‹ De La Lettre MissiveChapitre 22 sur 66 · TA YVES · texte numérisé non relu

TA YVES

cause, la nature de la correspondance , les relations des parties seront, pour eux, les éléments principaux de décision. Il faudra toutefois constater l'existence d'un commencement de preuve de la volonté äe l’auteur ou de ses représentants. Les présomptions n’auront toute leur force qu'à cette condition.

Dans le jugement du 20 iuin 1883, mentionné plus haut, relatif à la Correspondance de Sainte-Beuve, les magistrats de la première chambre ont vu dans le fait de la part de l'auteur de n'avoir conservé ni brouillon, ni copie de ses lettres, un critérium de son assentiment à leur publication. Cette idée serait juste Si l’auteur des lettres, lorsqu'il les a écrites, devait envisager l'éventualité de la publication. On pourrait, à bon droit, lui dire que S'il n'en a pas conservé un double, c'est qu'évidemment il autorisait le destinataire à les livrer à la publicité. Mais est-ce là le fait ordinaire? Qui donc, lorsqu'il écrit une lettre, entrevoit et envisage que celle-ci sera publiée ? I1 s’abandonne et s'épanche ; il se livre à un confident de qui il sait qu'il sera compris ; dans ces épanchements de l'amitié, les mots trahissent et dépassent Ja pensée, et que de lettres, si elles étaient livrées à la publicité, feraient porter sur leurs auteurs un jugement contre lequel protestent les actes de toute leur vie !

E* n’est donc pas exact, Ce nous semble, de prétendre que le fait de n'avoir conservé ni brouillon, ni Copie, est un critérium « presque infaillible » de la volonté de l’auteur, au point de vue d’un abandon de ses droits.

63. Mais, ce qui est certain, c'est que, privés de la lettre, l’auteur ou ses représentants sont dans l'im-

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