‹ De la liberté du travail; ou, Simple exposé des conditions dans lesquelles les forces humaines s'exercent avec le plus de puissance;Chapitre 7 sur 80 · QUI AGISSENT SUR L*0O1I|IE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

QUI AGISSENT SUR L*0O1I|IE PHYSIQUE

gères à leur objet* L*aBKNir de la simplicité, par exeoipk, foi nous a para si fiiToraUes ii d*aatfes iodostries, semble

exercer ici la même heureuse iollueuce. Il est dans la nature de ce aeatimeni de nous faire raiooeer k one multitude d*oraeraentsbizarres et de pratiques qui ne tendentquk délbrmer àdéiigurer le corps en prétendant TembeUir; k Tusage d*é- Iraiigler h taille, de faire saillir les hanches, de raccoorcir le l^ied, d'aliooger les lèvres, les oreilles, de perforer les narines» de se raser la téle, de TeaseYelir dans d'éaormes perruques, d'élever la chevelure des femmes de manière à leur placer le visage k peu près au milieu du corps. Oa loi doit d*avotr (ait passer la mode du tatouage, des moudies, des figures plâtrées, des cbeveux poudrés. Il nous porte enlin à écarter rexagération et le mauvais goût des formes que nous doimoas au corps de l'homme, comme de celles que aoos imprimons aux produits dont il se sert, et k nous iaire feehercher, en général, les manières, les postures, les attitudes les plus aisées, les plus naturelles et les plus vraies*

Si les vertus personnelles sont nécessaires au succès des ^ qui s'exercent sur le corps humain, reeoiinaissoBS que ees arts ne peuvent se passer davantage de bonnes habitudes civiles, il est clair, par exemple, qu'il n'estpasplus possible ici ftt'aiileurs d'élever des prétentious exeluaivea, suis s'entra-* ^er mutuellement. Or, il est peu de ces arts dans lesquels ou a*ait formé quelques prétentîoiis de ce genre.

Dans la gymnastique, par exemple, on a vu de certains exercices interdits long-temps k de certaines classes d'indi- ^das. Les classes dominatrices, sons le régime féodal, s'é* ^mi réservé le monopole de Tart de Tescrime et de Tèquitdtion; elles seules pouvaient apprendre k foire des armes; ^^)es seules pouvaient se livrer à Texercice de la chasse et

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figurer daBS les tournois; elles seules, daus les combats judiciaires, pouvaient combattre k cheval années de Tépée ou de la lance. Les serfs^ les vilains ne combattaient qu*à pied et ne s'escrimaient qu'avec le bâton : tous les exercices propres h donner au corps de la vigueur, de la grâce, un ccrtaia air de dignité et de noblesse, leur étaient interdits (* ).

Les prétentions exclusives n'ont pas manqué non plus dans d'autres arls de la classe de ceux qui font le sujet de ce chapitre. Il y a eu autrefois, par exemple, des confréries de chirurgiens auxquelles il fallait nécessairement appartenir pour pouvoir exercer la chirurgie. Non^seulementces chirurgleDs interdisaient Texercice de Fart à tout ce qui était en dehors de la corporation; mais ils se faisaient violence même entre eux : il n'était pas permis à l'un de se montrer plus habile que rauUe; la théorie, la manière d'opérer étaient établies par des règlements invariables et dont nul ne pouvait s'écarter.

Il existait d'ailleurs des confréries de barbiers-chirurgiens, ou chirurgiens de robe courte, avec lesquels les chirurgiens de robe longue, étaient perpétuellement en débat. Ceux-ci contestaient notamment aux autres le droit d'envoyer leurs étudiants à la 1" acuité de médecine; et la t'acuilé ayant accordé aux élèves des barbiers-chinirgiens la permission de suivre ses cours, cette concession de la Faculté devint, entre la confrérie des chirurgiens de robe longue et celle des china giens de robe courte, la source de soixante uus de procès(').

Il est rare, aujourd'hui de voir élever des prétentions de

0) F. VEip. des lois, liv. xxviii, ch. 90, S4 et 98. (*) Dulaure, BUtoits de Paris , t. II , p. 104 , 227, 228 , 661 , 662 , Hnédit

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la nature de celles que je viens de décrire. Cependant, la nKMle n'eu a pas encore eotièrement passé* En Angleterre, par exemple, on a vu, à tine date peo ancienne, te collège royal de Londres se prévaloir contre le docteur Ilarrisson d'noe charte de Henri VIU qui défendait à tout médecin, quelle que fût Tuniversité où il aurait pris ses grades, de venir exercer la médecine à Londres et dans un rayon de sept milles autour delà capitale, sans avoir reçu une licence du collège royal, laquelle s accorde toujours, dit-on, après un léger examen fait de vive voix, et sans exiger du candidat, pour preuve de sa capacité, d'autres pièces qu uoe somme de dnqaante-sept guinëes. Le docteur Harrisson, fort des titres qui lui avaient été accordés par Técole d lAlimbourg, avait négligé de se soumettre à ce règlement, et néanmoins il venait exercer son art dans le rayon privilégié et jusque dans la ville de Londres* A cette nouvelle, grande rumeur au collège royal. Le docteur fut sommé de comparaitre devant les censeurs du collège. 11 résista et jel'usa de reconnaître leur autorité. Cesten 18^7 que la chose était on litige ('}. J*i« gnore ( oinment elle a été décidée. Il n'y a plus, parmi nous, ni individus, ni établissements particuliers, qui osassent former des prétentions pareilles. Mais la société en élève encore qu'il ne serait peut-être pas plus tacile de justifier, il ne lui arrive pas, il est vrai, de s'ingérer, comme autrefois, par Tin** lermédiaire de ses corps de magistrature, dans renseignement ou la pratique de Tart médical; ses cours royales ne prétendront pas, comme les anciens parlements, déterminer, dans certains cas, le traitement qu'on doit ou qu'on ne doit pas faire subir aux malades : on ne les verra pas rendre des arréL» contre remploi de Témétique ou la pratique de Tino-

(*) F. la BriL, t. XÏY, p. 164 et 165.

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culatioB. Mais soû adiuiiiisiratiaQ et salégislaUire feront encore des choses qui, en Térité, ne semblent guèie moins étranges et moins en dehors du sens et du droit commans. Il est des pays où la personne publique est assez prudeole pour ne pas vouloir se porter caution de la capacité de quiconque prétend exercer un art, et assez juste tout ensemble pour ne pas soumettre Tétude et la pratique de cet art à des règlements arbitraires. A Genève, si je n'ai pas été mal informé, serait médecin qui voudrait ou qui pourrait plut6t La république nMmposerait a personne robligation de preii* dre des grades et de payer des diplômes. Elle laisseiait au particuliers le soin de chercher li bien placer leur confiance, et voudrait que ceux qui ont besoin de l'obtenir se donnassent la peine de la mériter* Pourtant elle ne refuserait pas de délivrer des certificats de capacité; mais elle n*aceorderait ces certificats qu*à bonnes enseignes ; et quand un médecin, non encore connu, viendrait lui demander d'attester qu'il est digne de la couiiance des citoyens, il serait soumis à des examens d'autant plus rigoureux qu'ils ne lui auraient pas été été imposés, que ce serait d'une véritable distinction qu'U viendrait faire la demande, et qu'on aurait pris soin d*6ter h ses juges tout motif de le traiter avec laveur.

Quoiqu'il en soit, à ce sujet, de ce qui peut se faire ailleurs, les choses, chez nous, se passent d'une toute autre sorte. Les examens sont obligatoires au lieu d'être facultatifs : la société ne souiire pas qu'un iiomme devienne médecin, chirurgien, officier de santé, pharmacien, herboriste, sans s*étre die» aaéme soi-disant assurée qu il a les coiiuaissauces requises. Bien plus, ne crojfant pas qu'il lui suffise de s'assurer de sa capacité, elle prétend encore l'endoctriner elle-même, el elle décide d'avance de tout ce qu'il lui faudra faire pour devenir habile dans son art. Ainsi un jeune homme ae peut se livrer

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a rétade de la médecine 8MI n^a un répondant, s*il ne prodaît

soa acte de naissance, le coaseoieincnt de ses parents, un certificat de bonne yie et mœurs, le diplôme de bachelier è»leUres, celui de bachelier ès-sciences. La société lui choisit elle-mëme des professeurs; elle détermine ce qu'ils devront luiappreudre, et règle jusqu'au costume qu'ils devront porter en riostruisant* Il est obligé de suivre ces professeurs et m point d'autres ; de se faire graduer par eux et non par d'autres; ceux-là seuls qu'elle a revêtus du bonnet carré et (le la amarre, ont la vertu de faire des médecins et une aulOfitésuUisaute pour prononcer le solennel dignm es inirare. ^ le néophyte ait peu ou beaucoup de moyens, il lui faut

toujours, avant de pouvoir cire reconnu capable d'exercer, laat d^années d'étude, tant d'inscriptions, tant d'eiameos en htia, tsmt d'examens en français, tant de thèses , ni plus ni moins. Les règles, pour faire un officier de santé, un pharmacien, sont un peu différentes, un peu moins rigoureuses; et, c(HDme si la médecine exigeait moins d'iiabileté dans un ttpaee circonscrit, que dans un territoire très étendu, il faut, chose singulière, moins de façons pour acquérir le droit de la pratiquer dans un seul département, que pour obtenir celui de Texercer dans la France entière. L'officier de santé, qui n'est âulorisé à faire i'oilice de médecin que dans le département

il a été reçu, est soumis, à cause de cela, à des épreuves moinslongues, moins muilipliées et moins coLiteuses (

Il n'y a pas, hâtons-nous de le dire, la plus légère objection à faire contre l objet que la société se propose par de tels règlements. Cet objet n'est pas seulement très licite, mais trfe louable. La société veut empêcher, chose très louable assurément, que la santé et la vie des citoyens puissent jamais

(') Loi du 19 ventôse an X\ (18 mars 1S05), art. 15, 26 et 29. iiu 4

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être livrées aux spéculations de Tignorance et du charlatanisme. Il n'y a de doutes possibles que sur la sagesse des moyens qu'elle choisit pour arriver à ce but. Mais il est, je crois, très permis^ sur cepmnt, d*avoir des doutes.

On ne peut se dissimuler qu'il n'y ait pour rautoriié quelque danger et quelque ridicule k prétendre déterminer ce qui constitue la science, ce qui fait qu'on est on pharmacien, un chirurgien, un médecin instruit, et à quelles conditions, ou suivant quelles formes, on sera reconnu capable d'exercer la pharmacie, la chirurgie ou la médecine. C'est là, on n'en saurait douter, un reste du régime auquel ëtairat soumis les anciens corps de métiers, régime dont l'abus ne consistait pas seulement a vouloir déterminer législativement les pro* cédés de Tart, mais encore ii prétendre tracer les règles suivant lesquelles on pourrait devenir artisan, les degrés par lesquels il faudrait passer, le chef-d'œuvre qu'il faudrait faire. La preteiitiou est absolument la même ici, et elle n'est ni plus joste, ni plus raisonnable. Il n'y a pas moyen de se faire illusion sur la vanité des épreuves auxquelles sont soumis les arts dont nous nous occupons. Bonnes, comme moyen de mettre k contribution les récipiendaires, elles n'offrent, d'ailleurs, qu'une garantie très insuûisante de leur capacité. Aton jamais vu quelqu'un se déterminer dans le choix de son médecin, de son chirurgien, par la considération du diplôme.

Cependant que prétendes-vous? me dmnandera4-on. Voulez* vous qu'aucune précaution ne soit prise? Attendrez-vous, pour punir un charlatan, un empirique, qtte, par une série de bévues meurtrières, ilsaient ruiné la santé ou détruit la vie d'un nombre d'hommes plus ou moins grand?

Dieu m'en préserve! Qui pourrait concevoir une idée si 1^ gère des devoirs de la société? La société ne peut permettre h personne de. compromettre par son imprudence la santé ou

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iafîede qui que cesoit. Quicooqae se permet^ sans prépa-

ratioû suliisante , d'exercer des arts aussi périlleux que la chîmrgie, la médecme, la pharmacie^ et s'expose ainsi vo- « lontairement à commettre les erreurs les plus fatales a la santé, à la vie de ses semblables, se rend coupable par cela «enl, et pourrait être k bon droit poarsuiyi et châtié. A pins lorie raison sans doute pourrait-il Têtre si cette témérité avait eu pour quelqu^un de sinistres résultats; mais il poarraitet devrait Télre avaul même qu'elle eût eu dételles suites. Ce serait k rioculpé k pronter devant le juge qu'il n'a pas abordé légèrement la pratique de son art, qu'il tfa entrepris que ce qu*ii pouvait entreprendre; et iejuge apprécierait, d'après les témoignages produits, d'après les vérifications faites, s'il n'y a pas en effet de reproches à lui adresser, et s'il n*a fiiitqne ee qu'il pouvait se croire capable de fiiire. il va sans dire qu'on devrait mettre d'autant plus de sévérité dans cette vérification, que les faits qui ia provoqueraient seraient d'une nature plus grave*

En général, plus un art est délicat et dangereux, et plus la société doit, par sa vigilance et la sévérité de ses répressions, intéresser ceux qui le veulent exercer k ne pas se livrer inconsidérément à cet exercice. Hais le danger que leur art présente est-il une raison pour qu'elle se réserve le soin de les endoctriner, de les éprouver elle-même, de se constituer joge de lénr eapadté, et d'assomer ainsi sur elle la responsabilité de leur savoir et celle de leurs actes ? Assurément non. n y a dans les pouvoirs qQ'elle s'arrc^e à ce sujet autant de témérité que d'injnsiicc. Je dis d'injustice, parce qu'elle excède évidemment ici son droit , et qu'elle obéit rarement 'ans cette usurpation k des pensées bien désintéressées. Je dis de tcmérilé, parce qu'elle esl médiocrement propre a les instmire, sortent quand elle se chaîne exdosivement de «e

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