‹ De la justice pénaleChapitre 4 sur 13 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SIR LA PEINE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SIR LA PEINE

Sans vouloir les blâmer, nous aimons à suivre la méthode analytique. Question d'habitude et de goût, mais aussi question de raison. — II est bien vrai que, dans le monde objectif, la peine dépend de celui qui l'institue et qui l'applique. Mais la tendance naturelle de l'esprit est d aller de l'effet à la cause, et la nature fut sage en lui donnant cet instinct : prenant un point de départ plus palpable, il risque moins d'être emporté par des idées préconçues et a piiori. Nous préférons donc étudier d'abord ce quest la peine en elle-même, pour remonter ensuite à lacti vite dont elle émane. Si nous trouvons ainsi que la peine est légitime pour celui qui la subit, et en quelque sorte appelée par sa nature; si, d'autre part, elle répond à une tendance naturelle, voire même à un devoir chez celui qui l'applique, n aurons-nous pas du droit de punir lui-même une connaissance complète et une entière justification ?

Pour ne point nous égarer dans les conceptions d priori, partons de l'idée vulgaire de la peine, — que nous nous réservons d'ailleurs de critiquer. D'après la pensée commune, elle est une application de la justice, ou du moins elle a avec celle-ci des rap-

ports très étroits. Tellement étroits que, pour la légitimer, il faut la justifier, c^st-à-dire montrer qirelieest en harmonie avec la justice. Notre raison inqïiiète s'apaise quand elle sait d'une peine : qu'elle %%{ juste. Une peine — injuste... voilà deux idées que nous ne pouvons accorder. Les rencontronsnous objectivement réalisées, nous pensons qu'il y a là une chose qui devrait ne pas être, et qui n'est pas une véritable peine parce qu'elle manque d'une condition essentielle.

A notre sens à tous, la justice est donc de la nature de la peine; elle est même quelque chose d antérieur et qui la domine en quelque sorte.

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