‹ De la justice pénaleChapitre 2 sur 13 · PEINE · texte numérisé non relu

PEINE

La théorie pénale tout entière se résume dans la définition de la peine, qui en est comme le centre ou la clef de voûte. Tout sy rattache, soit comme prémisses, soit comme déduction; tout en part ou y aboutit. — Comment la liberté est-elle en relation avec Tordre pénal ? Parce qu'elle est nécessaire pour qu'il y ait acte punissable et pour qu'on puisse appliquer la peine au délinquant. -— La responsabilité est le lien entre la liberté et la peine. — Le délit est le fait punissable. — Selon que Ton conçoit la peine comme un moyen d'expiation, de légitime défense, d'intimidation, de guérison ou delimination d'éléments nuisibles . .. , on se fait du droit de punir une idée toute différente ; on va même jusqu'à nier son

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existence. — Son but et sa nature étant modifiés, modifiées seront aussi les règles concernant les actes qu'il doit réprimer, les sujets auxquels il doit s appliquer, les limites dans lesquelles il doit se renfermer, son mode de réalisation concrète, etc.

Quelques esprits philosophiques regretteront peutêtre de voir définir le délit par la peine. Le premier, en efîel, serait un point de départ plus naturel.

Le délit, Tacte mauvais est antérieur à la peine et la justifie. Celle-ci est une suite et une conséquence du premier, au point de se régler sur lui. Un acte est puni parce quil mérite de l'être ; il le mérite parce qu'il est répréhensible et mauvais à l'un ou à l'autre point de vue. Qu'un fait soit puni par la loi, cela indique simplement que, au jugement du pouvoir social, il a paru digne d'être érigé en délit. Par elle-même, la peine est donc simplement un signe ou un critère extrinsèque du délit, une circonstance qui doit l'accompagner et qui ainsi peut le faire reconnaître. Mais elle ne constitue pas son essence, et même, à proprement parler, elle ne le crée pas. — Aussi, semble-t-il rationnel et en tous points

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