‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 13 sur 80 · UVRE IX,. CH. III. DE LA LIBERTÉ DES AIITS · texte numérisé non relu

UVRE IX,. CH. III. DE LA LIBERTÉ DES AIITS

ploitmit pas aussi franchement les aflècUons primitives de

la natuie humaine.

De même encore les arts sont d'autant plus conséquents à leur nature qu'ils sont plus originaux, c'est-k-dire qu'ils se tiennent plus près des mœurs, du génie, de la manière de sentir des peuples sur qui doitVexercer leur action. Certainement c'est courir quelque risque de les dénaturer que de leur faire imiter les travaux d'une autre époque; car il peut très bien arriver qu'il n'y ait que peu ou point de rapports entre Tesprit des âges passés et celui de répoque présente, et que ce qui avait remué les passions et rimagination des peuples qui ont disparu, laisse froides et indifférentes les générations qui leur ont succédé. C'est ainsi qu'au moyenâge, par exemple, l'invasion des lettres grecques et latines put lorl bien nuire a ravancemenf des beaux-arts, en altérant profondément leur originalité, et en leur faisant perdre de vue le génie si différent des nations nouvelles sur qui ils avaient à agir ( * ).

Yeuton d'autres conséquences du même principe? J'ajou-

(*) Entr*autr€s preuves de la vérité de cette assertion, on pourrait citer les progrès singulters que la poésie avait faits du an 15* siècles, dans un pays où Ton ne devait guère s^attendre à les voir fleurir, mais où n^avait pas pénétré la manie de Tlmitation des llttératares anciennes, sons le ciel affreax de rislande. « Pendant que dans le reste de TËurope, observe un historien, on faisait de vains eflbrts pour reproduire dans une langue morte la poésie dite classique , Tesprit simple et naturel et rimagination naïve des Islandais, s*exprimant dans lem;' idiéîne national, donnèrent à la narration et à fa poésie un essor tel qu'on n*en avait jamais vu dans le Nord. Il naquit une littérature islandaise, â laquelle nous devons la plupart des renseignements que nous avons sur les mœurs des pirates Scandinaves. Ni la rigueur excessive dn climat, ni la stérilité du sol , ni la pauvreté des habitants , ne purent étouffer cette flamme poétique qui s'était emparée des esprits. » (Depping , BUîoire des exjtédiiions maritimes des Normands , t. Il ) p. i$8.

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lerai qu'il est pins dans b nature des beaux-arts de peiudie,

comme ou dit, la passion individualisée que la passion absmite>\el par cette raison toute simple que la passioa ift^î^inifidëe, la passion telle qn^elle s^est manifestée li des e|»oques et dans des hommes avec iesqueis le temps présent petitavèir conservé des rapports multipliés^ tenant à notre iiiaiiicrc de sentir par bcaiicoiip plus de points ipiu la pabbioii aiwtraite, est infiniment plus propre k nous émouvoir; qQ'ainri le drame historique est plus selon la nature de Tart qua drame idéal; qu uu s)sLeme dramatique qui a des t7|ioHHin?enQS pour tous les caractères, et qui applique inilisiiuctement ces types abstraits à tous ses héros, outre qu'il laoeae^essentiellemenl l iiistoire, a le défaut très grave d'être nm^eonforme k Tobjet essentiel de Part, puisqu*il intéresse îuiimmeiU iuoiiis;qu au coaUaire un système qui, eu conaeifaM k la passion ce qu'elle a d'universel, de permanent, d'idciiiiquc à elle-même dans tous les temps et dans tons les lieux i a soin de marquer ce qu'elle a eu de particulier et d*iiiAifidoel, li chaque époque, dans chaque pays et dans chaque personnage, outre 1 aiuaii qu il otite couiiuc moyen #iiuMiotion, est plus en rapport avec la vraie nature de i^rt, puisqu'il doit produire nécessairement des impressions beauc(ç«H>if lus vives*

• 8a0f«ottséquence encore du principe que l'art doit inté*-

v#i#ê.r, eiayuvoir, c'est que les illusions les plus accréditées MilMsétte»qai lui conviennent le mieux; que les croyances populaires du moyen-âge, par exemple, sont aujourd'hui plus conformes à sa nat m e (|uo < i llusqui, fort auparavant, avaient iomméieé peuples de l'antiquité ; que le merveilleux du chrïstianisme est, poétiquement parlant, préférable à celui du paga- «jnDe;i^eela par cette raison, i'orl concluante encore, que fe>i|M?eiUeiix du christianisme a conservé plus d*autorité

DiQitized

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ftur les imaginations^ et quHl se trouve plus en rapport avec lea habitudes de notre intelligence. Sans doule l'empire de ce merveilleux est loin d'être aussi |)uissaQt aujourd'hui qu'il Ta été à d'autres époques ; mais ceux-là même qui n'y sont plos soumis n^ont pas cessé de le comprendre; tous en ont vu quelques effets; tous savent quel ascendaiil il a eu et avec quelle plénitade il a longtemps possédé runiversalité des intelligences , tandis que personne ne conçoit plus aujourd'hui comment les fables mythologiques ont jamais en le moindre crédit, et comment 0 a pu exister un temps où ces fables étaient des croyances et exerçaient une iuiluence réelle sur la vie. Il suffît donc qoe le merveiUeui dn christianisme soit plus réel encore et plus vivant que celni de la mythologie, pour qu'il paraisse plus conforme à la nature de l'art, pour qu'il soit plus poétique. On doit ajouter qn*il est aussi plus poétique parce qu'il est d'un ordre iiiiiuiment plus pur et plus élevé, et surtout parce qu'il se lie étroitement aux émotions de Tàme, tandis que la plupart des croyances mythologiques n'avaient de rapport direct qu'avec les.affections des sens.

Une autre conséquence, c est que si l'art doit mettre de l'ordre, de la méthode et de l'unité dans ses compositions, ce n'est point par un respect superstitieux pour l'autorité de certaines règles, mais en vue du but même auquel il tend, et pour agir sur llmagination et la passion avec une énergie plus concentrée et plus vive. Il n'est pas d homme sensé qui m comprenne que l'objet des règles étant d'ajouter à l'intérêt et à l'effet, il ne peut jamais être question de sacrifier l iiuérêt et l'effet à l'observation des règles.

£nhn, une dernière déduction du principe que Tart doit émouvohr, c'est qu'il doit viser à employer on langage vrai, plus encore qu un langage noble; un langage direct, de pré-

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férenee k des cireonlocatioiis; le mot propre, pourvu (in'il B^ait rieu de bas, piuioi qno des expressions mélhapbohques* n est clair, en effet, que toat cela concoort beaucoup mieex m but qu'il se propose d'atteindre, que tout cela est plus conforme ^ la passion et plus fait pour Teiciter.

Ainsi paraissent justifiées par la nature même des beauxaris les nouvelles demandes que leur a adressées notre âge el la réforme qn^il a prétendu leur foire subir. Mais par leur nature aussi parait condamnée très clairement et sous des rapports fort essentiels la direction que quelques esprits ont tenté de donner h celte réforme.

Ainsi Ton se méprenait, sans nul doute, sur le but où doivent tendre les beaux*arts quand on a dit qu'il Allait ^iser k leur donner un caractère national. La nationalité n^est pas plus Tobjet des arts que celui des sciences; il ne ' pent pas plus être question de faire des beaux-arts nationaux que de faire de raslronomie, de la physique on de la chimie naiiettales. L'objet des beaux-arts est tout uniment de eultivier certaines de nos fecultés comme celui des sciences est d^en cultiver d'autres: leur objet est d'agir sur Timagination et les passions. Us ont sûrement à tenir compte pour cela de ce qu'il peut y avoir de pai liculier dans la manière de sentir du peuple à qui ils s'adresseot, mais ce qu'ils doivent consulter snnoat c^est la nature des fecultés qu'ils se proposent de former et dans lesquelles résident tous leurs principes : il y g^ ^semme l'observe justement Pascal, des règles aussi sûres pour plaire que pour démontrer

On ne se trompait pas moins sur le véritable objet des benux^^arts, et en particulier du drame, quand on a dit qu'ils devaient faire un tableau large de la vie, qu'ils devaient en

(*) V. ses Peméei^ art. 5, De l'ari de pereuader.

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Iota rmmUer àiapie. Que ne faudrait-il pas^ eo effet, introduire dans le drame sHl devait être en effet un tableau de la

vie? Mais tel ne saurait être et tel n'est point son objet. Son objet, comme eelui de tous les ouvrages de poésie et d*art, est de toucher, d'intéresser, d'émouvoir, d'agir sur notre imagination et nos facultés affectives; et il est clair que pour cela il ne doit pas tant cbereher à accumuler les événements qu'à choisir ceux dont la représenlatioii est de nature h. produire une impression très vive, ceux autour desquels des intérêts contraires se trouvent le plus heureusement groupés, ceux qui sont le plus propres k animer les passions et k faire ressortir les caractères. L'artiste romantique qui, pour se conformer aux préceptes de son école, commençait par prendre dans $a large main beaucoup de iemftt et par y faire niùumir de$ eaiiêtenees entières ( *), n'agrandissait hi sphère de son a^t qu'au risque d'en énerver beaucoup la puissance. Il tombe sous le sens qu'il n*est pas possible d'intéresser

aussi viveuienten accumulant dans un même cadre tous les événements d'une vie, qu'en concentrant l'attention sur un seul fait bien dramatique et sur les passions au milieu des« quelles ce l'ait s'est préparé, développé, accompli.

J'accorde volontiers que l'art doit se renfermer dans la représentation des choses réelles; mais comment convenir, avec certains artistes, qu'il doit se borner k représenter les Malités qui sont de nature k affecter les sens? Les faits du sentiment et de l'imagination, l amour platonique, les visions, le merveilleux, les images Duitastiques ne sont-ils pas des réalités aussi, non pas sans doute aux yeux de la science, qui doit bien se garder de rien établir sur de telles données, mais

(*) Paroles de M. Alfred de Vigny, dans la préfaee de sa traduction dOtbelio.

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relativement h Fart, qui se propose d*émot[voir, non de convaincre ? Ne semble-t-il pas même que ce sont là les réalités qii*iJ doit représenter de préférence, et ne sont-elles pas les plus propres à agir sur les facultés qu'il se propose spécialement*^ A9« stimuler ?

Si Tart, pour atteindre son bu(, ne doit pas se renfermer dans la représentation des réalités sensibles, encore moins doiMfc^^atlacheilk la peinture des réalités hideuses. Cellesen effet, ne sont ni les plus vraies, ni les plus poéliques. ITfiiflMitiinff osé, blasé, à qui il ne reste plus de sens pour rien, qui ne voit partout qu'une nature décolorée, flétrie, déf^vé^ ne se trompe pas moins, à sa manière, et ne se fait fÊÊ^tlàWM inverse, moins d'illusion que le très jeune homme dont la vive et fraiche imagination anime, colore, embellit tomod^fthoses* D'ailleurs quand la plus horrible représentatioit des^lMwes en serait la représentation la plus fidèle, ce qiùv heureusement, est loin d'être vrai, elle ne serait certaiwi^muà p9A le plus conforme à l'objet de Fart : on n'attendrit pas quand on révolte ; Iciii e lever le cœur n'est pas le toucher. ËBÉa il ue s'agit pas seulement pour Tart de nous émouvoir d*n#' façon quelconque : si la vraie tâche du savant est de former rinielligeuce, celle de l'artiste est de perfectionner djUtwii le sentiment et rimagination; et certes ce n'est pas une bonne manière de cultiver ces facultés que deleurpré- S^SPt'^conûiiuellemeat le spectacle de riiui reur physique ou mwiltf» des- scènes imitées du gibet ou du bagne, des infirmités, des maladies au lieu de passion, le délire de la rage MMP(iK9^ des éniotions de Tâme.

Si l'art oublie sa mission quand il fait choix d'une nature hidâtiS^i, tt ae s'en souvient guère mieux quand il s'attache ^MIMMsimOBtrer que des réalités vulgaires. J'ai cordiale-» ineiti.a.ppij*uiii poui mou cumple à la réaclion qu il est venu

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opérer contre la mante de faire ee qu*oo appelait dii style.

En poésie, en peinlure, rien n'était ordinairement plus iroid 61 plus fiiox* Mais ne pou? ait-on se détacher de l'affeetation des formes académicjues sans tomber dans rafleciaiioa des formes communes, et faiiait-il ne se détaclier du noble que pour donner systématiquement dans le trivial?

Et puis une (juesiion encore. C'était certainement mécorinattre le but de Tart que de prendre à tâche d'être ignoble pour })araître vrai ; mais ce but, si mal atteint par le choix des formes communes, l'était«il mieux par ceiui des formes incorrectes? Quél pouvait être Polqet des licences si étranges qu'ont pris quelque temps à cet égard de certains artistes? Étttt-ce ponr avoir Fair plus inspiré qu'on dédaignait d'ë« crîre correctement sa langue? qu'on faisait de grossières fautes de dessin ? qu'on s'évertuait en quelque façon à écrire et à peindre avec négligence? Le néologisme était-il un moyen ingénieux et nouveau de faire travailler les imaginations? Avait-on découvert dans le barbarisme une source d'émotions jusqu'alors inconnue? Y avait-il dans le solécisme des moyens de toucher les cœurs que l'art n'eût pas encore aperçus dans la simple observation des règles ordinaires de la syntaxe? il serait aisé de citer des tableaux et une foule de vers de fabrique plus ou moins récente qui donneraient le droit d'élever ces questions.

Il ne faut pas sacritier le fond à la forme. Le but de 1 art n'est pas d'emprisonner les sujets qu'il représente dans un temps et dans un espace donnés. Mais son d^el est-il davantage de n'assigner k l'action aucune limite? Assurément, la violation systématique de ce que les maîtres ont appelé les unités de temps et de lieu n'est pas un moyen d'ajouter k l'effet. 11 est sensible, au contraire, que tout ce qui contribue 9 concentrer, et par cela même a soutenir, à fortifier fattea-

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tion est ft^raUe an but que Taii se propose. Partant, on ne peut DÎer qu'il n'y ait quelque avautage à circonscrire, autant ^^rk pentsans invraisemblance, le temps et le lien de la

scène, ou pliit<M à choisir des sajeU qui se renioniient sans ¥ioleace dans un temps et dans un espace circonscrits. On a dH q«*fl était absurde d'obliger tous les événements li venir

dcfuuler daits un même lieu ; est-il plus raisonuable de foraïf ^ime'miillitnde de lieux k venir figurer successivement sur les mômes plaiïches? Je sais qn il est beaucoup do sujets dai^ lesquels il laul de nécessité déplacer les lieux ou les évAmsuieiits; mais je ne sais pas si Tun vaut mieux (pie Tautre, ou plutôt il meseiiible que la vérité et la vraisemblance Otttptas'Oa moins h souffrir des deux excès, et j'en tire cette induction qu'il y a profit pour Tari h cherclier des sujets oti Vm> |i|Uisse s'abstenir également de 1 un et de l'autre. Ou méeonaU idonc son intérêt quand on choisit avec dessein des sujets qui deiàiau(ieiil,pour se (Jevelo|>j>er, beaucoup de temps Ci d^eqpaee, et qui obligent le poète à faire arriver successivemeat sous les yeux du spectateur une multitude de temps et de lieux divers.

Afhis forte raison méconnait-on Tintérét de Fart, lorsque aoii coiUeut d'obliger lebpeclaleur à poursuivre Faction qu'où veslAni fidre conDaltre dans tout une suite de temps et de lieux, on lui impose encore la fatigue de courir après le sens ae^4'aaion elie*méme; lorsqu'on ne prend pas la peine d*expwiardairement son sujet, de le développer avec méthode, d'^ iiieUre de l'euseiiibie et de la vraisemblance, d'eu écarter aoal^qiri ne concourt pas à Teffet général. Or, les mêmes artistes, qui s'évertuent h bannir du drame les unités de tei^ts^et de lieu, ne mettent, par compensation, qu'un soia tM aiMioere k rendre sensible dans leurs ouvrages Funité d'intérêt et de sujet, qu'ils regardeut pourtant couaue

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essentielle, et qui est en effet la plus capitale de toutes. On

peut dire même que, luia de viser à se signaler par le mérite de la composition, ils aiment fort k laisser régner dans leurs œuvres un certain air de désordre dont la présence permeUe de supposer qu'elles ont été laites d'inspiration*

Ainsi il s^est mêlé à la réforme, d'ailleurs excellente, qu'on a fait subir aux beaux-arts, comme il se mêle k toutes les réformes possibles, beaucoup d'idées fausses ou exagérées et qui allaient contre le but que celte rénovation avait essentiellement pour objet d'atteindre. Tout ce qu'il y avait à demander aux beaux-arts, en effet, c'était de se rapprodwr davantage de leur objet, de parier moins k la raison, dont la culture devait être l'objet spécial d'un autre ordre de travaux, et d'agir davantage sur Timagination et le sentiment, dont l'entretien et le perfectionnement étaient leur affaire propre et directe; pour cela d'être moins arbitraires et moins conventionnels dans le choix de la nature qu'ils offraient k leurs regards et dans celui des formes qu'ils adoptaient pour h pemdre; de ne pas représenter i'iiomme en général, mais des hommes en particulier, et de préférence les hommes dont les afieetious étaient les plus propres à réveiiier les uôtres; de peindre les émotions de l'âme plutôt que les affections des sens ; île mettre Tidéal dans les sentiments plus encore que dans les formes; de choisir le genre de merveilleux le plus propre à exciter et à élever l'imagination ; de ne pas tant lui présenter de ces objets qui, pour être vus et décrits, ne demandent en quelque sorte que des sens, que de ceux que nul sens ne saurait découvrir, qui ne sont perceptibles que pour l'âme même, et qui étant davantage son ouvrage, sont par cela même plus propres a la remuer ; de renoncer d'ailleurs k ce qu'il pouvait y avoir de fausse noblesse dans leur style; d'adopter un langage plus simple k la lois et pluspas»

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siouné; ea uo mot de se tenir plus près de la nature, d*étre plus hufliaiDs, plus profonds et plus mis.

Or, rien de tout eela nlmpliquait, nous venons de le voir, ni Tobligation de se réduire à la représentation du monde matériel, ni celle de se condamner à la peinture deé réalitésbideuses ou vulgaires, ni celle de uiauquei aux règles les plus essentielles, de la composition, ni celle de violer les rè* ^les du langage , etc. Il n*était nullement nécessaire, pour donner aux arts plus de naturel et de vérité, de leur rendre ce qa*il y avait en de plat, d*incorrect, de grossier, d'inachevé dans leurs premières ébauches. Passe qu'on remontât à leur origine pour y puiser quelque chose de Tardeur naïve qui les avait d^abord animés; mais non certes pour y chercher des formes qui n'avaient pu être d'abord qu'extrêmement imparfaites. Il tombe sous le sens que le temps a du perfectionner, sous uuc multitude de rapports, leurs procédés, leur langage, et tous leurs moyens d'expression. C'était méconnaître ouvertement leur intérêt que de renoncer & ces progrès pour revenir à leur première façon de iaire ; et ce que de DOA jours on a appelé, sous ce rapport, la renamanee^ aurait pu passer souvent pour un retour à la barbarie.

Nous venons de voir quelle est la nature et le véritable

objet des beaux arts. Nous avons reconnu qu'a la différeuce des sciences, qui sont chargées de nous instruire, leur tâche à eux consiste surtout à émouvoir notre imagination et notre sensibilité. J'ai t'ait observer combien à des objets si diiierents il était essentiel d'appliquer des facultés différentes; combien ii serait peu sage, d'uue part, de prétendre faire les sciences avec de Tinspiration, et, d'un autre c6té, de vouloir appliquer le raisonnement aux créations de la poésie; comment on ne pouvait former la raison que par l intermédiaire de la raisoii.

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