LIVRE IXL. CH. IK 1>K LA LIBERTÉ D£S ARTS
beaucoup ces forces et en faire uu usage très étendu. Biais à menure que les obstades furent aplanis , on qoe les moyens artificiels de les surmonter devinrent moins rares, on sent qu'il dut se servir moins de ses membres , et remplacer graduellement leor usage par celui des instraments qaHl s'était procurés.
€e n*e8t pas par choix qa*un sauvage franchit de longs in*
tervalles à pied, ou qu'il passe à la nage le fleuve qui barre sa route, c'est parce qu'il n'a pas de meilleurs moyens de se transporter. SMI avait un canot, il ne passerait pas le flenve k la nage; s'il avait une monture , il ne prendrait pas la peine d'aller à pied; s'il avait une échelle, il ne se liguerait pas à grimper sur l'arbre dont il veut cueillir le fruit. Il n'est pas dans la nature de l'homme de se donner une peine inutile : on sait qu'il est déjà assez malaisé d'obtenir de lui les effoits nécessaires et les soins dont il peut le moins se dispenser.
On doit donc s'étonner peu qu*il exerce moins ses forces pliysiques à mesure qu'il y est moins obligé; et Ton comprend comment la civilisation, écartant les dangers et les difficultés de aa route, multipliant devant lui les moyens d'action, Tentouraut d'aisances et de facilités de toute espèce, a pu lui laire négliger la culture de ses Csicultés corporelles, et le faire tomber à cet égard dans une sorte d'infériorité, ou du moins empêcher qui! ne Ht sous ce rapport les mêmes progrès que sous beaucoup d'autres.
Cependant, c esi la un mal considérable et indubitablement contraire aux résultats que la civilisation se propose d'obis nir. Il ne saurait entrer dans ses vues de sacrifier une partie de notre être au développement de l'autre , et de ne perfectionner nos facultés morales ou mentales qn*au détriment de nos forces corporelles. Si nous laissons notre corps s'énerver, si nous tombons dans la langueur et la mollesse, c'est par un