‹ De la justice la révolution et dans l'église;Chapitre 24 sur 45 · IJ · texte numérisé non relu

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donna le signal de cette rénovation décisive, marquée d'avance, au quinzième siècle par la Renaissance^ et au seizième par la Reforme.

Et remarquez, quapd les idées sont mûres, comme tout concourt à les répandre !

G*est Bacon qui le premier, sous le nom d'induction, invite la science à chercher la vérité, non plus dans la substance inobservable, mais dans les rapports observés des phénomènes; c'est Descartes qui recommande de faire des classifications exactes, d'après ces mêmes rapports; c'est Montesquieu qui défmit la loi, le rapport des choses ; c'est la franc-maçonnerie qui symbolise le rapport dans le compas^ le niveau et VégiierrCy et le personnifie dans son grand architecte; c'est Aug. Comte qui fait du rapport la base de son positivisme, et exclut en son nom la métaphysique et la théologie; c'^ist M. Cournot qui donne pour unique objet à la philosophie la recherche de la raison des choses; c^est M. Babinet, enfin, qui, témoin idoine, attribue exclusivement à la constatation des rapports toutes les découvertes, tous les progrès de la science moderne. N'est-il pas vrai que le règne du rapport est commencé pour la civilisation, qui ne jure plus que par cette idée?

Ce qui distingue le mouvement philosophique à dater de Bacon , ce n'est pas, comme on l'a dit , et comme M. Frédéric Morin a pris la peine fort inutile de le nier, d'avoir inventé l'expérience; c'est, en mettant la raison philosophique au service de l'expérience, d'avoir appris à en formuler méthodiquement les conclusicms, toujours relatives à la raison, au rapport des choses, tandis qu'auparavant c'était l'expérience qui, étant serve de la raison philosophique, cherchant avec elle Yen soi des choses, l'absolu, ne concluait rien du tout. Telle est la tendance de Descartes, qui, complétant l'œuvre de Bacon, essaye

isporter dans Tétudc do Tospril luinmin lu iiit^dont il avait si bien éprouvé la puisriaiiro diiUM loH >s physiques et mathématiqiiOH , i^X (|iil par riMIn ve suprême acheva de rciiouveler hi philoN(»p|i|M lit possible la Révolution*

artes s*est trompé dans sa métapliyHi({U(S vniium , trompé dans ses tourbillon»; c^iU m proiivM chose, combien rexpériencc, cAmihuMï TobiM^i va* »t un art difficile, et queU pi^es rimaginatiori U-M tsse au philosophe. Mais Tes^iéce Ah riutrwU*uu*$$iAf iliste causée par Descaries^ et qu'on |j#^t fi^nr^Uf rbui comme lerminéef a Mtiri dlf^^i/^fi^; k \h^^ [iisqu*elle a ocmûrmés par un d^^niMir ^ î$êh$$^H*4\M e, le prisiâfe de Baeoo, sairofr^ qu« k» i4^ {/uf <;t^ l5, onhrerBaox ei eal^orief ^ «l^fiiUtaét 4<; l^ U^y.N^' de r€X{iérîeDee« ne saut (jro^ei> «jv^^i «t;ut|^;uM spiil ime rêverie ^iériS^ qui f^ymt^ ^ k Um;, rÎDcâpe de ML. Eilûsnet «i;t d^Mue jn^^-yi^ii^i^. «^ a part }e cliétôtt; }iaft i ie: l«ur*: ttu%3U t, l ^ i. uaiit is<s que jts %èyifwsh oui iu«(3tr f<<^>^yv«^- » iaa

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ou PAbsolu, est justement ce que la philosophie nomme le côté métaphysique^ ontologique ou transeendantal des choses, par opposition à la partie observable, mesurable, comparable, qui constitue le côté phénoménaL Aux exemples cités par M. Babinet, on peut joindre la cause, la substance, la vie, Tâme, l'esprit, la matière, tous les concepts ou idées pures, jusques et y compris celui de Dieu.

Et la méthode scientifique, celle qui a produit toutes les découvertes modernes, consiste, comme il vient d'être dit avec une lucidité incomparable par M. Babinet, non pas à nier Yen soi des choses, ce que l'esprit conçoit comme leur sujet, substratum^ ou soutien, sans qu'il puisse le pénétrer et en rien apprendre, mais à écarter cet en 5ot, ce côté transeendantal, caput martuum de l'alambic intellectuel, pour s'attacher exclusivement à la phénoménalité, aux rapports.

Ceci posé, vous allez sans doute. Monseigneur, m'a*dresser, à l'endroit de la philosophie, une question' préjudicielle.

Puisque la philosophie connaît si bien la méthode, qu'elle sait depuis Bacon à quoi s'en tenir sur Yen soi des choses, comment, avec Descartes et tous ses successeurs français, écossais, allemands, dès qu'il s'agit des choses morales et politiques, s'est-elle obstinément clouée sur cet en soi? Pourquoi ceux qui ont essayé de tourner recueil, sceptiques, matérialistes, panUiéistes, idéalistes, ont-ils péri misérablement comme tous les autres! Qu'estrce qui empêche la philosophie d'aller en avant? D'où vient notamment que depuis un siècle, tandis que les sciences physiques nous donnent coup sur coup la machine à vapeur, les chemins de fer, la télégta*

phie éleciriquô) etc., le progrès des sciences morales et politiques, représentées par une des cinq classes de rinstitut, dans laquelle il y a toujours un ou plusieurs savants, a été si médiocre, pour ne pas dire absolument nul? Ne seraitK^e point une preuve que les choses de la morale et de la politique ne sont pas de la compétence du savoir humain, qu'une révélation est ici nécessaire, etc., etc.?

D'où vient cela, Monsibigneur? Es^ce à vous, docteur es spéculations métaphysiques et transcendantales, chaîné par autorité divine de renseignement des choses non apparentes, non apparentium^ ministre de I'Absolu, est-ce à vous de le demander? Eh quoi! vous ne voyez pas que ce qui arrête les philosophes, les matérialistes, «panthéistes, idéalistes, aussi bien que les autres, ce qui les met tous aux prises, et qui entretient parmi eux la contradiction et l'ignorance, c'est toujours la considération de cet en soi^ tantôt esprit^ tantôt matière, tantôt univers' ou âme du monde, tantôt idée pure, que le sensualisme et le spiritualisme nous accoutument dès l'enfance à rechercher en toute chose, auquel nous revenons sans cesse comme le païen vers son idole, et pour qui nous nous battons dans nos livres, en attôidant que nous nous rencontrions sur nos places publiques? Vous ne sentez pas l'ironie profonde de c;^ savant qui, en parlant de métaphysique, embrasse tout à la fois le matérialisme et la théologie?

Voyez pourtant jusqu'où M. Babinet pourrait vous mener avec son argumentation, si la prudence académique ne lui tenait bouche close !

Considérant, vous dirait-il, les phénomènes vitaux dans 'e i^e animal, je puis classer, selon les lois de leur or-

ganismc, les animaux par genres et espèces; comparer les manifestalions ilc la vie dans toutes les conditions de structure et de milieu. Celte étude formera pour moi la zoologie ou science des ôtres vivants ; quant à la vie ellemême, je n'en connais rien. Véritablement, je conçois les phénomènes zoologiques comme se rapportant à un je ne sais quoi, fluide ou tout ce qu'il vous plaira, c|MG| j'appelle vie ou principe de vie, qui se choisit ses matériaux et les organise ; qui les protège contre les attractions chimiques et la dissolution ; qui se distribue dans l'ensemble des corps organisés, les particularise, les anime et les soutient tous, comme la trombe soutient les corps qu'elle enlève dans son tourbillon. Par toutes ces causes, je puis bien concevoir la vie comme une essence, un en 501 particulier, un absolu, auquel je rapporte les phénomènes vitaux; il est même nécessaire que je la conçoive ainsi, afîn de distinguer les faits de la nature organique d'avec ceux de la nature inorganique. La confusion de la physiologie et de la physique, fondée sur l'hypothèse, inipossible à démontrer, de l'identité du principe vital et du principe matériel, deviendrait pour moi la cause d'une désorganisation de la science même. Mais la science, qui va jusqu'au concept et qui le pose, ne peut plus dire si l'objet conçu est matière ou autre chose que matière, si c'est un substratum différent de la matière ou un état particulier de la matière ; elle ne pénètre pas jusque-là et s'arrête court. Ne pas nier l'en soi de la vie, le supposer, le distinguer, est tout ce que je puis. Devant la science, cette vie ne devient une réalité intelligible qu'en deçà du phénomène; au delà, ce n'est plus qu'une hypothèse, nécessaire il est vrai, mais une hypothèse. Toute spéculation sur le principe vitar considéré en luimême, et abstraction faite des organismes dans lesquels il apparaît et se détermine, m'est donc interdite : elle ne

poorrait aboutir qu'à ramener la confusion dans la science. La vie est-elle un principe à part, ou la même chose que l'attraction, le calorique ou rélectricilé? Les cristaux se forment-ils comme les plantes, et les plantes comme les quadrupèdes ? Qu'est-ce que la vie universelle, que certains religionnaires proposent de mettre à la place du cruciGx ? L'ensemble des êtres organisés forme-t-il un oi^anisme, et cet organisme en forme -t-il un autre avec les corps inoi^anlques ? La terre et le soleil sont-ils vivants ou bruts? L'univers est-il un grand animal ? Qu'est-ce qui fait que la vie entre dans un corps, ou, pour mieux dire, se compose un corps, et puis qu'elle Tabandonne?.,. De pareilles questions sont de Tordre ultra-expérimental ; elles excèdent la science, et ne peuvent conduire qu'à la superstition et à la folie.

Considérant ensuite les manifestations de la vie dans un animal donné, soit l'homme, par exemple , je puis, en distinguant parmi ces manifestations celles qui ont pour objet la vie de relation, sensation, intelligence, sentiment, les concevoir comme un système distinct, dont le subsiratum est emprunté à la vie répandue dans Tunivers, mais qui, par la forme qu'il à reçue, n'est plus le même' que celui que je place dans le lion ou le cheval. A ce tout animique, que j'abstrais des organes qui sont censés le contenir et le servir, je donne le nom d'âme, anima^ ^I''y//i ; P"îs, me renfermant dans l'observation de ses facultés, de ses attributs, de ses modes, tels qu'ils se manifestent dans les relations de l'homme avec ses semblables et avec l'univers, je puis faire de ces nouvelles rechélrches une science à part, que je nommerai psychologie. Et comme j'aurai dit l'âme de l'homme, la psychologie de l'humanité, je pourrai dire encore Tâme et la psychologie des animaux. Jusqu'ici la science est de bob aloi; elle repose sur des phénomènes.

Mais qu'est-ce que Tâme en elle-même? Est-elle simple ou composée? matérielle ou immatérielle? £st-elle sujette à mourir? Â-t-elle un sexe? Qu'est-ce qu'une âme séparée de son corps, et que faut-il entendre par la discession des héroès, comme dit Rabelais? Où vont les âmes après la mort? Quelle est leur occupation? Reviennent-elles habiter d'autres corps? L'âme d*un homme peut-elle devenir âme de cheval, et vice versa? Y a-t-il des anges, et quelle est la nature et la fonction de ces purs esprits? Sont-ils au-dessus ou au-dessous de Thumanité? Faut-il croire aux apparitions? Que penser des esprits frappeurs^ qui dans ce moment troublent la raison des Américains ?•••

Questions ultra-scientifiques, répond M. Babinet, auxquelles la raison ne peut s'empêcher d'accorder quelques heures, ne fût-ce que pour s'en rendre compte, mais dont la poursuite ne saurait amener que charlatanisme, hypocrisie, rétrogradation de la vérité, corruption de l'esprit, et abêtissement du peuple. Pour que nous fussions en droit d'affirmer l'existence séparée des âmes, il faudrait que cette existence nous fût révélée par des phénomènes spéciaux, autres que ceux qui ont donné lieu à la conception de ces natures transcendantales. Mais nous ne connaissons l'âme humaine que par des manifestations dont Torg^nisme est le véhicule indispensable; de sorte que, la phénoménalilé psychique ayant pour condition la phénoménalité physiologique, et vice versât nous nous trouvons, après avoir discerné pour le besoin de l'observation scientifique l'âme du corps , dans une égale impuissance de conclure que l'âme hors du corps, ou le corps hors de l'âme, soit quelque chose. La plus savante philosophie, celle de Spinoza, ne va que jusqu'à concevoir l'âme et le corps, l'esprit et la matière, comme deux manières d'être de la substance cosmique, dont le quid de plus en plus se dérobe. C'est le concept de la fusion de deux concepts : la belle science !

Considérant enfin chaque âme, chaque moi, comme an foyer où viennent se réfléchir et se combiner tous les rapports des choses et de la société, je donne à cette âme, en tant qu'elle reçoit les représentationsou idées des choses et de leurs rapports, qu'elle les compare, les combine et les apprécie, y donne ou y refuse son adhésion, le nom d'intelligence; en tant qu'elle observe, compare et combine les rapports de la société dont elle fait partie , qu'elle en extrait des formules générales, dont elle se fait ensuite des règles obligatoires, le nom de conscience.

Mais tout en distinguant dans l'âme la conscience et l'intelligence, avec leurs manifestations respectives, je ne vais pas prendre ces deux fctcultés en elles-mêmes pour objet de mon étude, comme si je voulais faire directement connaissance avec ces nouveaux personnages. Je me souviens que la vie, de même que la matière, n'est qu'une manière de concevoir Yen soi non observable des choses; l'âme, un autre en soi; Tintelligence, encore un en soif une conception greffée sur une autre conception, un quelque chose qui n'est pas rien, puisque c'est une fonction de l'âme, laquelle est, comme la vie, la pesanteur, la lumière, une fonction de l'existence; mais qui, hors du service que la philosophie en tire pour attacher le fil de ses observations, devient pour nous comme rien.

f C'est à cette condition qu'il existe , pour l'intelligence et pour la conscience, comme pour l'âme et la vie, tout un ordre de phénomènes, de manifestations et de rapports à étudier, par conséquent toute une science de réalités phénoménales à faire. C'est pour cela qu'a été fondée l'académie des sciences philosophiques et morales : M. Babinet doit le savoir mieux que personne.

La science des lois de l'intelligence s'appellera, si vous voulez, la logique; la science des lois, ou des droits et

devoirs de la conscience, sera la Justice, ou, plus généralement encore, la morale. Pour Tune et pour l'autre, de même que pour toutes tes sciences sans exception, la première condition du savoir sera de se prémunir, avec le plus grand soin, contre toute immixtion de l'absolu. Car il est évident que si, pour les sciences physiques et mathématiques, les recherches sur la matière en soi, la force en soi, l'espace en soi, offrent désormais peu de danger; si, pour l'anthropologie, la zoologie et l'histoire, la croyance aux mânes est encore d'une grande innocence, il n'en est plus de même dès qu'il s'agit de la direction de l'entendement et de la conscience. Ici la moindre excentricité engendre les charlatans et les scélérats.

Terminons cette revue des choses en soi.

Que si maintenant, après avoir distingué avec chacune des sciences qui successivement s'affirment et se posent, une série à'en soi, d'absolus, distincts les uns des autres, d'abord un en soi de la matière, puis un en soi du mouvement ou de la force, ensuite un en soi de la vie, etc., nous concevons par la pensée tous ces en soi dont la science n'a pas le droit de parler, bien qu'elle les suppose, mais qu'elle n'a pas non plus le droit de nier, bien que l'observation ne lui en apprenne rien; si, dis-je, nous concevons tous ces en soi divers comme les parties d'un seul et universel en soi qui les contient tous dans sa série, aloK nous aurons l'idée d'uri sujet pi-emier et dernier, père et substratum de toutes choses.

Nous dirons donc de cet en soi de l'univers, résultant de toutes les parties qui le composent, et que nous supposons d'instinct quand nous pensons à l'univers, qu'il est substance, vie, esprit, intelligence, volonté, Justice, etc. ; qu'il existe de toute nécessité, qu'il est éternel, et tout ce qu'on voudra. Mais comme, d'après toutes dos

analogies, un en soi sans manifestations, sans phénométaalité, sans rapports perceptibles, n'est autre chose, pour la connaissance, que le néant pur, il s'ensuit de celte déductioh qui résume toute la métaphysique, que Yen soi de l'univers, l'absolu des absolus, n'est rien pour nous ; que la création seule est quelque chose ; que notre science commence aux choses visibles; et que les invisibles, les en soiy dont parle le Symbole de Nicée, dont nous pouvons bien, jpar le progrès de notre science, voir augmenter le nombre, considérés en eux-mêmes sont la peste de la raison et de la conscience.

. Voilà ce que dirait la science, si elle avait le courage de ses propres découvertes, mais ce que la prudence des savants dissimule, ce que l'hypocrisie des philosophes n'aVouerià jamais, fournissant au besoin des sophismes à la théorie de l'absolu, et refaisant^ comme par le passé, la raison serve de la théologie

Et qui pourrait nier celte défection des princes de la science? Le règne de l'absolu touchait à sa fin : les systèmes qu'il a produits depuis soixante ans ont à peine duré une heure, tant le progrès de l'observation appauvrit, désorganise, tue le transcendantalisme. Et voici que tout à coup, grâce à la connivence des savants "en tts, en es et en Xy nous nous trouvons reportés pardelà toutes les fantaisies les plus hyperboliques de la gnose!

Le gnostique, à qui l'Église orthodoxe a dit alialhème après ravoir pillé, ne se contentait pas de rechercher ce que sont en ellcs-mômcs la matière et la vie, de spéculer sur l'âme du monde et TÊlre sans fond ; il se demandait ce qu'étaient la raison en soi, la Justice en soi, les idées en soi; où étaient ces dernières avant de descendre dans

rentendement humain ; si' elles résidaient en Dieu on à la superGcie des choses; comment elles advolaient vers Tâme, et s'abattaient dans l'intelligence, etc. De là une genèse d'entités métaphysiques , divisées par groupes et familles, dont la plus remarquable, la seule qui se soit maintenue dans le christianisme» est la fameuse Trinité.

^ Il existe, disait le gnostique, dans le sein de l'âme divine, une raison qui lui est éternelle, et qui en émane, princi|>e et type de toutes nos raisons à nous, pauvres mortels : c'est le verbe^ le logosj la sophia^ qui éclaire toute âme naissant à la vie, en s'unissant à elle par une infusion mystérieuse. Puis il y a une conscience, un amour, également éternel, procédant de Pâme suprême et de la raison protogène, qui inspire sur terre toute conscience, allume toute charité, comme le verbe illumine toute intelligence. C'est l'esprit, source de grâce, consolateur, sanctificateur, vivificateur.

Le Père, le FilSy V Esprit; Thèse, Antithèse, Synthèse: nous avons vu de grands philosophes, des hommes doués de tous les dons de l'intelligence, éclectiques, panthéistes, mathématiciens, chimistes, se vouer à cette formule comme au dernier mot de la science, y attacher leur navire comme à l'ancre de salut de la liberté.

La conscience humaine, suivant ces respectables illuminés, étant ainsi de constitution transcendantale» l'Humanité n'arrivant à la connaissance du devoir que par une révélation divine, interne ou externe, médiate ou immédiate, ils se demandent quand et comment s'accomplit cette révélation , à quel signe elle se reconnaît, qui peut en rendre témoignage, et quel est le dépositaire de son autorité. Suivant les uns, cette autorité est r Église, instituée par le logos en personne; suivant les autres, elle réside dans la masse, en qui l'inspiratiou

sctible. Une fois là, plus de difficulté : TËglise rois, la multitude délègue ses pouvoirs ou bèlc tés; et le monde va de lui-même, tiré par un fil

iclusion est connue. Plus de deux siècles après uand les sciences physiques nous donnent la 3s chemins de fer, la télégraphie électrique, tant DUS si neuves, si belles^ si utiles , si merveilleuses y i européenne sent sa conscience défaillir, la »erd sa liberté avec ses mœurs, et l'on se dcvec M« Babinet : Comment est morte cette phi* lui fit marcher le dix-huitième siècle et produisit tion? Quomodà cecidit potens qui salvumfacie* umisraél?

lis délivrera des entités métaphysiques, des idées du logos j de Timmortalité de Tâme et de TÉtre ' Qui nous débarrassera de Tadoration et de Tauir, le fait est visible à tous regards, telle est la 3 notre affliction, et notre décadence n*a pas ause. La méthode, la morale des idées, si je primer de la sorte , existe ; la physique, toutes \es naturelles et positives, nous en montrent les . maintenant qu'il s'agit de nous-mêmes, nous plus philosopher, nous revenons. à notre vomis- L force de considérer ce qui est au-dessus de . soi de notre âme, de notre raison, de notre e, nous n'apercevons plus ce qui est en nous, lire la phénoménalité de notre moi, la seule ce moi qu'il nous soit permis de connaître. Au ous élever graduellement, par l'observation, à , nous plongeons de plus en plus, tète baissée, solu. La confusion des idées amenant à sa suite âon des mœurs, nous sommes punis par la im de nos cœurs des hallucinations de noire

eeireau. Ne saurions-nous, enfin, mettre hors de la philosophie morale toutes ces hypothèses d'autre vie, de célestes essences et de grand mattre des destinées; puis, celte oliminalion opérée, nous occuper de ce qui nous regarde?...

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