UB. IX, CH. VIL LIBERTÉ D£S ARTS QUI TRAYAILLOI
oi le concours des fonctions sont une chose nécessaire dans l'exercice de chacun des grands pouvoirs que je viens de nommer, et contribuent k la perfection de lenr tâehe spéciale; à quel point, dans une assemblée législative, il est essenuel poor obtenir une bonne discussion et arriver à des solnlions satifaisanles, de tenir nettement séparées les fonction^ ùu président, des rapporteurs, des secrétaires, des organes de toutes les opinions, et, en les maintenant chacmi de leur côté dans la pleine possession de leur rôle, de les faire coneonrir avec ensemble k la fin qu'ils poursuivent de eooceit! Quel intérêt il y a à observer les mêmes précautions dans iioe Cour de justice, et, pour arriver sur Taffaire od discussioii an aentiment le plus eiact et le plus juste, li faire agir distine* tementies grefliers, le ministère public, les témoins, les avocats, les juges , les juges du fait et les ju^^es du droit, qui travaillent en commun à raccomplissement de ia même tàchel Combien, enfin, pour obtenir de la puissance exécutive ba concours véritablement fructueux, îl importe de tenir séparées, quoique concourant à la même iin, l'action de la police qui veille, celle des eorps armés qui prêtent main*forte, celle du ministère public qui poursuit, celle des directeurs et ageiits des prisons qui administrent la peine arbitrée par le juge; ë quel point est accrue, en particulier, par les anaiigements, les partages et toute rorgani&aûon qu'on lui l'ait subir, ia puissance de la force armée; et combien , finalement, ces divisions et subdivisions muhipliees, toutes conçues eu vue d*une fis commune, ont permis d'imprimer à la vaste^actioo de la puissance publique d'unité, d'ensemble el d éclivité!
Il y a à reproduire ici , relativement aux machines , une réflexion que nous n'avons cessé de faire dans le cours de ee neuvième Livre, à savoir que leur rôle est inliniment momdre dans les «ris qui agissent sur les hommes, que dans ceoi
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qui travaillent sur les chutes, et iiotamiiient dans les arts manufacluriers, daos ceux à qoi on a donné, par excellence, le non d^arls mécaniques. Nous avons pu véri6er la justesse de cette observation à propos des arts qui s'occupent des soms k donner à notre nature physique, k notre imagination, à nos affections, à notre intelligeoce, ù nos mœurs ; elle ne s*app1iqoe pas avec moins de véritékceluiqui préside aux relations, et qui est chargé de nous faire contracter de bonnes habitudes sociales, c'est-à-dire augouvernemeut. On ne conçoit pas même, au premier abord, ce que peut avoir à faire dans le gouvernement Tintervention de la mécanique , ni de quelle application est susceptible ce moyen de puissance dans un art qui a pour mission spéciale d accoutumer les hommes a respecter la justice dans leurs relations. £t néanmoins, quelle ii^est pas, dans cet art même, Tinfluence de ce moyen, et de quel nombre, de quelle variété de machines et d'outils n'a-t-il pas besoin pour bien remplir sa tâche? Chargé de terminer les débats, de contenir les passions violentes, de réprimer d*où qu'elles viennent les agressions injustes dont la société pourrait être Tobjet , qui ne sait de quels moyens de contrainte, d'intimidation, de destruction même, il faut qu'il soit armé, et k quel point le succès de sa mission dépend de la puissance et de la pertection de ses armes? à quel point il est trop souvent essentiel que la force vienne tenir lieu du bon sens et de la moralité qui manquent, et combien les meilleures raisons ont eu presque toujours besom de Tappui de cette suprême et dernière raison des rois, qui est longtemps la seule devant laquelle l'orgueil humain consente à plier? Combien par conséquent les instruments de défense dont est arinée la puissance publique, ont eu d'influence en ri'alité ' sur les relations des hommes et ont puissamment contribué ^ les adoucir, à les régulariser et it les polir ? Telle est cette
Digiii^
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influence des inslrumenls de répression dont les gouveroemeuts disposent, que la paix du monde y est étroitement liée, qu*elle s'affermit à mesure quMIs se perrectioanent, et qu'oB des meilleurs moyens d'en assurer la durée, à mesure surtout que les esprits s'éclairent et que les mœurs s^adoacissent, est de rendre la guerre, à force d'ajouter h la puissance de ses outils, tellement meurtrière, tellement destructive, teUement ruineuse , quil n'y ait pour ainsi dire plus moyen d*f songer, et que, la civilisation aidant, on soit de plus en plus entraîné à la remplacer par la voie si hantement préférable des négociations, des arbitrages ei des transactions.
Ainsi, nous trouvons à faire ici, d'une manière spéciale sans doute, et qui ne peut manquer de se ressentir de la nature de Tart dont nous nous occupons, mais en mêuie temps d'une manière très naturelle, très réelle et très étendue, TappUcaliou de tous les moyens généraux auxquels se lie la liberté du travail; et la puissance du plus élevé des arts est subordonnée aux mêmes causes fontiamenlales que celle def arts les plus inférieurs. Elle dépend de même des progrès qu*ont fait, relativement à la tâche qui lui est propre, les facultés personnelles de tout ce qui est appelé à participera son action, et Tensemble des moyens matériels qu'on y applique; elle lient, d'une pari, a loul ce qu'on est en mesure d\v apporter du génie pour les aû'aires, d'aptitudes sous le rapport de Fart, de bonnes habitudes personnelles, de bonne monte de relation, et, d'un autre côté, à ce qu'on a déployé d ialelligence dans le choix des lieux où il s'est établi pour agir dans la construction et l'arrangement des locaii:v où celle action s'exerce, dans la manière dont le travail y est distribué et organisé, et finalement dans la puissance et la perfection' dos instruments particuliers dont il dispose. « Ajoutons, en terminant, qu'à l'exemple de tous les astres,
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il doit sa puissaiice iion-*sealm^t à Tactioa de cbaeuii de ses moyeos eo parlicQHer, mais à celle de tons ses moyens pris en masse, et, en général, à tous les progrès qu'a pu faire la société. U y a dans cet art, comme dans les autres,
VI ne fuice indépendaiilc de raction de chacune de ses forces particulières, et qui résulte du coocours de ses divers, moyens. l^*action d'une police tirés vigilante paHie josqu'k un certain point les défauts d*une législation pénale imparfaite. La certitude des peines compense ce qui pept leur manquer en sé* véi ité. Les cùLés forts rachètent les pai lies faibles, et la puissance de i^ensemUe s*accroit par Hnûuence de tout ce qu'il y a d'heureux dans les détails. Plus est considérable, relativement k la masse, la partie de la population qui peut participer directement à l'action gouvernementale; plus elle a une idée juste de Tobjet de cette action; mieux elle est instruite de ce que le gouvernement doit permettre et de ce qu'il doit interdire ; mieux elle sait ce que la législation existante laisse k cet égard à désirer ; mieux elfe sait surtout comment se doivent opérer les réformes législatives; plus elle est en mesure d'appliquer à ce ditlieile travail de génie pour les allai* res^ de saines notions de théorie, de talent pour les applica* tions et la mise en œuvre ; plus elle a d'ailleurs les liabiiudes individuelles que réclame Texercice d'un art aussi élevé que le gouvernement; plus elle connaît en particulier la véritable loi des relations sociales, et plus elle est disposée à en faire Tapplication à tous les rapports de la société ; plus elle a su choisir, d'un autre côté, poui l'exercice de son action des résidences convenables, préparer avec intelligence les lieux où cette action devrait s'exercer, distribuer et organiser avec art tous ses travaux et perfectionner en même temps tous les iostruments que leur exécution réclame ; plus en6n elle a su mettre d'accord et d'ensemble dans remploi de tous ses
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moyens, et plus au sein d'une telle population raelioa
gouTernement doit être libre et puissante, et plus le gouvernement doit travailler avec fruit à perfeclionuer les relalioos et k les maintenir régulières et paisibles. A quoi nons ajou* tons qu'ii y réussit d'autant mieux aussi que la société a iail d'ailleurs plus de progrès, qu'elle s'est placée dans des cim*ditioDS plus naturelles, qu'elle vit par des moyens en général plus inoflensi&i que les autres arts qui s'occupent de Téducation des hommes travaillent avec plus de succès, en même temps que lui, à perlèctionner leur morale de reialion, et que par tous ces motifs il lui reste k cet égard moins à faire^ qu'il peut accomplir plus aisément la Laule tâche dont il est chargé.