de 1848 vint la révoillor on sursaut*

Alors die comprit que là-dessoys il se remuait quoiquo chose dont ses Écritures n'avaient point parlé, que sos Hres n'avaient pas connu, à propos de quoi so^ concilos ^ ses pi^ n'avaient rien défini : c'était lo dn>it do l'homme et du citoyen, Fégalité devant la loi, la justioo économique, le travail libre, la vertu immanonto oi dés* - intâressée» l'éducation de Thunianilé par cUf'-nu^mc , lo. iNgrësI... Elle se dit que lea. portes do Tcnfcr allaient prtyaloir» et par provision elfô condamna, elle frappa.. • Depuis, elle nons a donné pour calmant le dogmo son voisin de la Conception immaculée, en riionnenr duqiiol il tété brûlé pour un million do francs de lK)ugi(<s dann tontes les églises de France.

Mais erreur ou ignorance no fait pas conipU;; et franchement. Monseigneur, la Révolution dcunocralicpin ot sociale, tombant sur TÉglisc ex a&ri/f>/c^ vlm-prot/iplu, a eu tort de vous saisir ainsi à rim[)roYist(;. lt(*Mif!ll<*/-voiiH doÉI l'esprit, et après avoir invoqué l*Ksprit, dit^H-nouK, là, en termes non équivoques, sans circonloculionH ni ambages, si vous êtes pour le travail libn; uu \a)i\v lu

fatalité; si, d'après TÉglise, le travail estd*ordre humair ou seulement de nécessité de misère; conséquemmeni si vous considérez la théorie libérale et révolutionnait comme admissible en théologie, ou si vous tenez lecerd vicieux de l'ancienne école économiste pour article d foi?

Hélas ! faut-il que ce qui s'est établi sur la Provldem croule par l'improvidence? L'Église, bien qu'elle n'a rien formulé de précis et de positif sur l'économie sociah hormis des anathèmes à l'usure qu'elle voudrait bien n tirer, n'en est pas moins engagée par son dogme, par i tradition, par le système entier de sa foi. Elle ne saurai pour une question aussi mesquine que celle du travail, i rétracter, changer toute sa doctrine, entonner la Marsai laise et le Chant des travailleurs. Aussi bien est-elle h; bituée à ces mécomptes. Ce qui lui arrive avec la scien( économique n'est que la répétition de ce qui lui est a rivé tant de fois avec les autres branches du lavoir hi main, une contradiction de plus qui se dresse devant ell< une nouvelle redoute de la raison contre la foi. Elle en bien vu d'autres 1 Un jour, c'est l'astronomie qui lui d( range son Ciel ; le lendemain, c'est la géologie qui bouh verse sa Cenèse; après, la linguistique donne le démea à son histoire de la dispersion babélique. Voici l'écoiM mie qui continue la tranchée, et tout à l'heure la Justin donnera l'assaut. — Eh bien ! dit l'Église, qu'elle vienne cette économie politique et sociale qui prétendre deroai dcr rien à la charité; qu'elle paraisse, cette Justice qui d' pas besoin de la foi 1 J'en sortirai comme auparavant, < je m'en débarrasserai : Egrediar sicut ante feci, et * excutiam. Elle ne sait pas, cette pauvre tonsurée, que I Justice se retirant d'elle lui ôte sa force : Nesciens fvo recessisset ab eo Dominus,

On a vu des philosophes, intelligences merveilleusei

COnscMBOBi bênéfVML nwiKinulrv Unir c^mnir. ûiiv à U mérité le ncrific» de leur inKHir*prx>(vr\\ ol |>ixMh«Hvr «v vol Uni jours suUi22»e : Je mo >ius (r\^in|v !

L'Ëglise n'admeC pas qu'elW se In^niv. ollo no iv\ioiu pas d*uiie CiasM 0|Hnk^n. A qui lin liomoiUiv sa \m\\i\ die répond [iir ranathènio. Pliilôl i\\\c do (oiulro U nuiii i h Justice, eUe emlcasscra U KaUliio. iVol (hmii coLi qu'il ne lui sen fail auouno ï:ràco. ot qu'oKo Uni a jiisi|ir;\ la lie le calice de ^5 î^noranoos ol do s<'> ^uiiiUôios,

CHAPITUK H.

est de maîeiictrr. i"*inf , •■: i\''v.*' '■.::■.*.• r-.r l.i ;ii-. v.tv. • d'institution re::a:*use. - '\'\^. vw ?: vr:.» ru-

On sait rantipathie que les pouplrs sau>a^i*s luil poulie travail : ce fait bien connn su||il, juscpi \ r«'iliiiii iMuiit, à expliquer pourquoi toutes los invtliolo;;! 's, «pu soiil Ifs formes de la raison choz lo saiivagts Tout ninilaiiiné.

Hais que cette condamnation stt soit niaiiili^iiuo ilans une théologie savante, policoe; (pri^lln Mtil ilrvoiiiit' Ir principe secret de Tasscrvissonimt (1rs rlaKM«M JalMiiiitiiHCN, c*èitce dont les inclinations do riidninip iiiiiiinil f«L riilstoire des cultes no sufAscnt pliiK à mu ht) i tut i plu.

Or, le principe de cette aiiiniadvriMinii nyMlrnuilnpin, principe qui est un des c^irarl^rcH i\v l'n^i* inliKUMu, ni dont la paresse du sauvag<; n*i!st l'Ilf-iii/'inn f|iiii IViprcN- Bon grossière» est dans le i^piritiialiMiin, iVmt lillc u \tmnà dans la religion.

Toute spéculation de TeMprit dan-i U^ doriifiuiM d<* In ascendance trahie îi su Kiiiti; imm; lniqinl<'t.

Pourquoi Tesclavage cHt-il propn! à nolf<i t*ti\n'tt', unr.

des choses qui nous distinguent le mieux des animawilf Les loups ne se dévorent pas, dit le proverbe: d'où vient que les hommes se mangent? Jamais on ne vit un lion forcer un autre lion de chasser pour lui : comment riiomme se fait-il de Thomme une bète de somme, un esclave? Évidemment, Tesclavage n'a pas son principe dans la nature, ainsi que le reconnurent les Pères, nonobstant Tautorilé d'Âristote : où donc peut-il se trouver ?

Cherchez de bonne foi , et vous découvrirez que cette anomalie, cette prérogative monstrueuse que s'arroge rhomme sur son semblable et qui caractérise notre espèce, vient de ce que, seul entre les animaux , l'homme est capable par sa pensée de séparer son moi de son noomoi, de distinguer en lui la matière et l'esprit, le corps et Fârne ; par cette abstraction fondamentale, de se créer deux sortes de vies : une vie supérieure ou animique, et une vie inférieure ou matérielle ; d*où résulte la division de la société en deux catégories, celle des spirituels, faite pour le commandement, et celle des charnels, voués aii travail et à Tobéissance.

L'homme, disent les spiritualistes, est composé de deut substances. Par son âme il appartient à Dieu , son créateur, son souverain , son juge, sa fin ; — par son corps, à la terre, séjour et instrument de ses épreuves. C'est Ift distinction que fait saint Paul de TAdam terrestre, Adai^ terrenus, et de l'Adam céleste, Adam cœlestis; et ailleurs, de l'homme spirituel et de l'homme charnel , animalii homo, spiritalis homo.

Tout ce qui détourne l'homme de Dieu, l'inclinant vers la terre, est pour lui infirmité, misère. De là la défaveur qui dès l'origine s*est attachée au travail, et que tous les cultes à l'cnvi n'ont cessé d'aggraver. C'est donc à la spéculation spiritualisto quUl faut rapporter la condaA-

— Mil —

nalioa du IraraiL Tose dire que reti- pi:i".»M«:**iK i: i. >•• mais servi i antre dioee.

L'un des plus grands sfiiniuaiis&«f^ € :'..;^i.'.:.. Tépoque, M. Jean Rernaud. oun; ; d. vii*. »-. ..-ii^.i':-J•.l•.•J témoignage CD faveur du liacnK ck it -.-iilIi'. < -: j • • nous donner aiisô, a^ et iu UKiItr-jr-: ii:»^::.. . .. li.».*;.^* blhéodicée de la seniiuàt^. S .ri'ii' >.•..>'»• i:.^.^ im venait à disparaître panu. i^ ii\mi:iii- .'i ^. : «ini •.•.! > '.-' « i dans le dernier ouvrage ql sdViii:*. Li:..i>. /r-'. ? '.••.

Suivant M. Revnaud.

« Le travail est la ouDfiëqueiir^ ul ckt-uu r'.iu-Mi^j.f ij^ ciiiteparoiDOKKAXCE iu^:>£ «mi> ' >>M^'^i>^L,<.': t^ ' ij.'iuiij' tt l'organisation de k terre: e: l^'j* mj* •-' O'^u.' «^r^rd i bndraitque Tune ou l'auu*^ ck <.>'r q^li* r^diJi^dii^^i: «lu • chiiger...--Parlespniçrt« (k îass^ndli»! •:• o- ' •ii*jj.-'i ^ûQte le savant tfaêitloçu^. »e ira^ai L>oj*rc- or«-M' m.'iij continuel, moins d^plaisaD: : niair i - d-jrt. i .»..,< jj 8>Kr:c^est une peine saut 1il yas^*. ^u

• Cette déclarât ion est £r!%\ h .

D*aatres s'étaient plu t rvcueilii* bir :t -u ■ète les préavis d'une P?-c»^ ici»fûf> îkiu* ij".» iii- »!i. <" .-. taitions; M. Rernaud v de'juu'^ft iki^'i.'U. i*-: i<u>.<' i.' m désarroi général , accompt: a\ <^. p! «.m u».-:! i .«t * «• i '.^«ii i - •». wt de chagriner notn- js^l'^**. mniMiiii* o* :f \ir.\<.'' ii*. ^ punir* Quelles allio•J^ Ci». ^.'uw ■. ^c :if îr.»niii>t nv ^ûos devra («as l'Éirlise. ïou? uu». o»;:-..»i' *»:•••;■ '.**. «a-v,». iniportanoe ! Nous savions, jju! j»rr l-v'i.i!"- .•..» • . :iiv.'. avait passé sur cette itc-r^ : t > .»:t i ^-.i-.:'. ? ».-s«.-'^ •: ..l ijv.î montrer partout reœ^if^iut^ it bj:. ;»i»r: !.■-.!':,

M. Jean Revnaud. iûC£;iaL»î': . <-. «.t j. . t^.-r.l:*:. ■^t '.«t:prendre la loi fondair^r/cW :.'. ! vv^w. ;.. ■'. ! ;•: r .«; tour de son pénie a *<»-; '■:!'■ : . j îl-^^V.:-,. : rv*: .'-ï antinomies de la nat nrc • t «u î ^ '.:;:■ in dt ^ •- \ iinv! i*^ï . t *jf\ -

irariétésj que nous a suscitées noire première faute. Car on ne saurait, suivant lui , imputer à la Providence pareille négligence ou méchanceté.

a Contrariétés causées pnr les lois de la gravitation, qui nous oblige, pour la vaincre, à inventer toutes sortes de machines, et nous expose, en tombant, à nous rompre le cou ;

« Contrariétés causées par la grandeur de la terre, qui nous '' force d'employer des systèmes de locomotion extraordinaire, ^ par terre, par eau, par fer, par air; «

u Contrariétés causées par l'interposition des mers et des montagnes, dont l'inconvénient est de pousser les hommes à { se former en groupes politiques, rivaux les uns des autres, et i souvent acharnés à se détruire ; ,

« Contrariétés causées par les lois de la chaleur solaire, dont i quelques degrés de plus ou de moins nous font passer de l'abondance à la disette, de la santé à la maladie;

m Contrariétés causées par la présence des animaux nuisibles et des plantes inutiles, qui entraîne de notre part une chasse et un sarclage continuels ;

« Contrariétés provenant des infirmités de notre nature... »

Traduisons cette complainte. M. Jean Reynaud trouvç mauvais que le feu qui nous chaufie nous brûle; que la lumiôrc ne nous arrive jamais qu'en ligne droite, tandis qu*il nous serait utile de la recevoir & volonté en ligne courbe; que la gravitation, qui nous attache au sol, ne cesse pas au commandement de Touvrier qui se laisse tomber d'un échafaudage ; que la terre , en s*étendant devant nous, nous invite à marcher, et qu'en faisant usage de nos jambes, nous fatiguions nos muscles, ce qui provoque la transpiration et la sueur du front. 11 se plaint que nous soyons de toutes manières mal accommodés; qu'il n'y ait pas de colline sans vallée, de viande sans os, de vendange sans marc, de farine sans son, de production sans dépense, de force sans organe, de bâton à un seul bout, de hauteur sans profondeur; en un mot,

e que la naCiirR «ît la natiirp. ;i^ -mrr «tt

!t cpi'il ne dépende naa^te :fArp »ti>nt«- • ^

irdes.

a Reynand est bim .naihtfH!rp*:T.

loins qa'à TtîUt r.ikMnin . <>n

retient ! Quelle iléniaiSMnrp •

rib des animaux, le nansi^ ' •-

3er tous les ioiirs- -t iu**i:»- .\* ' ■

sophe dans les ^liu»

pourtant à quelles .nentiM m*;.. ^

atelle de reim« et «tu /-nrv • ■ •

lae des ngrets le <:ette nir - . *

(rmotestlaauppresiiion.if . -

orreur du traviùl, la tamr.rtt.. - -

Dn de raristorrate.

t voir M. Jean Reynaibt >-... -^^

s conséquenres ie «ïn lu^r-^ - •

i le verbe rpii lui manmi^

r apercevoir la 2ranrti*".p v '*-■ ster les yeui lur les 'f-»ii.:.t!.

nanuelle. Cjt{\^-<\. pur a -. -.

étions, par la mwlifirrt.' \^. -•f.-- .

ide dont elle est prf^fmf- i. . - .-■ digne de pitié ? • m !*• lO-.î •- .•

pauvre idn» de îa "^r.* r <-:: « ^ it à la tâche, qu'-m .p -i;! . * ■ eaux, tournant ti^ m.-inr - -

à l'heure où il -«e r-^rii;'»--- — pendant toute une /ïh*-.*^ .< • e chose, qu'il fliiffif i«* /-'i . ■■ ■ •f paraisse déjà plu^. .1 v '.>.^ fourmi... Quelle mi.'W'î'u.ii» •. .:- ..- . rle un instrument 4e -ït Ti.-.i.r. ■ • - '-

3an Reynaud jusçe tU: .* >;«....• -'

bre de mètres carr'-:'. '. . . • . ■. •.• •-

Pour iiu philosophe spiriiualistc , un angélomaiic, que dites- vous de ce raisonnement?. Moi qui , ne voyant dans Vdme et le. corps qu'une division générale des phénomènes, n'ai pas le bonheur de posséder les facultés de 11 transcendance, je juge Tactiou industrielle tout autrement.

L'homme est une force pénétrée d'intelligence, qui ne peut ôtre heureuse que si elle s'e^rercè. Si petite que soit cette force, elle est capable de produire les plus vastes et les plus incalculables effets par la manière dont elle est dirigée, et par son groupement. La grandeur des résultiti y n'étant donc de sa part qu'une aCTaire de multiplication, ce n'est point par cette grandeur objective, géométrique, matérielle, en un mot ce n'est point d'après la quatilili du produit que l'action humaine doit être philosophiquement appréciée, c'est par la qualité de ce produit. Pro* nous un exemple. Le premier laboureur, Triptolème, Osiris, Gain, fait venir une gerbe de blé : voilà la civilisation, le règne de l'esprit sur la nature, qui commence: Quelle dépense de force a-t-il fallu pour faire croître cette gerbe, que la nature toute seule ne nous donne pas? Moins que n'en exigent la course, la lutte, la danse, Téquitation et tous les exercices d'agrément. Sans doute si, au lieu d'uno gerbe, le même individu veut en récolter dix mille, Topération sera au-dessus de ses forces, et pour lui deviendra fatigue et peine. Mais ce n'est plus qu'un problème d'association et d*industrie, dont la solution , sans aggraver le service, peut doubler au contraire, pour tous ceux qui y prendront part, le plaisir et le profit. Vous qui osez dire, sans savoir de qui ni de quoi vous parlez : Montre^'mùl V7i grain de sable, et je vous démontrerai Dieu, permettez que je vous rétorque l'argument : Montrez-moi un grain de blé, et je démontrerai la grandeur de l'homine.

Mais, disent-ils, l'homme qui se sent une âme peut bien condescendre à inventer le blé, la charrue, le moulin, le

lienlé : manifestations àv son intoll^ren^^r. it'ino»lêaaaatoire éthéréc et immortelK : ^'alla»se^a•l-ii tnenoer toute f» vie. non ]iaf it^ nipni(v iiivoi)> ( qui B^invente ne f* invente qu'une foif . niai> les nanœavi^? An jugement de M. Jean i^e\7iaiui. < mie galère, une intolérable servitude :

métier, dit-fl, ne saurait être acréahlr... mais il (st dans nos sociétés il y ait toi^ours quelque trAvail i aoeompliry les âmes mpérievreg étant les smi» qui Mfu péril ^lAsUnir d'y prendre part, parce qu'ollns d'attachement à la pensée pour se pu*der ellK>-m^mc^ «idissement et des aberrations où mène le loisir... orait également à souffrir, soit que le travail diminuât les &mes s'élevassent, soit que les âmes s'élevassent le travail diminuât... «

anse mal du travail est mal dispose pour le t rail. Jean Reynaud, quelque ami qu*ii so dise de la on, e^ de récole hiérarchique et fmiale; il ne i à régalité ; il e^ avec rKglise, à laquelle il est >rè8 la chute de la République, offrir le secours ilosophie druidique, magique et pytliagorioienne. nous dit-il? c II faut que le vulgaire travaille, » prédestinés gouvernent. »

oilà donc connu ce secret plein d'horreur !

is vous dites révolutionnaire, républicain, dénio- K^ialiste encore ! Vous niez le péché oriKiiiel!... Q : vous avez trop le génie des choses divines, icevoirrien aux alfaircs humaines; tro|» h* nentila Divinité, pour cons(Tvcr le sens tnorul. Vcmih p convaincu de la diablerie de ce nifiiide |kiui' sa Justice. Le travail, en ciïet, f>our vous, c'ff^t le /ous croyez au diable : votre niétaphysiqut;, vieille es pierres, vous y mène, li<;g;irilez-y donc tUt jilut; 3St elle qui fait l'ineitif.' du h;juva;/f;, die qui, (^lo

riflant le/ar niente^ a inspiré le mythe biMique du tnh vail, et présidé à rinstitution des esclaves.

Toute religion , en vertu du spiritualisme qui la constitue, qu'elle s'appelle christianisme, bouddhisme, dnû* disme, ou tout ce qu*on voudra, est anti-pratique; elle pousse rhomme à la contetnplatioa, à rinaclioDy au quiétisme.

Au commencement, dit la Genèse, alors que l'homme n'avait pas encore corrompu sa nature par le péché, Diea le plaça dans le jardin de plaisir pour qu'il lui donnât b façon et qu'il en prit soin, ut operaretttr et custodint illum. Mgr de Paris, Sibour, voulant flatter la tendance industrielle de l'époque, dit un jour, eu commentant ce texte, que Dieu avait fait l'homme contre-maitre de Ai: création. Le mot est joli, et a valu bien des cbm^imenls; au bon archevêque. On trouve dans la Bible tout ce qu'on veut. Mais gardez-vous d'approfondir, sinon la parole de grâce va se changer en parole de réprobation, la colombe devenir serpent.

Ceci se passait, ne l'oublions pas, avant la chute. 4 cette époque de félicité, l'homme en parfaite union avec le Créateur, et sans doute aussi avec lui-m6me, le travail n'avait pour lui rien de répugnant et de pénible. Les eoxtrariétés signalées par M. Jean Reynaud n'existaient pw« La nature, qui pour produire l'homme vous semble avoir échelonné tous les êtres, avait supprimé les espèces unisibles et inutiles; ce n'est que postérieurement qu'elle a complété sa série.

Cet élat de bonheur dura peu. L'homme s'étant infecté lui-même par un acte que la Genèse ne nous révèle 400 sous le voile de l'allcgorie, mais dont M. Reynaud noue a décrit avec un redoublement d'éloquence ia gravité, 16

— ter —

travail, de plaisir que Dïea Và\iiX fait, devtiil i-hiliui^ni,

« La terre sera maudite pour toi : tu nuii^rn^ dVUo ilan* la fatigue chaque jour de ta Tîe. Ello U* |Hui!im*r(t ilri rpiiir* et des chardons; et tu mangeras l'herbr ilr« rhiiin|i«. lu Ir uourriras de ton pain à la sueur de ton vimigr, jum|u'A it (|iin tu retournes m terre, d'où tu es sorti : car tu ru )mmi««iiii i* ri tu retourneras en poussière. » [den., m.)

Tel est le décret qui, postéricureiiiiiMi h l.i |h''i imlr il m nocence, a réglé la condition du travailUMir, rt ipii ii diii la base de l'Économie sociale f)f:ndant touti! I<i tUn^-r. itr l'Age religieux. Cette malédiction , dont Li tniMir wm . ,§ été conservée dans le livre sacré d^;^ Wlmut, i ntU-MU par toute la terre. Virgile, au fir livrr; tU-. rfCn/iJ/-, {Ah*» le Tiji^nil à la porte des enfers, ^n fjitu\..*/j^n'. ^- uusua très hsrribles, le Deuil, lf;H Vjiu':»* 'tt^.ujf.étt., > . ;/6'^.. Maladies, la Vieillesse chemin, \a V^.: ^ **1r* m niseo)nseillère, et la honteiiSK % s^' ^ a %fA'

Le christianisme épaLvit > :•.;'% «rr. , . >. . > ^ SdoaM. Hanc Saint-fiiMiru»s .' m» '^-^ '^ •-.^. ^^ *• lemarqoableade notr^én^yiiu* ^. ^\ -c- •--•: ^ ./,... tioo de la doultiur, iUL<; .aiii;*-::«' ' .^^t. v •* /. [point dlieroime. pnmt ip. ^itca<s.*yf.j^.

\\ ■ La Douienr asau vsnfn r^r^ <iy^ < >t^ ^ . ..^..

« La Douleur -^ m ^^i:.'ii»';.v.' *.

« Travaii, IVuuesir Jw-.*? :'..-.^ .• * La Faim gu nnv "* .n-.-.t» i. i ■ ■.. .t^ . •. . . te pour Tin ^în* '^ !i».^v»**- '*» <- .

Dft «Sût -iisw^iJitv.^ .:^ . . . - . . fKMOit adMi^ » 1 .M* ..--.r...

V^rescès satu i: ji'.i.s'^ri..

M' Hanc Smu^MUi*» ...

cités, qui peuvent paraître intéressantes à un spirituî à un chrétien, ^ais dans lesquelles le sens conurn peut voir que rabètissementibe la raison par la p religieuse. C'est le procédé de M. Jean Reynaud les contrariétés qu'il reproche à la nature : le | sophe et le chrétien, partant du même principe, d'accord.

Est-il donc si difficile de pénétrer le sens de celte ble allégorie?

a) Le travail avant le péché.

L'homme, en vertu de son activité propre et de s lations avec le monde, est ouvrier; son travail est tané et libre, soumis par conséquent à une loi de j et de morale dont la pratique assure son bonheur, la violation au contraire le plonge dans la misère, le point de vue subjectif, affirmé aujourd'hui par 1 volution, et que l'écdjyain sacré présente coram époque antérieure, ép^ue d'innocence, de sponta de liberté et de richesse.

b) L^tratail après le péché.

Or, à cette loi du travail, qui ne peut avoir d'affligeant, puisqu'elle résjilte de notre constiti la nature ajoute la sanction de sa passivité. L'h< doit agir, travailler, d'abord parce qu'il est ho Mais, afin que son action ne soit pas vaine, subsistera que de ce qu'il aura produit, à l'aide ( instrument inépuisable, qui est la Terre. C'est le de vue objectif, le seul que découvre l'ancienne économique. Ainsi s'unissent dans le Travail, sel pensée supérieure du mythe, la liberté et la fatalil première devant, par le développement des faculté maines, subalterniser de plus en plus la seconde.

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Les Orientaux ei l*:-.

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satanique, dont l'esclavage, servage ou salariat, est la* traduction fidèle.

Si le Dieu qui jadis fit entendre sa parole à Moïse, qui S'était fait connaître auparavant à Abraham, qui avait enseigné Noé après l'avoir sauvé ^u déluge, eût été mo d'une vraie piété pour notre espèce, il avait une belle o^ casion de lui rendre service, en lui expliquant le mythe du travail. Gela aurait mieux valu pour l'édification de rimmanité que l'abrasion du prépuce et l'interdiction de la viande de porc. — Sois attentif à la parabole, auraitril dit à Noé; ne va pas te perdre dans les abstractions quintessenciées, et prendre Tâge du bonheur et l'âge du tra* vail pour deux périodes consécutives de l'histoire. Il ne s'agit là que d'une corrélation. Le bien-être et le travail sont jumeaux : vous n'aurez point parmi vous d'esclaves; tout le monde aura sa part, et le plaisir chassera la peina.

Au lieu de cet avis si simple, lé trop prompt Jéhovah prend lui-môme sa parabole au pied de la lettre. Il laisae subsister la malédiction portée par Noé contre son fib Cham; parmi les richesses dont il comble Abraham, il n*oublie pas les esclaves, mâles et femelles ; et sur le Si" naï, son principal soin est de consacrer la servitude en la réglementant. Fiez-vous donc aux révélations, et prenez les dieux pour directeurs de vos consciences !

Qu'est-ce que l'esclave?

M. de Donald, partant, ainsi que M. Jean Reynaud, ào dualisme cartésien, définit l'homme une intelligeii^^ SERVIE par des organes.

Or, il est à remarquer que la notion de l'esclave, d'apr^^ l'étymologie, revient exactement à cette définition: Ser^^ us, serv-are, serv-ire^ ser^ere (franc, serrer), inser-sf^* ser-a; gr. Qcpaicwv, ôupa, 6upo(i), etc. Servu$ est do**^

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. Bunùi iiL cir-t sum. .^u::iis;ii.. i. ! ONcnnut o(

M. de Bonald, est l'Intelligence souveraine servie par rUnivers et par rHumanité; et c'est à Texemple de cette subordination entre lui et ses créatures qu*il a fallu qu'une partie du genre humain, prédestinée au commaodement, fût servie par l'autre, prédestinée au travail.

Saint Thomas, Bossuet, l'Église tout entière, abondent en ce sens.

Le ministre Jurieu avait osé dire :

« Il n'y a point de relation au monde qui ne soit fondée sur un pacte mutuel exprès ou tacite^ excepté l'esdavage tel qu'il était entre les païens^ qui donnait à un maître pouvoir de vie et de mort sur son esclave^ sans aucune connaissance de cause. Ce droit était faux^ tyrannique^ purement usurpé^ et contraire à tous les droits de la nature, d

Bossuet lui répond ( 7» Avertissement) :

« Quelque spécieux que soit ce discours en général, si l'on y prend garde de près^ on y trouve autant d'ignorances que de mots. Si le ministre y avait fait quelque réflexion^ il aurait songé que l'origine de la servitude vient des lois d'une juste guerre, où le vainqueur ayant tout droit sur le vaincu, jusqu'à pouvoir lui ôter la vie, il la lui conserve, ce qui même, comme on sait, a donné naissance au mot servi, etc. »

L'argumentation de Bossuet est faible, à cause du sens restreint qu'il donne au mot servus, travailleur. La servitude consiste, en général , à travailler gratuitement pour autrui, ce qui a lieu toutes lés fois que le salaire est inférieur au produit. Dans l'antiquité le travail était imposé par un maître, aujourd'hui il ne l'est plus que par la misère : voilà toute la différence. Bossuet pouvait donc dire à Jurieu : Votre théorie ne tend à rien de moins qu'à supprimer la distinction des rangs et des fortunes* à ébranler tous les pouvoirs, à créer l'égalité et l'anarchie, à rendre inutile la religion : toutes choses que vous repoussez, comme TÉglise, énergiquement.

— ir3 —

Bftnn «pie Bil>s>^-4 U >^r\iiiii^« laand D fisiit :

«QondoB est mEnrar & <«$ i^nobbbk» luiint que U*i\vr|^ 'est i Yiaat, h brate i IVMHDe.. ~ et c^^si U ciHKiiii.Mi de xws ceux dKi qui l'onplaî des foroK cxMrporvlK'^ esl le unnl* jeurpartià opérarde leurAre, — ihi est e$cU\e i>dur lutun^* «

U Touhil dîni4iir destinatioD.

Qui Teal la Gn Tent le nooyen.

La chasse k TescUiTe sefralique enix^ro sur une ^raiido Murtîe de l'Afnque. de TAmérique ot do rOivanio.

Esl-ceYiolerl%jiKtice?NoD, dit le spiritiialiste, oVsl icoompUr Tordre de la 'Providence, qui veut que les noirs, es jaunes, les rouges, et toutes les races inférieures no XNnrantse livrer à la méditation, travaillent...

On se rend maître du sauvage, conune des autres animaux, par la force, par Fadrcsse, par les pièges «pie lui lend son instinct; on le dompte par un système de Uuis 3t de mauvais traitements, parla désuétude do la liberté, par le travail continu, par Tattrait d*uue fonune, |mr Tinterdiction de tout exercice libéral et do toute pensée. La castration même a été employée sur riiomme, coniino sur les chevaux et les bœufs, avec succès, (le n\st |)euttoe pas autant la jalousie maritale <|ni a su{;^éré cette barbaiîe des castes privilégiées, que les besoins de la domastication.

Une conséquence de la scrvitiule fut d^abord (rt'xrJure l'esclave du droit commun, ce qui voulait dire do la religion. Le recevoir à la communion des |)éniiteH cl de» 'Acriiices, Télevcr à la vie contemplative, n^fuire de lui ^eàme, en lui donnant le sacrement de Justice, eût ^^ rémanciper, revenir à la confusion générale des ÂnieM ^l.dcs corps: chose impossible. Ijq spiritualisme ne ré- ^grade pas.

« J'ai demandé quelle espèce d'instruction morale et religieuse recevaient les nègres de la colonie^ et j'ai appris que cette instruction était nulle. — Ou les baptise^ m'a-t-on répondu ; on les marie, s'ils le désirent. A leur mort, on va queiquelquefois chercher M. le curé pour les confesser; mais il demeure assez loin^ et nous n'aimons pas à le déranger... Mais ni catéchisme ni prédication pour les noirs; nul moyen que la notion du bien et du mal parvienne à lear intelligence : ils sont exclus de toute idée morale. » (J.-J. Ampère, Promenade en Amérique, art. de la Revue des Deux-Mondes, 15 juillet 1853.)

Ainsi en usait le paganisme, ainsi en use le christianisme : toutes les religions se ressemblent. Une loi de la Révolution dit que tout esclave qui met le pied sur le territoire de la république, par le fait es^ libre. Dans l'Église, au contraire, le curé baptise Tesclave, marie Yesr clave, donne Textrême-onction à l'esclave; et ni le baptême, ni le mariage, ni Textrême-onction, n*afiranchit l'esclave. Le sacrement n'a rien de commun avec la liberté. C'est une marque que le prêtre imprime sur le corps du chrétien, comme celle que les éleveurs font sur le dos de leurs moutons ; signe de la propriété ecclésiastique, nullement de l'égalité et de la liberté des pe^ sonnes.

Gepend^uit l'exclusion de la morale parut bientôt, psr son absurdité et ses conséquences, d'une pratique dangereuse. On a beau faire , l'homme se retrouve toujours dans l'esclave : lui denier toute espèce de 'droit, c'est le pousser à la vengeance. Dans l'intérêt de l'exploitation servile, et pour la sécurité des maîtres, il fallut donc avis^ au moyen de faire servir le culte à la consolidation de b servitude : c'est à quoi la religion se prêta avec unecoiO" plaisance et une facilité merveilleuses. Il y eut des dieu^ et des sacrifices pour les esclaves, des saturnales po^^ leur rappeler l'égalité de l'Age d'or ; il y eut même» ^

3Î pafwe toute insolence, un droit de l^esclave : comme le patronat et la maîtrise étaient autre chose qu'une oncession temporaire à rimbécillité générale; comme si I droit de l'esclave n'était pas^ le cas échéant, do tuer m propriétaire, et de partir!

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