‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 57 sur 80 · UY. X, CHAP. II. DK L4 LIBERTÉ · texte numérisé non relu

UY. X, CHAP. II. DK L4 LIBERTÉ

classe de iravailleui s, c'est un acte commua k toutes, ei le commerce est un lait aussi universel que le travail. Seulement ce n'est pas un fait de môme nature : travailler c'est produire; commercer, échanger, n'implique aucune idée de produLlion ; et quand on dit Vinduslrte et le commerce^ il faut entendre par ces mots, non deux industries particulières, différentes seulement par leur objet, mais deux ordres de faits généraux absolument distincts par leur nature : les faits du travail d*une part, et les faits de l'échange de Pautre. L'industrie, c'est reubembie de tous les travaux sans distinctiou qu'embrasse l'économie de la société* Le commerce, c'est l'ensemble des transactions et des échanges auxquels se livrent sans distinction les travailleurs de toutes les classes.

Autant donc il eût cte iieii raisonnable de nous servir du mot commerce, ainsi qu'on l'a tait jusqu'ici, pour désigner une certaine classe d'arts , celle des transports (*), autant il est naturel et juste, au contraire, d'appliquer ce mot k l'ordre de faits dont nous avons maintenant à nous occuper, aux faits de commerce ou d'échange, et comme ces faiits sont paiement bien désignés par l'une ou l'autre de ces appellations, qui expriment très approximativement la même idée, je me servirai indistinctement de l'une ou de l'autre.

A vrai dire , acheter, vendre, échanger, commercer sous une forme quelconque , n'est une fonction particulière à aucune classe de travailleurs, pas plus à celles qui Irausportent les choses qu'à celles qui les transforment ou à toute autre; mais, encore une fois, c'est une fonction comm une à toutes, et, dans la réaUlé, toutes achètent et vendent, toutes échangent, toutes commercent; c'est le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga du travail quelconque que toutes font. Les unes

(') F., t. Il, le chap. 1. du liv. viii, p. 110 et suiv.

pu COMMERCE OU DES ÉCHANGES. 433

aekèieiàt des cbosesdaos un temps pour les vendre dans un autre temps, ou bien des choses dans un lieu pour les veudre (la as uQ autre lieu; d'autres achètent des ehoses sous une forme pour les vendre sous ane infinie variété d'autres formes; d'autres, en plus grand nombre encore, acquièrent, avec plus ou moios d'effort et de dépense^ des aptitudes, des talents, des facultés, pour en trouver le placement et remploi sous forme de services ; mais toutes, dis-je, achètent et vendent, toutes achètent pour revendre; et commercér, qu'on a présenté comme le fait d'une classe ou d'uu lort petit nombre de classes, est bien, effectivement « un fait commun h toutes, non pas peut-être aux termes de la loi commerciale, qui n a pu décrire bien eiLactemen t des faits qui n'étaient compris que d'une manière encore imparfaite, mais aux yeux de la science, qui serait en mesure, au besoin, de rendre cette vérité palpable* Anssi qu'arrive^t-il? C'est que toutes les classes qui coneoureiU a 1 acLivîté sociale, toutes, sans distinction, depuis les inâmes jusqu'aux plus élevées, depuis l'ouvrier des champs jusqu*k Thomme d'Etat, affluent, se pressent sur le marché social, y font oilre k qui de droit de leurs produits on de leurs services, et, avec le prix des produits qn^elles ' créent ou des services qu'elles sont en laesure de rendre, se procurent tous les genres de produits et de services dont elles ne peuvent se passer : c^est tii une nécessité également impérieuse pour toutes.

Cette nécessité des échanges, commune aux hommes de toat pajrs et de tonte profession , est an des liens les pins iondamentaux et les plus forts de ia société humaine; et, quand les hommes ne seraient pas portés à vivre ensemble par goût, par attrait, par instinct; quand ils ne seraient pas forcés de s'agglomérer, de s'associer pour l'exécution de la

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plopartde leurs travaux; ils seraient coolrants 0Bc<>re deie

rechercher, de se rapproclier, d'e se réunir, par la néces&Uè oh ils soul d opérer eiilre eux des échanges. C'est cette uéeessité qui a fait du monde un immense marché 06 tant d^aetivilés convergeai les unes vers iesaulres, où taul d^iioiumes cbercbent le placement de leura services et de leurs produits.

C'est elle qui a lail du lei i iloire de chaque nalion un nurche plus limité, mais d'une aclivilé plus grande; et des centres de population propi^ement dits, de Tenceinle des cités et des villes, des marchés encore plus limités, mais où les transactions sont encore plus multipliées et plus actives.

Et iiuu-seulemenl la nécessi le des échanges est un des plus forts liens de la société ; mais la faculté d'échanger est une des causes les plus efficaces du développement et même de Texislence de la plupart des ans que la société pratique.

Uardeur que nous mettons )i nos travaux , quels qo*ils puissent être, lient, en très graiide partie, a la faculté d'échanger. Kous calculons, en nous mettant en mesure de créer de certains produits ou de rendre de certains services, ce qu'au moyen de ces services ou de ces produits nous pourrons obtenir de services ou de produits de toute espèce, et la perspective de pouvoir ainsi, par des échanges, mettre à notre disposition tant d'utiles talents, tant de productions désirables que les autres hommes sont eu mesure de nous oilnr, est un stimulant saus contredit très énergique des efforts que nous potivonsfaire pouravoir 2i offrir, de notre côté, des produit.-} et des services dignes aussi d'être recherchés.

Hais allons davantage au fond des choses, et, pour exposer tout de suite l'effet le plus considérable de la faculté d'échanger, disons que c'est précisément grâce à cette iaculté que nous pouvons tous ainsi concentrer noire activité sur de ceriaïus travaux, cl, en ne iai%>uut qu'uue seule cho&e.

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