LIV. CBAP. 11. DE LA LIBERTÉ
ger à 8*Qnîrdans ces pensées de civilisation commane étaient
loin d'être arrivés; ils sont même loin de Têlre encore; la paix n*est pas no étal assez naturel et assez aflermi ; les relations eoiiiiiieiii.ilcs enlre les diverses nalions ne seul pas assez mitllipliées et assez ac(ives pour qu'on éprouve réelle- ^ iricnt le besoin d'un bni^nj^çe comninn, d'un commun système de poids et de mesures, et quand le temps sera venu où | les nations européennes pourront songer à introduire ces facilités dans leurs relaUons, que d'années s'écouleront encore avant que l'observation des mesures prescrites ait acquis un eerUla dc^ié de généralité. L'essentiel, en alieûdant, c'est qu'on se préoccupe, dans ce qu'on pourra faire isolement, de ces pensées d'unité générale, eUiifon évite de préparer de nouvelles dîliicullés à ravenir* il demeure, en effet, bien établi d'avance que tout ce qui pourra faire qu'on s'entende mieux en fuitdc poids et de mesures, et contribuera généraliser l'adoption d'un bon système à cet égard, sera émi- ' nemment favorable aux éciianges. Plus l'emploi d un tel système devient usuel, plus il s'affermit et se propage et plus ileulrederaciliic et de liberté dans les transactions.
Ajoutons que la liberté des transactions commerciales qui leclame si impérieusement radopUon d'un hoa système de mesures, exige aussi de bons instruments de mesurage. Et, en eflel, plus on a, pour éprouver, essayer, jauger, peser, mesurer, des outds exacts et puissants; plus, en un mot, oo est pourvu de tous les moyens nécessaires pour bien déterminer la quantité et dans certain cas la qualité des choses qu'il est question de vendre, d'acheter, d'échanger, et plus les échanges sont faciles.
Cependant l'industrie créerait et mettrait en présence les uns des autres les produits les plus variés et les plus échangeables; leur valeur respective serait parfaitement et très
W COMMERCE OU DES ÉCHiUlGES. 4^7
So^ralement connue ; on parlerait nne langue comninne; on jirait en commun une manière excellente de compter, de es»er et de mesurer ; oii posséderait euiiu les instruments les •lus parfaits pour lemesurage<,qu-il serait encore très difficile l'échiUigej si Toii ne pouvait opérer les échaugesija'eu naiure, ...es produits en nature, en effet, auraient le double inconvéli^ntdene pas convenir toujours au possesseur de ia chose qu^on voudrait avoir, et de ne pouvoir se proportionner liacilemexit k la valeur de cette chose. Tel homme, fabricant de cbapeaux, veut, avec le produit qu'il fait, se procurer tous ceux qu'il consomme. I! se présente chez le boulanger; mais le boulanger a besoin d'habits, non de chapeaux. Il va ii cuver le boucher; mais le boucher, pourvu de chapeaux, demande des chaussures. Le cordonnier, le tailleur, Thorloger, dont il désire les produits, ne peuvent mm plus, pour Tinstant, s*accommoder du sien. Ces difficultés ne sont pas les seules qu il éprouve : il trouve un boulanger qui a besoin de chapeaux ; mais comment échanger un chapeau de 16 francs entre un pain de 16 sous? Comment offrir un vingtième de chapeau? Ce produit n'a de valeur qu'entier; le diviser serait le détruire. On voit quelle serait la difficulté d'échanger les prodiiils, si on voulail les échanger directement et en nature* Ces échanges, dans une multitude de cas, ne pourraient avoir lieu, soit parce que la chose offerte ne conviendrait pas au possesseur de la chose demandée, soit parce qu'il serait presque toujours impossible d'égaliser, à la valeur de la chose deiiiaiiilée, la valeur de la chose oOerle. Ajuutez qu'il ne serait pas plus aisé d'opérer eu nature Tédiange des services que celui des produits. Il y aurait toujours la même dilliculié de laireagrc ( r la chose olferto et d'en proportionner la valeur à celle de la chose désirée. 11 faut donc indispensablemuit, pour que les échanges soieut possibles, qu'il