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leur entonrage et sur eux-mémeSf et que TÉtat, qui D*a plus
de police à faire dans un intérêt étroit et tout persoimei, commence à la faire dans l*intérét de l'ordre.
Qnoiquil en soit, au surplus, des efTelsbonsou rnavrada qu'est de nature à produire la prérogative réclamée par rÉtat, toujours est-H que cette prérogalive, surtout avec Texteo» sion qui lui est donnée, est naturellement incompatible avec la liberté de l'enseignement^ et qu'il n'y a pas, scientifique* ment parlant, de liberté à attendre pour cet art tant que les relaiious de TÉiat avec lui conserveront le même caractère; tant que l'État, non content d'o]^niser et de gonvenier comme il l'entendra ses propres élablissements , prétendra retenir indirectement sous son autorité les établissements de toute espèce; les faire entrer tons dans un même cadre général; s'arroger le droit de les diviser et subdiviser tous en un certain nombre de classes ; rester juge du rang qu'il sera permis à l'aciiviié i^^énérale de prendre dans cette classification; la condamner à n'y occuper que la dernière place; régler d'une manière plus on moins explicite ce qu'elle y devra enseigner; s'arranger pour quelle liy puisse donner que renseignement qu'il donne, et qu'elle n'y donne qu'un enseignement d'un ordre inférieur; la soumettre enlin pour acquérir le droit d'enseigner à une série de conditions d'une nature indéterminée et de l'accomplissement desquelles il restera juge. Un des plus insignes abus qu il iùt possible de faire du langage, ce serait assurément de donner le nom de liberté de l'ensei^Mieiiieiit à un arrangenienl pareil, h un asservissement si étroit, à un si violent étranglement de la liberté qui nous occupe. Pour que cette liberté devienne réelle, il faut au moins que TÉtat, en conservant la direction de renseignement public, consente à se départir de ses prétentions sur l'enseignement privé; qu'il entre avec lui dans des rap-
QUI FONT l'éducation DE L*iiMELLIGEiNCE. 2(^9
ports plos justes; qu'il cesse, pour le gouyenier, de le retenir
sous sa luielle et de le soumettre a des conditions arbitraires de raccomplissement desquelles il se réser?eraU de juger; quMI se borne finalement k le gouverner comme il gouverne renseignement écrit, renseignement par la voie de la presse, c*est-^-dire en le soumettant à des conditions qui nMmpli* quent pas contradiction avec la liberté même qu'il s'agit de loi donner, dont on ne puisse pas contester arbitrairement Texistence, et qu'il réduise d'ailleurs son action sur lui a la répression des écarts dans lesquels il pourrait tomber. Je ne dis pas que , pour en arriver là , il faille forcer, ni presser plus quHI ne convient la marciie des choses; mais je dis que renseignement ne sera libre que lorsqu'on en sera venu là; lorsque l'État mettra dans ses relations avec lui ce degré de modération et de justice, et que, cessant de vouloir en rester le maître, il se contentera pour le gouverner de réprimer ce qu'il y aurait de màliaisaut et de punissable dans ses actions. La règle k cet égard n'est pas pour cet art-ci diûérente de ce qu'elle est pour tous les autres.
Si donc la liberté de renseignement demande que ceux qui se livrent k la pratique de cet art perfectionnent leur morale personnelle, qu'ils adoptent le genre de vie et contractent les habitudes les plus propres k conserver et k accroître ' la puissance de leur esprit, elle demande surtout que, dans leurs relations, ils sachent s'abstenir de toute prétention injuste, et, très particulièrement, que l'Ëtat, la société, la personne publique , connaisse à cet égard ia limite de son droit et ait appris k s'y renfermer. A vrai dire donc, il n'est pas une classe de moyens, dans Tordre de ceux qui se composent de foeultés personnelles, dont on ne trouve k faire ici l'application, et qui ne soitessentiei k la liberté des arts chargés de l'éducation de nos facultés lutellectuelles.
ni. 14
t2iO L1YRB CR. It, DE tÀ UBERTÉ DES ARTS
11 en faut dire antani des divers ordres de moyens qui se
compose!) l d'objets réels , et nous allons voir en eiïel que les arts qui font l'objet de ee chapitre ne peuvent pas piiis se passer que toutes les autres d^on atelier bien située bien nM>até, pourvu de tous les ustensiles nécessaires et où les occapations se trouvent convenablement séparées»
On sent aisôinent, par exemple, que la situation de FateKer n*est pas ici une chose indifférente. U est clair qu'one école a plus de chances de succès là où les circonstances favora* bles à son établissement se trouvent réunies en plus grand nombre; là où il lui est plus aisé de se procurer les profe»seurs, les livres^ les instruments nécessaires à ses travaux ; là surtout où est plus généralement demandé le gNire dln^* struclion qu'elle a pour objet de répandre. Ainsi, une école * de nânéralqpe peut se trouver très convenablement placée dans le Toisinage de mines considérables et au milieu d*uiie nombreuse population de mineurs; une école de mécanique
de chimie, au sein d*une ville toute manufacturière, etc. 11 esl rare sans doute, pour ce genre d'établiiKements4M>mme pour tous, que tontes les circonstances iiavorables se trouvent réunies dans un même lieu; mais il est peut-être plus rare en* core qu'il n'y ail pas un lieu qui mérite d'être préféré à la plupart des autres; ot il est eertain que rinstituteur, qui sait dioisir le plus convenable, ajoute par là à ses moyens de puissance et k la liberté de son action*
Si cet instituteur augmente ses forces par lediseernement avec lequel il choisit le lieu de son établissement, il semble qu'il les accroît encore plus par hi manière dont il Torganise. Les écoles d'enseignement mutuel offrent un exemple Drappant des résultats avantageux qu'il est possible d'obtenir par là. Leur supériorité sur les écoles de forme ordinaire, en eiïet, ne tient pas tant encore à la boulé des méthodes qu ou
QUI FONT l'éducation DE l'lNT£LUG£NC£. 2ii
j suit, à la perfccliou de leurs tableaux et de leurs livr^ élémentaires^ qu'à la disposilion matérielle des lieux à i*ocdre suivant lequel on y classe, on y lau^e, on y fait agir les élevés, et en général à ce que J'appelle la bonne organisation de Tatelier.
Or, telle est ici 1 iuiluence de ce moyen, qu'on calculait, il 7 a quinze ans, qu*un seul maître, dans une école d*enseiguement mutuel, pouvait suffire à Téducation élémentaire d*Dn millier d'en&nts; que Tinstruction qnUlleur donnait était ala fois plus prompte, plus complèle, moins fatigante, moins nuisible à leur santé que celle qu*ils reeevraienl dans les écoles ordinaires; qu'elle ne revenait qu'à sept ou huit francs par an, pour chaque enfant, tandis qu'elle revenait à dix-sept ou dix-huit francs dans les autres écoles, et finalement qu'avec les dix-sept millions de francs que les familles ou les cornmânes dépensaient annuellement chez nous pour Téducation d'un miiUon de garçons, on aurait pu aisément en instruire deux mîDions^ et pourvoir à renseignement si négligé des jeunes tilles (*). Ou resterait donc au-dessous de la vérité en jtont que, par le fait de l'organisation supérieure de Tatelier, dans les écoles d'enseignement mutuel, la puissance de renseignement se trouve plus que triplée.
Peut être cette puissance est-elle encore plus sensiblement aecrue par l'intervention des machines.
Il est vrai qu'il est moins facile encore de se servir de moleurs physiques pour former rinteliigence de l'homme que pour agir sur le corps humain ; et il n'est pas probable que ie génie qui est parvenu à faire exercer tant de métiers di-
n F., dans les jouniaux de Paris des premiers Jours de février iSdS, Itt détails publiés à ce sujet par la Soeâté pour fimirwliQn éiémen-
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vers k d'aveugles mccauisuies, réussisse jamais k transformer la pompe à feu en un habile démonstrateur. Cependaot, ontre qu'il n'est pas de machines qui, d'elles-mêmes, n'agissent jusqu'à un certain puiut sur noire esprit, et dont la vue ne nous apprenne quelque chose, on [)eut dire qu'il n^eo est pas qui, dans les mains de l'homme, ne servent k expliquer de certains effets, et de plus, qu'il est beaucoup d'effets qu'on ne saurait expliquer sans machines.
Sans le secours des machines il est une multitude de phénomènes qui se déroberaient k toute espèce d'investigation, et qui resteraient éternellement hors de la sphère de l'intelligence, parce qu'ils sont placés hors de la portée des sens. Les uns nous échappent par leur exlrème petitesse, d'autres par leur excessif éloignement, d'autres par l'ohscuhté qui les environne, d'autres par la difficulté de les dégager des objets qui frappent notre vue, etc.
Gomment, par exemple, raisonner sur la pesanteur et la température de l'atmosphère, sans le secours du baromètre et du thermomètre Comment traiter de rélectrieité, sans le secours delà machine électriqneîQuels progrès le microscope n'a-t-il pas lait iaire k l'histoire naturelle, et le télescope à Tastronomie ! Combien de découvertes ne doit-on pas à la machine pneumaïKiLie, a la pile de Voila, et à cent autres espèces d'instruments qu'emploient les sciences physiques- A l'aide de ces instruments, un monde nouveau s'est révélé k nous; des milliers de vérités cachées sont devenues ostensibles; et les arts chargés de l'éducation de rintelligence ont pu lui donner des laçons nombreuses et importantes qu elle n'eut jamais reçues sans ce secours*
Non-seulement l'esprit humain a besoin de machines pour pénétrer les secrets de la nature, pour se former, pour acquérir des idées; mais il en a besoin pour transmettre les
MVi FONT l'éducation dl l'i.melijgence. !21.*î
notions qu'il a acquises, et les arls dont je m'occupe sont d^autant plus puissans et plus libres qu'ils sont munis pour cela d'instruments plus perfectionnés. Les premiers de ces instruments, ce sont les langues. Plus les langues ont fait de progrès, et plus il est facile aux intelligences cultivées de communiquer à d'autres les façons qu'elles ont reçues.
Le langage articulé est un meilleur instrument que le langage par signes : on est donc plus libre d'exprimer sa pensée et de l'imprimer dans l'esprit d'autrui par la parole que par des gestes. La parole écrite est un instrument plus puissant que la parole articulée; on est donc plus libre d'agir sur l'esprit de ses semblables, lorsqu'on sait figurer la parole aux yeux, que lorsqu'on sait l'articuler seulement. La presse est un instrument deux ou trois cents fois plus puissant que la plume : on est donc deux ou trois cents fois pins libre d'entrer en relation d'idées avec les autres hommes, lorsqu'on peut répandre ses idées par l'impression, que lorsqu'on ne peut les publier que par l'écriture. ^ Il y a ensuite des degrés infinis dans la puissance de la presse et de ses modes de publication. Les écrits périodiques sont un instrument de publication plus puissant que les livres isolés. Les publications quotidiennes sont un instrument plus puissant que les écrits j)ériodiques. Les journaux eux-mêmes sont un instrument plus ou moins puissant; selon qu'ils sont formés sur un système plus ou moins bien conçu, selon qu'ils sont de nature à mettre en rapport un nombre de professions plus ou moins considérable, selon (ju'ils sont plus ou moins rapidement imprimés, selon qu'ils sont plu^ ou moins promplement répandus.
On ne peut nier, par exemple, que ces divers moyens ne soient employés en Angleterre de manière à en tirer plus de parti qu'ailleurs. Les gros livres y sont réservés a l'avance-
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meut des doctrines. Les revues serveot à leur diffusion. Quant anx jouraaax, ils remplissent une autre tâche : ils ne dissdi^^
tent que très peu ; mais ils informent régulièremeni chaque profession des offres et des demandes de toutes les autres ; ils les instruisent toutes des nouvelles particulières et générales qui peuvent les intéresser; ce sout dlmmenses recueils de faits* et d'annonces; ils servent d*intermédiaires à toutes les relations. D'un autre côté, on les impr ime et on les répand avec une rapidité si grande^ que tel discours de tel orateur des Communes, à peine prononcé ii six heures après-midi, se trouve imprimé, distribué et lu dans toute la ville de Londres avant dix heures du soir. Il fallait k peine trente heures, il y a vingt ans, pour que le compte rendu d'une discussion qui venait d'être close au Parlement fût rendu public dans la ville d'York, à quatre-vingt lieues de Londres ( ' ) ; et, depuis rétablissement des voies à rainures de ter et des véhi« cQles mûs par la vapeur, la rapidité de ces communications a presque triplé. Aussi est-il vrai de dire, à la leltre^qu'un membre du Parlement parle k toute la nation. La presse, poussée h ce degré de développement, devient pour l'hoaime comme un nouvel et puissant organe, au moyen duquel il se Êit entendre h toutes les distances et de tous les cdtés en même temps. Par lui les peuples sont en conversation permanente. Les sentiments, les idées, les opinions se propagent avec la rapidité du fluide électrique, et la commalion ne s'arrête qu'au point où on ne sait plus lire (^)« Cependant, ce moyen de communication entre les intelli<*
0) F« les lettres que H. de Staël publiait sur PAngleterre en i8S5, p. 19S et MO.
(*) Cest le général Tarayre , Tun des hommes de notre temps , qui eu a le mieux compris la civilisation, qui a caractérisé la presse avec ce rare bonheur.
QUI FONT L^ÉbOCikTION DE l'iNTELLIGENGE. 2i5
gences n'est pas encore le plus rapide de tous. Les produits •mmalérieb de Tespril qdI, en effet, cet avantage qa'ikpeu« ireDi être transmis par de simples signes k de grandes distances^ de telle sorte qu'en transmettant le signe on transmet la pensée signifiée. La télégraphie est donc un moyen de communication eucore plus prorapt que la presse. A Taide des lignes tél^raphiqnes, la pensée humaine traverse les aîrs sur les ailes de la lumière, et iVâiicliit l'espace en un clin d*<£iL Les télégraphes sont, en quelque sorte, un moyen de converser h des distances immenses. A la vérité, ce moyen ue peut pas être employé à des usages aussi étendus que IHmprimerie. Mais, pour transmettre rapidement des faits, il n'est ni estafette, ni voilure a vapeur qui l'égale. Paris peut avoir des nouvelles de Lille, distant desoiiante lieues, en deux minutes ; de Strasbourg distant de cent-vingt lieues, en cinq minutes cinquante-deu& secondes; de Brest distant de cent cinquante lieues, en six minutes cinquante secondes; de Bayonne, distant de plus de deux cents lieues, en moins de quatorze minutes; et la substitution au télégraphe ordinaire) du télégraphe électro-magnétique, qui peut fonctionner par tous les temps et à toutes les heures du jour et de la nuit, parait destiné h faire de la télégraphie un moyen decommunicatiou plus usuel, plus sûr et plus rapide encore... Mais en voilà assez pour donner une idée des secours que peuvent tirer des machi nés les arts qui agissentsur Fesprit humain.
Peutpon douter qu'à son tour la division du travail ne leur commanique un grand surcroît de puissance? Qui ne seraU frappé de l'usage étendu qu'ils foui de ce moyen ! Qui pourf rait compter tous les lameaux de l'arbre encyclopédique ? Qui pourrait dire les divisions et subdivisions qu'on a fait subir aux études et à renseignement? Il y a des écoles pour f inslmction primaire ; il y en a pour un enseignement plus
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élevé; il y eu a pour les connaissances spéciales; il y en a pour i'appUcatioa de ces connaissaoces ; il existe des écoles particulières pour chaque branched'enscignemeDt spécial, et les spécialités sont presque sans nombre*
Dans riotérieur de chaque établissement particulier le travail se subdivise encore, l'enseignement se partage ordinairement en huit classes dans une école d'enseignement mutuel, c'est-a-dire que, pour apprendre à lire aux enfants dans une telle école, on donne successivement huit sortes de façons à leur intelligence. Dans les écoles secondaires, dans les collèges, dans les écoles spéciales, renseignement subit de même de nombreuses subdivisions, c Dans une manuiaclure académique bien organisée, observe un écrivain anglais, un jeune docteur n*est achevé qu'après avoir passé de main en msin, comme Tépingle dans les ateliers consacrés à ce genre de fabrication. Ébauché par le professeur d*aiiatomie, il fauiqu il livre successivement toutes les parties de son intelligence et de sa mémoire k une série d'opérations qui est terminée par le professeur de matière médicale C). »
En un mot le travail qu'on lait sur l'esprit est sujet aux mêmes divisions et subdivisions que celui qu*on fait sur la matière, et ces divisions produisent ici les mêmes résultats que partoutailleurs : économie de temps, célérité et perfection plus grande de rouvrage, progrès plus rapides delart, voilà ce qu'on leur doit. Grâce à ce partage, les hommes voués à la culture de renleiidcnient liiunain, renrermes cliacun dans leur spécialité, en acquièrent une connaissance plus profonde, deviennent beaucoup plus habiles à l'enseigner, et Agissent en masse avec infiaimeal plus de puiss^ce ).
(*) V. la Rcv, brit.^ t. VI, p. 247 à 249 de la première série.
(^j Cependant, il faut reconnaître que Texlréme spécialisalion des
QUI FONT l'éducation DE L'hMELLiGËNCi:;. 217
Ainsi le bon emplacement de Tatelier, son organisation, les instruments qu'on y emploie, la manière ûoai le travail s*y divise, tont ce qui contribae k la perfection de notre fonds
d'objets réels, de même que tout ce qui accroît notre londsde &cnltés personnelles, est on moyen de force et de liberté d'ac^ tioD dans les arts qui agissent sur Teuteodement comme dans ceux qni travaillent sur la matière brute. 11 ne me reste plus qu'a dire quelques mots de Teffel qui résulte du pio^jrès simultané de tous ces moyens.
Indépendamment des effets qui lui sont propres , chacun des pouvoirs dn travail en a qn^il obtient par le concours des autres pouvoirs collatéraux, et i'mUueuce que chacun exerce est d'autant plus grande, non*seulement qu'il est plus perfectionné, mais que tous les autres le sont davantage* J'ai déjà montré plusieurs fois combien Taction d'un ordre quelconque de travaux se manisleslait par des eflels plus considérables à mesure que s'accroissait la somme capitale de tous ses moyens. Ce résultat général ne se laisse pas moins aperce-
études et de renseignement no laisserait pas, à la longue, de nuire à rétendue et même à la justesse des esprits, si Ton ne s'efforçait de remédier aux incODvénients qu'elle présente, p.ir rétablissement d'une spécialité nouvelle, qui consisterait à montrer les relations et renchat- Bernent de toutes les connaissances, à résumer les principes propres i chacune d*elles en un moindre nombre de principes communs, à généraliser d'un côté, tandis qu*on analyserait de Tautre, et finalement à empêcher qu'on ne perdit de vue Tensemblependant qu'on pénétrerait toujours plus avant dans les détails. Tel est Tun des principaux objets que paraissait 8*être proposé un ancien et savant élève de l'école polytechnique, M. Aug. Comte, dans un cours important qu^l avait ouveit avant iSSO, à l'Athénée de Paris, sous le titre de Cours 4cphitoiophie potiliw, La nature et le but de cet enseignement élevé ont été développés depuis par Tautenr dans un grand ouvrage, publié sous le même titre , et que des juges éminents ont paru placer au nombre des compositions les plus capitales de ce teui[ n ci.
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ymr ici que daos la plupart des aria doDt f ai traité dans les
précédents chapitres.
Il D*y ayait k Paris, la 6n da quatorzième siècle, que
quarante maîtres et vingt maîtresses d'école (^) : il y a aujourd'hui près de neuf cents établissements d'instruction ('). On ne comptait eu France, il y a quarante ans, que sept millions d'hommes qni sussent lire (* ) : on y en compte à présent au-delà de quatorze millions (*). En 1770, il n'y avait à Londres que quatre loueurs de livres : il y en avait au-deià de cent en 1827. On n'y trouvait, en 1770, aucune société nî cabinet de lecture ; il y eu avait plus de deux mille , trente-sept ans plus lard C). En i814, les produits de la presse non périodique ne s'élevaient pas annuellement, chez nous, à quarante-six millions de feuilles : dès ils passèrent cinquaute-cinq millions; en 1820, ils montèrent à près de quatrevingt-un; en 1825, ils excédèrent cent vingt-huit; et, en 1826, cent quarante-quatre millions de feuilles En 18i7, il n'avait été timbré, pour journaux, k Paris, que trente-huit mille deux cent quarante rames de papier : en 1820, on en timbrait déjà cinquante mille sept cent soixante-dix-sept rames (') : on en a timbré deux cent vingt-deux mille deux cent vingt-neuf rames en 1845, à raison de six cent neuf
C) Monteil, HitUdre de$ Français des divers itaU^ aim cinq derniers tiècUs^ 1. 1, p. 407.
(•) Document statistique publié par les journaux. F. les Débals du
15 octobre 1858.
(') M. Ch. Dupin, SiiuaiiQti progressive des forces da la France, depuis 1814.
(*) Induction tirée de divers documents.
i^) Rev. brit.» t. X, p. 375 de la première série.
(*) Notices slatiil, sur la librairie en France, publiées en 1827 lur M. le comte Daru.
(') IbiU.
QUI FONT L ÉDUCATION DE l'iKTELLIGENCE. 219
rames par jour, en moyen terme ('). Suivant un documcut publié par la Chambre des commones , il n'y avait en Angleterre, en 1782 , que flotxante-dii-neuf joumanx : ce nombre s'était élevé à cent quarante-six en 1 790, et, en 1821, il etaU de deox eent quatre-vingt-quatre : il avait quadraplé dans l'espace de (]iiarante ans ). Les publications périodiques ont saivi , aox Etats-Unis , une progression plus rapide eneore. £n 1720, il n'y avail que sept journaux : quatre-vingt-dix ans pins tard, en 1810, il y en a en trois cent cinqoante-neuf; lie 1810 a 1 825 , ce nombre s'est élevé à cinq cent qualievingt-dix-huit; et de 1823 à 1826, il est monté k six cent quarante (').
On voit quelle progression croissante suivent les produits des arts qui cultivent Tentendement hnmain , k mesure que
s'y applique un mouvement intellectuel plus auimé, et un capital social plus considérable : les idées provoquent les idées , les livres enfantent les livres ; les lecteurs engeudi t ut les lecteurs ; les journaux multiplient les journaux ; les écoles font nailre les écoles. Plus ce capilal augmente et plus il est, comme tous les capitaux possibles, susceptible d'être augmenté. Là on la diffusion en est plus grande, des choses sont &isables qui no le seraient pas Ih où elle Test moins. Telle sera chez les Anglo-Américains , par exemple, rnniversalité d'une certaine instruction de moyen ordre, le besoin de pro- [ pager encore davantage cette instruction, et les facilités que laisseront pour cela de certaines habitudes publiques et 1 abseoce de taxes et d^entraves résultant de ces habitudes, que ce peuple, avec dix millions d'ames, publiera deux fois au-
(*) UocumentTeenelUi à radrainisU^ation de renreglstrenwnc et das domaîoes.
(*) fieo. Mi., t. X, p. 575 de la première série. (*) Itf., ibid., p. i7^.
tt20 LIVaE IX, CM. IV. DE LA UBERTÉ DBS ARTS
tant de joorDaiix que l*£urope tout entière avec ses cent soixante millions d'habitants ('). L'Angleterre , en partie par les mêmes raisons, comptera plus de journaux, de librairies^ de cabinets de leetnre qne la France. 11 n*y aara pas, en Angleterre, sans que TÉtat ait besoin d'intervenir, de hameau qui n*ait son école; et, chez nous, avant que l'Etat ne fut îatervenn, vingt mille communes, sur trente*sept mille, man^quaient décotes pour les garçons, et viugt-tiuq mille u gu avaient pas pour les filles. Nos meilleurs écrits périodiques ne comptent pas plus de deux mille souscripteurs, et trois Revues, aux États-Unis, se tiraient chacune, il y a quinze ans, k quatre ou cinq mille exemplaires. S^il faut en croire la Revue d'Edimbourg , il ne se publiait chaque jour, k Paris, en 1819, qu*un exemplaire de journal pour trois cent qnatrevingt-liuit persoiiiies, et il s'en publiait k Londres m exemplaire pour quarante-trois. Il ne s'écrivait journellement, à Paris, qu'une lettre pour soixante-douze personnes, et il s*en écrivait une pour neuf persouues k Londres. Quatre-vingtdix Angkds recevaient dix lettres par jour, et quatre-vingt-dix Français n'en recevaient qu'une (').
(■) Cest un fait que signalait, eu ISar, la Bn. Mi,, i. X, p. i7a et 175 de la première série. J'ignore si ce fait était alors bien exact ; mats Il a très assurément cessé de Tétre.
' (*) Cette comparaison entre retendue etractivité des communications Intellectuelles en France et en Angleterre, est prise dans un article de la Bev. d'tdimbourg du mois d'octobre IS19. Je doute qu'elle ait jamais été bien exacte ; mais certainement elle ne Test plus aujourd'hui. On peut voir, dans des documents officiels de la direction des postes de France , publiés à diverses époques dans les journaux de Paris, combien Tactivité du commerce épistolaire s'est accrue en France, depuis la pai\, et notamment depuis la révolution de 1S50. Le nombre des lettres mises en circulation par le service de la poste , qui n'était qne de 48 millions en 1821, s'était déjà élevé à 65 millions en IS30, et il touchait à 79 millions en iSSS ; tandis que , d après les détails statistiques publiés par BI. llill , Tun des employés de la direction gé-
QUI FONT l'éducation D£ L INTELLIGENCE* 221
£n général, il y aura uu plus grand mouvement d'idées, les communications intellectuelles seront plus actives Ik où l'*instruclion sera plus répandue, comme il se fera des actes intellectuels plus élevés là où Tinstruction sera plus haute. LiO peuple eheas qui de certaines connaissances seront plus développées pourra arriver à des conceptions auxquelles les antres ne pourront encore atteindre, et créer des produits intellectuels que les autres ne ieioiit qu'après lui.
En somme, il n'y aura pas un progrès qui ne serve : un peuple aura pas perfectionné un seul des moyens du travail dans son application à la culture des intelligences sans que Ton voie cette culture agir avec plus de pouvoir, et nulle part elle ne produira des effets aussi étendus et aussi rapides que là où la masse totale de ses moyens, rentier capital de ses forces aura acquis plus de perfection et d'accrdssement
nérale des postes anglaises, le nombre des lettres transportées dans le Royaume-Uni, en 1S&7, n'aurait été que de 96 millions. Il est vrai que, depuis, le nombre en a plus que doublé ; mais on sait que cet accroissement soudain, dans les communications épistolaires, a été provoqué par le brusque abaissement à dix centimes de la taxe de toutes les lettres, tandis que cette taxe, chez nous, n'a subi aucune réduction.
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