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Mounza croquer des tranches de noix de kola entre deux bouffées de fumée, le D' Schweinfurth s’étonne de voir dans le pays des Mombouttous, ce fruit de l'Ouest, très apprécié dans le Bornou où comme épice il vaut son pesant d’or. «M’adressant ensuite à Mounza, je lui fis comprendre que ce
fruit m'était déjà connu et étendant la main dans la direction du lae Tchad, je lui dis que dans le pays indiqué les grands
seuls pouvaient faire usage de cette noix. J’espérais ainsi l’amener à me donner quelques détails (sur les routes de débouché du centre Afrique) ; mais j'eus beau faire, je ne pus entamer avec Jui la discussion géographique que j'aurais voulu engager. J’appris seulement qu’on trouvait la noix de cola dans le pays à l’état sauvage, que les indigènes l’appelaient nangoué et qu'ils en mâchaient des tranches pendant qu'ils fumaient (1). »
Ces diverses citations nous font connaître la présence de la kola dans l’intérieur de l'Afrique et dans l'Afrique orientale. Le Séerculia acuminata croît cependant ailleurs, il à un représentant au jardin des plantes de Saint-Pierre (Martinique). Les Anglais l’ont importé en Asie, en Amérique. MM. Heckel et Schlagdenhauffen l’ont introduit, avec l’appui du gouvernement français,aux Antilles françaises, à Cayenne, en Cochinchine. Sa présence au Gabon est signalée par Griffon du Bellay, médecin de la marine (2).
«Un autre fruit de sterculia l’ombéné (Sterculia acuminata, de Palisot de Beauvois) est bien connu sous le nom de noix de colat ou de gourou.» À Dakar, il n’existe point; cependant le jardinier de la ville nous a assuré qu’il y a quelques années un essai de plantation avait été fait, et qu’il n’avait point réussi. Il serait à désirer que d’autres essais fussent
(1) Schweinfurth. Au cœur de l'Afrique, t.1, chap. XIV, p. 45-46. (2) Griffon du Bellay. Le Gabon, 1861-1864, in Tour du Monde, 1865, p 299.