OBSERVATION XXXII
Hernie crurale étranglée. — Opération. — Gangrène de l’intestin. — Débridement et abandon de l’anse intestinale gangrénée dans la plaie. — Guérison •.
Une femme âgée de cinquante-quatre ans fut attaquée, en 1726, d’une hernie crurale à laquelle on ne remédia que douze ou quinze ans après, parce qu’il s’j fit un étranglement ; l’intestin fut réduit alors, mais il resta une grosseur qui ne se dissipa par la suite qu’avec le secours des cataplasmes émollients et résolutifs et par les emplâtres fondants ; elle fut enfin contenue par un bandage.
En l’année 1740, quatorze ans après cet accident, elle eut encore un étranglement qui ne se termina pas si heureusement. M. Guérin employa tous les remèdes convenables, auxquels néanmoins les accidents ne cédèrent pas, ce qui l’obligea à faire l’opération. Il trouva l’intestin adhérent, dans presque toute sa surface, avec le sac herniaire, et, comme r intestin était dans une disposition gangréneuse et très-froid, il pensa que le meilleur parti était de le laisser au dehors du ventre, sans en détacher les
•Arnaud, Traité des hernies. Paris, 1749.
adhérences ; il dilata le ligament de F allope, il pansa la plaie mollement. L’intestin résista douze jours à la pourriture ; la malade fut à la selle, pendant tout ce temps-là, par la voie ordinaire. Au bout de douze jours, les matières commencèrent à couler par la plaie, et continuèrent jusqu’au soixantedixième jour de l’opération, que la plusgrande partie des matières recommencèrent à sortir par l’anus. Quelques jours après, la plaie fut entièrement guérie sans fistule.