CHAPITRE Il
ÉTÜDE CLINIQUE
Nous avons déjà dit que les plaques blanches leucoplasiques du prépuce et du gland étaient assez rares. Est-ce parce que, indolentes et peu gènantes à leur début, elles restent longtemps ignorées comme celles de la langueet dela vulve. C’estplutôt, croyonsnous, que la leucoplasie balano-préputiale est rare par elle mème. En effet elle passe rarement inaperçue, car elle est souvent précédée d’un prurit assez intense, et l’homme s'inquiète volontiers d’une lésion, si minime soit-elle, de ses organes génitaux. C’est peut-être aussi qu'à la verge les causes d'irritations sont moindres qu’à la langue ou qu’à la vulve, et nous verrons le rôle important que joue l’irritation dans la production des lésions leucoplasiques.
C’est généralement à un âge assez avancé qu’apparaît la leucokératose de la verge.
Les malades chez qui nous avons pu saisir la date
PAPE T x
dé cétté apparitiôn étaient âgés de 37, 43, 45, 46, 82 » 60 et 61 ans, soit en moyenne 45 à 55 ans.
Le siègé le plus fréquent de la leucoplasié de la verge est le sillon balaño-préputial, car c’est là que $’accumule ordinairement lesmégma cause d’irritation; on la voit plus rarement sur les autrés partiés du gland etdu prépuce qui se recouvrent mutuellement.
Avänñt d’abordér l'étude des signes objectifs de la leucoplasie balano-préputiale, nous nous hâtons de diré que nous allons constater la plus grande ressemblance avec les autres lésions leucoplasiques. D’ail. leurs noscinq derniers malades observés à Saint-Louis = {obs. VI, VIL VIILIX, X), présentent tous, en ème temps que des plaques blanches dé la verge, dé la léucoplasié bucco linguale et cela nous amène déjà à penser qu'il s’agit bien de lésions identiques.
Presque toujours le début de l'affection est très lent. Avant l’apparition des plaqués proprément dites, hous trouvons un premiér städe d’érythème local, d'irritations, d’inflammations de causes divérges, baläno-posthites provoquées par le manque de propreté:
À ce momeñt les mäladés se plaignent très souvént soit d’un prurit violent, soit de démangeaisons peu accéhtuéés: Rarement le prurit n’existe pas ; il est souvent rébelle ét oblige les malades à venir con= sulter.
Après ün laps de tethps variable; il semble que sur la rougéut de la muqueuse s’étende comme un léver voile blanc bleuâtre ; au-dessous; on distin:
guè parfaitément l’érythèine de la muqueuse.