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L'art dont je viens de parler n'est pas le seul à qui ait été imposé la grande et difficile tâche d'apprendre krhomnieli régler ses actions, de perfeciionner ses habitudes morales. J'ai en occasion d'obserTer^ dans le cours du précédent chapitre, que le ^vememeni elle taterdoee avaient essentiellemaat le même objet Parlons ici du sacerdoce,
J'appeliesttc^r^e, eottforméinmitài'étymologiedQ mot, le ministère exercé par cette classe d'hommes qui cherche à nous mettre en rapport avec la puissance inconnue qui anime et dirige toutes choses, qui nous entrctlenl de persuasions et d'espérances relatives à une autre vie, qui nous instrait des choses saintes, qui nous enseigne les ciKiBes sacrées,
çui sacra doceL
L'objet de cet enseignement n'est pas tant, à proprement parler, d'éclairer l'intelligence, que de jMPodnire, en arrivam par imagination k certaines affections de Tàme, on salutaire effet sor tes actions. Le prêtre est un instituteur de morale : il concourt ou peut concourir de plusieurs manières à la formation des mœurs. Non-seulement, il peut soumettre les hommes qui ont accepte ses services k un régime plus on moins propre à reailier, à former leurs habitudes ; mais il n'est pas dontenx que son nînisièire ne loi présente des moyens particuliers très efficaces de travailler a leur araenilo-
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ment moral; il n*esf pas douteux qu*il ne puisse puiser dans ce qui coDstitae spécialement son art, c'esUà-dire, dans renaen gnement des choses saintes, dans la prédication de dogmes élevés, dans ie talent sublime de foire communiquer les hommes ayec Tesprit divin, on moyen singulièrement propre ]i les porter su bien. C*e8t à établir ce commerce mystérieux de notre intelligence avec celle qae la terre et les denx manifestent, à élever notre âme par cette communication, à la retremper, k lui communiquer la force nécessaire poitr observer les lois qui noas sont imposées par notre nature et par celle des choses, que consiste essentiellement le ministère sacerdotal. Le prêtre, ainsi que le père de fomille, ainsi qoe Tins* tituteur, ainsi que le magistral, travaille a la formation des mœurs; mais il concourt à ce but par des moyens qui lui sont propres : il nous exerce surtout k Tobservation des de* Toirs moraux en accoutumant notre âme à se mettre en rapport avec Tanteur de toute vertu et de toute morale.
Considéré dans celle portion de son ministère, qui est celle qui le caractérise le plus particulièrement et qui détermine sa vraie natdas^k sacerdoce ne peut pas être mis au nombre des arts qui font Téducation de notre entendement* Et en effet, il ne s'adresse pas ici h celles de nos beoltés qai
ont le don de connaître; il ne leur parle pas de choses que nous puissions savoir ; il va sans dire que renseignement des dogmes religieux ne peut pas être confondu avec celui des sciences; que les vérités scientiques se. distinguent essentiel: lementpar leur nature des impressions particulières qui son| produites en nous par Ténoncé de propositions relatives à
Qu*un prêtre annonce aux hommes qu'il existe un être différent du monde et des lois qpe le monde observe dans sa marche, qui est présent partout, qui voit tout, qui a créé
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toutes choses, qui les gouverne et les conserve toutes,. .. i! sera possible qu'ea parlant am&i li s*empare très vivemeul de rimagiDation et de Fâme de ses auditeurs; mais on sent k merveille qu'il ne produira pas sur leur iotelligeoce des eil'els semblables k ceux que le savant opère sur notre esprit, lorsqu'il nous entretient de vérités accessibles à 1 iutclligence el maeeptibles d'étre^Ms^outrées, de vérités cbimiques, physiques^ astronomiques pSÉ^emple* Il n*est pas de bon catholique qui ne convieuue que, lorsque j'articule une vérité re- Ugieuse^naturdlemenl pleine de mystère, et lorsque j'avance un fait constaté par de bonnes observations; lorsque je dis par exemple; DUu eU un pur esprit, in^mmenl parfait; IHnêUi un 4tre en trùi$ ptrumnes^ U Pire^ le FiU^ PEsprU di^Àn^ et lorsque je dis : La terre tourne $ur elle-même et autour du $(deU; elle fait la première de eee révohUiane en S4 heures et la seconde en 365 jours ^ j'énonce des vérités d'une nature absolument diiléreote, et qui, tenues pour vraies Tune elFautie^nele sont pas néanmoinsde la même 6çon. C'est une chose universellement recoiiuue qu'il ne faut pas confondre les vérités de la foi avec les vérités scientiflqueSf et que si celles-ci sont naturellement accessibles k notre raison, celles- Ik passent absolument notre intelligence, que notre intelligence n*a aucun moyen de les pénétrer, de les saisir.
Les impressions que produit sur notre esprit le ministère eodésiastiqne, en nous enseignant les vérités dogmatiques de la religioD, i essembleraient plutôt k celles que nous fait éprouver la poésie, k celles que nous font éprouver les beauxarts, considérés dans leur mode d'action le plus pur et le plus élevé, qu'à celles que nous procure la science. Elles agissent infiniment moins sur notre fiicnlté de connaître que sur notre f aculté de sentir; elles consistent, on ne saurait le nier, en émotions plus qu'eu évidences. Cest une chose qu'ont
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aperçue tous les hommes qui oui étudié avec quelque péné^ Iration d'esprit et scruté avec quelque profondeor la vm nature des idées religieuses. « Je ne parle point ici, observe Pascal, traitant de Fart de persuader, je ne parie point ki des vérités divines, que je n*auraâ$ garde de faire tomber ms Tart de persuader; car elles sont ialiniment au-dessu^ de la natofe. Dieu seul peut les mettiè dadHPpvit tt ftéRi^fm^ nière qu'il lui plaît. Je sais qu't/ a voulu quelles entrent du mur dam fe^pritj et non pas de l'e^^i dam le cofur,,,* et de là vient qu'au lieu qu'en parlant de choses humaines, on dit qu'»/ faiU les connaître avant de les aimer^ les saints, au contraire, disent, en parlant des choses divines, qu'il foui Jét aimer pour les connaître^ et qu'on n'entre dans la vérité que par la eharité^ dont ils ont foit une de leurs pbis utiles silences (*)•
Le même écrivain revient, en mainte endroits, sur celle
pensée fondamentale que les idées religieuses ne sont pas do celles que nous acquérons par le raisonnement, < L'espril a son ordre, observe-t-îl, qui est par principes et par démonstrations; le cœur en a uu autre; on ne prouve pas qu^on doit être aimé^ en exposant par ardre les cames de Famour : cela serait ridicule, Jésus-Christ et saint Paul ont bien plus suivi cet ordre du cœur, qui est celui de la charité, que celui de Fesprit; car leur but n'était pas d^nstruire, mais d'échauffèr. Saint Augustin de même « Le cœur a ses raisons, ditil encore, que la raison ne connaît pas : on le sent en mille manières ('). » Et ailleurs : « Il y a trois manières de croire : 1^ raison , la coutume , VmspiraUon. La religion chrétienne
(*) Pensées^ U I, art. 5, p. 77 ; éâiUon de Eenouaid, Furie, iS05.. n Ibfd.^ art. 10, p. m, C) Id., i. II, art. 17, p. 171.