‹ De la liberté politique dans l'état moderneChapitre 5 sur 50 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

si l'on y regardait de près, tous nos actes « volitifs » résulteraient nécessairement de causes connues ou inconnues (1) et, pour parler la langue même de la secte, ne seraient « que la constatation du dernier résultat de la « combinaison des divers phénomènes qui nous consti- « tuent ». Partant de cette donnée, les novateurs se sont élancés dans toutes les directions. I^es positivistes opposent principalement au libre arbitre « la loi » de la conservation de la force : l'état du monde entier, y compris celui d'un cerveau quelconque, étant à chaque instant le résultat mécanique absolu de son état précédent, aucune de nos pensées, aucune de nos volontés ne peut se produire sans être liée à un mouvement cérébral (2). D'ailleurs, si le libre arbitre existait, il devrait produire dans le monde des effets réels, par conséquent de la force; or, puisque la quantité de force reste constante, le libre arbitre est impossible. La croyance au libre arbitre est donc, d'après Spencer, une illusion dangereuse, car elle laisse supposer qu'un autre principe domine « l'adaptation continue de l'activité vitale aux « activités du milieu environnant » , au risque de troubler cette adaptation : les actes sont bons ou mauvais suivant que la somme de leurs effets augmente le bonheur des hommes ou leur misère, le plaisir étant « une « forme aussi nécessaire de l'intuition morale que l'espace « est une forme nécessaire de l'intuition intellectuelle » . Littré rattache, de son côté, la morale aux deux « tendances essentielles » de la nutrition et de la génération qui sont l'origine organique, l'une de l'égoïsme,

(1) Emiic.o Ferui, Théorie de Vimputabilité, p. 103.

(2) Comp. Dubois-Raymond, Les sept énigmes du monde [Revue philosophique, février 1882).

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