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OBSERVATION XXVII

Hernie ombilicale étranglée. — Opération. — Adhérences intestinales.— Abandon des anses intestinales dans la plaie. — Guérison.

Mistriss Herbert, âgée de quarante-quatre ans, fit appeler M. Hun ter à deux heures et demie du matin, le 18 mars 1804. Elle n’avait point de selles depuis trois jours et avait été prise d’une violente douleur, qui avait son siège au niveau de l’ombilic et s’éten-

1 A. Cooper, Traité des hernies, observation 241e.

dait transversalement à la partie supérieure de la cavité de l’abdomen.

Elle portait depuis longtemps une hernie ombilicale irréductible, qui, dans ce moment, paraissait distendue et était un peu douloureuse au toucher. Elle avait de fortes éructations, des vomissements fréquents et de violentes douleurs dans l’abdomen ; le pouls était petit et dur. (Calomel et coloquinte, huile de ricin et autres purgatifs de la même classe.)

Le samedi 19, je fus appelé parce que le même état persistait. Je vis la malade à quatre heures du matin, avec MM. Elliot et Hunter. La tumeur était tendue et douloureuse au toucher, mais, après une pression très-forte et très -prolongée, il me sembla qu’elle était devenue un peu plus molle. (Lavement de tabac, application de glace sur la tumeur, calomel et coloquinte unis à l’opium.)

Le même jour, à l’heure où je vis la malade, elle souffrait moins, le pouls était moins fréquent et moins dur, mais elle n’avait pas eu de selle.

A onze heures du soir, la douleur ayant augmenté, elle me fit appeler. Le pouls était plus fréquent ; elle avait de fréquentes éructations et parfois des vomissements; elle n’avait point encore eu de selle; la tumeur était sensible au toucher et l’abdomen douloureux à la pression.

Comme il devenait évident que l’inflammation s’étendait à l’abdomen et que bientôt il serait trop

tard pour que l’opération pût offrir quelques chances de succès, je la proposai immédiatement.

Je fis une petite incision à la partie supérieure de la tumeur, vis-à-vis de l’ombilic, et je divisai une grande quantité de graisse qui se trouvait entre la peau et le sac herniaire. Le sac étant alors mis à nu, j’y pratiquai une très-petite incision, et j’aperçus l’intestin qui adhérait à sa surface interne ; je ne trouvai pas de liquide dans le sac, quoique l’intestin n’adhèràt pas généralement. Je passai le doigt le long de la surface de l’intestin jusqu’à l’orifice du sac, et je trouvai que je pouvais le glisser jusque dans la cavité de l’abdomen, quoique avec difficulté, mais sans dilater l’orifice.

Me guidant sur ce doigt, je conduisis un bistouri boutonné dans l’orifice de la hernie, et je dilatai celui-ci en haut dans une étendue suffisante pour permettre au doigt de passer facilement dans l’abdomen, sur le côté des intestins, en un mot assez pour que ceux-ci fussent délivrés de toute compression. Mais, l’intestin étant adhérent à la surface interne du sac, de telle sorte qu’il aurait fallu pratiquer une large ouverture et se livrer à une dissection trèslongue, je pensai qu’il était préférable de laisser l’intestin adhérent et de rapprocher les bords de la plaie.

En conséquence, je fermai au moyen d’une suture la petite place que j’avais faite, et je la recouvris avec un emplâtre agglutinatif.

Le pouls devint extrêmement fréquent pendant

l’opération et continua ainsi jusqu’au moment où je quittai la malade, à une heure moins un quart du matin ; les éructations continuaient aussi; mais, ainsi qu’elle le disait elle-même, elles étaient moins douloureuses.

Le dimanche 20, à dix heures du matin, la douleur de l’abdomen avait disparu ; il y avait eu une selle trois quarts d’heure après mon départ, et, depuis ce moment, les évacuations alvines s’étaient renouvelées plusieurs fois. Toutefois le pouls était à 120 et la tumeur était enflammée ; je prescrivis un cataplasme.

A dix heures du soir, je vis la malade avec le docteur Lettson. Le pouls était alors parfaitement bien, la malade avait eu plusieurs selles, les éructations avaient cessé. (Purgatif salin et magnésie, pour combattre une sensation de chaleur dans l’estomac. )

Le 21 , abdomen tout à fait indolent ; pouls mou et presque naturel; selles nombreuses. (Opium et, à raison de l’état d’inflammation de la tumeur, cataplasme en permanence).

Le 22, la malade, ayant eu des vomissements, prit dans la nuit de l’opium avec du sulfate de magnésie. La nuit fut bonne ; dans la matinée, il y avait de l’amélioration ; le pouls était moins fréquent que la nuit précédente ; la tumeur était moins dure, mais la peau qui la recouvrait était légèrement enflammée et semblait disposée à se gangréner sur les bords ; la

langue était un peu chargée et la peau un peu moite. (Cataplasme de marc de bière sur la tumeur.)

Le 23, elle eut un peu de fièvre. (On augmenta les aliments de la malade et on lui permit une petite quantité d’ale.)

L’ale produisit des selles, et la malade fut obligée de prendre de l’opium.

Le 25, peau chaude, pouls plein et fréquent, vomissements pendant la nuit. L’administration de l’opium suspendit immédiatement les vomissements et rendit les sensations de la malade moins pénibles.

Le 26, la malade eut plusieurs selles ; les points de suture semblaient près de tomber: je les enlevai, à l’exception d’un seul ; les lèvres de la plaie présentaient un bon aspect.

Le 27, le dernier point de suture tomba.

Le 29, la plaie paraissait marcher rapidement vers la cicatrisation, sous l’influence des cataplasmes.

Le 15 juin, la malade était parfaitement rétablie *.

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