‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 63 sur 80 · acte oh les eontraetants se donnent réciproquement ^k«K · texte numérisé non relu

acte oh les eontraetants se donnent réciproquement ^k«K

égale pour valeur égale, mais comme une luduslrie où le ^ïv& habite et le plus exercé fait les meilleures affiiires, et où^ pirtant, il faut lâcher d'obtenir le plus et de donner le nioins qa*il se peut. De là Thabitude de surfaire; de là failtéralion des marchandises; de là remploi des mesures et des poM* inexacts; de là le chailatanisme d^ annonces, des enseigoeâ» des étalages, etc.

Rien de plus coiuraire évidemment que la plupart de ces pratiques à la liberté des transactions. On sait la difficoicé qu'il va (le conclure le moindre marché là où Ton a Thabitiide de suriaire. On perd un temps inliui à marchander. Qui D*a eu occasion à ta campagne , surtout dans les pays très peu avancés, d'observer les paysans qui veulent faire quelque affaire ensemble? Us s'abordent avec précaution. Celui qui veol acquérir, lournaut avec dislraclioii autour de l'objet convoité, engage le débat sur le prix avec l'air de la plus parfaite indifférence. Le vendeur a soin de demander plus qa^il m veut avoir, l'acheteur d'olirir moins qu'il ne veut donuen Chacun , de son côté, tient ferme et évite le plus qa*il peot de se rapprocher des prétentions de son contradicleur. Le débat dure et se prolonge. 11 ne se videra qu'au cabaret et le verre à la main. Là, les contractants s*excitenl à la confiance en se versant réciproquement à boire, et d'ordinaire ils ne parviennent à s'accorder et ne font affaire que lorsqu'ils sont entre deux vins. Kieu n'annonce niieux que de telles habitudes un peuple dont l'industrie n'est pas encore formée. Le propre d'un peuple industrieux est dé conclure rapidement ses échanges. Un tel peuple sait où est la source de la richesse, et il va la puiser là où elle se trouve véritable^ ment. Il vise à gagner en perleciionnant ses produits, en diminuant ses frais de production, et non en surhaussant le

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prix de ses marchaodises et en bataillaut avec les acheteurs; ii fiait qu'une telle babilude u'est propre qu'à lui iairc perdre 2 la fois son tenpe et la eonflaoce qo*il a besoin d^insfrirer pour bien faire ses affaires. Comparez au procède de nos deux paysans ce qai se passe dans les villes où les iransaeiloûs commerciales sont très actives. « Les allaires à Loudres» écrit M. C.*G. Simon, se font en quelques mots par for* mules abrégées et coucises. Eulre-t-on cbez un négociant, e*est toiyours le chapeau sur la léte (on perdrait un temps précieux à saluer, a échanger le bonjour de politesse), on va droit au but, sans ambages, ni périphrases, ni circonlocotions. Entre-t-^ par exemple, chez un marchand de soieries, et veut-on des foulards ? voici le colloque qui s'établit : € Dix pièces de foulards assortis. — Anglais ou des Indes? i — Des Indes. — Voilà. — Combien ? — Tant. — C'est trop, f tant. — Je ne puis* » Et si, en effet, le prix demandé est plus iort que celui qu ou veut donner, on tourne le dos et Ton part comme on est venu , sans saluer et sans ajouter uo seul mol. Que si, au contraire, on lombe d'accord , ce qui n'est jamais long, l'acheteur reçoit immédiatement une facture et paye, ou remet un bon sur son banquier, et il court en hate faire ailleurs une nouvelle affaire, aussi peu cérémonieusement entamée et aussi lestement conclue (^) »

Tromper sur la mesure, le poids, la qualité sont des actes encore plus ennemis que Tusage de surfaire de la liberté des transactions. Toutes les atiaires devieuneni dilliciles, et pour ainsi dire impossibles là qù Ton ne peut pas traiter avec sécurité : ou se tient sur ses gardes, ou n'ose se décider, et le plus souvent on se retire sans conclure. Un marchand assez

(*) Obscn^atiom recufillùt en ÀngUUrre, 185fi, t. ï, p. 129 et

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idiot pour tromper réellemeal ses pratiques les trompe rarement dem fo» : poor trop Tosloir gagner, on s^expose si m perdre. Le Velay, dit M. Cliaptal, luisait deux millions d'aflaires en dentetles avec l'Espagne; qnelques fabricants ajait 1 introduit des qualités inférieures dans lenrs envois, les rda- I tioûs cessèrent à l'instant. Les États-Unis, poarsiiit*il, dous firent, pendant la guerre de Tindépendance, des demandes pour les objets que TAuglelene leur avait lournis jusque-là: le^eommerce leur ayant envoyé ^de manvaises qualités, il se ferma ce débouehév et fit ensuite de vains efforts pour se le rouvrir: l'Amérique retourna aux produits des fabriques aaglaises. Au commencement de la Révoiotion , dit encore M. Chapiai, il fut expédié dans le Levant des draps qui nâvalent ni les dimensions , ni. la qualité de ceux qui avaieot | établi la ré[)ulatioii de notre draperie : les Levantins noas i retirèrent leur conliauce, et les belles manufactures du midi j ont été victimes de la stnpide mauvaise foi de quelques fabricaiiis ('). a La quantité des ciseaux de ioute sortis des usines de Sheffîeld est incalculable, dit M. Sinion dans Touvrafie que je citais il n'y a qu'un iiislant, et elle a procure des bé- i nélices assez élevés, mais aussi bien illégitimes aux fabri- , cants de cette ville. Aujourd'hui ces fabricants portent la ^ peine de leur mauvaise loi ; ils ont déprécié leurs produits, leurs produitsnetrouventplusd*écoolement. Leçon frappante • et qui prouve que la probité, la loyauté, la bonne foi dans/^ commerce sont presque toujours la plus sûre garantie d*ua succès prolongé et constant On pourrait multiplier à rinfini les exemples de commerces qu*a fini par ruiner IV sage des pratiques frauduleuses.

(') Chnptal, De i'induslrie française. \ (*) C i,. .Simon , Obtervaiions recueiUiei m Angleierre^ tn 1885, t. Il, p. 110 et 111.

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O^^st uu usage presque universel du cornuKurcede détail, àui» ëe cefflaiûes graedes villes^ de cbercber à se procurer des pratiques eu gagnanl les lioiuestiques chargés des acUals, eo leur taissAt, aux dépens des maîtres, des reioises sur les prix. Il y a un prix pour le maitre et un autre pour le domes- Uque* Ou dit à uu doiueslique qu'eu veu4 eugager à revenir t ee serait taot pour votre maître^ mais ce n'est qoe taat pour vous; ce serait, par exemple, douze francs pour votre maître, mais ce n*est pour voiis qse dix fraaes : sur les douze francs que je demande, je renonce à deux lïancs en voire laveur : c'est un don que je vous iais. Ce prétendu don Mt an brcîn véritable. Si le marchand peut faire une réduction sur ses prix, cette réduction appartient au mailre et point au domestique dont le service est déjà payé, et qui n*a à faire aucune avance de fonds. Le marchand qui fait une remise au domestique sur ce qu'il lait payer au maître, prend an maître l'aident dont il se sert pour corrompre le domestique. C est une actiou douiilemeui înimorale»(^elques mar** ehands essayent, dit*on, de Texcuser en disant que sans cela ils perdraient leur crédit et leur clientèle ^ que les doines-» tiques des tionnes maisoBs iraient aitleurs. Je crois, tout au rebours, que l'abandon d'un moyen si peu licite serait la chose la plus propice à achalander uue uiaisoA de commerce. Je suis persuadé que des marchands qui seraient bien connus pour n'avoir jamais deux prix et ne pas faire de remises aux gens qui n'en doivent pas recevoir, pour corrompre les do* ' roesliques aux frais des maîtres , auraient bientôt plus de monde que les autres, et ne tarderaient pas à reconnaître que la fortune aime ^ se donner à la bonne foi. ^ En générai , une réputation de probité méritée et bien établie est la condition la plus indispensable pour fonder k crédit d'une maison et imprimer une activité durable a ses

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