‹ De la justice la révolution et dans l'église;Chapitre 42 sur 45 · II · texte numérisé non relu

II

ensuite» wprèê avoir constaté, dans l'espèce, que la liberté est à elle-méine son objet et sa fin, que son action est supérieure à toute nécessité, sa raison supérieure à toute raison, conclure qu'elle est libre, puisque le service exclusif de soi-même est précisément ce qu'on entend par liberté : nemo sibi servit.

Devant ce conflit de contradictions que reste-tril donc à faire? Une seule chose, savoir si la liberté est une fonction positive de l'être humain; en autres termes, si l'homme, composé de matière et d'esprit, assemblage de tous les éléments et de toutes les puissances de la nature, ne (kmsède pas, ipsofactOf une force de collectivité qui le rende maître absolu du monde et de lui, et quel est l'objet et le but de cette force. Le fait reconnu, établi, analysé, expliqué, toute discussion devient puérile, aucune antinomie ne pouvant prévaloir contre le fait qui la pose. Que font, je vous le demande, les arguments des éléates contre le mouvement? Que prouvent, contre l'existence des corps, les difficultés que soulèvent la divisibilité à l'infini de la matière et sa non-divisibilité? Il serait aisé d'élever contre la nécessité elle-même autant d'objections qu'on en peut faire contre le libre arbitre : cela détruirait-il la certitude que nous avons de la nécessité de certaines choses?

Oui, la Uberté a pour adossement l'ensemble des néces' sites de la nature et de l'esprit : c'est pour cela qu'elle est la liberté. Oui, la liberté a sa raison, son principe, sa fin : c'est pour cela qu'elle est quelque chose.

Obj. — Si l'homme est libre, et si la liberté est en lui la résultante de l'organisme, image et résumé de la na-* ture, comment, sans une expérience continuelle des choses, ne peut-il rien imaginer, rien connaître?

/fep. ^-Distinguons. La liberté est la résultante des facultés physiques , affectives et intellectuelles de l'homme;

elle ne peut donc les suppléer ni les devancer : sous ce rapport, elle est dans la dépendance de ses origines. Mais ce que ne lui donnent ni la sensation, ni le sentiment, ni la science, le sublime et Tidéal, elle le produit comme son œuvre propre; par cette production, elle s*établit sur Tunivers entier et fait acte de souveraineté.

Obj. — L'esprit ne se détermine jamais sans motifs. Donc, s*il dépend de motifs, il n'est pas libre.

Bép. — Pure équivoque. De tous les motifs auxquels paraît obéir l'esprit, il n'y en a jamais qu'un qui vaille, et ce motif unique est toujours pris dans la liberté : c'est la glorification du moi, (id tnajorem mei gloriam»

Fichte le dit en autres termes :

« Ma nature tend en définitive à une indépendauce^ à une personnalité absolue. Je ne puis en approcher que par {'action. . . Je dois tendre à faire du monde entier ce que mon corps est pour moi... La loi de la liberté, loi unique, est donc détermination absolue de soi-même par soi-même. » {Willm, t. 11^ p. 315 et 367.)

Obj. — Tout cela est abuser des termes. La liberté est la liberté, ou elle n'est pas : voilà ce que dit à priori la logique. Or il se trouve, en venant aux explications, que l'on ne dit rien de la liberté qui ne sup)X)se en même temps la nécessité, et que toute définition leur est commune.

Rép. — Toujours l'antinomie! La nécessité aussi est la nécessité, ou elle n'est pas : voilà ce que dit à priori la logique. Comment donc se fait-il, quand on vient aux explications, que la nécessité est continuellement traversée par la contingence ; qu'on n'en puisse rien dire qui ne rappelle le hasard ou le libre arbitre, si bien que toute définition leur devient commune?

Sortez donc de cet imbroglio. Connaissez-vous rien dont l'existence vous soit plus assurée, en même temps Vap[

siticm plus manifeste, que vos deux mains? Eh bienl je vous mets au défi de donner une définition de Tune qui ne convienne pas, et de tous points, à Tantre; je vous défie, dis-je, de trouver un mot, une idée, au moyen de quoi vous puissiez distinguer, en elles-mêmes, votre droite de votre gauche. Si vous doutez de ce que j^avance, faites-en seul i*essai. Ce n'est que par un signe extérieur, accidentel, que vous parviendrez à vous entendre, conmie quand un homme, placé de ce côté-ci de Féquateur, et le visage tourné au méridien, appelle gauche la main située du côté où le soleil se lève, droite celle qui est du côté où il se couche. S*ensuit-il de cette indistincUon fatale que vous n'avez qu'une main, avec le pouce au milieu ?

La liberté est à la nécessité ce que votre droite est à votre gauche : l'entendement seul ne peut vous en rien dire, et toujours vous serez amenés, si vous ne consultez que lui, à nier l'une ou l'autre, ce qui est absurde. Tout au plus serez-vous averti par la contradiction de vos idées qu'il y a là-dessous une réalité que vous ne connaissez point, mais que l'observation des faits de la nature et de rame humaine à la fin vous découvrira.

Obj. — Du moins faut-il convenir que l'arbitre de l'homme est soumis aux lois de sa propre constitution. Ces lois sont pour lui une nécessité dont il ne peut s'affranchir : donc il n'est pas libre.

Rép, — Ceci revient toujours à dire que la liberté est adossée à la nécessité , et que dans cette antinomie, la thèse ne peut jamais détruire radicalement l'antithèse : ce qui, je le répète, n'est pas une objection, mais une preuve. Non, l'esprit ne peut anéantir la matière, le moi enlever tout à fait le non-moi^ le libre arbitre anéantir la nécessité, parce que ce serait s'anéantir soi-même, ce qui implique contradiction. Mais l'esprit, devenu libre

en rercUnl la fonne iHuaiine^ peiii <kîlruii^ te <Mrf«^ qu'û cnse à rétal Ulenl ; U pourrait^ s'il \<HiUil^ de œ ^kibc un monocao de scoriesi «u 1km d'«n

faire on jardin de déUœs, el par la deslnidion du corp» qu*il habite se rendonnir pour jamais : donc il «si librt%

Dans les systèmes où IHmiTers est reprisentiS eomm<^ on ro3paame gonrenié d'en*haui par ime divinité au»^ raine, le suicide d*nn Caton ei d'une Lucràce n*esi |>a« poor la libarté on témoignage sans réplique, parce que ces deux personnages sont censés dirigés par uno loi céleste, à laquelle leur volonté ne fait que se conformer. Dans la théorie leibniiienne» qui sur lUndépendanco des monades constitue la démocratie de la création et fait de chaque individualité un sommet, le suicide est Tacte suprême de la liberté, qui ne s'explique que par la liberté.

Obj. — Toute faculté ou fonction suppose un orga* nisme, dont elle est à la fois le principe et le produit» l'effet et la cause : dans une philosophie réaliste, fondée sur Tobservation de^ phénomènes , ce principe ne peut être nié. Sans organe la liberté n*est rien : quel est l'organe de la liberté? Avec un organe le libre arbitre tombe dans le fatalisme : comment échapper à la diniculté 1

Réf., — La liberté n*a pas d'autre organe que Thomme même, jouissant de la plénitude de ses facultés. La raison de cela est que la liberté, étant la force de collectivité de rhomme, ne peut pas avoir dans Thomme d*organe spécial saps cesser d'être. Aussi la déflnition de l'homme |)ar M. de Bonald, Une intelligence servie par de» organe»^ est-elle encore plus fautive que celle de M. Pierre Leroux : L'homme est une liberté servie par des organes, des senK, des affections et des idées.

Obj. — L'histoire du genre humain témoigne d'un fatalisme on d'un providentialisme, le nom ne fait ri/m à la choce, imiversel» La société est soumise à une évolutirm

que la philosophie n'a pas encore parraitemeni reconnue, mais dont le caractère fatal apparaît d'autant mieux qu'on l'étudié davantage. Entraîné par cette évolution, comme la goutte d'eau par les courants océaniens» l'homme n'est pas libre ; et plus il se civilise, en obéissant à la puissance quiie mène» moins il se reconnaît de liberté.

Bép» — L'objection est sans valeur, attendu qu'elle ne tient compte que d'une moitié des faits. Sans doute la nécessité joue un rôle dans les évolutions de l'humanité, et ce n'est pas un médiocre travail d'en faire la détermination : nos historiens philosophes en sont at^ourd'hui lài Mais le libre arbitre a aussi sa part : je n'en veux pour le moment d'autre preuve que le sentiment de toute cette écolo de narrateurs qui nie précisément ce qu'on est convenu d'appeler philosophie de l'histoire. Nous verrons plus tard, en traitant du Progrès^ de quoi se compose cette part de la liberté*

Obf» — Qu'on distingue, si l'on veut, deux sortes d'actes humains, les uns qu'on attribue au libre arbitre, les autres qu'on rapporte à la nécessité : en fin de compte, le libre arbitre ne va pas au chaos; ce serait une étrange liberté que celle qui aurait pour objet de créer le désordre. Or, la société^ œuvre du libre arbitre, eipression, incarnation du libre arbitre, ne peut pas exister sans un or« ganisme, et cet organisme a des lois. Comment peut-elle être dite libre?

Rép.'^ 11 a été démontré au contraire (Études IV et Vil) que l'ordre social, tel que le veut la Justice et que le poursuit le libre arbitre, n'est point un organisme, un systènoe ; c'est le pacte de la liberté, son équation de personne à personne, ce qui comporte, au point de vue de l'idéal, la plus grande variété possible de combinaisons, la plus grande indépendance des individus et des groupes.

La liberté, dans sa course indomptée, niant tout co

qo^dle reoooBtre et rmnvenliii-iiiêniey tmire enân qui lai parle, et, la regardant fiiement, lai dit: Non!

C'est mie Iit>erlé semblable à dk, on bomme.

La lutte s^engage d'abord : la liberté est le dieu de la goetre, Dews Sabaatk. Pais la liberté dit à la liberté : Noos ne poaroos nous Taincre; nous ne saurions Esdre de mal qu'a dos organes : les immortels ne se tuent pas. Transigeons : que chacune £isse pour Fautre comme pour elle-même, et jurons par notre soureraineté consolidée.

Ainsi le droit, écrit dans les entrailles de lliomme, se constitue par h liberté : c'est ce qu'expriment nos dédarations révohitîonmûres, qui toutes, cdle de Robespierre exceptée, placent b liberté en tête de la formule sacramentelle : LmsTé, 'Ëcauté, FtATeBxrrÉ. Changez Tordre de ces mots, la Rérolution est à Tenrers, et son édifice croule*

Ministre de la Justice, pouvoir exécutif et pouroir législatif, la liberté, aux termes de la Déclaration de 1789, est supérieure à la loi.

Art 11. Les dUnrens ne peurent être soomis à d'autres lois que celles qu'ils ont librement consenties.

Art. 12. Tout ce qui B'ert pas défendu par la Un est permis, et nul ne peutêtieeoatfaiBti faire ee qu'elle n'ordonne pas.

Art. 13, lamais la loi ne peut être inroqnée pour des faits antérieurs à sa publication; et si elle était rendue pour déterminer le jug^moit de ces faits antérieurs, elle serait oppressive et tyrannique.

C*est ce que répcie la formule gravée sur les premières monnaies de la Révolution : La KatUm^ la LoU UBai;

Ce que cosifirment tour i tour le Code civil et le Code pénal:

Code avii. Art. !*'• Les lois sont exécutoires du jour de leur promulgation.

Art. 2. La loi ne dispose que pour l'avenir et n'a point d'effet rétroactif.

Gode pénal. Art. 4. Nulle contravention^ nul délit, nul crime, ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas pro* noncées par la loi avant qu'ils fussent commis.

De telles maximes, il faut l'avouer, au point de vue d*im ordre éternel, immuable, supérieur à Thomme, à qui il ne resterait que d'y conformer sa volonté, sont scandaleuses, immorales. Elles changent totalement la notion de loi, en faisant de la loi non plus le rapport ou la raison des choses^ mais le statut arbitral de la volonté de l'homme. Pour être dans le vrai, le législateur, théiste, panthéiste, fataliste ou optimiste, devrait dire :

« Toute loi de la nature, c'est-à-dire tout rapport naturel et nécessaire des choses, est loi pour l'homme, et cela seul est loi.

« Or, le rapport des^choses étant invariable, à quelque époque que surgisse le débat, ce rapport oblige, indépendamment de la connaissance de l'homme et de son acquiescement.

« Donc, tout litige sera réglé, tout crime ou délit réprimé et réparé d'après la loi des choses : le libre arbitre n'a rien à y voir, la société rien à redire.

Pourquoi donc le législateur procède-t-il d'une façon contraire? Pourquoi pose-t-il la loi comme sienne, acte de sa volonté pure, prescrit de son bon plaisir et commandement de son autorité?

Ah ! c'est que la liberté est supérieure au monde et à ses lois, et qu'elle ne peut être tenue de faire état de ces lois qu'autant qu'elle s'y est engagée vis-à-vis d'elle-même par un libre serment.

Voilà pourquoi, dans la question des bulletins électoraux, la Cour de cassation, généralisant là où le texte delà loi n'avait fait que spécifier, fut irréprochable quant

à la logique, qui répugne à admettre des exceptions dans une loi, mais fautive quant à la pratique législative et judiciaire, qui, tout en marchant à l'universel, ne statue cependant que sur des cas spéciaux, et ne reconnaît comme défendu que ce qui a été déclaré tel par la loi, expression synallagmatique de toutes les libertés individuelles.

Qu'est-ce, en effet, que la loi ou le contrat social?

Une déclaration d'exception vis-à-vis d'un objet déterminé, les parties contractantes se réservant pour le reste liberté pleine et entière; une limite fjosée, pour un cas spécial, au libre arbitre. Bertrand du Guesclin et Olivier de Glisson,*faisant entre eux un pacte de chevalerie contre tous ceux qui peuvent vivre et mourir^ hormis le roi de France et le due de Bretagne^ sont une image de cet absolutisme de la liberté.

Vous parlez de système social : quel système pourrait sortir jamais d'un pareil contrat? Aucun. A mesure que la liberté traite, elle se multiplie par le droit : voilà tout.

Auparavant, chacun des deux guerriers, isolé sur la terre, valait comme un ; maintenant il peut se dire fort comme deux. Qu'il en vienne un troisième, un quatrième, un millième, ce sera toujours la même chose : la liberté veillera seulement à ce que cette équation répétée, qui multiplie sa puissance, ne dégénère pas en un fatalisme qui lasubalternise....

Résumons toute cette théorie.

^ 1. Le principe de la nécessité ne suffit pas à l'explication de l'univers : il implique contradiction.

2. La conception do TAbsolu absolu, qui sert de motif à la théorie spinoziste, est inadmissible : elle conclut au delà de ce que les phénomènes permettent de conclure, et ne

peut être considérée tout au plus que comme une donnée métaphysique attendant les conGrmations de Texpérience, mais qui doit être abandonnée pour peu que l'expérience lui soit contraire', ce qui est précisément le cas.

3. La conception panthéistique de l'univers^ ou d'un monde le meilleur possible servant d'expression (nature naturée) à l'Absolu absolu {nature naturante) , est également illégitime : eUe conclut en sens contraire des rapports observés, qui, par leur ensemble et surtout par leur détail, nous montrent le système des choses sous un aspect tout différent.

Ces trois négations fondamentales appellent un principe complémentaire, et ouvrent le champ à une théorie nouvelle, dont il ne s'agit plus que de trouver les termes.

4. La liberté, ou le libre arbitre, est une conception de l'esprit, formée en opposition de la nécessité, de l'Absolu absolu et de l'harmonie préétablie ou du meilleur monde, dans le but de rendre raison des faits que le principe de la nécessité, assisté des deux autres, n'explique pas, et de rendre possible la science de la nature et de Thumanilé.

ô. Or, comme toutes les conceptions de Tesprit, comme la nécessité elle-ipême, ce nouveau principe est frappé d'antinomie, ce qui veut dire que seul il ne suffit pas non plus à Texplicalion de Thomme et de la nature : il faut, suivant la loi de l'esprit , qui est la loi même de la création, que ce principe soit adossé à son contraire, la nécessité, avec laquelle il forme Tanlinomie première, la polarité de l'univers.

Ainsi la nécessité et la liberté, antithétiquement unies, sont données à priori, par la métaphysique et l'expérience, comme la condition essentielle de toute existence, de tout mouvement, de toute fin , partant de tout savoir et de toute moralité.

d» Qu'est-ce donc que la liberté ou le libre arbitre ? iM

puissance de collectivité de rhorome. Par elle rhommoy matière, vie, esprit, s'affranchit de toute fatalité physique, affective et intellectuelle, se subordonne les choses, s'é- 4ève, par le sublime et le beau, au delà des limites de la réalité et de Tidée, se fait un instrument des lois de la raison comme de celles de la nature, assigne pour but à son activité la transflguration du monde d'après son idéal, et se donne à lui-même sa gloire pour fin.

7, D'après cette définition de la liberté on peut dire, ^ raisonnant par analogie, qu'en tout être organisé ou simplement collectif, la force résultante est la liberté de l'être; en sorte que plus cet être, cristal, plante ou animal, se rapprochera du type humain, plus la liberté en lui sera grande, plus le libre arbitre aura de portée. Chez l'homme même le libre arbitre se montre d'autant plus énergique que les éléments qui l'engendrent par leur collectivité sont eux-mêmes plus développés en puissance : philosophie, science, industrie, économie, droit. C'est pour cela que l'histoire, réductible en système par son côté fatal, se montre progressive, idéaliste, supérieure à toute théorie, par le côté du libre arbitre, la philosophie de l'art et la philosophie de l'histoire ayant cela de commun que la raison des choses qui leur sert de critère est néanmoins impuissante à expliquer la totalité de leur contenu .

La voilà, cette liberté révolutionnaire, si longtemps maudite, parce qu'on ne la comprenait pas, parce qu'on en cherchait la clé dans les mots au lieu de la chercher dans les choses ; la voilà telle qu'une philosophie inspirée d'elle soile devait enfin la fournir. En se révélant à nous dans son essence, elle nous donne, avec la raison de nos établissements religieux et politiques, le secret de notre destinée.

Oh ! je comprends, Monseigneur, que vous ne Tain pas, la liberté, que vous ne Tayez jamais aimée. La libei que vous ne pouvez nier sans vous détruire, que vous pouvez affirmer sans vous détruire encore, vous la doutez comme le Sphinx redoutait Œdipe : elle ven l'Église est devinée; le christianisme n*est plus qu épisode dans la mythologie du genre humain. La libei symbolisée dans l'histoire de la Tentation, est votre ai christ; la liberté, pour vous, c*est le diable.

Viens, Satan, viens^ le calomnié des prêtres et des n que je t'embrasse, que je te serre sur ma poitrine ! Il longtemps que je te connais, et tu me connais aussi. ' œuvres, ô le béni de mon cœur, ne sont pas toujours bel ni bonnes ; mais elles seules donnent un sens à Tuniv et l'empêchent d'être absurde. Que serait, sans toi. Justice? un instinct; la raison? une routine; l'homn une bête. Toi seul animes et fécondes le travail ; tu ( noblis la richesse, tu sers d'excuse à l'autorité , tu n* le sceau à la vertu. Espère encore, proscrit! Je n'ai à service qu'une plume; mais elle vaut des million' bulletins. Et je fais vœu de ne la poser que lorsqu ' jours chantés par le poôte seront revenus :

Vous traversiez des ruines gothiques :

Nos défenseurs se pressaient sur vos pas ; Les fleurs pleuvaient, et des vierges pudiques Mêlaient leurs chants à i'hymne des combats. Tout s'agitait, s'armait pour la défense ; Tout était fier, surtout la pauvreté.

Ab ! rendez-moi les jours de mon enfance, Déesse de la Liberté !

FIN DU DErXiÈMF. VOLUMF:.

Page 1