CHAPITRE V
L'homme en face de la mort.
La mort est l'épreuve décisive de la valeur de Téducation et de la moralité d'une société*
Dites-moi la mort d'un homme, et je vous dirai sa vie; réciproquement, dites-moi la vie de eel homme, et j< vous prédirai sa mort. Je fais abstraction des trépas su bits, qui ne laissent pas aux mourants la conscience cl leur état, comme des existences sur lesquelles pèse un tyrannie o« une fatalité invincible.
Ce sujet est grave : nous en chercherons les élément à travers l'histoire.
Les anciens, tout religieux qu'ils fussent, spéculaiei
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f Chante, Muse, cette cottre funeste qui prtVipiia Anns Ir Tartane une fonle d'âmes gént'reuiief de Ih'jMs^ el les 1m ra ' IBCX-1ÊHES en pâture aux chiens et au\ oifteaux. 1»
fiUMRéMea, aSnyj^^ c*est-à-dire les corps, par oppi^i* ù» anxâmes, drj/atçî...
Il semble même qae, dès les temps les pins .inoii'iis. la €n>yance aux mânes fût méprisée : e'est elle que les Hc>- Biains désignaient par le mot de tvprrsHtùm , fonii<S do tuperesse ou superstare, comme qui dirnit. la fiù à la sonrivanoe» ou mieux la foi aux revenants. La rroyAnce h rimmortalité des âmes ne faisait ptis jmrtie de la religion ; elle en était au contraire une dégénérescence lioiiteuHiu
Quant au mosaîsme, il est notoire (|uc le.H saddue^W^nri, qui en représentaient la pure tradition, niaient la diHlincûoo de rimei et, â plus forte raison, sa survivance. O
opinion fut introduite, après la captivité de Babylone, p&i les pharisiens, mot qui signifie, suivant Tune ou l'autre des deux étymologies qu*on lui donne, hérétiques, ou sectateurs du parsisoïc, c'est-à-dire de la doctrine de Zoroastre.
N'attendant rien de la religion, la bonne mort, VeuthO' nasiej chez les anciens, résultait de deux causes : la plé* nilude de l'existence, et la communion sociale.
Il mourut ;>/e/n dejoursy dit la Bible, entendant parce mot, non pas tant le nombre des années que la parfaite ordonnance, congruité et beauté de la vie, dans toutes ses périodes et manifestations.
La mort, ainsi obtenue, est la dernière des béatitudes. ^ Loin qu'elle paraisse amère, elle exclut toute addition de- j bonheur, par conséquent tout supplément de vie. C'est; ridée rendue par La Fontaine :
Rien ne trouble sa fin^ c'est le soir d'un beau jour.
Voilà, en douze syllabes, toute la pratique des ancieni sur le bien mourir; voilà leur sacrement.
La seconde cause qui leur rendait la mort heureuiaJ était le sentiment de la communion sociale dans laquellel ils expiraient. '\
Il y en a un bel exemple dans le distique de Simonide gravé au passage des Thermopyles sur la tombe des trois cents Spartiates : Passant^ va dire à Lacédémone qni nous sommes morts ici pour obéir à ses lois.
Point d'allusion à une vie ultérieure , point d'exaltation vaine. Le fait pur et simple, sublime dans sa simplicité : Ici nous sommes morts, mais nous vivons à Lacédémone.
C'est dans ce sens qu'il faut entendre la chanson d'Ha^ modius : Je porterai mon épée dans une branche de wyri^,