CHAPITRE ïï
Du gouvernement de la conscience.
Observons d'abord les doctrines catholiques ; nous observerons ensuite les autres.
Le catholicisme, c'est le modèle du gouvernement des intelligences et des consciences. Le prêtre prend l'homme dans son berceau, encore chaud des entrailles de sa mère, et le marque au front de son signe. Balbutiant à
peine les premières lettres de la raison, il lui enseigne ses dogmes el ses croyances. Homme, il l'unit à la compagne de son choix, et lui ouvre les portes de la société. Mourant, il épèle sur ses lèvres inanimées jusqu'aux derniers soupirs de la vie. Cadavre, il le marie à la mort, sa dernière fiancée, et ferme sur lui les portes du tombeau; et morl, dormant du sommeil éternel dans son cercueil de bois, il le poursuit encore sous la terre, il évoque son ombre à Son tribunal, il le juge, dictant à la fois la défense et la sentence. Il fait ainsi la police de la mort; et après s'être donné des arrhes sur la vie de l'homme, il s'en adjuge jusqu'au souvenir dans la mémoire des générations !
Vit-on jamais domination plus entière, anéantissement de la personnalité, plus complet?