OBSERVATION XXV
Hernie inguinale étranglée. — Débridement. — Abandon de l'anse herniée dans la plaie. — Guérison.
Un religieux, âgé de cinquante ans, avait depuis
' Richter. Journal de l'Oder, 1.
sa jeunesse une hernie scrotale du côtéjgauche, pour laquelle il n’avait jamais porté de bandage, quoique, dans ces derniers temps, il éprouvât des coliques presque continuelles. Comme il faisait un effort considérable pour lever un fardeau, sa hernie augmenta tout à coup de volume et s’étrangla. L’intensité des symptômes me détermina à entreprendre sans délai l’opération. Après avoir fait cesser l’étranglement par l’incision de l’anneau et du cul-de-sac herniaire, je parvins facilement à réduire la portion de l’anse intestinale qui était descendue récemment dans la hernie; mais, lorsque je voulus faire entrer le reste, je trouvai l’intestin adhérent d’une manière si intime à la paroi postérieure du sac herniaire, environ un pouce au-dessous de l’anneau inguinal, qu’il eût été impossible de le séparer sans courir risque de l’entamer. Alors, abandonnant toute tentative de réduction, je me contentai de couvrir l’intestin avec les côtés du sac herniaire, et d’appliquer sur la plaie des compresses imbibées d’eau tiède, en attendant qu’on eût préparé une décoction de mauve, dont je chargeai un élève d’humecter l’appareil plusieurs fois dans la journée et pendant la nuit.
Les symptômes de l’étranglement disparurent aussitôt après l’opération, et au bout de quelques heures le malade eut d’abondantes évacuations, qui furent entretenues par des lavements.
Le sixième jour, la suppuration paraissant bien
établie dans la plaie, je levai l’appareil avec pré-
caution , et je remarquai que l’intestin s’était déjà un peu rapproché de l’anneau ; le même traitement fut continué. Le neuvième jour, la portion d’intestin qui restait encore au dehors était couverte de granulations rougeâtres; trois jours après, elle avait disparu et s’était cachée entièrement derrière l’anneau. Enfin, dans l’espace de trois semaines à compter de cette dernière époque, la guérison était parfaite ; il ne restait plus de trace de la tumeur *.