CHAPITRE PREMIER
Qu'est-ce que la conscience?
Examinons le troisième agent de la personnalité, la conscience, qui est son gouvernail.
U n'y a de libre, en effet, que ce qui se meut de soi ; et, à l'instant où l'autorité du gouvernement cesse, commence l'autorité de la conscience, car tout homme vraiment libre ne doit compte qu'a soi de ses actes
et de ses pensées, et n'a qu'un juge, sa conscience.
C'est volontairement qu'il fait abstraction d'une partie de sa liberté dans l'intérêt public ; c'est volontairement qu'il. délègue la gérance des affaires.générales à des députés: c'est volontairement qu'il délègue aux magistrats le maintien de l'ordre; c'est volontairement qu'il reconnaît l'empire des lois, car sa conscience lui dicte ces devoirs.
Il s'ensuit que rien n'importe autant au gouvernement de la personnalité que l'exercice de la conscience individuelle ou le contrôle incessant de soi-même. C'est pourquoi toutes les doctrines qui ont protesté contre le gouvernement de la conscience sont essentiellement favorables^ aux développements des libertés, ainsi qu'un coup d'œil jeté sur elles et sur les doctrines opposées va le démontrer.