‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 30 sur 80 · LIV. IX, G0. V. LIBERTÉ DES ARTS QUI TRAVAILLENT · texte numérisé non relu

LIV. IX, G0. V. LIBERTÉ DES ARTS QUI TRAVAILLENT

pratiqaes soient bien sincères; la seconde, c^est qn'il est

plus douteux encore qu'elles aical été rétablies et qu'elles soient observées en vue de Téducatioiu Elles ont si peu cet objet qu'on a fait disparaître des prières de chaque jour, dans les collèges de Paris du moins, ce qui, dans Tancien régime, semblait tendre le plus directement k cette fin, savoir la récitation des commandements et Tei^en de conscieuee; et je cberche quel est Teiercice religieux dont on pourrait dire qu'il a été prescrit et qu'il est dirigé dans la vue d Muer util^ent sqr la vie, de la rendre plus régulière et pins morale. Ces exercices lunt paîlie essentielle du règlement; ils sont considérés comme des devoirs ; on s^applique sans doute du mieux qu'on peut à les remplir d'une manière sérieuse et décente; mais, quant à dire qu'ils sont acccomplis dans m esprit véritablanent pédagogique et qu'on en sait faire au* jourd'bui dans les écoles un instrument ellicace d'éducation, cela n'est véritablement pas possible , parce <{ue cela n*est poiat*

n y a tout au moins dans les collèges, obaerve-t-on, un eit-

seignement spéculatif de la morale et de ses principes; elle y est enseignée comme science : c'est une branche du cours de

philosophie. — Sans doulc; mais qui ne sent qu'il n'y a pas le moindre rapport, ou du moins qu'il n'y a qu'un rapport très éloigné entre cet enseignement, bien incomplet et bien imparfait d'ailleurs, et le travail dont il s'agit dans ce chapitre, Tart de former le caractère et les mœurs?

On pourrait dire également qu'on ne s'en tient pas, dans les établissements d'instruction, 2i un enseignement purement spécuialii de la morale; qu'on y enseigne plus ou moins ses préceptes, ne fftt-ce qu'à l'époque où les élèves sont préparés à leur première communion et catéchisés avec plus ou pioin^ d'intelligence et de soin; qu'on les instruit jusqu'à un

A Lik POKHATION DES ffAD. MORALES.— ÉDUCAtlON. 237

eertain point de ce qu*il faut faire, de ce qo'on est obligé

(l'éviter ; qir on charge leur mémoire des noms d'un certain nombre de vertus et de vices; qu'on leur dit quelque chose des maux que le vice engendre, des biens que produit la la vertu; qu'il est finaiement recommandé aux proiesseurs par les règlements de profiter, dans le cours des études, de toutes les occasions qui se présentent pour leur rappeler leurs principaux devoirs. Mais qui ne sent encore que ces en^* seignements, bien que plus directs, ne vont pas su£9samiftent au but qui nous occupe; qu'ils sont faibles, incomplets, dé^ coQsus, momentanés ; qu'ils se réduisent d'ailleurs k un enseigneraent purement intellectuel; et qu'il ne suffît pas d'agir ftUT Vintelligence pour entrsdner les déterminations régulières et habituelles de la volonté ; qu'il font encore que la volonté soit ïobjet d'une éducation directe?

Il y aurait à observer de plus que l'éducation, telle qu'elle est pratiquée, ne peut pas former l'intelligence des élèves sans le concours de leur volonté, par conséquent sans accou-^ tnmer cette faculté à vouloir ce que doivent exécuter des facultés diiDérentes, et sans travailler ainsi plus ou moins k son éducation. Par cela seul, pourrait-on dire, que notre éducation, telle qu'elle est faite, nous astreint à un certain travail, k l'accomplissement de certaines obligations; elle nous * inculque nécessairement de certaines vertus. Tout travail exige que nous prenions un certain empire sur nous-mêmes ; tout travail nous eierce plus ou moins k la patience; tout travail nous fait contracter l'habitude de l'activito, de l'application, d'un certain ordre. Il n'est pas possible d'ailleurs que réducalion développe nos [acuités afloctivcs cl inlellectuelles sans agir indirectement sur notre volonté ; elle ne peut pas réveiller en nous de bons sentiments sans nous exciter k bien iaire; elle nous porte, jusqu'à un certain point, à pratiquer

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