LIVRR IX, CH. IV. DE LA LIBKRTÉ DES ARTS
éducalipa libérale? On raisoQoe, eu iail d eiiseiguemeulf comme si les diverses classes ciui le reçoiveot étaient toutes, plus ou moins , des classes aristocratiques destinées à vivre loin de toute profession. Et, eo effet, dans le système d^en*
seignemenl que le système universitaire fait evclusiveiuent prévaloir, renseignement est une chose et les professions en sont une autre; il n*y a pas de rapport nécessaire entre renseignement et les professions. Est-ce ainsi, par hasard, qu'on fait qtt*il soit de bonne nature? G*est ainsi, au contraire, qn*on le rend foncièrement vicieux ; et tout ce qu'il y a ii dire de ses lâcheuses tendances, du tour pédantesque et vaniteux quMI donne aux esprits, des idées d^ambition qu*il sème et failfermenter dans toutes les classes, et très particulièremeat de son désaccord formel avec Fétat actuel de la société , de son ignorance des arts qu'elle pratique, de son impuissance à les seconder, du dédain et presque de Taversion qu'ils lui inspirent, tout cela vient précisément de ce qu*étaat resté dans les mains de l'État, quand la plupart des arts étaient abandonnés ï. Tactivité universelle, il n*a pu suivre le mon* vement, et a bientôt cessé d'être en harmonie avec le reste. La servitude a produit ici l'effet qu'elle produit en toutes choses. L*enseignement est demeuré, sous Tinfluence du monopole universitaire, ce qu'était restée l'industrie sous le joug des maîtrises et des corporations. La prérogative réclamée pour l'État n'est donc pas plus propre à laiie qu'il soit de bonne nature qu'à répondre qu'il sera judicieusement distribué.
Elle ne répond pas davantage enhn qu'il n'en sera pas fait abus, et elle est loin d'inspirer h l'État des dispositions qui l'excitent & le soumettre à une boune police. Elle donne à l'État, en effet, un intérêt personnel à défendre différent de celui que présenterait la légitime répression des abus, et
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qni devient Tobjet essentiel de sa sarveillance* En le dotant
d'un grand privilège, elle riutéresse particulièrement à ie maintenir, et la police qu*il exerce consiste surtout k empêcher qu'il ne soit lait brèciie a sou droit, que sa liUelle ne soit éludée ou méconnue. Mais quand on s'est montré docile m joug, quand on a consenti à ne fonder que des établisseluents d'un ordre inférieur aux siens, quaud on a prouvé par des diplômes qu^on est élevé selon son esprit, quand on est
porteur de cerLiiicals en règle, quanti ou se montre exact à produire tous les ans le programme des études et la liste des ouvrages employés, comment pourmt-on inspirer encore quelque défiance et quelle autorité serait assez ombrageuse pour se croire encore obligée de veiller? Aussi Tautorité, dans un tel système de police, emploie-t-ellc surtout son zèle k assurer l'accomplissement des formalités voulues et se dis* pense-t-elle d^ailleurs, habituellement, de toute surveillance vraiment utile. A quoi il faut ajouter qu'il n'est pas suppléé à ceUe surveillance par celle des fomilles; car de quoi auraientelles a s'inquiéter? Naturellement, elles seraient peu portées kla conûance; il est fort douteux qu'elles consentissent à remettre leurs enfants k des inconnus; elles voudraient savoir personnellemeut à qui elles ont aiiaire; si plusieurs se confiaient sans avoir vérifié, ce serait sur la foi de personnes dignes et bien placées qui auraient examiné pour elles; leur commune vigilance ne s'endormirait probablement pas; elle serait spontanément secondée par celle des enfants, et, au besoin, elle donnerait réveil a celle des magistrats, nalurellement moins spontanée et moins active. Mais qu*ont-*elles besoin de s'imposer tant de soins? L'État examine pour elles instituteurs, les professeurs, leur capacité, leur moralité, le programme des études, Tétat des locaux, le choix deslivres tiont il sera fait usage. Or, quand il a tout vu, que leur
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reste-t-il a examiner, el de quoi s'inquiéteraient-elles? Aussi ne &laquièlent*eUes guère de heo, et acceptent-elles de confiance les programmes, les livres, les méthodes et tout un personnel de professeurs, de maîtres, d'instituteurs qui va se renouvelant sans cesse, personnel composé d'hommes dont ils ne connaissent ni les antécédents, ni les vues ultérieures, qui arrivent, qui partent, qui se succèdent, fort occupés surtout de leur avancement, et qui n'ont en général k leur confiance d*autre titre que le caractère officiel dont ils sont revêtus. Puis, ce régime, qui les dispense si bien de veiller sur les personnes k qui est confiée Téducation de leurs enfants, n^oblige pas davantage ces personnes de vriller sur elles-mêmes. Naturellement, et sans la recommandation légaledont elles sont pourvues, celles-ci auraient h fiûre leur situation ; elles ne jouiraient quede celle qu'elles auraient acquise, il n'y aurait d'acquise que celle qu'elles continue-* raient à mériter, et des soins constants leur seraient nécessaires pour conserver la confiance qu'elles seraient parvenues k obtenir. Mais elles ont fait d'avance toutes leurs preuves, elles sont munies des certificats voulus, et ^'auraitron encore k leur demander pour témoigner d^one capacité et d'une moralité dont elles justifient par pièces oflicielles? On ne peut guère disconvenir que ces titres ne tendent k les dispenser de beaucoup d'efi'orts. Enfin le même système de police rend k peu près superflue la surveillance de la police et de la justice ordinaires. El, en effet, quel sujet 1 olUcier de police et le magistrat auraient-ils de s'inquiéter de ce qui ])eut se passer dans les écoles? Ils savent qu'elles sont soumises k la tutelle d'une autorité séparée* 11 est tout simple quHIslui laissent la responsabilité de ce qui s*y passe, et ils ne s'en mêlent guère en eflet que pour faire respecter l'aulorité des règlements particuliers auxquels elles sont assu*
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jétiea* Rien ne serait d^aiHeors si difficile qoe de trouyer dans les annales judiciaùes des traces de poursuites dirigées contre des désordres arrivés daos desétabiissemeDts particuliers d'instruction* A vrai dire, Teflet de la tutelle k laquelle ils sont soumis est d*endormir la vigilance de tout ce qoi serait naturellement intéressé h les sarveîller, à empêcher qu'il ne s'y passe rien que de convenable, et de la remplacer par celle d'une autorité dont Tintérét et le soin k peu près uniques sont d'empêcher qu'ils ne se dérobent à son joug.
MuA des raisons alléguées pour maintenir renseignement sous la main de riitat, il ii en est pas une de vraiment solide, et il demeure constant qu'on ne parvient à s'assurer parla nique la police de renseignement sera bien faite, ni qu^il sera convenablement distribué, ni qu'il sera mieux approprié aux besoms des arts nombreux que la société cultive, ni qu*il sera plus propre a imprimer de Tunilé aux esprits. On ne saurail obtenir ces résultats qu'au moyen de la liberté, que cette prérogative étooflé. Ce n*est que par la liberté et la concurrenee des enseignements qu on parvient à rendre de certaines idées, et eu définitive les meilleures idées véritablement prépondérauteset à mettre dans les intelliiii nces une certaine unité. Ce n'est que sous l'inlluence de la liberté que l'enseignement se distribue d*une manière judicieuse et qu'il se proporttonoe en tous lieux k l'état plus ou moins avancé des populations. Ce n'est également que sous l'influence de la liberté que reiiseiguemeni suit le progrès naturel des choses qu'il se tient constamment en rapport avec les besoins de toiles les professions qu'exerce la société. Ce n'est ^nfin qu au sein de ia liberté que l'enseignement devient Vobjetd'une véritable surveillance, qu'il attire les regards de * tous ceux qui sont intéressés a le surveiller, que les familles les yeux ouverts sur les instituteurs» les instituteurs smr