CHAPITRE III
Toit de l'homme de travail ou de readavo, d'après Moïse . • —
Loi d'égoïsme.
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L'année dernière farchevêque de Paris, Mgr Sinoua, lit au concours le sujet suivant :
Que la pratique sincère et intelligente des maximes Angéliques satinait à la jois tous les instincts du Mur kiÊÊiain et les grandes lois de conservation sociale ;
Que le précepte chrétien de la Charité remplit le but rovidentiel de C inégale répartition parmi les hommes es dons de V intelligence et de la fortune.
J'ignore si le prix, qui était de 1,500 fr., a été décerné, a si le concours a été remis à Tannée suivante. Quoi qu*il n soit, que demandait Mgr Sidodr?
Il proposait de démontrer, par un examen approfondi e la nature humaine et de la constitution de la société, 06, Tinégàtê répartition des dons de rintelligencc et de ^ fortune étant Teffet d*une volonté providentielle, sinon 0 la fatalité même des choses, il n'y avait lieu de pro- ^ter contre cette fatalité ou Providence au nom d'aucune ^ de Justice; que tout ce que réclamait Tllumanité ^it que les privilégiés adoucissent, par une bienfaisance ^lontaire, la rigueur du décret, et que le précepte de
charitS'chrétiennc y satisfaisait pleinement.
Ainsi, voilà qui est clair : Mgr Sibour, d*accord avec
la philosophie spiritualiste, ancienne et moderne, nie la possibilité d'une solution juridique : il affirme, comme je Tai dit, Tinfériorité du travail, réternité, la nécessilé, la providentialité de la misère.— Que parlez-vous, dit-il, socialistes et malthusiens, de science économique, d'abolition du paupérisme, de problème du crédit, d'équilibre des salaires, d'égalité des fonctions, de fusion de la bourgeoisie et du prolétariat, et de cent autres chimères qui troublent la société depuis un quart de siècle, et qu'a vo« mies sur le monde la Révolution? INe savez-vous pas, aveugles, que la Bonté divine ne vous a rien laissé à faire; qu'elle vous a réfutés d'avance, il y a dix-huit cents ans. Vous parlez de science, comme Pilate demandant à Jésus: Qu'est'Ce que la véritéî sans daigner seulement l'entendre. Mais la science est devant vous; elle s'est révélée au monde et vos ténèbres ne l'ont pas comprise. 11 n'y a pas d'autre science que celle qui s'est manifestée dans l'Evaagile : Et verbum caro factum est.
Eh bien ! Monseigneur, je soutiens précisément que l'Évangile est lui-même la preuve qu'il y a autre chose encore à attendre que TEvangile; je soutiens, dls-je, que le précepte de charité a pour conséquence nécessaire do produire le précepte de Justice, et je le prouve, d'abord par la série des idées, puis par toute votre tradition.
Après la période inorganique et légendaire, dont j*ai parlé au chapitre précédent, une première législation fut donnée pour consacii;^ l'esclavage, la distinction des castes : ce fnt la loi ffégoïsme^ dont Moïse nous fournira tout à l'heure un exemple.
La loi d'amour, exprimée par l'Évangile, est venu© ensuite, antithèse de la loi d'égoïsme, et supposant un troisième terme, une synthèse, qui ne peut être que 1*