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nailrc que renseignement, par la voie de la presse, dcjit être libre, c'est avouer que les doctrines publiques doiveoi se former par rinflnence directe du pooYoir. N*y a-t-il pas là contradiction palpable? PeutpOuraisoDoablemeot songer à Tunilé légale des idées avec m enseigoemeot enchaîné d*ane pari et une {iresse libre de Tautre? Si renseignement devait, comme on le demande, être soumis à un même esprit, et si cet esprit devait être donné par l'État, s'il appartenait réeUement à FÉtat d'élre le régulateur des doctrines nationales, il ne suffirait pas qo'il revendiquât la direction de renseignement, il laudrail qu'il demandât aussi Ja dietature de la presse, celle de la chaire, celle de la tribune. C'est d'ailleurs, eonvenons^en, une triste manière de faire de Fnnité que de prétendre l'imposer On établit mal Taccord des esprits par la contrainte. L'unité des idées obtenue par l'exercice du
pouvoir suprême déféré à TUniversité rappelle beaucoup trop l'andenue unité de la foi par la vertu du saint ol&ce. Une ^usité produite ainsi ne saurait avoir, de Funité, que les ap« parences : c'est tout simplement celle que procurerait la tyrannie, c'est-à-dire l'unité k la surface avec toute sorte de ' dissentiments au - dessous. Loin que l'unité ainsi établie conduise à Tunité véritable, elle prévient la seule unité qu'il soit possible d'obtenir et d'avouer, c*est-à-dire celle ii laquelle on arrive par la liberté , par la discussion , par le concours des idées divèrfàiles. Ët, au surplus, pour juger com* bien peu est réelle Tunité de doctrines que procure l'unité légale de renseignement, il sulErait au besoin de comparer t. les effets obtenus avec les résultats cherchés : on n'enseigne ^ que la littérature classique dans nos collèges et c'est le romantisme qui pré^Mk dans laÉKiété; il s'agit, dit-on, d'ame- * ner tous les esprits a un même type, et jamais on n'a remar- , que dans les intelligences plus de bigarrures et de diversité ;
QUI PONT L*ÉI>UCATtON DE L'iNTBLLItiBNCB. 199
00 se proposerait eofin de faite des élèves pénétrés de Tes-
prit de la constitution, i emplis de dévouemenl aux principes qu'elle consacre, et s'il s'agit pour les partis de se porter à quelque démarche irrégolière, e*est presque toujours dans les écoles qu'ils vont chercher leurs iustrumeats..*.
Si la prérogadve réclamée par FÉtat parait si peu propre à mettre de Tuoité dans les intelllgeuces, pourvoil-eiie mieux à la boBoe distribution de renseignement? On observe que« sans rinitialive attribuée k TÉlat, Teuseigneinent se répandrait d'une manière k la fois très insuffisante et très inégale, n est bien des lieux où manqueraient les hommes et les ressources nécessaires pour fonder des établissements d'instruction; c*en serai! fait k peu près partout de renseignement des classes les plus pauvres ; c'en serait fait aussi de toute véritableculture intellectuelle pour les famillesde Perdre moyeu. C'est à rÉtat d'elTacer ces inégalités et de pourvoir k TinsuHi* sauce des ressources. Il doit partout donner l'instruction aux classes pauvres, et assurer aux classes moyennes cet ensemble de connaissances qu'on appelle les humanités, et qui demeureraient, sans son inlerveution, le privilège des classes supérieures.
L*État fait ici, cela n'est pas douteux, ce qu'on affirme ({u'il doit faire ; mais est-il certain au même degré qu'il soit de sou devoir de faire ce quMI fait? Est-il certain quMI doive rinstruc-
ticoprimaireauxclasses inférieures,et, quand on ii oseraitdire qu'il est obligé de les nourrir, de les loger, de les vêtir, peut-on alUrmeravec plus de confiance qu'il soit obligé de les instruire? Ëst-il certain, d'une ^utre part, qu'il doive aux classes intermédiaires une véritable culture intellectuelle, qu'il soit dans sa mission de les rapprocher par des mesures directes des classes élevées, et que sa tâche consiste h. combler d'une ma<->
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uière artiticielle rintervalle qui exi&te naturellement ealce les rangs?
La question^ ou le pense bieu, u est pas de savoir s'il est à souhaiter que les classes paums arrivent à riostruclion et au bien-être, que les classes moyennes parviennent h participer aux plaisirs élevés de Tesprit, de la fortune et de la considénitioo? Qui pourrait ne pas souhaiter le bieu eommm de tous les membres de la grande famille, et notamment celui des classes qui sont encore les moins avancées ? Mais la diiïiculté est précisément de reconnaître si l'État travaille h ce bien commun des classes encore peu avancées, en s'entremettant directement dans le soin de leur éducation , qamd il demeure étranger d'ailleurs k celui de leur fortune ; s'il est bon juge à cet égard de ce qui leur convient; si la distribution uniforme et générale qu'il fait de certains enseignements se trouve suUisamment eu rapport avec la situation des fiimilles qui les reçoivent; s*ils ne sont pas pour beaucoup d'entre elles ou prématurés, ou insuffîsaQts, ou différents de ce qu'ils devraient être, etc.
Tout vient à point à qui mit attendre, est une des meilleures paroles qu'ait jamais dites la sagesse proverbiale des nations. Qu'il y ait pour les familles pauvres qui ont su se mettre au-dessus des premiers besoins, profit à se procurer, dès qu'elles le peuvent, une certaine instruction usuelle qui
soit pour elles un instrument de plus de l)ien-(Mre et un commencem^t de dignité, je n'en fais assurément aucun douta- Mais y a->t-il profit pour elles à ce que TÉtat devance ce mo» mentet leurdonneà toutes riustructionprimaireavantqu'elles en aient senti le besoin et soient en mesure de faire le moindre sacrifice pour Tacquérir ? l!lsi-ce véritablemeiiL les servir que d'éveiller ainsi prématurément leur sensibilité et leur intel-
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ligence? Ne vaudrait-il pas autant patienter? ne serait- il pas auifisi sage et aussi Téritablement bienveillant de laisser^ oonune je Tai déjà dit, le progrès de leur éducation se subordonner à celai de leur fortune? Est-on sûr, en les rendant pins intelligentes et plus sensibles avant qu'elles soient devenues plus aisées, de faire autre chose que de les rendre plus malheureuses et plus inquiètes? Leur apprendre spontanément a lire, c'est les meiire, de son autorité privée, en oommunicatioD avec ce péle-méle de bonnes et de mauvaises, pensées, de bons et de mauvais sentiments que ne cesse d'enfanter la presse, b'e&t-on demandé, en les faisant entrer dans ce commerce avant qu^elles en manifestassent le besoin, si elles y apporteraient une raison assez exercée et quelques notions assez sûres pour ne pas se laisser misérablement du-*
per?... Voila les doutes qui pourraient ne pas {)laire au faux zèle, mais que me pardonneront, j'en ai l'espoir, la cUarilé sincère et une philanthropie vraiment éclairée.
Des questions plus vives et plus jiressantes peuvent être inspirées par la diffusion officielle de l'enseignement immé^ diatemenl supérieur. Mettre, par divers moyens, et notamment par un externat plus ou moins gratuit, l'enseignement des collèges il la portée des classes intermédiaires les moinsavan* cées, et presque des classes inférieures, est-ce véritablement Élire le bien? Est-ce &ire le bien surtout, quand on songe à la nature de cet enseignement , au genre d'aptitudes qu'il donne, au& prétentions qu'il éveille, a l'incurable vanité qo^il inspire, aux nombreux et inévitables déclasse-o ments qu'il tend sans cesse à opérer? Je crains, je l'avoue, que cette manière de rapprocher les rangs ne soit moins une manière de les rapprocher que de les conlondre, et qu'il ne résulte de la bien des mécomptes et bien dessouffrances, bien de l'agitation et bien des désordres.
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U. est vrai qu'après avoir iait très savamment et très philaDtbropiquement beaocoap de mal, la science admiaisiralive est féconde en arliiices poiii- y remédier. Mais la question esl de savoir si les remèdes dont eHe ose ici ne sont pas one noavelle cause de complications et de souffrances. Voyez eo effet la singuiaritéi ou donne plus ou moins gratuitemeiit à toui le monde Tinstmction de tous les degrés, primaire , secondaire, spéciale, depuis la plus inférieure jusqu à la plus élevée;^ on déclasse ainsi une moltitude de familles; on pousse abusivement hors de leur condition une multitude de pauvres jeunesgens, à qui on donne des besoins délicats qu'ils ne pourront satisfaire, et le désir de positions élevéesaoxquelles ils ne pourront parvenir; et Ton croit ensuite réparer cela , en corn* mettant nne faute pins grave d'un autre genre, en barrant arbitrai rement le chemin qui conduit non-seuleinoiU aux fonctions dont l'Etat seul dispose, mais à des professions qui appartiennent il tous, en suscitant sur les pas de tout le monde des obsia* des qu'on u y devrait pas renconter, et en multipliant ariiitrairement les conditions et les épreuves. On espère ainsi amoi^ tir les ambitions qu'on a si imprudemment iomentées, tand/s qu'on ne fait souvent qu'exciter la médiocité à s'obstiner dans une vaine poursuite, décourager quelques talents réels, et joindre en effet beaucoup d'injustice à beaucoup d'imprévoyance.... Le vrai remède, il faut le dire avec sévérité, le vrai remède serait de ne pas faire le mal pour n'avoir pas ensuite à y remédier par un mal nouveau. Le vrai remède serait de ne pas fomenter des ambitions qu'on est impuissant h satisfaire. Le vrai remède serait de laisser les familles proportionner leur éducation li leur fortnoe et aux chances natarelies de leur condition; de les laisser s'avancer par leurs efforts, comme de juste, et dans la mesure de leurs efforts, sans presser artificiellement leur marche, et sans leur barnsr
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ensuite arbitrairemeut le cheiiiia« Les appeler, les ejLciter lootes , sans pouvoir après faire aotre chose poor elles que
leur rendre de plus en plus difficile Taccès des professions et des foDctioas vers lesquellDs on lésa attirées : est-ce juste, est-ce prudent, je le demande, et une distribution de Tenseigneotent doot on ne parvient à pallier les mauvais effets que par de tels remèdes peul^elle passer pour quelque chose de bien heureux et de bien avisé?
Sans rintervention de l'État, ajonte-t-on, c*en serait fait de toute vraie culture intellectuelle pour les familles de Tordre moyen, et la prérogative qui lui est attribuée n'a pas pour eflfel seulement de faire que renseignement soit bien distri-* bué, mais encore qu il soit de bonne nature. Les parents, sans rÉtat, laissés à leurs propres instiacls, iraient droit au pUiâ pressé, et se hâteraient de procurer à leurs enfants le genre d^instruction qui pourrait les mettre en mesure le plus promptement de faire un fructueux emploi de leurs forces— — Mais quel si grand mal y aurait-il donc à cela 't Le premier besoin des familles peu aisées, dans leur mouvement ascensionnel n*est-il pas de se créer une fortune? M'est-ce pas raisonnablement par Ik qu'elles doivent commencer? Cette acquisition n'est-elle pas la base de toutes les autres, et, s'il en est ainsi, peut-^n souhaiter d'abord pour elles quelque chose de mieux qu'une instruction usuelle qui leur permette d'exercer leur profession avec plus d'intelligence et de fruit? Une telle instruction d'ailleurs n'a-t-elle d'autre effet que de rendre Texercice de la profession plus prolitable, et ne faitelle pas aussi qu'on Texerce avec plus de distinction ? Ne cou-* tribue-t-elle pas k donner plus d'élévation aux sentiments, plus de dignité aux caractères, et ne peut-on attendre ces heureux effets que d'une instruction dont il ne soit possible de tuer matériellement aucun ii uit, de ce qu'on appelle une