CHAPITRE IV
VE LA LiBERTii DBS ABTS QUI TRAVAILLENT A L^KDOCATION DB NOS Fà-
COLTliS U|T£LLECTUBLI.BS.
Qoel est la pnissanee secrète qui nous rend capables de sentir, de percevoir, de comparer, de raisoiiiier, de nous souvenir? Comment ces fonctions immatérielles peuvent-elles s'accomplir par rinferraédiaire d'organes matériels? Ces organes agissent-ils par eux-mêmes ou cèdentpils à l'impulsion â*une force particulière et distincte d*eux? Lintelligence n'est-eile, ainsi que la vie, qu'une manière d'être de la matière? Allons-nous dire, avec certains physiologistes, que le cerveau pense, comme ils disent que Testomac digère, parce que telle est la loi de son organisation, parce que cela est dans sa nature? Ou bien avec l-école des pysychologues, devrons-nous admettre que, par eux-mêmes, les organes encéphaliques sont destitués de toute force, et qu'il existe, sous le nom ^esfMrtt, ffàme, un être d^une nature particulière dont ils ne sont que les instruments? Grand et intéressant problème, que nous ne pouvons ni abandonner, ni résoudre; qui, après ûc.nx luille ans d'inquiètes et impuissantes investigations, demeure toujours également attachant et également impénétrable, et sur lequel nous sommes condamnés k ne jamais savoir, dès celle vie du moins, que ce que nous enseigne la foi ou que le sentiment nous persuade.
D'une pari rexpéi ience nous fait connaître qu'il nous est absolument impossible de sentir sans le secours de certains
Diyiiizeû by Googte
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orgaoes matériels; que FiiUelligence ne fait aucune opéraiion que par riotennédiaire de l*eiicéphale; qu*eUe paraU se pro* portionner dans tous les individas au plus ou moins de perfection de cet appareil ; qu'elle se développe avec lui; qu'elle se dérange quand il s*aHère; qu'elle s'affaiblit quand il se dégrade; que tout ce qui influe sur le cerveau agit sur l'intelligence; que tout ce qui le trouble la trouble; qu'elle sooh meille quand il dort; qu'elle déraisonne quand il est ivre; qu'elle cesse subilement d ngir lorsqu'en le comprinoiaDt on neutralise son action; qu'elle se ranime el renatl, sitét que la compression cesse; qu'elle dépend de lui, linalernent, pour toutes ses manifestations, pour tous ses actes; qu'elle le suit invariablement dans toutes ses vannions; et, en voyant ainri l'état de i iûtelligence correspondre constamment à l'état de l'organe ou de l'ensemble d'organes par lesquels elle se manifiBste, on est tout disposé k conclure que c'est l'oi^ianisme lui-même qui est intelligent.
D'un autre côté, l'expérience de tous les jours nous ave^ tit également, et d'une manière tout aussi claire, que, pflr enx-Qiémes, les organes sont impuissants; qu'ils ne peuvent rien que par la force cachée qui les anime; qu'ils s*affiribhV sentk mesure quelle s'affaiblit; qu'ils se décomposent enfin et tombent en dissolution dès qu'elle se retire et, en vo]fant ainsi à quel point la puissance des organes est étroilemeot subordonnée à celle de la force inconnue qui vit, qui sent, qui pense an-dedans de nons, on est tout prêt i affirmer que cette force existe par elle-même, indépendamment des lormts qu'elle a pu revêtir et des instruments par lesquels elle se manifeste.
Qu'est-ii, scientifiquement parlant, en notre puissai^ d'afiifmer, au rniHeu de ces inductions contraires ? Pouvons-nous Are quelle est la bonne solution ? Le savons-nous? Nous sa-