‹ De la langue et de la poésie provençalesChapitre 13 sur 40 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

GITILISATIOIf PB.OTBHÇALB,

Développement et caractère de cette civilisation. — État social des populations méridionales de la Gaule.

Les principes philosophiques exposés au coramencemeni de cet ouvrage sont d'une application rigoureuse et con- ^stante au développement, aux progrès de l'esprit humain dans toutes les sphères de son activité. Ce qui est vrai pour Tintelligence individuelle de l'homme, est vrai pour l'intelligence des masses ; et gardons-nous d'oublier que ce qu'on appelle la civilisation n'est autre chose que l'éducation des peuples : éducation progressive et continue, éternelle comme ces peuples mêmes.

N'allons donc point chercher les germes, les éléments de la civilisation provençale autre part que dans le peuple pri-

mitîf, indigène. Cest au sein de la Provence que nous devons voir naître et s'élever insensiblement les tendances, les sentiments, les idées qui enfanteront un jour la brillante littérature du xii° siècle ; mais il faut attribuer aussi ces résultats à la puissante influence des diverses nations plus civilisées: nations dont le génie venant à rayonner sur celui de la population originaire, le vivi6a pour ainsi dire, et fit éclore ces tendances, ces sentiments , ces idées.

Cette théorie est non-seulement la plus simple et la plus satisfaisante, mais la seule admissible. D'une part, la poésie provençale ne peut pas être née de rien, se montrer sur la scène du monde par une sorte de génération spontanée, sans aucune filiation dans le temps. D'autre part, reconnaître l'imposition, l'implantation d'une civilisation étrangère quelconque au midi des Gaules, n'est-ce pas renverser , n'est-ce pas détruire les principes les plus justes et les plus incontestables de toute philosophie ? — Et cependant, le croiraiton? malgré tout cela les savants s'évertuent sans cesse à chercher où la civilisation romane a pris naissance , d'où elle est arrivée dans les Gaules : question d'ailleurs insoluble, puisque ni les Grecs, ni les Romains, ni les populations germaniques, ni les Arabes, ne nous ofirent quelque point de parfaite ressemblance, ou même d'analogie avec les Provençaux du XII® siècle.

Tâchons d'examiner, d'après les principes exposés précédemment, d'abord ce qui constitue les éléments originaires, fondamentaux, dont le développement produisit plus tard l'esprit et la poésie troubadouresques, puis la part d'influence que dut avoir sur ce développement chacun des peuples qui vinrent ^ répandre au midi des Gaules. Cet examen me fournira l'occasion de discuter les erreurs et les inconséquences de quelques systèmes trop exclusifs ou même entièrement faux.

Le peu de renseignements que nous possédons sur les Celtes et les Ibères jette nécessairement beaucoup de vague

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