IIRFIMi: I!l FIC.IIX'Slv
que jo ne crois pas; si elle est «'nouée, on la réfiilera, et le bon sens public en fera justice avec bien plus d'efficacité que des réquisitoires et des condamnations. L'erreur n'est jamais contagieuse quand la liberté de discussion est là pour la détruire.
Mais peut-on discuter les dogmes d'une religion pour en démontrer la fausseté? Oui , sans doute, car la profession publique d'une religion est presque toujours la négation de toutes les autres. La religion hébraïque, par exemple, nie la divinité du Christ, c'est-à-dire qu'elle tend à saper par la base toutes les communions chrétiennes; la religion juive est cependant autorisée.
Une opinion religieuse, indépendante de toute pratique extérieure, est tout aussi permise que celle qui se rattache à un culte : elle doit donc jouir des mêmes prérogatives; elle doit pouvoir se défendre et même attaquer. En pareille matière le dioit d'attaque est inhérent au droit de défense; car pour soutenir qu'une croyance est fondée, il faut pouvoir prouver
bELON LA CHARTE. lo3
que les croyances contraires ne le sont pas. L'athée, dont la thèse consiste à soutenir que Dieu n'existe pas, doit donc pouvoir examiner et critiquer toutes les croyances. Sa doctrine sera abominable aux yeux de toutes les religions; mais elle sera indifférente aux yeux de la loi, dont la mission n'est pas de prononcer sur ces matières.
lo/j IJIÎEIITK lU l.ir.IKDSK