‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 64 sur 80 · LIV. X, CUAP. II. LA LIBBRT · texte numérisé non relu

LIV. X, CUAP. II. LA LIBBRT

affaires* Il importe infiotmeiit , sans doute , d'être bahib

comme homme d*art : on ne saurait déployer dans l'acte de la production trop de moyens de toute espèce, trop diodai» irio, (le savoir, d'adresse, de dextérité; mais dans les échanges, dans le négoce, ce qu'il faut surtout c'est de la boDoe foi; le savoir faire ici consiste essentiellement k ne pas tromper, et celui-là esl doublemenl bai>iie qui, après avoir déployé une grande capacité dans ses Iravam, se distingue dans ses tiaa* sactions par une extrême droiture. Ne pas surfaire dans les prii^ , ne jamais induire en erreur sur les qualités ni sor Jes mesures, mettre une exaclitnde ponctuelle k remplir ses en* gagement : voilà le moyen de reudre les aiïaires faciles et d'introduire dans les relations commmiales ane grande li* berlé.

Il faut ajouter que plus la liberté du commerce suppose Texistencè de telles habitudes, et plus elle demande que rÉtat mette tous ses soins à les propager, et plus elle exige, notamment, que TÉtat s'efforce de bannir la fraude des tiaasaciions. S'il iallail prendre de certains récils au pied de la lettre, jamais un tel soin ne lui aurait été plus impériens^efil commandé que de notre temps. On signale anjourd^hui des fraudes dans les iransactious commerciales de tout genre. Ou se plaint de tromperies graves et presque habituelles dans les poids, dans les mesures, dans les qualités. On parle d'allérations dans la composition d'une multitude de marchan* dises, dans les métaux dont divers ustensiles sont formés, dans la matière d'un grand nombre d'étolTes, dans la suhs* tanee de beaucoup d*aliments et de boissons, dans celle des vins nolaniaient et des farines. Une commission aurait euustaté qu'il se vendait annuellement, à Paris, jusqu'à 500 mille hectolitres de vins plus ou moins altérés. On a parié de pierres blanches broyées et pilées qui auraient été débitées

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[>oor de la farine. Il arriverait sans eesse qu'on vend, pour (les étoffes de soie et de iaiae pures, des étoiles de soie et de laine mêlées de coton, etc.

Qooique le mal ne soil probablement ni aussi grave ni aussi étendu qœ se plaisent à le représenter de certaines préoccupations intéressées ou systématiques, il n'y a pas à mettre #o àoute qu'il u existe, au moins à un certain degré, et que la répression n'en fût très désirabte. La mode aujourd'hui est de ratlribuer à la liberté, et de présenter comme un inévitable efiet de la concurrence tout ce qu'il peut se commettre de friponneries dans les marchés. Ce que Tesprit de système se plait à débiter à ce sujet est pure sottise. 11 n'est pas vrai le moins du monde, on le sait fort bien, que la liberté du it^ Yail implique la nécessité de la fraude dans les échanges; et encore moins est-il vrai que rétablissement de la liberté implique l'engagement de tolérer la fraude. L'un des plus impérieux devoirs de la société, au contraire, est de Tempécher ; et autant, dans Tintérét de toutes les professions, elle doit mettre de soin li réprimer les excès de ceux qui les exercent, autant, dans Tintérét des échanges et pour que le commerce puisse exécuter librement sa foncliuii, elle doit veiller à ce qu'il la remplisse avec loyauté.

Elle ne doit pour cela, sans doute, recourir a aucun de ces systèmes qui ont 4a prétentiou de rendre le mal impossible, systèmes pleins d'injustice et de vanité, et qui font presque toujours plus de mal qu'ils n'en empêchent. Elle ne peut, ni décider arbitrairement qu'il ne sera permis de mettre en vente que des produits d'une certaine nature , ni contraindre ie vendeur à déclarer de quelle nature sont les produits qu'il présente sur le marché. Elle a raison d'obliger l'acheteur il se tenir sur ses gardes, à se montrer intelligent et avisé. Il n'est pas douteux, en effe^ que cduin^i, par sa seule pru-

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dence, ne puisse défouer bien des tromperies^ rendre imitiki

bien des artifices, iiiea m Tempéclie de pfeodre sas sàrolés. Rien ne Toblige d*aeheter, s'il ne trouve pas qoe le Tendeur lui douue des garaniies sudi^aules. Mais, en 1 iiuéressaoïasc défendre, lasoeiélé ne peat mettre trop d'empressement à Tassister, a lui prêter main-forte, a se joindre à lui couire les trompeurs, et, en évitant d*imposer au. commerce des régies à la iuis gênantes et oiseuses, elle ne saurait faire trop d'ef* forts pour réprimer ce qa*il peut se mêler de déloyauté à aa opérations, déployer trop d'activité, de vi^^ueur et de persistance k poursuivre la fraude, à la surprendre, k la déeoDee^ ter, h la punir, k la décourager. Son zèle, qui se foufîoie babiluellement dans tant d'mjpasses, qui cbercUe iebiendaM des voies si obscures et si embarrassées, serait sûr ici d*èln engagé dans une voie claire et nette, et d'arriver à des résultats excellents. Le bien qu'elle pourrait taire, en rempUssant suillsâuiaientcedeYoirsi simple de surveiller etde poursuivre la fraude, vulgaire en apparence, serait inestimable en réalité. El qui ne sait, en effet, le mal que cause la iiaude, non-seulement k L'acbeteur qu'elle trompe, mais an commerce lojal qu'elle supplante, qu'elle décourage, et quel suicroil d'activité pourrait imprimer aux bonnes relations commercîake une répression suffisante du corameree frauduleux?

Ce bicu, tout grand qu'il fût, ne suffirait pas néanmoins; et h société, en employant sa vigilance et Taetivité de ses répressions k empêcher que le cours habituel des échanges ue fàt troublé et ralenti par les fraudes des individus, ne ferait pas assez pour en assurer la liberté, si elle le gênait d'ailleurs par ses propres entreprises ; si, en intervenant abusivemest entre les diverses classes de contractants, elle altérait la sitoatioB de tontes, exposait celles-ci à être lésées dans leuis Iraiisaciions, pernicUait à celles-là de faire des bénéfices il-

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gîtimes, et arrangeait tellement les choses que les uns ne eussent pas tirer de leurs services ce qu'ils valent réellemeot, andis qve d'aolreg en pourraient tirer plus qu*ils ne valent

On se préoccupe lort aujourcrhui, et Ton a grantiemeni rai- SBivi, de la qaestîoo de la distribtuion des produits. Je voudrais pouvoir ajouler querécole qui agite celte question importante ^ avec le piiisd*ardeur s*en occupe en même tempsd'une manière très raiMiiDable.Safisentrer là*des80S dans anconeeiplicalion, je dirai sur le champ que la solution du problème est tout en- Uère dans la manière dont la société préside aux transactions, dans les précautions qu'elle prend pour qu'il y ait liberté Aans les échanges, c'est-à-dire pour que toutes les classes de travaiHenrs puissent également tirer de leurs produits et de leurs services ce qu'ils valent réellement, et pour qu aucune n*eB puisse tirer que ce qu'ils valent. L'objet n*est pas de foire que telle classe, dont on plaid j la cause avec une chaleur plus on moins désintéressée , obtienne dans la distribution des fruits du travail la part la plus considérable possible, l'objet est de faire que chacune ait la part qui représente naturellement le prix de ses services ou de ses produits.

On ne saurait assigner sur le marché le même prix à tous tes produits et h tous les services. Mille causes peuvent influer très juslement sur la valeur des uns et des autres, et sur la nature comme sur l'élévation du prix contre lequel ils trouvent ii s'échan^( r. Pour ne parler que des services , il y eu a qui se payent en considération; il ; en a qui se payent ta argent; il y en a qui se payent en considération et en ar^' genl tout ensemble; ceux-ci couvrent d'honneur ceux qui en sont chargés; eeux^là, à tort ou k raison, n'obtiennent qu'une I médiocre estime ; quclqnes^mis sont très communs et très ofierts; d'autres sont moins communs et moins offerts; d'autres sont très difficiles et très rares-: vouloir qnlls fussent

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1008 payés de b même manière et au même pra œ seiau i oi plus juste ni plus sensé qoe de Yooloir que tons les pro- I doits se soldassent par un prix uuiiurme. La société ne peui 4 vouloir rieu de pareil. Ce que raisonDablementelle doit to»- 1

loir, au conlraire, c'est que toutes choses, pioduils et ser- \ vices, soient, autant que possible, à leur vraie valeur; et, pour I cela, tout ce qu elle a a iaire, c'est qu'elles soient au prix où peut les porter an libre marché, que le prix en puisse élie librement et loyalement débattu, que rien ne s'oppose dans les lois à ce qu'il soit ce que nalurcllemeni il devrait être.

La question de savoir si les fruits du travail se distriboeiit équitablement dans la société ne consiste donc pas à savoir si | la société a lait des dispositions pour que M^ile classe eut plu&, | telle autre moins, au gré de je ne sais quelle justice Miâ^ j cieiie, mais siiuplemeut à savoir si elle a suûisau^meol veillé j k ce que, dans les transactions qu'elles feraient ensemUo» la | liberté de toutes fût respectée ; si elle n'a rien fait qui eulra- ( vat cette liberté indispensable; si dans les dispositions qu'elle \ a prises, il n'y a rien qui s'oppose k ce que chacun tire de ses produits et de ses services ce que naturellement il doit en tirer. Autant, en respectant la liberté du travail, elle active et ^ féconde tous les ti avaux, autant, en respectant la liberté des I échanges, elle assure l'équitable distribution des prodoits. Elle n'est pas chargée de déterminer les parts et de (aire que chacun ait peu ou beaucoup; mais de faire que chacun ob* ' tienne de ses services et de ses produits ce qu'ils valent, et pour cela il lui suflit de maintenir fermement la liberté et la loyauté des transactions.

Que si, par exemple, des classes d'ouvriers quelconques se trouvant placées par leur fait ou par le fait de leurs auteurs dans uoe situation où elles ne pussent tirer de leur j travail i^u un faible salaire, n'en obtenaient qu'un prix asseï 1

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