‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 62 sur 80 · LIV. X, GHA». II. DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LIV. X, GHA». II. DE LA LIBERTÉ

ejûsie uoe marobaiMlise qui soit k la convenance de tûm k monde, et qu'on puisse ftisémenl, dans ions les cas, pni|io»>

lionner à la chose qu'on veut obtenir. Cette marcliandise est la monnaie.

Dès que la monnaie existe, il n'est plus d'échange qui ut soit aisé. L'opération, il est vrai, ne se (ait plus d'une manière directe : il faut vendre et puis acheter. Mais, dès que veudu, dès que j'ai converti en monnaie la chose que j'avais auparavant en nature, il n'est plus aucune autre chose contre laquelle il ne mesoii iacile de l'échauger. Je suissûr^ en premier lieu, que, sous cette nouvelle forme, mon produit eos* viendra à tout le monde, parce que tout le monde ayant, comme moi, des services k rétribuer ou des achats à taire, a, comme moi, besoin de monnaie. Je sais ensuite que, soes b forme de monnaie, je pourrai la proportionner saos la moindre perte k tout ce que je voudrai me procurer de services ou (le produits, depuis l'objet ou le service le plus considérable jusqu'à l'objet ou au service le moins important L'existence de la monnaie, la possibilité de convertir tout ce que je puis avoir à aliéner de produits ou de services en une marchandise qui soit à Fusage de tout le monde, et qui se proportionne aisément à la valeur de tout ce que je puis avoir à me procurer de services et de produits, est donc, je le répète, une circonstance éminemment favorable k la liberté des échanges.

Or, si telle est sur la liberté des échanges Tinfluence de

riûslrument que nous désignons par le nom de monnaie, il va sans dire que les échanges doivent être d'autant plus libres que cet instrument a acquis un plus haut degré de pericction, c'est-à-dire que la monnaie est formée d'une matière mieux choisie, que le système en est mieux conçu, qu'elle est finalement mieux tabriquee. Ainsi les échanges

DU GUHM£RCE OU DES J&GBANGES. 44^

sont plus libres lorsque la monnaie a une valeur intrinsèque et recoDime partout, que iorsqu*elle n'a qu'une valeur Aeûve et locale ; — plu» Kbres lorsque la valeur de cette matière est constante que lorsqu'elle est très sujette à varier; — plus lorsque la valeur et le volume en sont dans une bonne propoi lion, que lorsqu eiie est trop précieuse ou trop vile, et qu'il faut faire la monnaie trop volumineuse on trop engué; — - plus lorsqu'elle est très divisible que lorsqu'elle ne Te^t pas; — plus lorsqu'elle'est bien divisée que lorsqu'elle Test mal; — plus lorsqu'elle esl très ^maniable que lorsqu'elle est incommode k manier; — plus [orsqu'ellc porte une empreinle qui déclare sa valeur que s'il follait la faire estimer à chaque échange; — plus enfin loi*sque l'empreinte déclare le poids et le titre, et rend pour ainsi dire imposai» bles les altérations et les fraudes, que lorsqu'elle ne porte que des dénominations arbitraires et favorise ainsi les fraudes et les altérations.

Ces notions sont tout-à-fait élémentaires, et je ne dirai rien pour en établir la vérité, quoique, k voir les cboses qu'écrivent encore tous les jours sur la monnaie, même des économistes, ou soi-disant tels, les vicieuses locutions dont on fait usage et les bévues qu'on débite avec tant de confiance et de candeur, il fût peut-être essentiel, toutes les fois qu^on aborde la question des monnaies, d'ei^pliquer les pro« positions même les plus simples. xMais il n'est pas possible d'exposer les choses sur cette matière, d'ailleurs peu abstraite, plus clairement et plus saluetiit^nt que ne Ta lait J.-B. Say, et Je renvoie k ce qu'il en a dit. C'est une des meilleures portions de ses deux grands ouvrages, oè il y en a tant d*e9i« celleuies. Je me borne à dire, après lui, que la monnaie n'eU ni un signe (elle a une valeur très réette) ; ni une mesure (su valeur ne mesure pas plus celle des autres choses que celle

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dfis antfes choses 110 mesure la sieone, elle nppori esitiMl

entre les valeurs de tonte espèce, est dans un perpéliril mouvemeiii) ; ui la représeuUlion de toutes les richesà^ 4 (elle De représente que sa propre valenr); ni ane riclieflie| nominale ^elle loi me une ricliesbe aussi réelle que toute auvre 1 Hurcbandise)* — Seulement, sous la forme où elle existe, la I marchandise monnaie forme un instrument indispensable pour les éciianges, et je dis que cet instrument est cl autant plus propre à son objet qu'il réunit mieux les cooditioiisqpM i j*ai éuuniérées dans 1 alinéa qui précède. A quoi Vod peut ^jouter qu'il serait plus parfait encore si, à toutes ces conditions, il réunissait Tavantage d*étre le même partout. On ne peut se dissimuler eu eifet que la diversité des mommies B^Btroduise dans les échanges le même genre de compfîct- ; tioBS et d'embarras que la diversité existaute dans les ' langues, ou celle que j*ai signalée dans la manitee de cofD|^

ter, (ic peser, de mesurer, et qu'un système uni Tonne ôc monnaies ne fût, comme une langue commune, ou un système commun de poids et de mesures, un moyen excelleBlde | laciliter les rapports commerciaux.

Après cela, que Ton parvienne k remplacer la UMmiiBie par < (les iaslrumenls d'échange encore plus commodes et les f échanges deviendront encore plus aisés, Cest ainsi que les i lettres de change tirées et acceptées par des mmona soli* des; c'est ainsi que les billets de banque, lorsqu'ils reposent sur un bon gage et qu'on est sùr de pouvoir les réaliser à volonté, offrent d'incontestables moyens d'accroître encore I la boilité et la liberté des échanges. Les lettres de change permettent dVffectuer des payements a de grandes distances, auBS déplacements de fonds. Les billets de conûance renlier* ment une grande valeur sous un très léger volume et peu- | vent éparguer aussi beaucoup de frais de transport* A quoi

nu coafMKiiCB ou des échanges. 451

M peut ajouter que ces signes représentatifs delà monnaie, lisant roftice dlnstrumeni des Changes, et laissant libre X disponible pour d'aulres usages une portion plus ou moins iraiide des métaux précieux qui existeraient à leur place sous lormede mouiiaie, accroisseut i éelleaicul d aulaul ia masse de&richesses générales et donnent lieu par suite à un nombre plus considérable de transactions.

Enfin on réussira à rendre les éciiauges plus faciles encore sî« par nn dernier artiflce^ on parvient h se passer également &e Va monnaie et des signes qui lareprcseuieul el à elTectuer un grand nombre de payements sans le secours d'aucun agent la circulation, d'aucun insliMment d éciiauges et far de simples viremeuts de parties. C^estce qui parait avoir lieu en Angleterre» € Nulle part, observe M. Say, on n'a poussé plus loin Técoiioriiie qu on peut faire dans Temploi de ia monnaie, or ou papier; c'est-à-dire qu'il est impossible defa'we la même quantité d'échanges avec moins d'intermédiaire de .la circulation. Les plus riches maisons n'ont presque pas d*argent en caisse. Les banquiers de Londres, euxmêmes, qui font toutes les recettes et tous les payemeats des maisons de commerce, et chez qui par conséquent il circule jomuellemeni uue immeuse quantité de valeurs, n'emploient peut-être pas ta. vingtième partie de la monnaie qui ailleurs lenut néeessatre pour tant de recettes et de payements. Ils mot convenus de se rassembler tous, chaque jour, et de se communiquer les mandats dont ils sont porteurs les uns sur les autres. Us balancent ces mandais par débit et crédit et a oût è se payer que de légers soldes d'acompte ( * ). »

> 0) Voici en quels termei jU. C. G. Sknon, dans ses Observaliom ftcueiUiêê en Angleterre , e% 1855 , rend compte de cette opération. * Au moyen des Warrants ou simples reconnaissances des Uocks,

j >i|oeiables et transmiseibleg à volonté, §'opère le Urantfert des mar-

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j Tel est reMemUe des eosdllions techniques de la IHierli

^des échanges. Pour qu'ils s opèreni avec activité et facilité, il ne snffit pas, encore une fois, que tous les tinvaux niem pris un haut degré de développement, ni que les produits «I les services aieol devant eux des débouchés éteudas^ ni que FoD connaisse la valeur vénale des uns et des autres an aliment et au lieu où il s'agit d'échauger : il faut parier ia iBéme langue, avoir un bon système de mesures, de bons tiislra-

ments pour mesurer, un bon système monétaire ; il faut surtout que la laugue, les mesures, les poids, les iostrumeiits, les monnaies soient autant que possible les mêmes; qii*m ail une uiaiiit re commune de parler, de mesurer, de compter. Plus on réunit de ces conditions et plus est grande ia iitefté des échanges. Cette liberté se proportionne à la perléclion de cet ordre de moyens comme de ceux que j'avais precé» demment analysés.

Cependant, il ne feot pas croire qu*elie tienne nniqse*

ment à des conditions matérielles, ni même intellectuelles. Comme celle de toutes nos actions, elle se lie fort étroite* ment aussi )t des habitudes morales. Â la vérité, elfe ne sennble pas dépendre, au moins directement, de la morale privée. Si, par exemple, nous avons besoin 4'activité pour le travail^ il ne semble pas que nous en ayons besoin pour les échan*

chandises d'un négnriant a un autre. Xiil négociant n'a de caisse chex lui; tous se« fonds, ainsi que ceux des riches particuliers, sont déposés chez un banquier. Si un négociant a uo payement à faire, il Topère en un bon sur son banquier, lequel fait aussi les eocaissemeuts. Des commis de tous les banquiers se réunissent dans raprés-midi, dans un établissement particulier nommé CUaring-Houu , et là échangent tes eltets dont leom puttrons sont porteurs les mis «ur les autr^ , de manière à n'avoir plus qu'une liiÛc balanee à soMar» n (t. 1, p. iSS, mâtreumevciié).

es. Le plus indolent des hommes est toujours assez actif lour troquer fàon biea eaolre de Targeat et sion argeal eoore les choses que sa passion coDYoite. Le ppodîgue n^esl pas moins excité par sa prodigaiUé à acheter les choses qui htt pettvent donner des jouissances que Thomnie laborienx ne peut l'être, par son iadusirie, à se (irocurer les choses né* aettaires^ aonaru Si les liabitudes d'ordre, d'activité, d éco-» nomie, de frugalité sont favorables h la liberté des échanges, c'est d'une manière délOAirnée, parce qu'elles donnent plus iMitgie k tous les travaux, et qu'elles sont favorables k la cooservation, a raccroisseiiient, à l'accumulation des forces, des factt)lé&^ des moyens, des produits de toute espèce, entre W^\uels des échanges se peuvent opérer. Elles n$ teiavori* sent pas d'une manière directe*

Mais, si la liberté des échanges ne dépend pas directement de la morale personnelle , elle est on ne peut plus directe-' ment liée à la morale de relation. Plus les hommes se dés-

' accoutument de la violence et de la fraude, plus ils s habi*^ tuent k mettre de Téquité et de la loyauté dana leurs transac*

' lions, plus il y a de chances qu'on ne sera pas trompe dans ws achats et dans ses ventes, plus en général oo peut traiter avec sécurité, et plus les échanges deviennent faciles, plus la.

liberté s'en aceroit«

Lorsque l'homme commence à traiter de gré k gré et à subhtituer les échanges à la violence, il s écoule encore bien da temps avant qu'il envisage cet acte sous son vrai point de vue, et qu'il y apporte cette droiture éclairée et celte pro* bité judicieuse qui seraient si propres à en rendre la pra-

> tique aisée. 11 voit la source de la richesse moins dans le travail productif qui a précédé la transaction , que dans la \

1 iniMactien même. Il ne considère pas l'échange cofome ua u

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