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L'ALGÉRIE NOUVELLE

Mars 1S60.

Rapport à l'Empereur.

Sire, je viens demander à Votre Majesté de vouloir bien, par application de l'article 32 du décret organique du 17 février 1852, ordonner la suppression du journal publié à Alger sous le titre de V Algérie nouvelle.

Méconnaître tous les services rendus ; répandre contre Faraiée des attaques aussi injustes que violentes; chercher à jeter entre elle et les fonctionnaires de Tordre civil les excitations d'une rivalité qu'heureusement le bon sens et le dévouemenl surent toujours repousse; ; faire naître dans l'esprit des colons la méfiance qui produit le

découragement ; représenter l'état de la colonie sous un »8pect qui devait en éloigner ceux qui pourraient y vouloir porter leur industrie, leurs capitaux; exposer le pays à d'incessantes agitations par une polémique menaçante pour bien des intérêts, et pent-étre paralyser ainsi les efforts du gouvernetnenl, telle semble être la tâche que Y Algérie nouvelle s*est imposée. Et je pourrais pourtant ajouter encore que ce journal ne suffisait pas aux passions des hommes qui le dirigeaient, car ils voulurent recourir à d'autres modes de publicité pour outrager, sans exception, tous les fonctionnaires les plus élevés, et descendre, dans une autre publication,, aux plus grossières et aux plus mensongères allusions contre les dépositaires du pouvoir dans la colonie.

Ni la longanimité de Tadministrâtion, qui entendait laisser à la discussion de ses actes la plus entière liberté, ni ses avis officieux, n'avaient pu prévenir ces excès ; ses avertissements, ainsi que ceux de la justice, n'ont pu les faire cesser.

Ces excès, Sire, qui déjà avaient amené de déplorables scènes dans la ville d*Alger, ont de nouveau menacé d'avoir des conséquences qu'il a fallu toute la fermeté de l'autorité pour empêcher de dégénérer en véritable trouble apporté à l'ordre public.

En France, de semblables écarts ne sauraient être tolérés; encore moins le peuvent-ils être dans cette colonie nouvelle qui, pour grandir et profiter des bien-

faits que votre sollicitude ne cesse de répandre sur elle, a besoin du travail, qui ne peut exister san^ la confiance et le calme.

J*ai donc la conviction, Sire, de donner satisfaction à ' tous les hommes sincèrement attachés à la prospérité de TAlgérie, à tous ceux qui veulent réellement le progrès de ses institutions civiles, et qui ont accueilli avec tant de gratitude tout ce que l'Empereur a fait dans cet intérêt, lorsque je viens demander à Votre Majesté d'approuver le décret qui prononce la suppression du journal Y Algérie nouvelle.

Je suis, etc.

Le ministre de TAlgérie et des colonies,

Comte DE Chasseloup-Laubat.

Décret.

Napoléon, etc..

Sur la proposition de notre ministre de l'Algérie et des colonies ;

Vu l'article 32 du décret organique du \ 7 février \ 852, Avons décrété et décrétons ce qui suit : Art. 1*'^ Le journal V Algérie nouvelle est supprimé. Art. 2. Notre ministre secrétaire d'État au département de l'Algérie et des colonies est chargé de Texécu-

tion du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lois.

Napoléon.

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