‹ De la kélotomie sans réductionChapitre 15 sur 59 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Hernie inguinale étranglée. — Kélolomie. — Débridements multiples et à plusieurs reprises. — Réduction très-difficile et très-longue à obtenir. — Mort deux heures après l’opération.

Bernard Ricard, âgé de cinquante-huit ans, menuisier, est entré à l’hôpital Saint- André le 25 juin

Ce malade est affecté depuis vingt ans d’une hernie inguinale volumineuse du côté droit ; cette hernie rentrait sans difficulté , mais depuis deux jours elle est sortie et a résisté à tous les efforts tentés par le malade pour la réduire.

M. Lannelongue a vu le malade à la visite de trois heures, et telle est la gravité de son état qu’il

juge que l’opération ne peut être remise; elle est pratiquée sur-le-champ.

L’incision des enveloppes herniaires, l’ouverture du sac, la mise à nu de l’anse herniée, sont pratiquées sans aucune difficulté. Les tuniques intestinales sont saines. On débride le collet du sac en plusieurs points et à plusieurs reprises, également avec la plus grande facilité. Mais, lorsque M. Lannelongue veut réduire l’intestin, il éprouve des difficultés insurmontables. Les efforts se prolongent pendant plus de vingt minutes sans résultat; il débride de nouveau, et ne réussit pas mieux à faire rentrer l’anse herniée. Il y arrive enfin; mais, au moment précis où il ne restait plus à réduire qu’une faible partie de l’anse intestinale, un liquide grisâtre et fétide s’échappe à travers les doigts de l’opérateur.

On pense que c’est du pus formé dans le péritoine, et conséquemment on termine la réduction.

Le pansement est rapidement fait. Embrocations d’onguent napolitain sur l’abdomen, fomentations d’eau de guimauve, glace. Le malade mourait deux heures après, d’une péritonite suraiguë.

Page 1